mardi 30 septembre 2008

Eloge du bon sens par Eduardo Galeano.

Notre monde malade d’inconstance et de délaissements souffre d’une autre affection bien cruelle : l’absence de larges espaces ouverts au dialogue et au travail partagé. Où trouver une aire de réunion dans laquelle la rencontre et l’échange seraient encore possibles ? Ne pourrait-on commencer par la chercher dans le sens commun ? Ce bon sens désormais si précieux et si rare.

Prenons les dépenses militaires par exemple. Chaque jour, le monde consacre 2,2 milliards de dollars à la production de mort. Plus précisément, le monde consacre cette fortune colossale à promouvoir de gigantesques parties de chasse où le chasseur et la proie sont de la même espèce, et dont sort vainqueur celui qui aura occis le plus grand nombre de ses congénères. Neuf jours de dépenses militaires suffiraient à procurer nourriture, éducation et soins à tous les enfants de la Terre qui en sont dépourvus.

A priori, cette débauche financière constitue une flagrante violation du sens commun. Et a posteriori, qu’en est-il ? La version officielle justifie ce gaspillage en raison de la guerre contre le terrorisme. Mais le bon sens nous dit que le terrorisme lui en est extrêmement reconnaissant. Nul besoin d’être grand clerc pour constater que les guerres d’Afghanistan et d’Irak ont produit sur le terrorisme un considérable effet de dopage. Les guerres relèvent du terrorisme d’Etat, le terrorisme d’Etat se nourrit du terrorisme privé, et réciproquement...

Les chiffres ont été publiés récemment : l’économie américaine se redresse et croît de nouveau à un rythme satisfaisant. Selon les experts, sans les dépenses liées à la guerre en Mésopotamie, cette croissance serait nettement moins forte. En quelque sorte, la guerre contre l’Irak constitue une excellente nouvelle pour l’économie. Et pour les morts ? Le sens commun se fait-il entendre par la voix des statistiques économiques, ou par la voix de ce père meurtri, Julio Anguita (1), lorsqu’il dit : « Maudites soient cette guerre et toutes les guerres » ?

Les cinq plus grands fabricants et vendeurs d’armes (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France) sont les Etats qui jouissent du droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies. Que les garants de la paix mondiale soient également les plus importants fournisseurs d’armes de la planète, n’est-ce pas une insulte au bon sens ?

A l’heure de vérité, ce sont ces cinq pays qui commandent. Ce sont également eux qui dirigent le Fonds monétaire international (FMI). La plupart d’entre eux figurent parmi les huit Etats qui prennent les décisions déterminantes au sein de la Banque mondiale. Ainsi qu’au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) où le droit de vote est prévu mais jamais utilisé.

La lutte pour la démocratie dans le monde ne devrait-elle pas commencer par la démocratisation des organismes prétendument internationaux ? Qu’en dit le sens commun ? Il n’est pas prévu qu’il émette un avis. Le bon sens n’a pas le droit de vote, et guère davantage droit à la parole.

Une grande partie des crimes les plus atroces et des pires préjudices commis sur cette planète sont perpétrés par l’entremise de ces organismes (FMI, Banque mondiale, OMC). Leurs victimes sont les « disparus » : non pas ceux qui se sont perdus dans la nuit et le brouillard de l’horreur des dictatures militaires, mais les « disparus de la démocratie ». Ces dernières années, en Uruguay, mon pays, comme dans tout le reste de l’Amérique latine et les autres régions du monde, on a vu disparaître les emplois, les salaires, les retraites, les usines, les terres, les rivières. Même nos propres enfants ont disparu, forcés d’émigrer à la recherche de ce qu’ils ont perdu, reprenant en sens inverse le chemin d’émigrants de leurs aïeux.

Le bon sens nous oblige-t-il à subir ces douleurs évitables ? A les accepter, en nous croisant les bras, comme si c’était l’œuvre fatale du temps ou de la mort ?

Acceptation, résignation ? Force est d’admettre que, peu à peu, le monde devient moins injuste. Pour prendre un exemple, la différence entre le salaire de la femme et celui de l’homme n’est certes plus aussi abyssale qu’autrefois. Mais, au train où vont les choses, c’est-à-dire pas bien vite, l’égalité salariale entre hommes et femmes aura lieu dans 475 ans ! Que conseille le bon sens ? D’attendre ? Il n’existe aucune femme, à ma connaissance, qui pourrait vivre aussi longtemps...

La véritable éducation, celle qui émane du bon sens et qui mène au bon sens, nous enseigne à lutter pour récupérer ce qu’on nous a usurpé. L’évêque catalan Pedro Casaldaliga (2) a une longue expérience des années passées dans la forêt brésilienne. Et il dit que, s’il est vrai qu’il vaut mieux enseigner à pêcher qu’offrir un poisson, en revanche, rien ne sert d’enseigner la pêche si les rivières ont été empoisonnées ou vendues.

Pour faire danser les ours dans les cirques, le dompteur les dresse : au rythme de la musique, il leur frappe la croupe à l’aide d’un bâton hérissé de pointes. S’ils dansent correctement, le dompteur cesse de les battre et leur donne de la nourriture. Sinon, la torture continue, et, la nuit tombée, les ours retournent dans leurs cages le ventre vide. Par peur, peur des coups, peur de la faim, les ours dansent. Du point de vue du dompteur, cela n’est que pur bon sens. Mais du point de vue de l’animal brisé ?

Septembre 2001, New York. Lorsque l’avion éventra la seconde tour, et que celle-ci commença à craquer puis à s’effondrer, les gens se sont précipités en dévalant à toute vitesse les escaliers. Les haut-parleurs ont alors intimé l’ordre à tous les salariés de retourner à leur poste de travail. Quels sont ceux qui ont agi avec bon sens ? Seuls ceux qui ont désobéi eurent la vie sauve.

Pour nous sauver, se rassembler. Comme les doigts d’une même main. Comme les canards d’une même volée.

Technologie du vol collectif : le premier canard se lance et ouvre la voie au second, qui indique le chemin au troisième, et l’énergie du troisième fait s’envoler le quatrième, qui entraîne le cinquième, et l’élan du cinquième provoque l’envol du sixième, qui donne de la force au septième...

Lorsque le canard éclaireur se fatigue, il rejoint la queue de l’essaim et laisse sa place à un autre, qui monte au sommet de ce V inversé que les canards dessinent dans l’air. Tous prendront à tour de rôle la tête et la queue du groupe. D’après mon ami Juan Díaz Bordenave (3), qui n’est pas « palmipédologue » mais qui s’y connaît, aucun canard ne se prend pour un supercanard s’il vole devant, ni pour un sous-canard s’il est en queue. Les canards, eux, n’ont pas perdu leur bon sens.

Eduardo Galeano, août 2004

(1) NDLR. Julio Anguita, homme politique espagnol, dirigeant historique d’Izquierda Unida (Gauche unie) dont le fils, Julio Anguita Parrado, journaliste, correspondant du quotidien madrilène El Mundo et qui accompagnait (« embedded ») la 3e Armée américaine lors de l’invasion de l’Irak, a été tué par un missile irakien au sud de Bagdad le 7 avril 2003.

(2) NDLR. Mgr Pedro Casaldaliga, né en 1928, religieux clarétain, théologien de la libération, évêque titulaire depuis trente-cinq ans de la prélature de São Felix de Araguaïa, une des plus pauvres du Brésil, perdue dans l’Etat du Mato Grosso. En 1992, son nom a été proposé pour le prix Nobel de la paix.

(3) NDLR. Juan Enrique Díaz Bordenave, essayiste paraguayen, spécialiste de la communication, auteur, entre autres, de Comunicacion y Sociedad, Busqueda, Buenos Aires, 1985.

source : http://www.monde-diplomatique.fr/2004/08/GALEANO/11491.html

Nous allons porter les yeux au-delà de l’infamie, par Eduardo Galeano

Nous allons porter les yeux au-delà de l’infamie, pour deviner un autre monde possible. Un autre monde où :

. l’air sera exempt de tout poison qui ne viendra pas des peurs humaines et des passions humaines ;

. dans les rues, les automobiles seront écrasées par les chiens ;

. les gens ne seront pas conduits par l’automobile, ni programmés par l’ordinateur, ni achetés par le supermarché, ni regardés par la télé ;

. le téléviseur cessera d’être le membre le plus important de la famille, et sera traité comme le fer à repasser ou la machine à laver ;

. les gens travailleront pour vivre au lieu de vivre pour travailler ;

. on introduira dans le code pénal le délit de stupidité, que commettent ceux qui vivent pour posséder ou pour gagner, au lieu de vivre tout simplement pour vivre, comme un oiseau chante sans savoir qu’il chante et comme un enfant joue sans savoir qu’il joue ;

. on n’emprisonnera plus les jeunes qui refusent de faire leur service militaire, mais ceux qui veulent le faire ;

. les économistes n’appelleront plus niveau de vie le niveau de consommation, et n’appelleront plus qualité de vie la quantité de choses ;

. les chefs de cuisine ne croiront pas que les langoustes adorent être bouillies vivantes ;

. les historiens ne croiront pas que les pays sont enchantés d’être envahis ;

. les politiciens ne croiront pas que les pauvres sont enchantés de se nourrir de promesses ;

. la solennité cessera de croire qu’elle est une vertu, et personne ne prendra au sérieux l’individu incapable de rire de lui-même ;

. la mort et l’argent perdront leurs pouvoirs magiques, et le décès ou la fortune ne feront pas d’une canaille un homme vertueux ;

. nul ne sera considéré comme un héros ou un imbécile parce qu’il fait ce qu’il croit juste au lieu de faire ce qui lui convient le mieux ;

. le monde ne sera plus en guerre contre les pauvres, mais contre la pauvreté, et l’industrie de l’armement n’aura plus d’autre solution que de se déclarer en faillite ;

. la nourriture ne sera pas une marchandise, ni la communication un commerce, parce que la nourriture et la communication sont des droits humains ;

. nul ne mourra de faim, car nul ne mourra d’indigestion ;

. les enfants de la rue ne seront plus traités comme s’ils étaient de l’ordure, car il n’y aura pas d’enfants de la rue ;
. les enfants riches ne seront plus traités comme s’ils étaient de l’argent, car il n’y aura pas d’enfants riches ;

. l’éducation ne sera pas le privilège de ceux qui peuvent la payer ;

. la police ne sera pas la malédiction de ceux qui ne peuvent l’acheter ;

. la justice et la liberté, sœurs siamoises condamnées à vivre séparées, seront à nouveau réunies, épaule contre épaule ;

. une femme noire sera présidente du Brésil et une autre femme, noire, présidente des Etats-Unis ; une Indienne gouvernera le Guatemala et une autre le Pérou ;

. en Argentine, les folles de la place de Mai – las locas de la plaza de Mayo – seront un exemple de santé mentale, car elles refusèrent d’oublier à l’époque de l’amnésie obligatoire ;

. Notre Sainte Mère l’Eglise corrigera les erreurs des Tables de Moïse, et le sixième commandement ordonnera de fêter le corps ;

. l’Èglise dictera aussi un autre commandement que Dieu avait oublié : « Tu aimeras la nature, dont tu fais partie » ;

. les déserts du monde et les déserts de l’âme seront reboisés ;

. les désespérés seront espérés et les égarés seront retrouvés, car ce sont eux qui se désespérèrent à force d’espérer et qui s’égarèrent à force de chercher ;

. nous serons les compatriotes et les contemporains de tous ceux qui voudront la justice et qui voudront la beauté, quels que soient l’endroit où ils seront nés et l’époque où ils auront vécu, sans accorder aucune importance aux frontières de la géographie ou du temps ;

. la perfection restera l’ennuyeux privilège des dieux, mais, dans ce monde fou et foutu, chaque nuit sera vécue comme si elle était la dernière et chaque jour comme s’il était le premier.


Eduardo Galeano

Tous les mondes d'Eduardo Galeano
(remerciements à Marie-Eve)
http://www.unesco.org/courier/2001_01/fr/dires.htm

Xavier Darcos, ministre du gouvernement Fillon

source : http://jevoudraisvivrelibreetegale.wordpress.com/



Même si changer des couches n’est pas un signe d’inaptitude au reste et que Bac + 5 ne signifie pas grand chose en soi, on ne change pas les couches en maternelle en théorie.

Une internaute a écrit “il a bac + combien lui pour dire autant de conneries?”

En fait Xavier Darcos est apparemment agrégé de lettres classiques et a obtenu un doctorat de troisième cycle en lettres et sciences humaines option mépris? et un doctorat de 3ème cycle en études latines.

Olympe du blog plafond de verre a écrit : “Certes, pour changer des couches ou faire faire la sieste à un enfant il n’y a peut être pas besoin d’avoir un bac+5 mais cela nécessite un savoir-être fait de patience, d’intuition, de contrôle de soi, de souci de l’autre. Il est clair que tout cela n’était pas aux programmes des grandes écoles qu’à faites Mr Darcos.”

Quant aux suppressions de postes, selon cette dépêche, “le nombre des non-renouvellements des postes en raison des départs en retraite sera de 13.500 à la rentrée prochaine, après 11.200 cette année, selon le projet de budget 2009 dévoilé vendredi.”

De nombreux postes seront supprimés, d’autres crées à moins forte échelle dans des sections souvent plus difficiles pour faire avaler la pillule? car si 600 postes seront créés dans les lycées les plus difficiles ainsi que des auxiliaires de vie scolaire concernant la création de 200 nouvelles unités pédagogiques d’intégration, cela restera une goutte d’eau.
Il devrait y avoir 22.000 élèves en moins dans les collèges et lycées à la rentrée 2009 (motif invoqué apparemment), mais sur une classe de 22, cela justifierait seulement 1000 postes supprimés.

Imaginons 800 créations de postes et 1000 suppressions légitimées, cela justifierait alors 1800 postes supprimés et non 13500 ajoutés aux 11200 cette année.

A moins que vraiment les professeur e s aient été en surnombre flagrant mais il semblerait que le chiffre souvent brandi de “32 000 profs qui ne sont pas devant les élèves” soit largement biaisé, beaucoup de ces professeur e s s’occupant de “maintenance informatique, d’animation d’activités sportives le mercredi après-midi, de la gestion des laboratoires de chimie, etc. “

Par ailleurs selon l’article “en compensation, le gouvernement réfléchit à la suppression d’heures de cours” ce qui signifierait d’une part que la suppression de postes ne serait pas justifiée par le nombre de professeur e s “inutilisé e s” et d’autre part qu’il pourrait y avoir une suppression de choix d’options, de matières jugées non “rentables” niveau effectif comme peut-être à terme la philosophie, une matière poussant peut-être à un peu d’esprit critique…

On nous mentirait ?^^
Certain e s au lycée Voltaire semblent dire en tous cas que Mr Darcos ne nous dirait pas toujours la stricte vérité…
http://www.youtube.com/watch?v=QDyGThytN6g
ndlr : le gouvernement vous ment

vendredi 26 septembre 2008

Le gauchiste est-il asocial ? par CSP

Le gauchiste est-il asocial ? par CSP

Publié le 27 juin 2007
par http://mauvaiseherbe.wordpress.com/

Le gauchiste est-il asocial ?

par comité de salut public

"Étude de cas : moi-même. Puisqu’il m’est régulièrement reproché d’être : intolérant, sectaire, borné, fanatique, étroit, psychorigide, en un mot : con. Je tiens à préciser la chose suivante : tout ça est parfaitement exact. J’insiste. Je suis en effet tout cela, et d’autres choses encore...

Et non seulement je suis un gauchiste archaïque et donneur de leçons (et fier de l’être. Et même que ça ne s’arrange pas avec l’âge...) en matière politique, mais je pousse le vice jusqu’à appliquer cette étroitesse d’esprit et cette intolérance dans mon relationnel immédiat. En clair : je fréquente d’abord et avant tout des gens qui sont d’accord avec moi. C’est à dire de gauche.

La vraie gauche, évidemment : je n’ai aucune relation avec des strausskahniens et autres sociaux-libéraux, même de loin. Je n’en connais pas, et ne souhaite pas en connaître, pas plus qu’en rencontrer. Les quelques spécimens que je "croise" sur Internet me crispent assez comme ça : je n’ai pas de temps à perdre avec des gens pareils (de plus, dans la catégorie "donneurs de leçons infatués d’eux-mêmes", ils me surpassent de trèèèèès loin, ceux-là...).

Et bien évidemment, je ne fréquente personne de droite. Beurk. Pouah. Beuuuh, rien que d’y penser...Quelle horreur. Qu’ai-je à dire à ces gens ? Qu’avons-nous à partager ? Rien. Nous n’avons rien à nous dire. Et je refuse de discuter, de "dialoguer", d’avoir des "débats citoyens" (cette foutaise des "débats citoyens"...) avec des personnes aussi diamétralement opposées à mes convictions.

Puisque, précisément, ce dont je suis en train de parler, c’est rien moins que de mettre ses convictions en actes ; et y compris dans sa vie de tout les jours. Et quand on a des convictions, quand on croit, ne serait-ce qu’un minimum, à ce qu’on pense et à ce qu’on fait, on est pas sympa. On est pas cool. On fait pas de l’amélipoulisme. En un mot, on refuse le consensus, cette saloperie idéologique dont il faudra bien un jour se rendre compte qu’il n’est que la grimace veule de la domination, puisque sont but n’est que de déconflictualiser les rapports sociaux, en faisant croire qu’on peut être d’accord avec tout le monde...

Ce qui au final ne fait que le jeu de la domination, qui voit ainsi sa contestation diluée dans ce gloubiboulga "citoyen" et "responsable". Quand on a des convictions, on est pas consensuel. On ne cherche pas à se faire des copains à tout prix. On exclut, on excommunie, on rejette, on fait le tri.

Par exemple, si je me dis anticapitaliste, je ne vais pas avoir d’amis qui sont dans la finance : c’est une question de cohérence. Pas plus dans le marketing, la comm’ ou la publicité, ces boulots de parasites qui vendent du vent et dont la fonction principale est de lisser la violence de la domination de classe, et de son corollaire, l’exploitation. Hors de question, je le répète, hors de question de frayer avec ces collaborateurs d’un système d’oppression, qui gagnent leur vie en chantant ses louanges !

Alors bien sûr, je vous vois venir. Vous allez me dire : "oui mais y’a des gens sympas partout ! Même dans ces milieux là ! Moi-même, j’ai un(e) ami(e) qui travaille dans la pub/le commerce/la comm’/le design, et c’est quelqu’un de très bien ! En plus, il/elle a voté Besancenot ! ’Tain, faut pas être con comme ça !" Moui... Et vous savez quoi ? Vous avez raison. Il y’a des gens sympas partout, dans tous les milieux. Sisi, c’est vrai. Je ne peux parler qu’en mon nom propre. Mais personnellement, j’ai fait des choix, et je m’y tiendrai. Et ces choix sont radicaux ; je les assume comme tels.

Alors, le gauchiste est-il asocial ? Oui et non. Et il y’a suffisamment de gens à gauche, qui partagent mes idées, et travaillent dans le social, l’éducation, la santé, la culture...pour que je ne me sente pas seul du tout. Et peut-être, peut-être... Qu’à gauche, on gagnerait beaucoup à ne plus être dans cette culture sirupeuse du compromis...Du "tout le monde a raison, quelque part, tu’ois...". Que se donner les moyens d’une reconquête ne passe pas par "l’ouverture d’esprit", mais bel et bien par le verrouillage des certitudes ; on avance pas en se demandant sans arrêt si on a raison de penser ce qu’on pense et d’être ce qu’on est... Peut-être même que si on veut "redevenir durs", il faudra bien se décider à fracasser l’idéologie du consensus. "Redevenir bornés", en somme."

Écrit dans une fureur enthousiaste par comité-de-salut-public à l’adresse :http://comite-de-salut-public.blogspot.com

mercredi 24 septembre 2008

MISERE DE LA CONDITION MILITANTE

MISERE DE LA CONDITION MILITANTE

par Patrick MIGNARD

Ce texte va me valoir les pires sarcasmes, y compris de la part de personnes que j’aime bien. Ce n’est pas contre elles que j’écris… quoiqu’elles ne le comprendront pas, mais bien au contraire pour elles et celles qui seraient tenter de les imiter. Par contre si ce texte peut porter un coup fatal aux bureaucrates parasites (inutile de citer des noms, regardez autour de vous… et surtout les médias) qui se nourrissent de l’énergie sans limite des honnêtes, mais naïfs, militants… il aura atteint son but.

Ce texte est dédié au/à la/ militant-e inconnu-e

Quand on regarde de près l’activité militante politique on ne peut qu’être surpris entre la quantité incroyable d’énergie généreusement dépensée et la maigreur des résultats obtenus. Sans pour cela vouloir appliquer les règles d’optimisation, chères à la gestion, à l’activité militante, un tel décalage mériterait d’être étudié.

Ce gaspillage inouï d’énergie, de temps et de moyens apparaît être une fatalité acceptée par celles et ceux là même qui en font les frais : les militant-e-s de base.

Il est question ici du « vrai » militant, celui qui est désintéressé, animé par des convictions réelles, sincères et qui n’utilise pas le militantisme comme le font les bureaucrates pour asseoir leur pouvoir, trouver une issue socialement favorable à leur médiocrité et leur couardise ou continuer dans des conditions optimales leur petites et grandes affaires plus ou moins maffieuses.

SYSIPHE…

Le militant est une sorte de nouveau constructeur de cathédrale… il érige un édifice avec sa sueur, bénévolement, pour la gloire d’une cause, en fait dans l’intérêt d’une classe parasite Plus on milite pour un « monde sans exploitation », plus on se fait exploiter par les bureaucrates que l’on sert… et l’on en est fier… et l’on accuse celles et ceux qui refusent cette situation, d’égoïstes, d’irresponsables et, le comble, d’inconscients ( ?)

Ce n’est plus « cent fois sur le métier remettez votre ouvrage », mais plutôt « mille fois », voire « dix mille fois ». La patience et l’abnégation du militant sont sans limite. Il a toujours une bonne raison dans son raisonnement pour expliquer son échec qui non seulement ne l’abat pas mais au contraire le ressource. Alors que l’échec l’aliène encore un peu plus, il croit au contraire que sa conscience se renforce. Il y a de la mortification dans cette attitude à l’image des croyants qui acceptent le malheur en hommage à la puissance de leur dieu qui les met à l’épreuve.

Le militantisme, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, est une forme de « mortification laïque » permettant de supporter l’échec permanent et de dire, surtout de se dire, que l’on a « malgré tout essayé »… Grandeur morale de l’impuissance ! Pouvoir rédempteur de la flagellation ! Il ne manquerait que les stigmates de la crucifixion !

Le militant a trop tendance à confondre la détermination dans les convictions et l’action et pertinence de la pratique politique. Ce n’est pas parce que l’on croit intensément en Dieu… qu’il existe…. Ce n’est pas parce que l’on va voter et faire voter pour la gauche,… ou autre chimère, que le changement de société va se produire… le militant lui, y croit dur comme fer… et ne pas y croire, pour lui, tient de l’hérésie…. Par contre y croire est un vrai sacerdoce !

Ainsi, le nombre de tracts distribués, d’affiches collées, de cartes placées ou de journaux vendus,… devient une chose considérable, voire essentielle. Cet essentiel doit d’ailleurs se muter en un autre chiffre, celui du nombre de voix obtenues par le ou la candidat-e. L’électorat devient ainsi une sorte de pactole, « peuple de fidèles », que l’on défend bec et ongles contre les prédateurs, les autres organisations… ne dit-on pas « nos électeurs ? » Une variation de quelques pourcentages prend une valeur inestimable… d’ailleurs le militant ne se contente plus des pourcentages au moment du scrutin, il lui faut des chiffres « avant » le scrutin, une simulation, une anticipation que fournissent aimablement les sondages le plus souvent manipulés… portant ainsi les fantasmes au plus au point. Il se dope véritablement à l’adrénaline électorale. On n’est pas loin de la drogue dure.

Le soir des élections c’est la transe… tout est apparemment possible. Pourtant, les jours, les mois, les années passant, les gouvernements changeant, la Droite remplaçant la Gauche et inversement,… rien ne change fondamentalement, voire la situation se dégrade. Alors le militant cherche et trouve des réponses : le contexte international, le retournement de conjoncture, la trahison des partenaires, le sabotage de l’opposition, l’attitude « irresponsable » des abstentionnistes… il n’ose tout de même pas aller jusqu’à soupçonner la Nature ou Dieu… Mais il a réponse à tout. Son courage jamais abandonné, qui est une forme de résignation, lui tient lieu de conscience. Cette certitude proche de la foi, loin de lui ouvrir les yeux, l’enferme et le verrouille dans son monde imaginaire. Fait de lui le moteur d’une autojustification qui lui ferme les portes de la compréhension de la réalité.

Le militantisme boucle sur lui-même. L’important n’est pas finalement le résultat, c’est d’avoir « bien milité ».

J’exagère ?

Mais comment expliquer l’engagement d’hommes et de femmes qui se sont dévoués pendant des années pour des résultats inexorablement remis en question… Pire, les avantages sociaux obtenus ont été dilapidés par les candidats qu’ils soutenaient !. Faut-il donner des exemples ?… Et pourtant ils continuent à soutenir les mêmes crapules qui les ont trahis, les trahissent et sont prêtes à recommencer à la prochaine occasion. Aveuglement ? Amour fou ? Sainteté ?

Celui qui baise la main de son bourreau n’est-il pas un saint ? S’il ne l’est pas il mérite de le devenir. Santo subito !

Le militantisme n’est pourtant qu’un instrument au service d’une cause. Lorsque l’on perd la cause de vue et que le militantisme devient une fin en soi, une manière d’être avant d’être une manière de devenir… alors il y a problème. Problème d’autant plus difficile à résoudre que le mal s’insinue sans prévenir et de manière indolore. Le militant sombre dans une activité qu’il est sûr de maîtriser mais dont il est parfaitement inconscient et dépendant. Il rationalise son attitude et sa démarche en confondant « fidélité » et « obstination », « « alternative » et « alternance », ou encore « marchandisation » et « libéralisme ». Ce qui est plus grave c’est que son statut de militant le convainc de l’inutilité de toute introspection, de toute prise de distance, bref de toute critique… s’enfonçant ainsi toujours plus dans l’erreur et finalement dans le sectarisme. Prendre du recul, se donner le temps de faire le point est impensable, c’est reconnaître, vis-à-vis de soi, mais aussi des autres, que les certitudes sont branlantes, pas sûres, qu’elles peuvent être remises en question… Ce qui est impensable. Il n’y a pas place pour le doute. Oser imaginer que l’on puisse se poser la question est déjà une trahison… en d’autre temps on aurait dit un sacrilège. Le doute ? Vade retro satanas !

… ET SON ROCHER

Sisyphe poussait son rocher, le militant lutte… c’est du moins ce qu’il dit, ce qu’il croit. Le terme « lutter » a d’ailleurs pris avec le temps une signification bien singulière. « Lutter » est devenu un terme « passe partout » qui a été vidé totalement de son sens. N’importe quel homme/femme politique lutte, même les sénateurs disent lutter… c’est dire la dégénérescence du terme. Faire une grève de vingt quatre heures, c’est lutter, appeler à voter untel, c’est lutter… Ne dit-on pas que l’ « Union est un combat » ?… quand on sait à quoi sert l’union et qui en profite !… Même le terme « union » a perdu son sens et ne signifie plus rien.

Curieusement, ce qu’a perdu la plupart du temps le militant, c’est le sens du combat, celui-ci s’est en effet confondu avec l’intérêt de l’organisation et les intérêts des bureaucrates qui la structurent et en profitent. Ainsi, la « victoire de la Gauche » est plus la victoire « en soi », de la Gauche que celle d’un projet de transformation sociale… car il est clair que la Gauche n’a jamais fait et ne procèdera jamais à une transformation des rapports sociaux. Voir son/ses candidat/s arriver au pouvoir, voilà l’objectif, de lutte ( ?), du militant…. Ce que les heureux élus feront du pouvoir est une autre affaire… qui ne rentre pas en ligne de compte pour leur engagement. La preuve ? Si c’était l’inverse il y a longtemps qu’il n’y aurait plus de militants dans les partis et organisations de gauche.

C’est là que, par une extraordinaire perversion de l’esprit humain intervient la notion de « fidélité », véritable laisse, chaîne qui lie le militant à son « maître ». La fidélité est une qualité humaine incontestable, mais comme toutes les qualités elle a son côté obscur. Comme l’éloquence, la ténacité, le courage, la fidélité n’a aucune valeur en soi, elle n’a de valeur qu’au regard de la cause qu’elle sert et de la pratique qu’elle détermine.

La « fidélité militante » tourne généralement à l’ « obscurantisme politique ». En effet, la perte de sens de la lutte alliée à l’adhésion affective à une organisation qui s’est bureaucratisée aboutit, génère une attitude d’une stupidité absolue qui fait du militant une marionnette qui se croit libre. Un militant, ou alors ils sont rares, est incapable de voir la « dérive » politique, bureaucratique de son organisation. Celle ou celui qui essaye de lui montrer passe pour un traître ou un adversaire. Vade retro satanas !-bis-

La fidélité pour le militant est l’équivalent du « patriotisme » d’autrefois : on se bat on ne sait pas trop pourquoi. On a un drapeau, on se bat pour lui… c’est ça l’essentiel. J’exagère ?

Il n’est qu’à voir les militants qui ont « ouvert les yeux » après des années de fidélité à leur organisation… C’est un véritable drame personnel. Ils ont perdu tous leurs repères… preuve qu’ils n’en avaient aucun en dehors de leur organisation…. Situation typique d’aliénation.

Aujourd’hui, le degré de dégénérescence et de déliquescence des organisations politiques est extrême. Repères de professionnels (élus, notables) d’incapables (faut-il citer des noms ?), d’imbéciles (faut-il citer des noms ?), d’arrivistes (faut-il citer des noms ?), voire d’escrocs (faut-il citer des noms ?), la plupart des organisations politiques structurent l’activité politique de ce que l’on appelle, sans rire, les « grandes démocraties ». Des millions de citoyens/nes, certes à défaut d’autre chose, leur confie leur avenir au travers d’élections formellement démocratiques mais, sur le fond, jouées d’avance. Les militants (de base) leur font confiance, aident à leur légitimation et les confortent dans leurs magouilles et pouvoirs.

Comme Sisyphe, le militant roule son rocher sur la pente de ce qu’il croit être le changement. Une fois qu’il croit avoir atteint son but, le rocher retombe et il recommence… indéfiniment.

Les conquêtes sociales obtenues à force de lutte sont incontestablement des acquis. Nombreuses sont celles et ceux qui ont lutté durement pour les obtenir. Mais soyons lucides, que va-t-il en rester dans cinq ans, dans dix ans,… du service public, des retraites, du temps de travail, de la législation du travail ?… Quelle a été au niveau de l’Histoire la portée de toutes ces conquêtes qui sont entrain de disparaître et pour lesquelles les politiciens et bureaucrates syndicaux nous font user nos semelles, inutilement, sur le pavé de nos villes ?

Paradoxalement, les militants ont rarement le sens de l’Histoire, ils l’ont généralement au travers de citations et de slogans milles fois répétés, d’ouvrages dont ils n’ont lu que quelques extraits et encore,… Finalement on pense pour eux… Ils n’ont qu’à adhérer à des courants, des tendances incarnées par des bureaucrates qui font et défont les idées dans les médias et dans l’organisation de congrès préfabriqués aux motions prédigérées. La « pensée politique » des partis est à la pensée, ce que Mac Donald est à la cuisine.

Ils ont bonne mine les militants des organisations de Gauche de se dévouer pour des partis qui n’ont eu de cesse ces dernières années de remettre en question tous ces acquis. De se dévouer corps et âmes pour des organisations qui n’aspirent qu’à une chose : parvenir au pouvoir… Mais pour y faire quoi ? Appliquer un programme ? Mais quel programme ? Et nous savons très bien qu’un programme n’est qu’un chiffon de papier entre les mains des hommes de pouvoir. Combien de fois faudra-t-il qu’ils se fassent avoir pour le comprendre une bonne fois pour toute.

Aucun programme, aussi précis, progressiste, sophistiqué, détaillé soit-il ne remplacera la pratique sociale de millions de citoyens décidés à changer les rapports sociaux. Or, de cette pratique, aucun politicien n’en veut, au contraire il fait tout pour maintenir le « citoyen-militant » dans une pratique infantilisante ou les promesses et les rappels à la fidélité tiennent lieu d’explication et de justification. Votez, on fera le reste ! Le militantisme est-il à proscrire ? Bien sûr que non, mais entendons nous sur ce que l’on appelle le « militantisme ». S’il s’agit d’une profession de foi telle que nous venons, sans exagération, de la décrire alors oui, il est à proscrire. Si le militantisme est une manière d’être citoyen, au sens originel du terme, une manière d’être critique par rapport à une situation, à toutes les situations, une manière de créer, d’adapter une pratique collective en vue du changement social,… alors OK, je suis partant.

Patrick MIGNARD

source :

indymedia Paris île de France : http://paris.indymedia.org/

jeudi 18 septembre 2008

« Je suis dans le poing et dans la plaie... Claude Cahun



« Je suis dans le poing et dans la plaie ;
je me reconnais ici, là et partout. »
Claude Cahun


Soit une définition du féminisme!
Humaine et Rebelle
Mais ce serait réduire la diversité des lectures...
Sémaphore

Non à l'excision - Tiken Jah Fakoly


3 millions de fillettes excisées chaque année
150 millions de femmes mutilées dans le monde
28 pays d'Afrique concernés par la pratique
Au Mali, plus de 90% de femmes concernées

Non à l'excision, Tiken Jah Fakoly - kewego

vu sur le féminin l'emporte le groupe ivoirien Tiken Jah Fakoly, présent lors de la fête de l'huma, dont Emelire nous invite à voir le clip, puisse son message être entendu pour que cesse enfin cette pratique.
Le respect de l'individu prévaut à l'observance de toutes traditions pour le moins barbares!


Non à l'excision, texte de Magyd Cherfi (Zebda),
musique de Geoffrey Oryema, tourné et réalisé au Mali par Jessy Nottola.

Avec le soutien de l'ONG belge RESPECT http://respect-ev.org

La fête de l'Humanité vient de se terminer. par Calamity Jack

La fête de l'Humanité vient de se terminer.

Chaleureuse, fraternelle, bigarée, pétillante, elle a rassemblée 600 000 personnes. C'est une fête à la Prévert, pleine d'inventivité, de générosité. C'est une fête du livre (il y en a partout) et des artistes. C'est une fête africaine, maghrébine, cubaine, viietnamienne.... un vrai village du monde brassant sourires et bonne humeur, d'Angela Davis aux potes à Mandela et à la palestine.Un moment de fraternité rare, unique par son ampleur. C'est un foisonnement festif de débats politiques, animés par des communistes, dans des confrontations et des échanges larges et ouverts, qui donne l'image exemplaire de ce que pourrait être une vraie démocratie. Et donc c'est une formidable espérance pour une vraie politique de gauche.
De cela, nos médias n'en disent rien, trop occupés à relayer l'homélie obscurantiste d'un pape menant croisade contre l'émancipation humaine et la liberté de pensée et à pourchasser ses chrétiens progressistes.
Trois images sur la fête, trois mots tirés de leur contexte qui ne veulent plus rien dire.
De ce foisonnement d'idées et d'échanges, rien.
Du discours de Marie-Georges Buffet, abordant l'augmentation des salaires, la casse du secteur public, la défense des sans papiers, la dénociation du fichier Edvige discriminant gays, personnes malades, syndicalistes, pacifistes,militants de gauche et des droits de l'homme, libres penseurs de toute sorte, vous ne saurez rien.
De ses positions pour défendre la palestine, la bolivie, le vénézuela ou pour le retrait des troupes d'Irak pas davantage.

Je vous invite donc, si cela vous chante, à en prendre connaissance pour mesurer la distance abyssale entre ce que disent les médias et la réalité des faits .
Assertion exagérée?
En langage journalistique, on appelle cela vérifier l'info en allant à la source. C'est la base de la démarche d'investigation. Ouvrez cette belle page d'Humanité sur : http://www.pcf.fr/ d'un clic sautez dans l'action pour exercer sa si précieuse liberté de pensée.et profitez-en également, si vous aimez le mouvement, pour visiter les allées de la fête car je sais que nombreux sont ceux qui souhaitaient s'y rendre ou ont la curiosité de la connaître.

Belle journée ensoleillée et musicale à tous.
Rabbi Jacot, c'est mon nom de code en résistance car je suis poursuivi par Edvige!

Calamity Jack

samedi 13 septembre 2008

VERSUS



Versus du féminisme
à lire "Pépite" masculiniste
http://perrinesexprime.canalblog.com/archives/2008/09/12/

(ajouts)

vendredi 12 septembre 2008

L'âge des possibles [extrait, reprise "Rêves secrets d'un Prince et d'une Princesse"]



Délicieuse reprise de cette chanson extraite de "Peau d'âne".

Des mouvances du coeur où toute la palette des émois amoureux se lisent, s'expriment, se devinent, se répondent, font ricocher, se déploient de la toile à notre intime, Pascale Ferran en signe ici le portrait tendre, délicat, tour à tour léger et poignant, sur le fil.

sémaphore