samedi 28 juin 2008

Montre-toi [chanson]...une pensée pour la marche des fiertés à Paris


Photo d'archives/REUTERS/Luis Galdamez


Découvrez Alexandre Varlet!



Une pensée pour la marche des fiertés à Paris... même si je ne me reconnais nullement dans les gogos danseurs s'exhibant à moitié nus sur les chars et toute la récupération commerciale autour d'un acte de célébration tout à la fois porteur de revendications et festif.

C'est tout le paradoxe de cet évènement qui se veut un moment de partage, de visibilité mais que montrons-nous de nos réalités individuelles?

Que retiennent-ils ceux qui n'acceptent notre orientation différente de la leur?

L'excentricité outrancière voire la vulgarité... combien il est difficile alors de proner un sentiment d'appartenance communautaire!

Quand dans ce carnaval est mis en exergue une misère sexuelle!...

Mais je me tais...je pense aux personnes atteintes par le sida...quand l'amour se termine dans une chambre d'hôpital...les trois minutes de silence symboliques ne doivent faire oublier la nécessité de la prévention et de l'aide que se doit d'accorder un état, digne de ce nom, aux malades.

Le dispositif odieux prévu concernant les bénéficiaire du 100%, soit les personnes atteintes de maladies classées en ALD (affection de longue durée), vient d'être suspendu, mais jusqu'à quand?...

semaphore

nb : Alexandre Varlet un artiste à découvrir, mes remerciements à Tine
http://tine07.vox.com/library/posts/tags/alexandre+varlet/

« Rendez-vous samedi 28 juin 2008 à13h Denfert Rochereau. »

Arrivée : Place de la Bastille.
La musique s'arrêtera sur la Marche des Fiertés, à 16 h 30, avec trois minutes de silence contre le sida.

D'où vient la GAY PRIDE ?
Tout a commencé le week-end du 27 au 30 Juin 1969 à New York, avec les émeutes de Stonewall, acte spontané de résistance face à une descente de police violente dans la nuit du 27 au 28 Juin, au Stonewall Inn, un bar de travestis du Greenwich Village.

Ce soir là, les "gay" se révoltent et les deux nuit suivantes, sont témoins de heurts violents avec la police. Les slogans fusent, demandant la légalisation des bars gays et affirmant "qu'il est bon d'être gay". Toute une partie de la population se sent solidaire contre les policiers qui chassent les toxicomanes, les étudiants gauchistes et les travestis et les gays.

La télé, la radio et les journaux à grand tirage font l'écho de la révolte des homosexuels, la nouvelle fait très rapidement le tour du monde. Stonewall devient le symbole d'une minorité invisible et opprimée qui demande le droit de jouir des mêmes libertés revendiquées par tous les citoyens.

Le mouvement d'affirmation des gays et des lesbiennes va s'étendre et se développer en parallèle avec les mouvements de fierté noire -"Black is beautiful"- et féministes. C'est l'arrivée d'une parole homosexuelle sans filtre aux Etats-Unis.

Les "Gay Pride", puis "Lesbian & Gay Pride", marches de fierté gaie et lesbienne, véritables parades ou défilés hauts en couleurs, commémorent chaque année au mois de juin à New York et partout dans le Monde, le souvenir de Stonewall.

Ainsi avec le temps, le mouvement Lesbian & Gay Pride a pris de l'ampleur. Lesbiennes et gays ne baissant pas les bras malgré toutes les tentatives de reflux intégristes, réactionnaires ou fondamentalistes ; il atteint les principales capitales d'Europe Occidentale à la fin des années 70, puis les métropoles régionales dans les années 90.

lundi 23 juin 2008

Le Manifeste lesbien de Pauline Londeix



Le Manifeste lesbien de Pauline Londeix
Le Manifeste lesbien, véritable boîte à outils , est un livre écrit par une lesbienne pour les lesbiennes . Il appelle chacune à questionner de manière radicale son identité et à s'emparer des armes politiques nécessaires pour combattre la lesbophobie institutionnelle et quotidienne, ainsi que l'injonction sociale à l'invisibilité.

Le Manifeste lesbien part du constat suivant : la lesbophobie est omniprésente dans la société dans laquelle nous vivons et ses conséquences sont multiples en termes d'estime de soi, de santé, de législations, etc...

Il n'est pour autant pas question de tomber dans un discours de victimisation qui n'aurait pour conséquence que de cristalliser un état de fait plutôt que d'y apporter des réponses.
Des féministes des années 1970, proches des Gouines Rouges de Monique Wittig, déclaraient que le combat des lesbiennes était à l' intersection de celui des féministes et des pédés. Il faut désormais aller plus loin : le combat des lesbiennes est également et fondamentalement indissociable de celui des trans ' et, au-delà encore, de celui de toutes les autres minorités opprimées, de la majorité exploitée.

Prendre acte du passé pour mieux redéfinir les enjeux actuels que soulèvent les questions lesbiennes et se donner un maximum d'armes pour agir, tel est le défi que relève Le Manifeste lesbien.

L'ouvrage :

Le Manifeste lesbien est né de la volonté de regrouper l' ensemble des armes politiques nécessaires pour comprendre dans sa globalité la situation que vivent les lesbiennes, en France et à travers le monde.

L'ouvrage nous montre comment la lesbophobie est omniprésent au sein de la société et quelles en sont les répercussions. Il ne s'agit cependant pas de tomber dans un discours de victimisation. L'auteure propose avant tout de mieux appréhender ce que sont la lesbophobie, ses rouages, ses conséquences, afin de pouvoir mieux s'y opposer. Pour ce faire, une succession d'états des lieux est effectuée, abordant les questions de lesbophobie, de « santé lesbienne » et opérant une synthèse des législations en vigueur pour dresser enfin une cartographie de l'activisme lesbien à travers le monde.

Loin des débats académiques déconnectés des réalités sociales, l'auteure laisse à d'autres les questions « Queer ou pas queer ? », « Butch ou fem ? » pour se concentrer sur le point qui relève à ses yeux de la plus grande urgence : agir maintenant, et comment ?

Cet ouvrage, nouveau manifeste du genre, se veut une contribution politique à la question lesbienne, à destination des lesbiennes. Mais il se veut aussi aborder plus largement la question du genre, car l'identité des hétérosexuels, l'identité des gays et l'identité des trans' ne peuvent être pleinement comprises sans que la position qu'occupent les lesbiennes dans le système politique hétéronormé ne soit resituée historiquement, sociologiquement et politiquement. C'est tout l'enjeu du Manifeste lesbien.

L'auteure :

L'auteure a connu personnellement différentes formes de lesbophobie et, concernée comme toutes, elle en a souffert. Cependant, loin d'adopter une posture victimaire, elle estime que ces questions ne peuvent être abordées que sous un seul angle de tir, celui du politique.

Pauline Londeix est née en 1986 en banlieue parisienne. Son engagement politique prend forme dès son plus jeune âge dans les salles d' audience du tribunal de Bobigny, afin de saisir de ses propres yeux une partie des rouages de la machine judiciaire. Suivra par la suite sa découverte du milieu des partis politiques , des meetings, des débats, des rassemblements. En 2004, elle prend part au collectif « Une école pour tous-tes », aux côtés notamment de Christine Delphy et de Pierre Tevanian. Son sentiment de « solidarité des minorités » prend alors forme. Un peu plus tard, elle commence à assister aux réunions hebdomadaires d'Act Up- Paris pour ensuite y militer pleinement, particulièrement sur les questions trans', sur l'homophobie et sur la prévention du VIH chez les LGBT.

Désormais vice-présidente du comité IDAHO et vice-présidente d'Act Up, elle est fondatrice et membre active du GLR, un groupe activiste lesbien radical, et a pour objectif de participer à la création d'un grand pôle activiste lesbien

Mardi 08 Avril 2008
source : http://www.infosjeunes.com/Le-Manifeste-lesbien-de-Pauline-Londeix_a82978.html

Des mots qui font mal

Des mots qui font mal
par M-J. G.
source : Libération
vendredi 16 mai 2008


«Sale gouine», «Tu broutes le gazon ?», «Si t’es gouine, c’est que t’as jamais couché avec le bon mec : viens, je vais te montrer». Voilà le genre de provocations que les lesbiennes entendent, le plus souvent dans la rue. Les couples lesbiens font fantasmer. Des passants leur proposent tout de go des parties à trois ; des propriétaires leur adressent des photos de cul, comme si lesbienne et porno, ça marchait forcément ensemble. L’autre versant de la lesbophobie, «c’est le déni», souligne Pauline Londeix, vice-présidente d’Act-Up Paris, auteur du Manifeste lesbien (1). Pour beaucoup, deux femmes qui marchent ensemble dans la rue sont forcément copines, asexuées, invisibles en tant que lesbiennes. «Qu’est-ce que tu as fait de ton homme?» interroge une femme qui reçoit pour la première fois une collègue de travail et s’étonne de la voir arriver seule. «Je t’aime beaucoup mais je ne te comprends pas», dit une ado à sa copine lesbienne. «Je préférerais que tu aies le sida plutôt que tu sois lesbienne», tacle une mère.



(1) Le manifeste lesbien, éditions L’Altiplano, avril 2008, 160 pages.

Lesbophobie, une intolérance qui ne fait pas de bruit

Lesbophobie, une intolérance qui ne fait pas de bruit

par MARIE-JOËLLE GROS

source : Libération.fr
le vendredi 16 mai 2008

«Lesbophobie» reste un mot absent des dictionnaires. Pourtant, on parle souvent mal des lesbiennes, quand on en parle. Beaucoup restent invisibles. Même dans la communauté homo, elles sont reléguées au second plan, derrière les gays.
Etre femme et homosexuelle, est-ce une double discrimination ?



Sur la ligne d’écoute téléphonique de SOS Homophobie, les femmes témoignent beaucoup moins que les hommes - un appel sur cinq en moyenne. La lesbophobie serait-elle anecdotique ? L’association a souhaité prendre la mesure d’un phénomène qui mêle homophobie et sexisme, souvent à bas bruit. Son «enquête sur la lesbophobie», rendue publique aujourd’hui , est une première. Il existe aussi très peu d’études sur les lesbiennes.

Un questionnaire a été diffusé à travers divers canaux (salon Rainbow, festival de cinéma lesbien, presse, sites Internet, etc.). A l’arrivée, 1 793 questionnaires, remplis par des femmes assez jeunes (neuf sur dix ont entre 18 et 49 ans), vivant majoritairement en Ile-de-France (61 %), et souvent en couple (60 %). La lesbophobie n’y apparaît pas comme un mot vide de sens : 57 % des sondées l’ont déjà subie. Le plus souvent dans la famille (44 %), mais aussi parmi un groupe d’amis (24 %) ou au travail (24 %).

«Quand est-ce que tu te maries ?»

En famille, les mères, surtout, semblent avoir d’immenses difficultés à admettre l’orientation sexuelle de leur fille, les pères arrivant en seconde position. Peut-être parce que c’est à leurs mères que les filles révèlent en premier leur homosexualité. «J’espère que tu ne deviendras jamais homosexuelle» , invite celle-ci, en voyant que son ado collectionne exclusivement les posters d’actrices et de chanteuses : aucun homme sur les murs de sa chambre.

Faux-amis

Près d’un quart des femmes sondées ont raconté l’incompréhension de leurs ami(e)s, ainsi qu’une forme de rejet. Etonnant : les copains, des gens qu’on a choisis, paraissent a priori plus ouverts que la famille. Découvrir qu’ils ne peuvent concevoir une sexualité différente de la leur fait d’autant plus mal. Ainsi ce témoignage, livré avec un questionnaire : «Ma meilleure amie a prononcé ces mots : "j’ai horreur des lesbiennes".»

Curiosité urbaine

Dans la vie quotidienne, des lesbiennes font parfois l’attraction. «Etre filmée dans la rue parce que j’embrasse une fille, ça donne vraiment l’impression d’être une bête de foire», témoigne l’une d’elle. La rue reste essentiellement le lieu de toutes les insultes et provocations, suivie des transports. Souvent, c’est le couple lesbien qui attire l’attention : parce que les femmes se tiennent par la main, ou s’enlacent. Dans l’étude, celles qui souffrent de ces situations ont souvent moins de 25 ans, et sont parisiennes. Pourquoi ? A Paris, elles se sentent peut-être plus libres de leurs gestes sans choquer. Peut-être aussi parce que ceux qui s’en prennent à elles se savent, eux aussi, anonymes dans la ville.

Placards à «goudous»

Rumeurs, moqueries mais aussi refus de promotion et mise au placard. Au travail, les lesbiennes qui ne jouent pas sur le registre de la séduction entendent parfois parler des autres femmes ainsi : «Elle, c’est une femme. Une vraie».

Que dire au bureau ? «Ce qui m’est le plus difficile, c’est de devoir simuler une vie hétérosexuelle sur mon lieu de travail : mes collègues seraient capables de ne plus voir mes compétences, mais seulement mon orientation sexuelle» , témoigne l’une des sondées. Et comme il est impossible de tout cacher (comité d’entreprise, sécurité sociale, etc.), 7 % d’entre elles ont eu l’agréable surprise de se faire «outer» par un collègue.

Then if i'm weird I want to share!



Tender forever

dimanche 22 juin 2008

La beauté du geste [Nelken, Pina Bausch]



The man i love - Gershwin - Lyrics

Someday he'll come along the man I love
And he'll be big, so big and strong
The man, the man that I love
And when he comes my way
I'll do my best to make him stay

He's gonna look at me and smile
I'll understand and in a little while
He's gonna grab, he's gonna grab my hand
And though I know it seems absurd
I know it won't, won't say
We won't say a damn word

Maybe I shall meet him Sunday
Maybe Monday, oh maybe not
Oh, still I'm gonna meet him one day
'Cause maybe Tuesday will be my good news day

He'll build a little home
Just meant for two, from which I'll never
Never run with you and so all else above
I'm waiting for the man I love

Maybe I shall meet him Sunday
Or maybe Monday, maybe not
Oh, ya know I got to meet him one day
I think Tuesday will be my good news day

He'll build a little home
Just meant for two, of from which I'll never
Never, never run with you and so all else above
I'm waiting for the man I love

[Carolyn Carlson - video] Heure grave, R. M. Rilke



Heure grave

Qui à cet instant pleure ici ou là dans le monde
Sans raison pleure dans le monde
pleure sur moi
Qui à cet instant rit ici ou là dans la nuit
Sans raison rit dans la nuit
rit de moi
Qui à cet instant se lève ici ou là dans le monde
Sans raison se lève dans le monde
vient vers moi
qui à cet instant meurt ici ou là dans le monde
sans raison meurt dans le monde
me regarde

R. M. Rilke

samedi 21 juin 2008

Les Bombes 2 Bal dédicace aux sans papiers [pétition contre la directive européenne "retour"]



Les Bombes 2 Bal
Place Max Rouquette - 34000 - Montpellier

à 20h ce soir Fête de la musique
La Musique c'est le métissage, le partage!
Que dire d'un État qui ne sait plus être terre d'accueil, terre d'asile des exilés, des réfugiés politiques?...
La Fraternité semble bannie du vocabulaire de notre gouvernement!
Quand les régularisations se font attendre...
A tous ceux qui vivent dans l'angoisse du lendemain, sous la menace d'une expulsion arbitraire...
Face à de telles mesures, la vigilance et notre soutien ne doivent s'étioler, la résistance doit s'amplifier au contraire!
Pour que l'iniquité ne soit la caractéristique de notre législation!
Voilà, que l'Europe adopte une directive qui va à l'encontre du respect des droits de l'Homme!
Manifestez votre désaprobation, signez la pétition!
semaphore

Le projet de directive européenne " retour " qui se prépare est scandaleux.

source :http://www.educationsansfrontieres.org/?article13992

Pétition en ligne

Mercredi 18 juin sera soumis à l’approbation du Parlement européen le projet de directive dite " retour " visant à harmoniser les conditions dans lesquelles les migrants irréguliers sur le territoire de l’Union européenne doivent être détenus et " reconduits ".

Il apparaît avant toute chose nécessaire de rappeler la réalité que recouvre l’expression pudique de " retour ". L’expulsion est une violence qui multiplie les uns par les autres les traumatismes de l’arrestation inopinée, de l’emprisonnement, de la perte de son logement, d’une perte d’emploi, de la spoliation de la totalité de ses biens, parfois de la séparation brutale de son conjoint et de ses enfants, de la dislocation de tout lien avec son milieu et d’une reconduite contrainte, éventuellement assortie de violences.

C’est une humiliation dont on ne se remet pas. Le pays dans lequel on avait placé l’espoir d’une existence nouvelle, qu’on avait parfois bataillé des années pour rejoindre, vous rejette, vous expulse et vous dépose sans bagage sur un Tarmac où personne ne vous attend.

Même quand les expulsés ont des proches au pays, la honte les empêche parfois de les rejoindre : celui qui faisait vivre toute une famille est devenu une charge. Nombre d’expulsés finissent désespérés, désocialisés, à la rue... Il faut que ceux qui votent la loi le sachent.

Le projet de directive européenne soumis aux parlementaires reflète en partie la brutalité du sort réservé aux sans-papiers : jusqu’à dix-huit mois d’internement pour le seul fait d’avoir franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe ; rétention et expulsion de mineurs et de personnes vulnérables (femmes enceintes, personnes âgées, victimes de torture...) ; possibilité d’expulser des personnes vers un pays de transit, même en l’absence de lien avec ce pays ; interdiction de retour sur le territoire européen pour une durée de cinq ans de ceux ayant été expulsés ; absence d’obligation de fournir un titre de séjour aux étrangers souffrant de maladies graves ; application aux mineurs isolés de l’ensemble de ces mesures.

UN RÉGIME D’EXCEPTION

Officiellement, le projet de directive " retour " vise à encadrer les conditions de rétention et à en limiter la durée dans ceux des pays européens dont la législation tolère un internement théoriquement indéfini. Nous craignons qu’elle devienne la norme européenne sur laquelle vont être tentés de s’aligner tous les pays de l’Union. Pour preuve, l’Espagne vient d’annoncer le passage de sa durée maximale de rétention de trente à quarante jours et l’Italie de deux à dix-huit mois !

Si elles étaient adoptées, les dispositions du projet de directive " retour " placeraient les étrangers en situation irrégulière, même mineurs, sous un régime d’exception : internement à la discrétion du pouvoir, faiblesse des droits de la défense, bannissement. Comment concevoir qu’une institution censée incarner la démocratie à l’échelle de l’Union européenne envisage d’infliger un tel traitement à une fraction de sa population ?

Davantage encore que chacun des Parlements nationaux des Etats de l’Union, le Parlement européen a une responsabilité devant l’histoire. Du fait de son existence récente, il n’a pas été mêlé aux déchirements et aux tyrannies du passé européen. Il incarne au contraire un certain idéal, en rupture avec les conflits et les dictatures qui ont trop souvent marqué l’Europe. Sous peine de disqualifier son institution, le Parlement ne doit pas adopter ce projet de directive.

ndlr : adopté ce 18 juin 2008...

jeudi 19 juin 2008

Jane Birkin chante Aung San Suu Kyi

Agir

Par SMS, email,... bref, de chez vous, agissez avec Amnesty. Cliquez ici pour en savoir plus

source : http://www.amnestyinternational.be/doc/article13151.html

En ce jour d’anniversaire d’Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix 1991, Amnesty International a l’honneur de s’associer à Jane Birkin pour présenter la chanson qu’elle a écrite pour elle. Depuis sa rencontre avec Aung San Suu Kyi il y a une dizaine d’années, Jane Birkin soutient inlassablement le peuple birman. Cette chanson émouvante et militante est une plaidoirie pour le combat que mène Aung San Suu Kyi pour la démocratie au Myanmar (ex-Birmanie).

Aujourd’hui, Aung San Suu Kyi a 63 ans. Elle a passé plus de 12 des 18 dernières années de sa vie soit en prison, soit en résidence surveillée, le plus souvent coupée du monde par la Junte birmane. Son parti, la Ligue Nationale pour la Démocratie avait gagné les élections en 1990, mais la Junte a ignoré les résultats et s’est maintenue au pouvoir par des violations systématiques et à grande échelle des droits humains. Elle a réduit les Birmans à vivre sous les menaces et dans la peur.

Pays riche et peuple réduit à la misère, enfants sous alimentés et parfois contraints à être soldats, jeunes emprisonnés et torturés, censure qui empêche les journalistes étrangers de rentrer dans le pays pour témoigner des turpitudes de la Junte, journalistes locaux et défenseurs des droits humains muselés. Voici le triste mais véridique tableau des souffrances du peuple birman.

Indignée par la répression des moines et de la population birmane à l’automne 2007, Jane Birkin a écrit cette chanson et l’a interprétée depuis sur les scènes du monde entier. La chanteuse militante vient de terminer à Paris l’enregistrement en studio de cette plaidoirie en faveur d’Aung San Suu Kyi, dont le texte reprend des informations diffusées par Amnesty International.

Le clip est réalisé par Jeremiah. La musique est de Franck Eulry et les paroles de Jane Birkin.


lundi 16 juin 2008

C'est d'la bombe Baby! par Ash [marche de nuit non mixte du 14 juin 08]

C'est d'la bombe Baby!




















Devinette:

Qu'est ce qui te donne mille fois plus d'opportunités que Gay vox de rencontrer l'amour de ta vie,

Qu'est-ce qui te fait mille fois plus mouiller qu'un film d'Emilie Jouvet,

Qu'est-ce qui est mille fois plus subversif qu'un kissing à l'eau de rose des panthères roses,

Qu'est ce qui te fait perdre plus de kilos que 6 mois de tapis en salle,

Qu'est ce qui te speed mille fois plus qu'un rail de coke,

Qu'est ce qui te permet de distribuer allègrement des patates à des keums relous,

Qu'est-ce qui t'autorise à dégonfler les pneus d'une grosse BM de gros connards qui veulent t'écraser,

Qu'est-ce qui te fait revoir des amies que tu n'avais pas vues depuis des lustres,

Qu'est-ce qui te rend mille fois plus fière que la Gay "pride",

Qu'est-ce qui est plus anti-sarkozy que le blog le plus anti sarkoziste,

Qu'est-ce qui te fait sentir plus invincible que Xéna,

Qu'est-ce qui te donne de l'espoir,

Qu'est-ce qui te fait sentir vivante,

Qu'est-ce qui te fait dire "Vas y! Encore"

Qu'est- ce qui reste gravé à jamais dans ta mémoire,

Une marche de nuit de lesbiennes, femmes et filles historique dans les rues de Paris de 20H à 2H00 du mat et ce qui en a découlé...

Ash

source : pussy kill kill

De l’auto-défense féministe, interview d' Irène Zeilinger[Maman a tort : emission de radio]

[Par Gina Over Over]
5mai08

L’émission est en écoute ici:
Ce mardi à 20 heures dans Maman a tort on parle d’auto-défense féministe avec une interview d’ Irène Zeilinger, sociologue et formatrice en auto-défense depuis maintenant une quinzaine d’années.
Elle vient de publier aux éditions Zones (la Découverte) :

"Non c’est non, petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire"

dont voici le quatrième de couverture :

" En tant que femmes nous sommes tous les jours les cibles d’interpellations, de harcèlement, d’agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, à degrés divers, au travail, dans l’espace public et privé. Souvent nous ne savons comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c’est non.

L’autodéfense pour femmes - qui n’a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petites et grands moyens de se sentir fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans touts les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique.
Comment reconnaître et prévenir une situation d’agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ?
Ce guide pratique propose une séire d’astuces simples et faciles pour poser efficacement ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d’agression et la psychologie de l’agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal…
Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre "

source : http://www.radiocampusparis.org/?p=4762





Non, c'est non
est le premier ouvrage d'autodéfense destiné aux femmes. Vous l'avez compris, l'auteure, Irene Zeilinger (photo), vous apprend à poser vos limites face au harcèlement d'un inconnu dans le métro, mais aussi de votre voisine homophobe, de vos parents envahissants ou encore de votre boss qui vous fait des avances. Bref, un petit guide très pratique à faire tourner, pour savoir comment désamorcer toute agression, verbale ou physique. Professeure d'autodéfense à l'association Garance depuis plus de quinze ans, Irene Zeilinger a plus d'un tour dans son sac. Alors elle l'ouvre, pour vous…

Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?
Depuis des années, les participantes à nos stages nous demandent conseil sur des ouvrages pour continuer leur réflexion sur l'autodéfense et avoir un rappel de certaines techniques. Comme je n'ai rien trouvé en français, je me suis dit: fais-le toi-même! Bien sûr, il y avait des analyses intéressantes de la violence, mais elles ne donnent aucune solution pratique, ce qui me laissait sur ma faim. Les livres d'arts martiaux n'aident pas non plus car il n'y a aucune analyse de genre et les situations proposées reproduisent les mêmes stéréotypes de l'agresseur inconnu dans un espace public. Enfin les guides de communication non-violente n'aident en rien si l'on est en danger physique.

En quoi ce livre peut-il intéresser les personnes LGBT ?
Eux aussi peuvent être victimes de violence entre partenaires ou d'agressions haineuses basées sur des préjugés, souvent plus brutales encore: il faut s'en défendre tout de suite, sans aucun compromis. Même si les outils sont utiles aussi bien aux gays qu'aux hétéros, ce livre s'adresse d'abord aux femmes que j'ai pu observer au fil des ans: il rend compte de leurs difficultés spécifiques à se défendre, ce qui s'applique bien sûr aux lesbiennes, aux bis et probablement aussi aux trans.

Quel est votre passage préféré et pourquoi ?
Je les aime tous bien sûr! Tout dépend de mon humeur. Parfois, ce sont plutôt les passages où je peux m'imaginer la surprise d'un agresseur face à la réaction qu'on lui a concoctée, comme la «citation sans sens» par exemple. À un autre moment, ce sera plutôt les passages où j'analyse les obstacles que notre éducation et socialisation nous ont inculqués pour nous rendre moins aptes à nous défendre. J'aime aussi la provocation comme dans le chapitre «Les femmes ont trop de fantaisies». Enfin, j'aime surtout les passages concrets et simples: voici ce qui peut marcher, voici ce qui est fort risqué, à vous de jouer. Je suis quelqu'un de très pragmatique.

Quelle portée voyez-vous à ce livre ?
Il est important que chacune d'entre nous ait plus de choix et plus d'options dans sa vie. Ce qui concerne aussi notre sécurité. Les conséquences du sentiment d'insécurité en Europe m'inquiètent beaucoup: les avances électorales de la droite et de l'extrême droite, le discours sécuritaire qui devient la norme même chez certains gauchistes, l'amalgame fait tout de suite avec les questions d'immigration, la répression brutale et parfois fatale, l'état de surveillance... Je suis convaincue que donner ce choix aux femmes par cette prise de conscience, ça leur rend au moins une partie de leur pouvoir sur leur propre existence: elles auront moins besoin d'un homme fort à la maison ou à l'Élysée.


Non, c'est non : Texte intégral gratuit sur internet en cliquant ici.
En librairie, 13€.
Informations sur les stages sur: www.garance.be.

G reve general E ... Le 17 juin 08 [affiche]


source :
http://imaginaction.over-blog.org/

Toutes et tous dans l’action ! grèves et manifestation

Manifestation Montpellier Peyrou 14h30, pour :

- La défense d’une retraite solidaire.

- L’opposition à la déréglementation du temps de travail.

- Pour une Fonction publique et des services publics de progrès social au service de la population

(CGT, CFDT, FSU, Solidaires)

POUR LA RETRAITE SOLIDAIRE

ET CONTRE LA DEREGLEMENTATION
DU TEMPS DE TRAVAIL

LES QUATRE PRIORITES DE LA CGT POUR L’AVENIR DES RETRAITES

 Assurer une réelle possibilité de départ à la retraite à 60 ans, ce qui implique de s’opposer à l’allongement de la durée de cotisation ;

Obtenir la possibilité de
départs anticipés à la retraite pour tous les travaux pénibles ;

Garantir un niveau de retraites au moins égal à 75% du salaire et égal au Smic pour les petites pensions ;

Indexer les retraites sur l’évolution moyenne des salaires afin d’éviter une paupérisation des retraités.

dimanche 15 juin 2008

Mai68 Mai08 De vos pavés numériques, un site en attente! [affiche]


affiche Galvi
A tous ceux qui sont en train de tresser la couronne de Mai 68 adressons nos pavés graphiques et redonnons la parole aux murs
source : http://imaginaction.over-blog.org/

Mai 68 n’a pas besoin de commémorations, à 40 ans et toutes ses dents, l'esprit de Mai 68 est toujours mordant. Et même si certains, comme Sarkozy, tentent de l’enterrer ou de le réduire en petite fumée juvénile et parisienne, son esprit de révolte refleurira encore et encore soulevant les pavés de tous horizons.

40 printemps après, bon nombre de slogans et de luttes sont toujours d’actualité, les revendications de Mai 68 sont loin d’être périmées, certaines sont à revisiter, d’autres sont à inventer... Nous lançons un appel A TOUS les artistes, graphistes, militants, activistes et colleurs d’affiches de France, de Belgique et d'ailleurs pour lancer avec nous des pavés graphiques et redonner la parole aux murs.

Résister c’est créer, créer c'est résister, alors nous vous proposons de monter une révolte graphique à placarder sur les murs pour démontrer que l’esprit de mai 68 est bien vivant, que cette nouvelle jeunesse de la révolte qui s'alluma en 1968 brûle toujours en 2008 et qu’il est plus que jamais nécessaire de RESISTER. De résister à quoi ? A l'ordre établi, au dictat du profit, à la pensée unique et inique, aux pyramides sociales, à l'arrogance des puissants, au patriarcat, à la société de consommation, à l'exploitation, aux expulsions...

Puisque nous n’avons pas le pouvoir, rappelons à ceux qui le détiennent que nous avons des idées et que nous n'avons pas peur de les afficher.

Au «Français, haïssons Mai 68» de Nicolas Sarkozy,
nous répondons «En Mai, révolte-toi comme il te plait! »

Flamme forte, Thérèse Clerc

Flamme forte
par JACKY DURAND
Libération, mercredi 11 juin 2008

nb : remerciements @ Anne pour cette contribution

Thérèse Clerc. A 80 ans passés, cette flamboyante figure du féminisme poursuit le combat avec un projet de maison de retraite autogéré.

Aboyez chiennes de gardes, applaudissez suffragettes. Cet après-midi, au Palais Bourbon, une grande dame du féminisme sera faite chevalière de la Légion d’honneur en la personne de Thérèse Clerc, 80 ans, fondatrice de la Maison des femmes de Montreuil (Seine-Saint-Denis) et de la Maison des Babayagas, projet de maison de retraite pour femmes autogérée.

La première fois qu’on lui avait proposé la rosette, «il y a cinq, six ans», Thérèse l’avait refusée mais cette fois elle a accepté d’être décorée par l’historienne du féminisme Michèle Perrot, en présence de Simone Veil. Pour que la postérité des femmes ne soit pas uniquement «dans des chansons, des recettes de cuisine».

«Mes amies historiennes me disent qu’il n’y a pas assez de documents sur l’histoire des femmes. Là, au moins, il y aura mon nom sur un registre.»De toute façon, ce n’est pas une médaille qui changera Thérèse, contre-exemple féminin de la maxime de Napoléon Bonaparte : «On prétend que la Légion d’honneur est un hochet. Eh bien, c’est avec des hochets que l’on mène les hommes.»

Qui mène Thérèse ? Ni homme, ni maître. Des maîtresses, pour sûr oui… Il y en a eu jusque tard dans «ce très bel âge qu’est la vieillesse» où s’épanouit la vraie sexualité, selon Thérèse, celle «où il n’y a pas de pouvoir, ni la dictature de l’érection. Les femmes ne sont plus dans la procréation, ni les hommes dans leur sacro-sainte virilité. Avec ses mains et sa bouche, on peut faire des miracles. Je dis aux hommes : "Vous savez ce qu’il vous reste à faire"». Il y a deux ans, Thérèse a vécu «une passion». «C’est comme ça que j’ai acheté cette saloperie», dit-elle en désignant son téléphone portable. Thérèse a été amoureuse d’une femme. «La dernière probablement.»

Thérèse n’a pas toujours été cette délicieuse grand-mère indigne (quatre enfants, quatorze petits-enfants, un arrière-petit-fils) qui narre les bonheurs du clitoris comme un conte pour jeunes filles en fleurs avant d’enchaîner en militante de la décroissance sur le philosophe André Gorz et de revenir sur ses années de lutte pure et dure au sein du Mouvement de libération de l’avortement et de la contraception (Mlac), fondé en 1973.

La grand-mère de Thérèse, née en 1863, avait participé à la dernière revue du 14 juillet de Napoléon III. Eduquée parmi les demoiselles de la Légion d’honneur, une de ses amies s’appelait «Mademoiselle de Mac Mahon». Thérèse soupçonne sa grand-mère d’avoir aimé les femmes. «Elle avait laissé des lettres que mon père disait "scandaleuses". Il les a brûlées.» C’est un souvenir précis de l’enfance qui fixe, à ses yeux, «le couple heureux» qu’ étaient ses parents : «J’étais dans ma chambre à Bagnolet, un matin d’été. J’entendais mes parents rire dans la chambre d’à côté. La porte se fermait. Puis mon père ressortait en sifflotant. Ce jour-là, on avait des croissants au petit-déjeuner. Avec des souvenirs comme ça, un enfant est heureux.» Le père de Thérèse, poilu de 14-18, travaillait dans les bureaux du Pari mutuel urbain (PMU). De sa fille, Mme Clerc, mère au foyer, disait : «Elle est jolie, on la mariera». «Ils voulaient que je sois gentille, vierge. Idiote ou pas, ça, ils s’en foutaient», se souvient Thérèse qui apprit le métier de modiste en chapellerie avant de se marier à 20 ans et demi avec un petit entrepreneur en nettoyage industriel. A l’époque, dit-elle, le coup de foudre, ce n’était pas compliqué. «Le premier chien coiffé qui passait, c’était le bon. On ne connaissait rien au sexe. Au début du mariage, c’était du plaisir à moitié. L’époux mettait six mois à oser demander une fellation.»

Le couple s’installe dans le XIe arrondissement à Paris. Un appartement sur cour avec le robinet d’eau sur le palier et deux WC pour trente-deux personnes. Thérèse met au monde quatre enfants, lave les couches dans une grosse lessiveuse en fer-blanc qu’elle rince à la fontaine dans la cour. «Ma conscience politique est née là.» La jeune femme fréquente les cercles d’action catholique animés par des prêtres-ouvriers. «Ils nous parlaient beaucoup de l’exploitation des hommes, faisaient l’apologie de Marx. Mais quand je leur disais : "Et les femmes ?", ils répondaient: "La femme est la gardienne de la paix, de l’amour". J’ai compris que l’Eglise était en train de nous baiser.» A la confession, le vieux curé lui rappelait «qu’il fallait qu’[elle] soit soumise». Dieu reste aujourd’hui pour Thérèse «une interrogation car il n’est pas démontrable. Dieu n’est crédible que dans le doute, ça m’amuse.»

Elle vend Témoignage chrétien sur le boulevard Saint-Michel en tailleur et talons quand survient Mai 68. Le déclic: «Ça a été comme des vannes qui s’ouvraient. J’allais aux réunions à Jussieu. J’entendais parler de plaisirs, de violences, d’injustices. C’est la première fois que j’ai entendu le mot "patriarcat". On parlait aussi des avortements clandestins qui étaient à l’époque la première cause de mortalité des femmes entre 18 et 50 ans. Elles subissaient l’aiguille à tricoter, le curetage à vif, parfois la septicémie.» Elle divorce en 1969. Vendeuse dans un grand magasin, Thérèse est désormais une femme que «Mai 68 a habituée à une très grande liberté collective. J’ai pu user de cette liberté avec le corps et la sagesse de mes 40 ans. Les amours étaient fastueux. En 1969, le lesbianisme, c’était un acte politique. Le plaisir sans coït, ça a été la révolution.» Pilier du Mlac, elle pratique des interruptions de grossesse clandestines sur la table de son salon à Montreuil avec un aspirateur mu par «un moteur de frigo acheté 85 francs et bricolé par des copains gauchistes. On se formait les unes les autres. Il fallait d’abord dilater le col de l’utérus, puis passer une sonde.» Thérèse est convaincue que les Renseignements généraux étaient au courant mais «qu’ils avaient deviné que la société était mûre pour la légalisation de l’avortement». La loi Veil est promulguée en 1975.

Vingt ans plus tard, Thérèse ancre son féminisme dans «l’art de bien vieillir» avec les Babayagas, du nom des sorcières des légendes russes : un projet de maison de retraite autogérée, inventée entre femmes pour des femmes «âgées, autonomes, solidaires et citoyennes». Avec deux copines, elle invente «une utopie réaliste», soit un ensemble de dix-neuf logements pour «vivre et vieillir en citoyenneté». La première pierre de la Maison des Babayagas aurait dû être posée en 2007 mais au dernier moment, le conseil général du 93 a fait défection, estimant que le projet était discriminant car réservé aux femmes. «Les vieux hommes trouvent toujours des femmes. Nous, on ne veut pas d’hommes, on les a assez torchés comme ça durant notre vie», rétorque Thérèse en rappelant que dans son projet, les 200 m2 du rez-de-chaussée accueilleront indifféremment hommes et femmes pour travailler l’usage du corps et de la mémoire. «On a perdu une bataille, pas la guerre», sourit Thérèse, attablée à un vaste plateau de bois qui lui tient lieu de bureau à la Maison des femmes de Montreuil. Thérèse va aussi dans les lycées dire aux filles : «Quand vous aventurez votre corps, soyez responsable. Ne l’emmenez pas n’importe où, avec n’importe qui.»

Elle s’insurge contre cette affaire de mariage annulé pour cause de non-virginité.«Il y a trente ans, on serait descendues tout de suite dans la rue. Vous savez, j’ai encore de belles fureurs à vivre à 80 ans passés».

Maman a tort au pays des Babayagas! [Emission de radio]

Ca y est ! L’émission est en écoute ici !

Interview de Thérèse Clerc, militante féministe de 81 ans, présidente de la Maison des femmes de Montreuil et créatrice de la Maison des Babayagas.

Mais qu’est-ce que c’est que ça ??
La Maison des Babayagas est un projet de lieu de vie qui doit ouvrir ses portes en 2010 à Montreuil et dont toute l’originalité est d’être non seulement réservé aux femmes âgées (pas d’hommes donc !), mais aussi autogéré, solidaire, citoyen et écologique. Tout un programme !!

Thérèse Clerc nous fait part de son expérience, nous livre les détails de ce projet novateur et ambitieux et nous dit comment et pourquoi la veillesse, ce sujet presque tabou en France, n’est pas un naufrage, mais un bel âge.

Et toujours en fin d’émission, l’agenda des bons plans vachement bien !

Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs



Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs

source : http://www.desfemmes.fr/essais/essais/chich_clerc.htm


« Heureuses les femmes qui accomplissent leur unité, elles naissent à elles-mêmes et enfantent un monde rassemblé.

Heureuses celles qui effacent les frontières, la Matrie est leur Terre, elles retrouvent leurs origines.
Heureuses les femmes qui s’éloignent du rivage des Pères, elles jettent leurs filets en eaux paisibles, et font reculer la violence et la guerre.
Malheureuses celles qui usent de leur séduction pour récolter les privilèges des Pères, elles confortent leur désordre, celui qui génère la hiérarchie et la concurrence des femmes.
Bienheureuses les femmes qui font émerger leur continent noir, une nouvelle Terre apparaît et elles la fécondent. »
Thérèse CLERC

Thérèse Clerc se bat pour les droits des femmes depuis trente-cinq ans. Elle a notamment créé la Maison des Femmes de Montreuil. Elle est aujourd’hui connue du grand public pour avoir inventé puis réalisé « la maison Babayagas », une maison de retraite atypique et unique en France, autogérée par les femmes qui y habiteront, citoyenne et écologique, dont la première pierre a été symboliquement posée à Montreuil le 8 mars 2007.

Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs

par Danielle Michel-Chich , 2007 , 14

samedi 14 juin 2008

Ateliers portes ouvertes, saison 3#



L'association "Sur les toiles" organise la troisième édition des « Ateliers portes ouvertes »
Samedi 14 et Dimanche 15 juin de 15 h à 20 h,
25 plasticiens montpelliérains confirmés ont accepté de jouer le jeu, 17 lieux seront ouverts à tous (gratuitement et sans réservation).
Les artistes se tiendront à votre disposition dans leur atelier respectif,
pour vous présenter leur lieu de création ainsi que leurs dernières œuvres.

Amis, curieux, amateurs, collectionneurs venez nombreux
!
Tous les renseignements sur : http://associationsurlestoiles.vox.com

nb : N'hésitez pas à vous rendre rue de la Valfère, au n°24, à pousser la porte de l'antre d'une artiste à découvrir si vous avez su garder votre regard d'enfant... Quant à ces chers petits monstres, ils se feront un plaisir de vous y accompagner. Sylvaine Jenny sait leur parler.
Marie-antoinette ne veut pas manger sa soupe (voir dans illustrations : Facéties & Enfantillages):
son site : http://pagesperso-orange.fr/grandahu/book.html



mobile, Bertrand Lecointre

vendredi 13 juin 2008

L'abandon n'est jamais une solution!

source : http://www.30millionsdamis.fr/la-fondation/nos-actions/sensibiliser.html

L’été, une période noire pour les animaux

Près de 60 000 chiens et chats devenus subitement "encombrants" vont être lâchement abandonnés, autant de pensionnaires supplémentaires pour les bénévoles des refuges déjà bien débordés.

Depuis plus de 20 ans, la Fondation 30 Millions d’Amis agit contre les abandons

  • en sensibilisant le public,

  • en tentant par tous les moyens de faire évoluer les mentalités,

  • en soutenant les refuges, derniers abris pour ces "laissés-pour-compte"

Des résultats significatifs ont déjà été obtenus :

le nombre d’abandons a été divisé par 6 depuis les années 80. Ce constat positif est dû notamment à toutes les actions de fond que la Fondation a pu entreprendre

Quelle est votre position par rapport aux zoos? réponse d'Élisabeth DE FONTENAY

Quelle est votre position par rapport aux zoos? Il faut les supprimer. Je connais des zoos écologiques ou éthologiques qui sont moins scandaleux que d'autres, mais les zoos sont une honte, ce sont des hôpitaux psychiatriques qui rendent fous les animaux! Il Y a un très beau livre d'Élisabeth Hardouin- Fugier et Éric Baratay sur l'histoire des zoos: cette histoire commence avec les ménageries des cours royales et elle se poursuit grâce à des alibis scientifiques, pédagogiques ou écologiques (29). Oui, il faut supprimer les zoos.

Que répondez-vous à ceux qui affirment que les zoos sont pédagogiques pour les enfants et nécessaires pour la survie des espèces?

Pour la survie des espèces il faudrait multi- plier les génothèques, puisque nous en sommes capables, et rendre les bêtes ainsi nées à leur environnement. Quant aux enfants, la première chose à faire est de ne pas les laisser regarder ce que la télévision montre tous les jours en ce moment: les bûchers. Ils ne comprennent plus rien: on les émerveille avec des histoires d'animaux et dans le même temps ils voient qu'on tue sans hésiter des millions de bêtes inoffensives et non malades. Donc si nous voulons commencer à familiariser les enfants avec les animaux et à leur faire comprendre ce qu'est un animal, expérience capitale dans leur développement, nous devons changer nos manières d'élever et d'abattre les animaux et de surcroît nous devons supprimer les zoos. On ne doit pas leur montrer des animaux rendus fous dans des cages. À cet égard je pense qu'il faut combattre aussi énergiquement les zoos que la corrida ou la chasse à courre.
Élisabeth DE FONTENAY - Philosophe

Propos recueillis par Jean-Marie Brohm. à Paris, le 20 mai 2001.
(29) Éric Baratay et Élisabeth Hardoin-Fugier, Zoos. Histoire des jardins zoologiques en Occident (XVI'-XX' siècles), Paris, La Découverte, 1998.
source : http://www.philagora.net/philo-fac/le-vivant/vivant-animal11.htm

"Un sanglant non-sens" Interview d'Élisabeth de Fontenay

"Un sanglant non-sens"

source : http://1libertaire.free.fr/EDeFontenay01.html

Élisabeth de Fontenay est professeur de philosophie à la Sorbonne. Elle a notamment consacré un ouvrage à la représentation philosophique des rapports entre les hommes et les animaux, des premiers temps de la philosophie grecque jusqu'à nos jours : le silence des bêtes (Fayard)

Le Figaro
Comment réagissez-vous face à toutes ces séries d'abattages systématiques en Europe ?

Élisabeth de Fontenay
Ma première réaction est de stupéfaction. Comment ne pas être frappé par l'insistance des médias sur les problèmes de santé publique et par la désinvolture qu'on manifeste face au destin cruel et absurde de ces bêtes abattues massivement et brûlées par dizaines de milliers sur des bûchers. Je prends la mesure de la difficulté qu'on rencontre à faire partager ce sentiment d'un scandale. Je crois avoir montré dans mon livre que tout dans cette civilisation productiviste et technicienne oublieuse de l'être de l'animal, nous menait à la possibilité de ce sanglant non-sens. Mais les choses ont pris de telles proportions et la plupart de ceux qui ont droit à la parole sont dans une si profonde inconscience de la signification de ce grand massacre que j'ai réagi par un mutisme dont je ne serai pas sortie si vous n'étiez pas venu me chercher. Ma seconde réaction est politique. Il faut dénoncer les responsables de ce désastre : la FNSEA, le Crédit agricole et le Ministère de l'agriculture en tant qu'unique instance où se confondent deux fonctions nécessairement conflictuelles : l'aide au développement de l'élevage, d'une part, les instances de contrôle, de l'autre.

Le Figaro
Que pensez-vous des images et des photos qui montrent ces abattages ?

Élisabeth de Fontenay
On est envahi par des images et des dessins complaisants d'animaux frappés de comportements erratiques dont on se moque, puis d'animaux morts tirés par des grues, complètement désarticulés, encore entiers mais grotesquement déformés, avec la langue pendante, les yeux égarés. j'ai l'impression que l'on photographie cela à la fois pour nous faire rire et pour nous faire peur : " Regardez comme ces pauvres grands corps effrayants sont cocasses."serions-nous tous devenus des équarrisseurs habitués et endurcis ? quand Rembrand et Soutine peignent un boeuf écorché ou un quartier de boeuf, ils pratiquent un humanisme de la forme, ils expriment une piété, une piété de la peinture envers ceux qui ont été tués pour que des hommes se nourrissent. Alors que ces photos et ces dessins me semblent extrêmement déshumanisant. On oublie la sensibilité qui caractérise tous ces "animés" et la conscience du stress dont sont pourvus les mammifères, on tient pour nul et non avenu le rapport immémorial, le lien symbolique fort et profond, la communauté des vivants qui lie l'homme et l'animal sur notre terre.

Le Figaro
N'impose-t-on pas aussi une image de la mort singulièrement atroce ? Ces images semblent renvoyer à une époque que l'on croyait révolue.

Élisabeth de Fontenay
Les civilisations dont nous sommes issus pratiquaient le sacrifice : on offrait un animal qui devait toujours être parfaitement sain à Dieu ou aux dieux. On en brûlait une partie, en hommage à la divinité, on en mangeait une autre. parfois on brûlait tout l'animal et cela s'appelait un holocauste. C'est cela même qu'on pratique en ce moment sauf que, premièrement, les animaux sont malades, et que, deuxièmement il n'y a plus de dieux : notre dieu unique c'est désormais notre sacro-sainte assiette. Sur le plan symbolique, culturel, cela indique une déstructuration dont personne, apparemment, ne veut rien savoir. Autre analogie trompeuse avec l'antiquité : on appelait "hécatombe" l'abattage sacrificiel de cent boeufs. Vous constatez que ce mot apparaît comme un euphémisme face à l'extermination de millions de bovins, d'ovins et de porcs. L'abattage industriel fait déjà de la mort administrée un acte purement technique. mais cette démesure dans la technicisation des vivants éclate au grand jour maintenant que les animaux sont massacrés pour rien, pour que nous ne les mangions pas.

Le Figaro
Les mobiles de ces abattages sont-ils clairement perçus ?

Élisabeth de Fontenay
Les gouvernants disent mettre en oeuvre actuellement une logique sanitaire. De surcroît, les éleveurs se soumettent à une logique économique qui consiste, en ce moment de crise du marché, à gagner de l'argent en abattant. Il y a derrière ces cohérences quelque chose de magique qui ne relève donc pas seulement de la rationalité purement instrumentale qui nous a amenés à cette situation insensée. Les gouvernants européens en viennent à des conduites archaïques constatant une contradiction à peine imaginable, à savoir que des politiques démocratiques fondées sur la pensée du futur, la planification, le progrès n'ont pas su prévoir, pire ont contribué à provoquer un tel danger pour les populations. Ils multiplient des simulacres d'holocauste comme pour expier le crime qui aura consisté à ne plus traiter que de manière industrielle la naissance, la vie et la mort de ces vivants qui ne sont pas des biens comme les autres, qui ne sont pas des choses dont on peut faire n'importe quoi suivant les caprices d'un anthropocentrisme forcené. De la faute ou de l'expiation, on se demanderait ce qui a les plus terribles effets.

Le Figaro
Contestez-vous le principe de précaution qui est aujourd'hui invoqué ?

Élisabeth de Fontenay
On dirait que le principe de précaution est, comme la pauvre vache, devenu fou. On le pousse, peut-être pour des raisons politiciennes, à un excès de radicalité qui l'apparente à de l'imprudence. pourquoi, par exemple, faudrait-il abattre les troupeaux dans lesquels des animaux sont affectés par la vieille fièvre aphteuse de nos campagnes, puisque cette maladie n'est pas mortelle et qu'elle ne contamine pas l'homme ? N'est-on pas inconséquent dans l'excès de précaution comme on l'a été dans le productivisme de l'industrie agroalimentaire. Dans les deux cas, on fait preuve d'irresponsabilité envers des bêtes dont nous avons la garde et envers les hommes. Cette extermination industrielle d'animaux peut en effet avoir des conséquences qui, sur le plan symbolique, se révéleront, je le répète, déshumanisant. bien sûr, il faut prioritairement veiller sur la santé des êtres humains, mais il ne suffit pas de prendre soin des corps, il faut veiller aussi sur nos représentations et nos pratiques de la vie et de la mort. Nos traditions étant dorénavant abolies par le progrès des techniques d'élevage et par le marché mondial, il aurait fallu introduire des règles éthiques dans nos relations avec les bêtes.
Au XIX me siècle, les défenseurs des animaux étaient tous des républicains : Michelet, Hugo, Scoelcher, Clémenceau. C'est au nom de la République et de la démocratie qu'ils demandaient que l'on traite moins mal "nos frères inférieurs". Ils nous ont fait comprendre que la question animale est une question politique et qu'elle recoupe celle du genre de vie des hommes. Mais on dirait que de cette tradition-là aussi nous ne voulions plus rien savoir.

Le Figaro
Sommes-nous condamnés à être végétariens ?

Élisabeth de Fontenay
Je ne le suis pas, par paresse et par crainte de la désocialisation qu'implique le fait de ne pas se nourrir comme les autres. J'essaie donc de partir d'un consensus selon lequel il est plutôt bon pour les hommes de manger un peu de viande. Mais il faut reconnaître que l'état des choses actuel donnerait raison à ceux qui voudraient qu'on s'abstienne de tuer pour manger puisqu'on en est venu à tuer pour ne pas manger. Toutes ces vies animales interrompues en pure perte montrent en tout cas que notre culture de technicisation du vivant est fondamentalement nihiliste. Nous empestons la mort. C'est seulement en changeant complètement les modes d'élevage qu'on aboutira à un abattage moins inhumain.

Le Figaro
Les animaux de ferme sont-ils encore des animaux comme les autres ?

Élisabeth de Fontenay
Il n'y a plus d'animaux domestiques. Les animaux de ferme ne se reproduisent en quelque sorte plus, on les produit désormais en série. Bientôt, sans doute, on les clonera systématiquement. Depuis que nous n'avons plus besoin des bêtes comme compagnons de travail ou pour nous transporter, leur engendrement leur vie n'ont plus de valeur autre qu'alimentaire ou pharmaceutique, ce ne sont plus que des matières premières ou des laboratoires. Mais si nous devons continuer d'aller, plus ou moins allégrement vers un mode de vie entièrement technicisé, il serait sans aucun doute plus simple d'éliminer complètement et définitivement de nos existences tout rapport, même d'ingestion, avec l'impure, angoissante et merveilleuse effervescence de la vie dans les vivants.

Interview d'Élisabeth de Fontenay dans le journal "Le Figaro" du 6 mars 2001.

Dieu ce sont les hommes... Mouron

"Dieu ce sont les hommes
Et un jour, ils le sauront..."


Mouron
envoyé par a_blondel

Je vous invite à découvrir Mouron artiste que l'on entend trop peu sur les ondes, une formidable interprète dont la voix et les mots vous saisisent le coeur et l'âme au plus profond.

Vous vous devez d'aller la voir en concert, ce moment de partage restera gravé dans votre mémoire car il est de ces intants qui ne sont pas solubles dans le sablier des jours passant.

Elle sera sur la scène du théâtre "Le petit Louvre" les 18 & 19 juillet pendant le festival d'Avignon ; puis en octobre à Marseille au théâtre de l'oeuvre et à Paris le 10 novembre au"vingtième théâtre", notez-le dans votre agenda!

Il ne faut pas rater ce rdv là!

Toutes ses dates de concerts ICI :http://mouron.free.fr/htfr/dates.html

Allez musarder sur son site si vous ne la connaissez encore :

(gravissime lacune!)

http://www.mouron.net/


mercredi 11 juin 2008

La vie n'est supportable... Edgar Morin


"La vie n'est supportable que si l'on y introduit non pas de l'utopie mais de la poésie,c'est-à-dire de l'intensité,
de la fête, de la joie, de la communion, du bonheur et de l'amour."


"Notre espérance est le flambeau dans la nuit :
il n'y a pas de lumière éblouissante,
il n'y a que des flambeaux dans la nuit."


Edgar Morin

Vers l'abîme ?, L'Herne, 2007

mardi 10 juin 2008

[...] tout ce qui nous rassure dans la vie... Françoise Sagan

Le manifeste des menteuses & Ni Vierges Ni Soumises [illustration Emelire]


illustration Emelire

Le manifeste des menteuses

Ce manifeste s'adresse à toutes les femmes, tous les hommes de progrès, attaché-e-s aux valeurs de liberté, d'égalité, de laïcité, de mixité...


vous pouvez enregistrer votre signature sous la liste des noms


Un tribunal de Lille a pris la décision d’annuler un mariage parce que la mariée avait menti sur sa virginité.

A cette minute, nous avons honte d’être citoyennes d’un pays dont la justice bafoue le droit des femmes.
Ce jugement nous atterre et nous révolte : il est inacceptable.
La virginité serait une qualité substantielle de la femme qu’on épouse. Des milliers de femmes sont aujourd’hui menacées par le caractère discriminatoire de ce jugement.
Si notre loi permet cela, alors il faut changer la loi.
Femmes de France, nous déclarons être citoyennes et menteuses.
Il est plus que temps que notre pays respecte le droit des femmes.
Le code civil ne doit pas être l’instrument du recul de l’égalité homme / femme.
Nous demandons que le code civil soit modifié en conséquence.
Nous n’acceptons pas cette régression du statut de la femme.
Nous n’acceptons pas cette atteinte à notre intégrité.
Nous n’acceptons pas l’obscurantisme.
Nous n’acceptons pas la rupture d’égalité.
Nous n’acceptons pas cette trahison.


Signer le Manifeste

Contact : marielouisegourdon@yahoo.fr
________________________

Ni Vierges Ni Soumises

Egalement, cette pétition à l'initiative de Ni Putes Ni Soumises :

Nous appelons tous les défenseurs du droit des femmes à se mobiliser. Rassemblons-nous afin que les acquis des luttes féministes profitent à toutes les citoyennes et citoyens. Nous réclamons l’application de la laïcité, véritable vecteur de l’émancipation des femmes et de la démocratie.

Il faut au plus vite que les législateurs rétablissent les failles de la loi, car nous marchons à grand pas vers une sacralisation du communautarisme.

Méfions-nous de tout ce qui peut nous faire glisser vers une “justice à la carte” où chacun pourra choisir son menu selon ses coutumes, sa religion, sa philosophie. Et tout ça, au détriment de l’égalité et du droit des femmes.

LIENS pour :
1-signer la pétition
2-Pétition en Version Anglaise
3--la tribune dans Libération.
http://www.niputesnisoumises.com/petition_TGI.php
/petition_TGI_GB.php
http://www.liberation.fr/rebonds/329441.FR.php

« IL EST POSSIBLE QUE LE LIVRE SOIT LE DERNIER REFUGE DE L’HOMME LIBRE....André Suarès




« IL EST POSSIBLE QUE LE LIVRE SOIT LE DERNIER REFUGE DE L’HOMME LIBRE.

Si l’homme tourne décidément à l’automate, s’il lui arrive de ne plus penser que selon les images toutes faites d’un écran, ce dernier finira par ne plus lire.

Toutes sortes de machines suppléeront ; il se laissera manier l’esprit par un système de visions parlantes ; la couleur, le rythme, le relief, mille moyens de remplacer l’effort et l’attention morte, de combler le vide ou la paresse de la recherche et de l’imagination particulière ; tout y sera, moins l’esprit.

Cette loi est celle du troupeau. »

André Suarès

lundi 9 juin 2008

Comment rendre formelle la durée légale du travail...décryptage des articles de loi par Lucy Bateman

Le texte qui menace votre temps de travail

source : http://www.humanite.fr/2008-06-05_Politique_Le-texte-qui-menace-votre-temps-de-travail

35 heures .
Nous publions, décrypté et commenté, le projet de loi qui autorise le patronat à multiplier les heures supplémentaires. Au point de rendre formelle la durée légale du travail.

Xavier Bertrand est passé maitre en boniments. Hier, à l’Assemblée nationale, le ministre se défendait de vouloir supprimer la durée légale des 35 heures. Ne fût-ce, précisait-il, que pour pouvoir payer les heures supplémentaires.

Problème : les heures supplémentaires (exonérées) ne tendent-elles pas, dans le projet gouvernemental, à devenir la règle, et la « durée légale » « l’exception » ? Autre question : quel libre choix, même concerté avec le patron, aura le travailleur de travailler au-delà des trente-cinq heures, si c’est « l’entreprise » qui décide qu’il faut allonger le temps de travail ?

Au gré des rapports de forces entre la direction et les organisations syndicales, le salarié risque de devenir plus encore qu’auparavant une simple variable d’ajustement. Et c’en sera fini avec le « système des 35 heures », pronostique de son côté Patrick Devedjian.

Le coup de force du gouvernement a consisté à introduire, dans un projet de loi sur la représentativité syndicale, ces dispositions qui avaient été rejetées par les syndicats. Il relance le débat. L’Humanité met cartes sur table. C’est le sens de la présentation, que nous avons voulue la plus complète et accessible possible, du projet gouvernemental.

À quelques jours de la journée de mobilisation du 17 juin à l’appel notamment de la CGT, de la CFDT, de Solidaires, de la FSU, du SGEN-CFDT…, juger sur pièce est le meilleur antidote à la campagne politico-médiatique orchestrée depuis l’Élysée.

Jean-Paul Piérot

Article 15

Les conditions d’une utilisation massive

des heures supplémentaires

Cet article modifie la valeur du contingent annuel des heures supplémentaires et supprime le repos compensateur. Il met en place les conditions d’une utilisation massive des heures supplémentaires par les employeurs.

La situation actuelle

Le contingent annuel d’heures supplémentaires

Un employeur peut faire faire des heures supplémentaires à ses salariés dans le cadre d’un « contingent », un nombre maximum d’heures fixé pour l’année. Ce contingent peut être fixé librement par un accord de branche ou d’entreprise. À défaut, c’est la loi qui fixe sa hauteur (à 220 heures aujourd’hui). Si un employeur veut dépasser ce contingent, il doit demander l’autorisation à l’inspecteur du travail.

Le repos compensateur

C’est un repos obligatoire qui compense les heures supplémentaires effectuées au-delà d’un certain seuil (en particulier le contingent annuel). Son objectif est de dissuader l’employeur de recourir trop massivement aux heures sup et de favoriser - l’embauche.

Dans les entreprises de moins de 20 salariés, les heures sup effectuées au-delà du contingent annuel donnent droit à un repos compensateur de 50 %. Autrement dit, si le salarié a effectué dans l’année vingt heures au-delà du contingent annuel d’heures sup, il a droit à dix heures de repos payées en plus des majorations versées pour les heures supplémentaires.

Dans les entreprises de plus de 20 salariés, les heures sup effectuées dans l’année au-delà du contingent donnent droit à un repos obligatoire de 100 %, soit une heure de repos pour une heure sup. Dans ces entreprises, les heures effectuées chaque semaine au-delà de la 41e heure donnent également droit à un repos compensateur, qui est de 50 %.

Il existe une autre forme de repos compensateur, qui est le « repos compensateur de remplacement » : c’est la possibilité pour un accord collectif de prévoir, dans certaines conditions, le remplacement du paiement des heures sup ou d’une partie d’entre elles par du repos.

Le texte de loi

Contingent annuel et repos compensateur

I. Les articles L.3121-11 à L.3121-14 du Code du travail sont remplacés par les dispositions suivantes :

« Art. L.3121-11-1. Des heures supplémentaires peuvent être accomplies dans la limite d’un contingent annuel défini par une convention ou un accord collectif d’entreprise ou d’établissement tel que prévu à l’article L.2232-12 ou, à défaut, par une convention ou un accord de branche.

- Une convention ou un accord collectif d’entreprise ou d’établissement tel que prévu à l’article L.2232-12 ou, à défaut, une convention ou un accord de branche, fixe, nonobstant la majoration des heures supplémentaires, les conditions d’accomplissement dsupplémentaires au-delà du contingent annuel ainsi qu’une contrepartie obligatoire en repos pour toute heure supplémentaire accomplie au-delà du contingent annuel.

- À défaut d’accord collectif, un décret détermine ce contingent annuel et la contrepartie obligatoire en repos pour toute heure supplémentaire accomplie au-delà du contingent annuel.

Notre commentaire. Comme aujourd’hui, l’accord collectif fixe la hauteur du contingent annuel d’heures supplémentaires. La nouveauté, c’est que l’accord fixe aussi les conditions dans lesquelles il peut être - dépassé. Par ailleurs, l’article L.3121-19, selon - lequel l’employeur devait obtenir l’autorisation de l’inspecteur du travail pour pouvoir faire faire des heures supplémentaires au-delà du contingent annuel, est supprimé. Cet article visait - explicitement à favoriser l’embauche plutôt que le recours aux heures sup : « En cas de chômage (l’inspecteur du travail) peut en interdire le recours en vue de permettre l’embauche de travailleurs sans emploi. » Le contingent annuel perd donc son caractère contraignant.

L’avant-projet de loi supprime également le - repos compensateur obligatoire. À la place, la - négociation devra prévoir une « contrepartie obligatoire en repos » pour toutes les heures sup effectuées au-delà du contingent annuel d’heures supplémentaires. Le texte n’évoque aucune - durée minimale pour ce repos : en théorie, il pourrait donc être quasiment nul.

Repos compensateur de remplacement

- À défaut de détermination du contingent annuel d’heures supplémentaires par voie conventionnelle postérieure à l’entrée en vigueur de la loi nº… du…, les modalités de son utilisation donnent lieu au moins une fois par an à une consultation du comité d’entreprise ou des délégués du personnel s’il en existe.

« Art. L.3121-12. Une convention ou un accord collectif d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, une convention ou un accord de branche, peut prévoir le remplacement de tout ou partie du paiement des heures supplémentaires, ainsi que des majorations prévues à l’article L.3121-22, par un repos compensateur équivalent

À défaut d’accord collectif et, le cas échéant, en l’absence d’opposition du comité d’entreprise ou des délégués du personnel, ce remplacement est mis en place par l’employeur.

Le salarié peut, en accord avec son employeur, obtenir le paiement de ce repos compensateur. »

Notre commentaire. Dans l’avant-projet de loi, le repos compensateur de remplacement est remplacé par un « repos compensateur équivalent ». Difficile de dire aujourd’hui quelle incidence peut avoir ce changement de vocabulaire.

II. Les articles L.3121-17 à L.3121-19 sont supprimés.

Les articles L.3121-17 et 18 concernent les heures choisies, des heures de travail que le salarié peut effectuer au-delà du contingent annuel, par accord de gré à gré avec son employeur. Peu utilisées, elles n’ont plus d’objet, puisque le contingent annuel perd son caractère contraignant.

L’article L.3121-19 est celui qui conditionne le dépassement du contingent d’heures sup à l’autorisation de l’inspecteur du travail.

Par ailleurs, l’avant-projet de loi supprime, sans le remplacer, l’article qui prévoyait que le contingent annuel d’heures sup était réduit à 130 heures par an et par salarié en cas d’accord d’annualisation ou de modulation prévoyant des variations importantes de la durée du travail.

III. Les articles L.3121-24, L.3121-26 à L.3121-32 sont supprimés.

IV. Dans l’attente de leur adaptation au nouveau cadre légal posé par le présent article, les clauses des conventions et accords conclus sur le fondement des articles L.3121-11 à L.3121-21 du Code du travail dans leur rédaction antérieure à l’entrée en vigueur de la présente loi restent en vigueur jusqu’au 31 décembre 2009 à compter de la promulgation de la présente loi. À titre transitoire, et pendant cette période, la contrepartie obligatoire en repos due pour toute heure supplémentaire accomplie au-delà du contingent visé au 3 et 4 de l’article L.3121-11 du Code du travail est fixée à 50 % pour les entreprises de 20 salariés au plus ou à 100 % pour les entreprises de plus de 20 salariés.

Cet article précise le régime transitoire des heures sup jusqu’à la négociation de nouvelles conventions ou accords. Pendant cette période, les règles actuelles resteront en vigueur.

Conclusion. Le nouveau texte permet à la négociation de fixer les contingents annuels d’heures supplémentaires, mais aussi les conditions dans lesquellesseront dépassés. Aujourd’hui, le contingent annuel d’heures supplémentaires ne peut être dépassé qu’après l’autorisation de l’inspecteur du travail. Cette condition est supprimée, le contingent est donc vidé de sa substance. Et comme la « contrepartie obligatoire en repos » ne s’applique qu’au-delà du contingent, les branches ou les entreprises peuvent très bien négocier des contingents à des niveaux qu’aucun salarié n’atteindra jamais. Ainsi, elles n’auront pas à appliquer la contrepartie obligatoire en repos…

Article 16

Les forfaits ou comment échapper à la mesure de la durée du travail

Le texte assouplit encore le recours au forfait en jours, qui dispense l’employeur d’avoir à mesurer le temps de travail des salariés concernés.

Il existe deux types de forfaits. Le forfait « de droit commun » permet de rémunérer sur la semaine ou sur le mois un nombre constant d’heures supplémentaires. Le forfait « en jours » dispense l’employeur de mesurer le temps de travail du salarié concerné, lequel bénéficie en contrepartie de jours de repos.

Le texte de loi

Le forfait de droit commun

I. Les dispositions de la section 4 du chapitre 1er du titre II du livre premier de la troisième partie du Code du travail sont remplacées par les dispositions suivantes

« Sous-section 1. Conventions de forfait en heures sur la semaine ou sur le mois

Article L.3121-38. La durée du travail de tout salarié peut être fixée, sans accord collectif préalable, par une convention individuelle de forfait en heures sur la semaine ou sur le mois.

Notre commentaire. Rien de neuf ici : ces dispositions concernent le forfait « de droit commun ». La jurisprudence exige que le nombre d’heures à effectuer soit connu à l’avance. La rémunération du salarié doit être au moins égale à celle qu’il recevrait compte tenu des majorations des heures supplémentaires.

La mise en place d’un forfait annuel

Sous-section 2. Conventions de forfait sur l’année

§1. Mise en place des conventions de forfait sur l’année

Article L.3121-39. La conclusion de conventions individuelles de forfait, en heures ou en jours, sur l’année est prévue par un accord collectif d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, par une convention ou un accord de branche. L’accord fixe la durée annuelle de travail à partir de laquelle le forfait est établi. et prévoit les catégories de salariés susceptibles de bénéficier de ces conventions individuelles de forfait ainsi que les modalités et les caractéristiques principales des conventions de forfait susceptibles d’être conclues.

Il s’agit des conditions actuelles de mise en place, par accord collectif, des forfaits en heures et en jours sur l’année.

Le forfait annuel en jours

§2. Convention de forfait en jours sur l’année

Article L.3121-40. Peuvent conclure des conventions de forfait en jours sur l’année, dans la limite de la durée annuelle de travail applicable aux conventions individuelles de forfait fixée par l’accord collectif :

- les cadres définis par l’accord au regard de leur autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps dont la nature des fonctions ne les conduit pas à suivre l’horaire collectif applicable au sein de l’atelier, du service ou de l’équipe auquel ils sont intégrés ;

- les salariés dont la durée du temps de travail ne peut être prédéterminée et qui disposent d’une réelle autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps pour l’exercice des responsabilités qui leur sont confiées.

Notre commentaire. L’avant-projet de loi reprend la définition actuelle, très extensive, des salariés qui peuvent être concernés par le forfait annuel en jours. La loi Aubry de 2000 prévoyait trois conditions : les salariés concernés devaient être des cadres dont la durée du travail ne pouvait être prédéterminée, du fait de la nature de leurs fonctions, des responsabilités exercées, du degré d’autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps. Depuis, le nombre de salariés potentiellement concernés a progressivement été élargi : cadres simplement « autonomes », mais aussi salariés non cadres dont la durée du travail ne peut être prédéterminée et qui disposent d’une réelle autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps.

Article L.3121-41. L’accord collectif d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, la convention ou l’accord de branche instaurant les conventions individuelles de forfait en jours fixe la durée annuelle de travail, dans la limite de deux cent dix-huit jours. Il fixe par ailleurs le nombre annuel maximal de jours travaillés. À défaut d’accord, après consultation du comité d’entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel lorsqu’ils existent, l’employeur fixe ce nombre annuel maximal. Dans le respect des dispositions relatives aux repos quotidien et hebdomadaire et aux congés payés, ce nombre peut excéder deux cent dix-huit jours.

Notre commentaire. C’est une nouveauté : jusqu’à maintenant, c’est l’accord collectif qui met en place le forfait qui doit fixer le nombre maximal de jours travaillés par le salarié, dans la limite de 218 jours par an. Le texte prévoit qu’à défaut d’accord (c’est-à-dire si l’employeur n’a pas réussi à obtenir l’accord des négociateurs sur ce point), l’employeur peut fixer ce nombre lui-même, après une simple consultation du comité d’entreprise.

Article L.3121-42. Le salarié qui le souhaite peut, en accord avec son employeur, travailler au-delà de la durée annuelle fixée par la convention individuelle de forfait ou renoncer à une partie de ses jours de repos en contrepartie d’une majoration de son salaire, dans le respect du nombre annuel maximal de jours travaillés fixé en application de l’article L.3121-41.

La rémunération majorée, qui ne peut être inférieure à la valeur afférente à ce temps de travail supplémentaire majorée de 10 %, est négociée entre le salarié et l’employeur.

Article L.3121-43. Un entretien annuel individuel est organisé avec chaque salarié sur sa charge de travail.

Notre commentaire. Avec les forfaits annuels en jours, on a vu le temps de travail des cadres exploser. La mesure de la charge de travail est donc fondamentale. Jusqu’à maintenant, les « modalités de suivi de l’organisation du travail des salariés concernés » et « l’amplitude de leurs journées d’activité » et « la charge de travail qui en résulte » sont des thèmes qui doivent obligatoirement être négociés lors de la mise en place de ces forfaits. L’avant-projet de loi fait disparaître cet élément subs- tantiel de la négociation au profit d’un simple entretien à la portée très vague, dont on voit mal comment il peut garantir au salarié une « durée raisonnable » de travail.

Article L.3121-44. Lorsqu’un salarié ayant conclu une convention de forfait en jours perçoit une rémunération manifestement sans rapport avec les sujétions qui lui sont imposées, il peut, nonobstant toute clause contraire, conventionnelle ou contractuelle, saisir le juge judiciaire afin que lui soit allouée une indemnité calculée en fonction du préjudice subi eu égard notamment au niveau du salaire minimum conventionnel applicable ou, à défaut, de celui pratiqué dans l’entreprise, et correspondant à sa qualification.

Il s’agit de la reprise du texte actuel, qui reprenait la jurisprudence.

Article L.3121-45. Les salariés concernés par une convention de forfait en jours ne sont pas soumis aux dispositions relatives :

- à la durée légale hebdomadaire prévue à l’article L.3121-10 ;

- à la durée quotidienne maximale de travail prévue à l’article L.3121-34 ;

- aux durées hebdomadaires maximales de travail prévues au premier alinéa de L.3121-35 et aux premier et deuxième alinéas de l’article L.3121-36.

Notre commentaire. Le texte reprend le régime imaginé par la loi Aubry. Les salariés en forfait jours échappent à la législation sur la durée du travail : ils ne sont soumis ni à la durée légale hebdomadaire de 35 heures ni aux durées maximales de travail quotidiennes et hebdomadaires. Les seules garanties qui les concernent sont les repos minimaux : onze heures par jour, trente-cinq heures consécutives par semaine.

Le forfait annuel en heures

§ 3. Convention de forfait en heures sur l’année

Article L.3121-46. La rémunération du salarié ayant conclu une convention de forfait en heures est au moins égale à la rémunération qu’il recevrait compte tenu du salaire minimum conventionnel applicable dans l’entreprise et des majorations pour heures supplémentaires prévues à l’article L.3121-22.

II. L’article L.2323-29 est complété par les dispositions suivantes : « Le comité d’entreprise est consulté chaque année sur l’aménagement du travail sous forme de forfait jours ainsi que sur les modalités de suivi des salariés concernés. »

III. Les accords conclus en application des articles L.3121-40 à L.3121-51 du Code du travail dans leur rédaction antérieure à l’entrée en vigueur de la présente loi restent en vigueur.

Conclusion. Le régime dérogatoire du forfait annuel en jours, qui fait échapper les salariés concernés à toute mesure du temps de travail, a valu à la France d’être condamnée en 2001 par le Comité européen des droits sociaux. Cette instance du Conseil de l’Europe a reconnu que le forfait jours était contraire à la charte sociale européenne révisée, parce qu’il permettait des durées du travail trop longues. Cette condamnation n’a eu aucun effet sur la France, qui a continué d’étendre le dispositif à des catégories plus larges de salariés.

Article 17

Le recours à la modulation et à l’annualisation facilité

Cet article facilite la mise en place de l’annualisation et de la modulation des horaires de travail sur une partie de l’année : ces aménagements du temps de travail permettent à l’employeur de faire coïncider au plus près effectifs et programme de production.

L’annualisation et la modulation des horaires de travail sur une partie de l’année, dispositions centrales de la loi Aubry, ont été plébiscitées par les employeurs : ils pouvaient faire varier la durée du travail d’une semaine à l’autre sans avoir à payer des heures supplémentaires lors des périodes « hautes » et sans avoir à mettre les salariés au chômage technique pendant les périodes « basses ».

Le texte de loi

Les dispositions de la section première du chapitre 2 du titre II du livre premier de la troisième partie sont remplacées par les dispositions suivantes :

« Section I. Répartition des horaires

Sous-section 1. Répartition des horaires sur tout ou partie de l’année

Article L.3122-1. Un accord collectif d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, une convention ou un accord de branche, peut définir les modalités d’aménagement du temps de travail et organiser la répartition de la durée du travail sur tout ou partie de l’année. Il prévoit :

- les conditions et délais de prévenance des changements de durée ou d’horaire de travail ;

- les limites pour le décompte des heures supplémentaires ;

- le cas échéant, les conditions de prise en compte, pour la rémunération des salariés, des absences ainsi que des arrivées et départs en cours d’année.

À défaut d’accord collectif, un décret définit les modalités et l’organisation de la répartition de la durée du travail sur plusieurs semaines.

Notre commentaire. L’avant-projet de loi allège considérablement le contenu obligatoire de l’accord collectif exigé pour instaurer ce système. Le projet du gouvernent n’impose que de négocier les conditions et le délai de prévenance, les limites pour le décompte des heures supplémentaires, les modalités de fixation de la rémunération et des repos des salariés absents pendant l’année, ou qui sont arrivés ou repartis en cours d’année. Le texte en vigueur actuellement est beaucoup plus complet : il impose de négocier le programme indicatif de la répartition de la durée du travail sur l’année, les modalités de recours aux intérimaires et les conditions de recours au chômage partiel pour les heures qui ne sont pas prises en compte dans la modulation. Autre allégement de taille : le nouveau texte n’oblige plus l’accord à préciser la justification économique et sociale de la modulation.

Toutefois, dans les entreprises qui fonctionnent en continu mentionnées à l’article L.3132-14, l’organisation du temps de travail peut être réalisée sur plusieurs semaines par décision de l’employeur.

Notre commentaire. Le texte prévoit que dans les entreprises qui fonctionnent en continu, l’employeur pourra décider seul de l’organisation du temps de travail sur plusieurs semaines. Il n’aura plus à consulter le comité d’entreprise.

Sauf stipulations contraires d’un accord d’entreprise ou d’établissement, la semaine civile débute le lundi à 0 heure et se termine le dimanche à 24 heures

Article L.3122-2. Lorsqu’un accord collectif aménage une variation de la durée de travail hebdomadaire sur tout ou partie de l’année ou lorsqu’il est fait application de la possibilité de calculer la durée du travail sur plusieurs semaines par décret prévu à l’article L.3122-1, constituent des heures supplémentaires :

- les heures effectuées au-delà de 1 607 heures annuelles ou de la limite annuelle inférieure fixée par l’accord, déduction faite, le cas échéant, des heures supplémentaires effectuées au-delà de la limite haute hebdomadaire éventuellement fixée par l’accord et déjà comptabilisées ;

- les heures effectuées au-delà de la moyenne de 35 heures calculée sur la période de référence fixée par l’accord ou par le décret, déduction faite des heures supplémentaires effectuées au-delà de la limite haute hebdomadaire fixée, le cas échéant, par l’accord ou par le décret et déjà comptabilisées.

Le texte reprend la définition actuelle des heures sup en cas de modulation ou d’annualisation.

La sous-section 8 de la section 1 du chapitre III du titre II du livre premier de la troisième partie est supprimée.

Conclusion. Alors que l’annualisation et ses variations de charge produisent déjà stress et maladies professionnelles chez les salariés, on se dirige ici vers ce qu’on peut qualifier de travail au sifflet : les garanties offertes par la négociation pour encadrer le recours à ces organisations du travail particulièrement violentes pour les salariés disparaissent.

Décryptage par Lucy Bateman