jeudi 28 février 2008

Notre corps nous appartient!




Je vous convie expressément à lire l'article Fous à lier rédigé par Lory.
Les élucubrations des anti-avortements sont un non sens monstrueux!
« Le comble de la torture mentale ! »
Je ne pouvais croire ce que mes yeux lisaient !
Par le déni du choix des femmes à avorter, c’est leur autonomie même qui est visée, leurs droits incompressibles à la liberté individuelle qui sont bafoués.
En invalidant la volonté d’un choix si personnel, si intime, le patriarcat crache son mépris à la face de la gente féminine avec la bénédiction de l’Église!
Leurs intentions mettent en exergue tout le respect qu’ils ont pour cette moitié de l’humanité dont nous sommes, de la manière la plus ignoble qui puisse être !
Les femmes seraient-elles des êtres immatures, sans cervelle aucune, pour que de telles mesures puissent germer dans les leurs, si imbus de leur méphitique toute puissance masculine maladive ?...
Leur dessein est d’une perversité diabolique, torturer un embryon et culpabiliser sa mère, au nom de quoi ?.. De l’amour du prochain peut-être ?...
« Science sans conscience… » le savent-ils ?
« N’est que ruine de l’âme »…Mais d’âme ils n’en ont point !
Ils sont abjects !

Sémaphore

n.b. : Aussi comme nos consoeurs italiennes devrons nous ressortir les banderoles des années 70.
Et leurs slogans !

Oui ! Notre corps nous appartient !
Manifestez votre soutient, signez la pétition italienne Libera donna.

pétition : http://www.firmiamo.it/liberadonna#sign
article : http://archipelrouge.blogspot.com/2008/02/croisade-anti-avortement-ptition-liber.html

Croisade anti-avortement - Pétition Libera donna...Oui!!! Ils sont Fous à lier!

Croisade anti-avortement
--> ...Les sorcières sont de retour


source : http://lorycalque.joueb.com/news/croisade-anti-avortement

La croisade anti-avortement a commencé le premier janvier, comme je l’ai dit ici. A la suite d'un fait divers ( relaté ici par Impasse Sud) symptomatique et inquiétant nous ramenant des décennies en arrière, avant l'époque de la promulgation des lois légalisant cette pratique ancestrale mais tabou, des milliers de femmes , et d'hommes aussi, ont manifesté devant hôpitaux et cliniques dans plusieurs grandes villes d'Italie (Bologne Brescia Florence Milan Naples Palerme Rome Turin Venise) le 14 février, bloquant la circulation et défilant en cortège où les slogans qu'on n'avait plus revus depuis des décennies ont refait leur apparition, tel que Temete, temete, les streghe sono tornate, le slogan désormais rentré dans l'histoire et brandi pour la première fois dans les années 70 durant les grandes manifestations féministes de l'époque.

Une pétition
(que j'ai signée et que vous pouvez signer aussi ici - CAP signifie code postal et il suffit de mettre à coté le pays où vous résidez, nome: nom, cognome: nom de famille-) a été mise en ligne pour défendre la loi 194, c'est à dire la loi autorisant l'avortement en Italie.
pétition Liberadonna
http://www.firmiamo.it/liberadonna#sign

Car c'est bien d'une chasse aux sorcières et de la criminalisation des femmes qu'il s'agit. Les blogs des italiennes sont à cet égard passionnants et je ne me lasse pas de les lire. Parce qu'elles vivent au pays du pape, elles sont les premières concernées, à devoir réagir pour lutter, les premières confrontées à l'offensive catholique et réactionnaire contre leurs droits, nos droits à toutes, elles savent mieux que personne trouver les mots les plus suggestifs, les mots qu'il faut, pour décrire la situation et l'analyser.

C'est, d'ailleurs, ce qui ressort du communiqué publié par l'U.D.I. (Unione Donne in Italia - Union des Femmes en Italie-), principale association féministe d'Italie, à propos de cette descente des forces de l'ordre dans le pavillon de gynécologie de l'hôpital de Naples, déclarant que La liberté des femmes a rendu inévitable l'agonie du patriarcat qui, obscurci, montre son visage le plus féroce en s'opposant aux femmes par l'intimidation.

Les très viriles et masculines "forces de l'ordre" en tenue de combat, ont en effet montré plus de détermination, en arrêtant deux femmes qui voulaient forcer le barrage pour poursuivre la manifestation dans les rue de Rome (ce qui mit en furie les autres qui ne voulurent pas s'en aller avant que les deux interpellées ne soient relâchées), qu'elles n'en montrent lorsqu'il s'agit d'interpeller des camionneurs barrant les autoroutes avec leurs T.I.R. ou les agriculteurs protestant pour leurs méventes de fruits & légumes sur leurs tracteurs.

Comme le dit très bien Fika Sicula de Femminismo a Sud, la persécution des femmes jusque dans les salles IVG n'est autre que la conséquence directe du degré de colonisation du corps féminin auquel nous sommes parvenus.

L'abominable Giuliano Ferrara, héroïque héraut de la croisade anti-avortement en proie à un délire mystique à la recherche de l'embryon perdu comme certains preux sont à celle de l'arche (pour reprendre les expressions de FikaSicula -quand je vous dis que les italiennes ont les mots qu'il faut!), a concocté une liste pro-vie (et pro-Berlusconi) qu'il entend lancer comme parti politique. Et ce n'est pas tout. Il promet la publication, sur son torchon "Il Foglio", de la photo de ses testicules, qu'il a petites selon ses dires, pour financer sa liste. Vous pourriez croire qu'il s'agit là d'une plaisanterie de mauvais goût, mais pas du tout, c'est si vrai que la nouvelle est publiée par l'ANSA, l'équivalant italien de l'AFP. L'individu pense être affligé du syndrome de Klinefelter (celui là même dont était affligé le foetus de la femme qui a été l'objet de la descente des forces de l'ordre dans la clinique où elle avait eu recours pour l'IVG) "ayant des grandes mamelles et des petites testicules", il se soumettra donc à un test pour en avoir le coeur net. Il se propose du reste comme futur ministre de la santé et promet d'interdire l'avortement en cas de syndrome de Klinefelter. De quoi frémir, non?

Quoi qu'il en soit, une chose est certaine: on a entendu bien peu de femmes, pas même parmi les catholiques au gouvernement ou ailleurs, soutenir haut et fort cette croisade anti-avortement. Par contre un foule d'hommes ont pris la parole (que dis-je! l'ont monopolisée) pour prêcher cette croisade. Depuis plus d'un mois, ce n'est qu'un ballet de soutanes et de politiciens qui ont déclaré ouvertement une guerre aux femmes en les criminalisant, vile et abjecte tentative de leur ôter leur liberté de citoyenne.
les liens :
http://www.firmiamo.it/liberadonna#sign

http://lorycalque.joueb.com/news/avortement-de-nouveau-sur-le-tapis

http://lorycalque.joueb.com/news/memoires-d-hier

http://femminismo-a-sud.noblogs.org/post/2008/02/16/feminist-riot

http://www.udinazionale.org/

http://femminismo-a-sud.noblogs.org/post/2008/02/13/la-polizia-irrompe-in-ospedale-per-sventare-un-aborto.-cos-le-donne-diventano-criminali...

http://www.ansa.it/opencms/export/site/notizie/rubriche/daassociare/visualizza_new.html_13334897.html
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Fous à lier par Lory
--> Ranimer les foetus

Un quarteron de gynécologues romains, hommes et femmes, ont déclaré en ce début d'année, avec la bénédiction du Vatican, être favorables à la réanimation par thérapie intensive en couveuse des foetus avortés et à la mise en adoption de ceux-ci, et ceci sans le consentement de la mère, à laquelle serait cependant laissée la possibilité de le reprendre avant l'adoption. Ce qui apparaît vraiment comme le comble de la cruauté mentale, comme l'a dit la ministre de la Santé Livia Turco qui s'est élevée contre une telle proposition.

Voici donc la dernière trouvaille des intégristes. Il y a vraiment quelque chose d'hallucinant dans un tel acharnement. Il paraitrait qu'avec les progrès de la science, dans quelques rares cas mais avec des risques très importants de malformations et handicaps graves et irréversibles, le foetus puisse être viable en dehors du ventre maternel à partir de la 23ème semaine de gestation.
lire l'article :
http://lorycalque.joueb.com/news/fous-a-lier

L'oeil de Dieu par Emelire




l'oeil de ‘Dieu’ ...

source : http://femininlemporte.canalblog.com/

220208«Quand la Cour de cassation décide de légitimer l'inscription d'un fœtus comme membre de la famille, cela signifie bien que ce fœtus a un statut. La position de l'Église est que l'on doit agir comme si l'embryon était une personne» extrait de l'article “l'archevêque de Paris veut un statut pour l'embryon” dans le Figaro du 19/02)

ben si c'est pas une preuve de plus que nos droits sont franchement menacés ça ! ...
Emelire
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L'archevêque de Paris veut un statut pour l'embryon
source : Le Figaro
par Agnès Leclair et Delphine de Mallevoüe
19/02/2008
.
Mgr André Vingt-Trois a réaffirmé la position de l'Église après la décision de la Cour de cassation autorisant l'inscription d'un enfant mort-né à l'état civil.

Alors que les débats sur le statut du fœtus viennent d'être ravivés par la Cour de cassation qui a autorisé l'inscription d'un enfant mort-né à l'état civil, les évêques de France ont engagé hier une réflexion sur «les débuts de la vie humaine». La thématique de ce rassemblement annuel a attiré une soixantaine d'évêques.

À l'occasion de ce travail doctrinal de trois jours à Rennes, Mgr André Vingt-Trois, l'archevêque de Paris, a appelé à la définition d'un statut de l'embryon et du fœtus. «Quand la Cour de cassation décide de légitimer l'inscription d'un fœtus comme membre de la famille, cela signifie bien que ce fœtus a un statut. La position de l'Église est que l'on doit agir comme si l'embryon était une personne», a-t-il déclaré dans une interview à Ouest France. Pour l'Église catholique, le début de la vie humaine commence dès la conception.

La plus haute juridiction s'est appuyée sur l'article 79-1 du Code civil pour en conclure qu'un fœtus, même s'il a moins de 22 semaines et pèse moins de 500 grammes critères retenus par l'OMS peut trouver sa place sur un livret de famille. Si elle n'a pas reconnu le fœtus comme une personne, cette décision a entraîné de nombreuses prises de position parmi les défenseurs de l'avortement comme chez les anti-IVG.

En France, l'Église catholique, même si elle condamne l'avortement, semble rester en retrait sur la question. Les évêques, qui dénoncent la «chosification» du fœtus et de l'embryon, soulignent que la Cour de cassation va dans leur sens. «Il y a une continuité entre la première cellule et un être humain de 80 ans. Ne devient pas humain ce qui n'a pas été humain», estime M gr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes et président du groupe de travail sur la bioéthique à la conférence des évêques de France. «La loi française dit bien que l'avortement n'est pas légalisé mais dépénalisé. Le principe de la loi de Simone Veil était d'aider les femmes en situation de détresse. Maintenant, il nous faut à la fois venir au secours du fœtus et de la mère, membres de la même famille, en privilégiant des solutions telles que l'adoption», précise-t-il.

«Si l'Église s'est montrée timide voire gênée ces dernières années dans ce débat, on se sent plus soutenu par elle aujourd'hui», dit Paul Ginoux Desermon, président de Trente ans ça suffit, une association militant contre la loi Veil. Selon ce dernier, six évêques ont rejoint la marche organisée en janvier alors qu'ils n'étaient que quelques-uns les années précédentes.

Les débuts de la vie humaine

«Cette question n'est pas au centre du discours de l'Église, contrairement aux évangélistes américains qui en ont fait leur cheval de bataille. Même si les dé­cisions de la Cour de cassation pourraient donner aux autorités ca­tholiques des arguments pour reprendre leur combat contre la loi Veil, je ne pense pas que ce soit leur volonté. Pas plus que je ne pronostique un revirement de la législation sur l'IVG», analyse, pour sa part, le Pr Axel Kahn qui a exposé hier aux évêques de France les dernières avancées en matière de génétique.

Également invité, le Dr Dominique Le Lannou, directeur du Cecos à Rennes, a fait part d'un point de vue scientifique sur les débuts de la vie humaine. Ces éclairages permettront aux évêques de se préparer en vue de la révision, en 2009, des lois de bioéthique.

«L'Église a sa place dans ce débat, affirme Axel Kahn. Elle fait partie de l'opinion publique, représente une classe importante de citoyens et peut faire faire valoir son analyse.» Mgr Pierre d'Ornellas ajoute : «Il faut aider la science à garder raison. Nous voulons par exemple encourager la recherche sur les cellules souches adultes, qui a d'ores et déjà donné des résultats.» Pourquoi se concentrer sur les cellules souches de l'embryon, a également relevé Mgr André Vingt-Trois : «On fait rêver le grand public en lui promettant la guérison des maladies de Parkinson et d'Alzheimer ?» Mais, après des années de recherche, assure-t-il, il n'y a pas de progrès notables.

LETTRE OUVERTE AUX RESPONSABLES DE L'EVALUATION SCIENTIFIQUE : pétition pour la défense du français dans les publications des chercheurs

LES SCIENTIFIQUES DOIVENT-ILS CONTINUER À ECRIRE EN FRANÇAIS ?

Il est largement admis que la lingua franca de la recherche scientifique est aujourd'hui l’anglais. Pourtant, il existe au moins trois bonnes raisons de penser qu'il est indispensable que les scientifiques continuent d’écrire en français.

– Puisque la recherche repose essentiellement sur des financements publics, une considération élémentaire voudrait que les contribuables aient un accès en français à ce qu’ils ont soutenu par le biais de leurs impôts.

– La deuxième raison concerne l’enseignement. La production de livres de synthèse et de manuels en français est une tâche extrêmement honorable et même nécessaire pour compléter un enseignement dispensé en français. Comment faire aimer une discipline en n'offrant que des livres en anglais qui ne sont en général pas adaptés, ni au niveau, ni aux habitudes que nous avons de structurer nos enseignements ?

– La troisième raison relève de l'apprentissage. Il faut un grand entraînement pour pouvoir s’exprimer dans une autre langue que sa langue maternelle avec le même sens de la nuance, avec la même richesse. Quel meilleur moyen d’accéder à la pensée d’un auteur que de discuter avec lui dans sa propre langue?

La publication en français apparaît donc comme une nécessité. Pour que cette production continue, il est urgent de valoriser notre activité de recherche dans notre langue. En effet, les systèmes de référencement des publications (dont le principal est une filiale d’un éditeur privé) reconnaissent prioritairement les publications en anglais ! Soit notre système national valorise cette production, soit cette dernière disparaîtra.

Reconnaître à leur juste valeur les publications en français, suppose que les sections du comité national du CNRS, du CNU et de l’AERES prennent en compte, en fonction de leurs exigences de qualité, les revues en français mais aussi les livres et les manuels. Il n’est pas normal qu’à l’heure actuelle, un bon livre écrit en français ne soit pas considéré dans l’évaluation d’un chercheur.

L’objectif de cette pétition adressée à L’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES) est de montrer que notre communauté scientifique française ou francophone a encore la capacité de penser par elle-même et qu’il ne faut pas rejeter, comme insignifiant, tout ce qui s’écrit en français.

Voici le lien vers la pétition :

http://petition.hermespublishing.com/

Segolène Royal - "Quelques raisons de ma venue au Québec"

Segolène Royal - "Quelques raisons de ma venue au Québec"
Publié le 18 septembre 2007
par Wildo alias http://cenestpasmonpresident.blogspot.com/
Archives l'Archipel rouge.fr
http://www.archipelrouge.fr/spip.php?article1145


"Quelques raisons de ma venue au Québec"


source : désirs d’avenir

1ère raison : Dans la Région que je préside, le 400ème anniversaire de la fondation de Québec a un retentissement particulier car il s’inscrit dans une histoire au long cours :

* parce que Champlain était saintongeais, né à Brouage en Charente-Maritime ;

* parce que beaucoup d’habitants de ma région ont jadis émigré au Québec (et aussi en Acadie) : dans les mémoires familiales et l’histoire des territoires, ce lien transatlantique perdure ;

* parce que la Région Poitou-Charentes est aujourd’hui engagée dans des actions communes et des partenariats avec le Québec auxquels j’attache beaucoup de prix (sujets ?).

Cela suffirait au plaisir que je prends à cette visite et aux rencontres dont elle sera l’occasion.

Mais d’autres raisons poussent aussi la responsable politique nationale que je suis à m’intéresser de près à ce laboratoire de la modernité, imaginatif et pragmatique, qu’est aujourd’hui le Québec.

2ème raison : Notre engagement conjoint dans la francophonie, notre conviction commune que la défendre et la promouvoir, c’est contribuer activement au respect de la diversité des cultures dans une mondialisation qui peut être, selon ce que nous en ferons, une chance riche de nouveaux possibles ou un risque majeur d’uniformisation marchande et d’accentuation des inégalités, toutes choses qui alimenteront les replis apeurés et haineux, les fondamentalismes réactifs et, au bout du compte, les insécurités planétaires.

Cet apport de l’expérience francophone dans un monde globalisé, que le Québec incarne si bien, j’y vois une chance pour civiliser la mondialisation.

Les Québécois savent, eux, ce que défendre une langue, une culture, une histoire, une identité veut dire, pour soi donc aussi pour les autres et en relation avec les autres.

Certaines élites adeptes des conformismes dominants ne voient pas la modernité du message francophone et cette promesse d’avenir contenue dans notre obstination à faire vivre et respecter la langue que nous avons en partage.

J’y vois, moi, les prémisses d’une nouvelle cohabitation planétaire.


3ème raison : Je suis, vous le savez, partisane d’une relation équilibrée entre l’Europe et les Etats-Unis, où l’amitié n’exclue pas la franchise, la liberté de jugement et, le cas échéant, les désaccords. Le Canada anglophone et le Québec ont l’expérience d’un voisinage au long cours sans inféodation. C’est là un sujet sur lequel les échanges entre nous me paraissent utiles et nécessaires.

En particulier au moment où les organismes de ce qu’on appelle, hélas un peu abusivement, « la gouvernance mondiale » peinent à trouver un second souffle, à s’ouvrir aux préoccupations du sud et aux nouvelles puissances émergentes, à un moment où ils doivent trouver une légitimité et une efficacité en phase avec le monde d’aujourd’hui, ses attentes, ses rapports de forces et ses risques inédits.

4ème raison : Dans la lutte contre le réchauffement climatique, le monde a besoin du Canada, directement touché par la fonte de la banquise et engagé dans la « bataille de l’Arctique » qui s’annonce. Je sais que le Canada et la France n’ont pas fait le même choix face au protocole de Kyoto mais, depuis, la prise de conscience écologique s’est partout renforcée. Pour moi qui attache une importance prioritaire à l’excellence et à la sécurité environnementales, ce voyage au Québec est aussi une occasion d’évoquer ces questions et de voir, sur place, des réalisations éco-industrielles exemplaires (comme cette entreprise de construction de maisons à ossature bois que je visiterai à Montmagny).

5ème raison : Enfin, et ça n’est pas le moins important, les questions aujourd’hui en débat au Québec autour de ce qu’on y appelle « les accommodements raisonnables » me paraissent essentielles. Comment assumer la pluralité des origines pour fortifier l’appartenance commune ? Comment lutter efficacement contre les discriminations ? Quels droits et quels devoirs pour les individus et les groupes ? Quelle laïcité ? Comment construire une histoire partagée, accueillante à toutes les mémoires et toutes les trajectoires, qui soit un point d’appui pour se projeter ensemble vers l’avenir ?

Ce sont des questions que se posent toutes les nations, toutes les sociétés que les vagues migratoires, la soif croissante de reconnaissance des individus et les effets de la mondialisation poussent à actualiser leurs valeurs communes et leurs règles de vie.

L’expérience québécoise est particulièrement intéressante car elle est à la fois lutte opiniâtre pour être reconnu dans un environnement majoritairement anglophone et volonté reconnaître toutes les composantes actuelles du Québec. Nos approches et nos outils ne sont pas forcément les mêmes mais nos interrogations sont très voisines et je crois que la confrontation de nos expériences respectives peut être très fructueuse.

6ème raison : J’ajoute que, convaincue que nous devons actualiser un « modèle social » français qui tient mal ses promesses dans le monde d’aujourd’hui, je suis curieuse de voir comment, au Québec, on cherche aussi un nouvel équilibre entre le rôle de l’Etat et celui du marché, entre les adaptations nécessaires et les protections solidaires.

Il me semble que nous avons en commun une culture qui refuse l’effacement de la puissance publique et croit au pouvoir de la volonté politique pour corriger le désordre des choses. C’est, par exemple, le Québec qui, bien avant la France, a mis en place des quotas de chansons en langue française à la radio, mesure de protection et de promotion qui a favorisé l’éclosion des talents et n’est pas étrangère au vif succès des artistes québécois sur la scène internationale. Mais il me semble aussi que ce volontarisme fait bon ménage avec un pragmatisme dont la tradition française est moins familière et qui est pourtant, à mes yeux, une condition de l’efficacité des politiques publiques.

En matière de sécurité, de prévention de la délinquance et de la récidive, en particulier des délinquants sexuels, il y a au Québec des expériences qui font la preuve de leur efficacité car elles ont les moyens de leurs objectifs et se gardent de ce populisme pénal qui, jamais, n’obtient les résultats promis.

Dynamisation économique, protection contre les dérives de la financiarisation, création d’emplois : sur ces sujets aussi, je suis très intéressée par la démarche et les réalisations québécoises.

Comme vous le voyez, l’amitié enracinée dans l’histoire, la curiosité personnelle, les combats partagés et les questionnements communs sont à l’origine d’un voyage dont j’avais depuis longtemps le projet et dont je prends aujourd’hui le temps avec grand plaisir.

Je vais vous faire une confidence : c’est en ouvrant toutes grandes ses portes et ses fenêtres sur l’expérience des autres que la gauche française renouera avec son temps et formulera, à sa manière, une proposition politique en phase avec les attentes actuelles des Français et en prise avec les mutations de notre monde. C’est à cela que je m’emploie.

J’étais il y a quelques jours en Italie et j’y ai vu un bel exemple de démocratie participative associant largement les citoyens au choix des dirigeants et candidats de la gauche.

Je voyage. J’observe. J’écoute. Je regarde ce qui marche et ce qui ne marche pas. Et j’en tire des leçons pour la France.

L’irrésistible passage à l’anglais des universités suisses

L’irrésistible passage à l’anglais des universités suisses

source : Le Temps
http://www.letemps.ch/

Dans les hautes écoles suisses, l’usage de l’anglais est de plus en plus répandu. Jugée nécessaire en économie et en sciences, la langue de Darwin sert aussi à attirer des étudiants étrangers. Mais, s’interroge le quotidien, l’anglais ne risque-t-il pas un jour d’être introduit dans les filières académiques ?

Cette uniformisation langagière des formations survient au moment où des chercheurs annoncent la disparition de la moitié des langues parlées d’ici à 2100.


ndlr : ce en quoi il importe de soutenir la francophonie comme s’y engage Ségolène Royale

« Notre engagement conjoint dans la francophonie, notre conviction commune que la défendre et la promouvoir, c’est contribuer activement au respect de la diversité des cultures dans une mondialisation qui peut être, selon ce que nous en ferons, une chance riche de nouveaux possibles ou un risque majeur d’uniformisation marchande et d’accentuation des inégalités, toutes choses qui alimenteront les replis apeurés et haineux, les fondamentalismes réactifs et, au bout du compte, les insécurités planétaires. »

lire SR : Quelques raisons de ma venue au Québec
http://archipelrouge.blogspot.com/2008/02/segolne-royal-quelques-raisons-de-ma.html
Sémaphore

mercredi 27 février 2008

LES FRANCHISES SUR LES SOINS NE SONT PAS UNE FATALITE


Appel contre la franchise Sarkozy - Signez!
http://www.appelcontrelafranchise.org/signer.php


LES FRANCHISES SUR LES SOINS NE SONT PAS UNE FATALITE

Les franchises sur les soins sont entrées en application le 1er janvier 2008.

Malgré l’appel lancé sur Internet dès le mois de Mars 2007, malgré le relai pris par un collectif d’organisations contre les franchises*, malgré le travail militant pour expliquer et dénoncer cette mesure, les franchises sur les soins que Nicolas Sarkozy appelait de ses vœux depuis de nombreuses années sont entrées en vigueur après que le principe en ait été voté le 26 octobre à l’Assemblée par les députés UMP, qui choisirent ainsi de « responsabiliser » les cancéreux, les dialysés, les diabétiques et les accidentés du travail.

Tout juste notera t’on que le projet initial de franchise sèche sur les 50 ou 100 premiers euros de dépenses annuelles, qui aurait exclu de tout remboursement 27% des assurés sociaux ( les plus jeunes, les moins malades ) avait été finalement abandonné par Nicolas Sarkozy, au grand dam des assureurs privés** qui attendaient ce signal pour fragiliser encore vis-à-vis de ce public le système solidaire.

Le principe des franchises : une retenue de 50 centimes d’euros sur chaque boîte de médicaments, sur chaque acte infirmier ou de kinésithérapie, sur chaque prise de sang, et une retenue de 2 euros sur chaque transport sanitaire, à concurrence de 50 euros par an, pour l’instant***. ( en supplément des forfaits de 50 euros par an sur les consultations médicales, déjà en vigueur depuis la réforme Douste-Blazy de 2005)

Au prétexte de « responsabiliser » les malades, puis de financer l’Alzheimer ( en taxant en priorité les patients les plus fragiles et dépendants), le gouvernement a choisi de mettre à mal encore une fois le principe d’assurance-maladie solidaire hérité du pacte de 1945.

Pourtant, au moment où cette mesure entre en application, le réel se rappelle au bon souvenir du Président. Des patients fragilisés découvrent au jour le jour la réalité des franchises. Contrairement à ce qui a longtemps été claironné par le Ministère de la Santé, les pauvres paient les franchises sur les soins.

Le seuil de pauvreté en France est de 817 euros, et seuls sont exemptés ( hormis les femmes enceintes et les enfants), les personnes subsistant avec moins de 610 euros par mois.

Dans ce contexte de détresse et de colère, la grève de soins de Bruno-Pascal Chevalier****, travailleur social de 45 ans, atteint du SIDA, représente hélas l’aboutissement inéluctable d’une logique purement financière, d’une lubie présidentielle. Les médias se tournent alors vers lui en masse, s’intéressent à la question des franchises, certains pour la première fois. Et de nombreux Français découvrent aujourd’hui, bien tardivement, la question des franchises sur les soins, qui met en difficulté de nombreuses personnes âgées, invalides, atteintes d'affections de longue durée, mais aussi de plus en plus de personnes et de familles à faibles revenus qui ne peuvent déjà plus faire face aux dépenses de santé et ne se soignent plus qu'en repoussant à plus tard leurs démarches de soins.


L’appel contre la franchise a ainsi engrangé au courant du mois de Janvier plus de 5000 signatures en une après-midi après un sujet au Journal télévisé de France 2, pour atteindre 116.000 signatures sur le site, et 36.000 signatures papier récoltées par Bruno-Pascal Chevalier.

L’appel contre la franchise, ainsi que les initiatives locales et nationales, restent d’actualité. Signez la pétition, faites la signer.

Les franchises sur les soins ne sont pas une fatalité.

Inutiles économiquement, dangereuses médicalement, injustes moralement, elles témoignent d’une étrange politique de civilisation, qu’il nous revient de combattre, et de sanctionner.


Christian Lehmann
Pétition ici :
www.appelcontrelafranchise.org

* Un collectif national regroupant partis politiques, associations, syndicats, s’est créé pour amplifier le mouvement initié par la pétition, à l’adresse : www.contre-les-franchises.org
** « Sarkozy a tué l’idée de mettre en place une vraie franchise, qui aurait consisté à ne pas prendre en charge du tout les 50 ou 100 premiers euros de dépense, puis à faire varier ce seuil en fonction des besoins de financement de la Sécu. A présent, la grogne est telle que cette mesure ne verra jamais le jour » soupire un courageux expert anonyme, artisan de ces réformes. L’Expansion, Novembre 2007, Stéphanie Benz.
*** Seul le principe des franchises a été voté par les parlementaires. Le montant en a été fixé par décret, et peut être révisé à tout moment par le fait du Prince. Comme le disait Nicolas Sarkozy en Juin 2006 : « Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait alors augmenter le montant de la franchise. »

**** www.grevedesoins.fr

NOTE IMPORTANTE AU NIVEAU DES LISTES DE SIGNATAIRES ET DES PETITIONS PAPIER :

1-Toutes les signatures sont comptabilisées. Beaucoup aimeraient pouvoir retrouver facilement leur nom sur la liste mais le nombre de signataires rend ceci très difficile.
2-Sur ce site, vous trouverez un modèle de pétition papier à signer. Il n’existe pas d’adresse postale où envoyer cette liste… pour une bonne raison. Nous n’avons pas les moyens matériels d’entrer à la main des milliers de signatures. Nous vous demandons donc d’aller au bout de votre geste militant et d’intégrer ces signatures à la liste, en notant éventuellement *.* si vous n’avez pas l’adresse mail du signataire. Vous pouvez aussi adresser les pétitions papier à :
Bruno-Pascal CHEVALIER
17 Résidence Bois-Pommier
91390 Morsang-sur-Orge

Pour les initiateurs de l’Appel contre la Franchise
Christian Lehmann et Martin Winckler

mardi 26 février 2008

Si j'avais un marteau...


source : http://infokiosques.net/spip.php?article531

Les violences conjugales

Les violences conjugales

Le couple hétéronormé est le bastion de la violence machiste. En son sein se perpétuent les mécanismes de la domination masculine, bien à l’abri derrière la frontière de l’intime. Si nous voulons changer les rapports sexistes qui sous-tendent tout notre système social, nous devons nous montrer particulièrement attentifs/ves à ce qui se cache dans le « privé ». Parce que nous sommes tou-te-s imprégné-e-s des constructions sociales qui font de nous des hommes ou des femmes, nous les reproduisons tou-te-s. A chacun-e de nous d’accepter de les regarder, de les remettre en cause dans nos propres relations comme dans celles de notre entourage.

source : http://inventerre.canalblog.com/archives/2008/02/25/8063320.html

par Collectif



Ce texte à été écrit suite à des rencontres non-mixtes organisées en novembre 2007. Lors de ces rencontres, de nombreuses discussions nous ont amenées à la question des violences conjugales et à celle de la gestion collective de ce genre de situations.
Merci à FFO.


Inspiré du livre Femmes sous emprise, de Marie-France Hirigoyen ; et malheureusement de nos expériences de femmes, de celles des autres femmes avec qui nous avons parlé.

Quand on dit "violences conjugales", souvent on s’imagine la femme couverte de marques, tabassée par son mari, voire tuée. Ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Le paroxysme de violences insidieuses, quotidiennes, inscrites dans l’histoire du couple. Les violences physiques viennent toujours en plus des violences psychologiques, quand déjà la femme est prise au piège d’un rapport profondément inégal.

"J’ai longtemps cru que la violence conjugale ne me concernait pas, parce que mon mari ne me battait pas. Mais en fait, j’étais si soumise qu’il n’avait pas besoin de me frapper pour que je fasse ses quatre volontés. La violence physique n’est apparue que quand j’ai commencé à résister."

Les violences conjugales, c’est tous les petits actes qui rabaissent la femme, la placent sous l’emprise de son compagnon, entérinent une inégalité de statut. Au départ, il y a des "micro-violences" qui préparent le terrain, puis c’est l’escalade, un cercle vicieux où l’homme impose toujours plus, la femme accepte toujours plus.
On parle de violences psychologiques quand l’homme par tout un ensemble d’attitudes, de comportements, de propos, dénigre et nie la façon d’être de la femme, la déstabilise, la blesse. De cette manière, l’homme impose son pouvoir et prend le contrôle de la relation.

Si ces violences sont parfois difficiles à séparer, c’est qu’elles jouent sur la subjectivité des personnes : certaines choses peuvent paraître anodines aux yeux des autres mais la femme en ressent la violence. Ces violences peuvent commencer de façon très subtile : ton menaçant, railleur, regards réprobateurs, méprisants, etc., mais tous contribuent à la dévalorisation de la femme, à la mettre mal-à l’aise, à lui faire peur, à la mettre sous pression.

Souvent, en public, l’homme a l’air irréprochable, parce qu’il tient à préserver l’image que les autres ont de lui. Ou alors il se cache derrière l’humour, l’ironie, prétextant que "c’est juste une blague". C’est dans l’espace privé souvent que la violence se révèle pleinement.

Quand la femme essaye de réagir, l’homme lui explique qu’elle se trompe : "je plaisantais" ou "j’étais énervé, mais c’est pas contre toi" ou "mais non, je ne suis pas jaloux, je m’inquiétais pour toi". Et ça marche si bien que la femme finit par douter de la réalité de ce qu’elle a vécu, par se dire que ce sont ses perceptions qui sont erronées, qu’elle est parano, qu’elle devient folle, qu’elle se fait des films...

On peut essayer de distinguer plusieurs axes autour desquels s’articulent les violences conjugales, plusieurs mécanismes qui les entretiennent.

Le contrôle

Il renvoie à la possession de l’autre. C’est l’intrusion dans les activités de la femme, dans ses relations sociales, dans ses choix personnels. C’est quand il n’existe plus un espace de la vie de la femme où son compagnon ne soit pas présent. "tu sais, ta copine, je pense qu’elle se sert de toi", "t’es sûre que tu veux faire des études de socio ? y’a pas beaucoup de débouchés". Ca peut-être juste en témoignant de l’intérêt "t’as fait quoi aujourd’hui ?" mais de façon systématique qui amène à un point où il n’y a plus rien de la femme que l’homme ne sache pas. C’est parler en son nom "oh, elle n’aime pas trop le ski", "je crois que ce soir elle n’a pas envie de sortir".

L’isolement

Pour que la violence puisse se perpétuer, il faut séparer la femme progressivement de ses ami-e-s, de sa famille. La priver de soutien, d’oreilles à qui confier ce qu’elle subit. Des fois, ça passe par une dévalorisation des personnes : "ta mère ne te respecte pas, elle ne s’intéresse pas à toi", "tes copines sont vraiment insupportables !", "X a trouvé que tu exagérais l’autre soir". L’homme peut aussi jouer ce jeu à l’inverse : aller voir les ami-e-s pour disqualifier à leur yeux sa compagne. Il faut que la vie de la femme soit tournée uniquement vers son compagnon, qu’il soit central, qu’elle s’occupe de lui, qu’il soit toujours prioritaire, qu’elle pense tout le temps à lui. Ca peut être quand l’homme explique à sa compagne qu’il est mal, qu’il faut qu’elle reste prés de lui, et que du coup, elle annule tout naturellement sa soirée entre copines. Quand comme par hasard dès que la femme est ailleurs à vivre pour elle, son compagnon a besoin d’elle et la fait rentrer.
C’est tout ce qui prive la femme d’indépendance, permettant que pour elle, il devienne impossible de vivre sans son compagnon. L’isolement social dans lequel se trouve alors la femme laisse toute sa place au contrôle total.

La jalousie

C’est un forme de contrôle, rattachée au désir de possession. Ce que l’homme veut, c’est l’exclusivité : l’exclusivité sexuelle bien sûr, mais au-delà de ça, l’exclusivité relationnelle, l’exclusivité dans le rapport de confiance, l’exclusivité des sentiments, des pensées. Sous des formes plus ou moins diffuses, c’est la volonté d’être le centre, le seul : celui avec qui elle couche, celui à qui elle parle, celui avec qui elle pratique telle ou telle activité, celui à qui elle pense, à qui elle fait des cadeaux. Celui qui est toujours prioritaire, qui passe avant le reste du monde. Dans la forme exacerbée, c’est le contrôle des appels, des activités, des fréquentations. Mais la jalousie se joue beaucoup plus subtilement : "tu as raconté ça à X alors que tu ne me l’as pas dit à moi ? tu n’as plus confiance ?". C’est aussi toutes les stratégies qu’un homme peut mettre en place quand il ressent que sa compagne a de l’attirance pour un autre : dévaloriser le concurrent ("je trouve franchement que X est inintéressant/manipulateur"), s’accaparer la femme quand elle est en présence de l’autre homme ("dis, tu peux venir 5 minutes, il faut que je te parle d’un truc hyper-important"), marquer sa propriété au rival (venir s’asseoir prés de la femme, l’embrasser, la caresser).
Souvent, la jalousie n’est pas admise par l’homme : inutile de dire "tu as eu un comportement jaloux", il ne le reconnaîtra pas et trouvera toujours de bonnes excuses : "j’avais juste envie d’être près de toi", "si je me suis énervé, c’est juste que je sens bien que ce type n’en veut qu’à ton cul", "désolé, j’étais de mauvaise humeur", "c’est pas que tu passes du temps avec lui/elle qui me dérange, c’est juste qu’à ce moment là, j’avais besoin de toi, j’étais mal et toi t’en avais rien à faire, tu m’as délaissé".

Le harcèlement

En répétant à satiété un message à quelqu’un, on parvient à saturer ses capacités critiques et à lui faire accepter n’importe quoi. Ce sont, par exemple, les discussions interminables jusqu’à ce que la femme, épuisée, cède et dise ou fasse ce que son compagnon attend. Ce type de mécanismes peut s’appliquer pour de nombreuses choses. C’est l’interrogatoire pour que la femme avoue qu’elle a eu des relations sexuelles avec quelqu’un-e d’autre. C’est l’homme qui ne cesse de douter des sentiments de sa compagne pour qu’elle le rassure en lui disant qu’elle l’aime plus que tout, qu’il est la chose la plus importante dans sa vie. C’est le type qui n’arrête pas de parler de sodomie à sa compagne alors qu’elle n’en a pas envie, utilisant tous les arguments possibles jusqu’à ce qu’elle cède. C’est à chaque fois que la femme, par lassitude, finit par trouver plus simple d’obtempérer. Ou encore plus vicieux, à chaque fois que, à force d’entendre les mêmes discours, les mêmes arguments, elle finit par être persuadée que son compagnon a raison.
Le harcèlement intervient très souvent après la rupture : c’est une façon pour l’homme de rester omniprésent dans l’esprit de la femme, de lui rappeler qu’il attend qu’elle revienne. Ce sont les 10 coups de fils par jours, les lettres, les visites surprises, s’arranger pour se retrouver "comme par hasard" dans les mêmes endroits qu’elle, etc. Ca peut-être des insultes, des menaces : menaces de violence sur la femme, bien sûr, mais aussi culpabilisation : "si tu reviens pas, je vais faire une connerie. je suis capable de me foutre en l’air". Mais ça peut-être aussi les déclarations d’amour, les "reviens, je vais changer, je me rend bien compte", qui empêchent la femme de prendre du recul, de la distance.

Le dénigrement - la dévalorisation

Il s’agit d’atteindre l’estime de soi de la femme, d’ébranler sa confiance en elle. C’est lui montrer qu’elle ne vaut rien, qu’elle n’est pas capable. Cela induit plusieurs choses : la femme doute d’elle, perd son assurance ; elle intériorise un sentiment d’infériorité qui maintient la domination de l’homme. Ca renvoie également une image où la femme a besoin de son compagnon : "qu’est ce que tu ferais sans moi ? Franchement, tu serais perdue sans moi pour te guider, te conseiller, t’épauler, te soutenir". Ou alors "personne d’autre ne voudrait de toi. Il n’y a qu’avec moi que tu peux te sentir bien parce que je suis bien le seul qui accepte de te supporter".
Ici encore, on a tout un panel de stratégies : mettre en doute la santé mentale de la femme ("mais, tu perds la tête, t’es complètement hystérique/folle, tu délires") ; dénigrer ses capacités intellectuelles (se moquer de ses points de vues, de ses opinions, prendre un ton très professoral ou intello pour lui expliquer des choses, montrer que évidemment, il sait mieux qu’elle, il a tout compris, tous les petits "mais qu’est ce qui t’y connais, toi, à ça ?"). C’est aussi critiquer son physique, son apparence et l’image qu’elle peut renvoyer ("tu comptes quand même pas sortir comme ça ?"), l’accuser d’avoir des comportement inappropriés, mettre en doute ses capacités sexuelles, professionnelles, maternelles, affectives ; l’accuser de mille et une tares de caractère. C’est les "t’es vraiment trop conne" ou "tu te conduit vraiment comme une salope".
Ca peut être en utilisant les autres, leur regard et leur jugement : "X m’a dit qu’il te trouvait vulgaire", "je crois que tu as choqué X", "t’as vu comment t’as parlé à X ?". Monter qu’il n’est pas le seul à penser ça, que tout le monde est de son côté, et donc que ça prouve bien que c’est elle qui est en tort. Ca peut être en mentant, mais aussi réellement, en montant les autres contre la femme, par exemple en allant raconter à quel point elle exagère.
C’est aussi un renforcement du sentiment de faiblesse de la femme, où elle ne se sent pas les moyens, pas la force d’agir.

Les humilations

C’est sensiblement le même procédé, c’est rabaisser la femme jusqu’à ce qu’elle se sente tellement misérable qu’elle voudrait disparaître, la ridiculiser, lui enlever toute dignité. C’est lui afficher son mépris, la priver du droit au respect. L’humilier tellement que c’est elle qui a honte. C’est encore plus violent quand c’est en public, quand c’est face au regard des autres. Insulter, crier sur la femme, lui cracher au visage, la forcer à se mettre dans des positions de soumission (par exemple, jeter quelque chose par terre pour qu’elle soit obligée de se mettre à quatre pattes), la tourner en dérision (par exemple, c’est elle qui est ridicule quand elle hurle sa colère).

L’intimidation

Claquer les portes, casser des objets, s’énerver tout seul, hurler sur l’animal de compagnie. Si ces violences ne sont pas adressées directement à la femme, elle installent un climat de peur : peur des coups, ou simplement peur de se faire hurler dessus, envoyer chier.
C’est une forme de violence très facile à nier pour l’homme : "mais tu sais bien que c’est pas contre toi que je m’énerve. Jamais je te parlerais comme ça"

L’indifférence aux demandes affectives

La violence morale, ça peut être aussi le refus de se sentir concerné par l’autre. Se montrer insensible, inattentif envers sa compagne, ne pas la prendre au sérieux, ne pas donner d’importance aux choses qui en ont pour elle, afficher ostensiblement rejet, mépris. Être froid, distant, repousser l’autre, l’envoyer chier. Rejeter ses demandes, ses attentes, sans explications ou discussion. Et après c’est encore la femme qui mets en doute, qui cherche ce qu’elle à mal fait, en quoi elle s’y prend mal. C’est refuser de parler, d’expliquer. C’est le mec qui fait la gueule mais qui refuse de dire un mot, et la femme qui cherche en quoi c’est de sa faute à elle. C’est aussi ignorer les besoins, les sentiments, les craintes de l’autre, ne pas les prendre en considération. Il arrive fréquemment dans une relations que les deux personnes n’aient pas les mêmes envies, les mêmes attentes, ce n’est pas un problème. La violence, c’est quand on refuse de les entendre, de leur donner une existence. Ca peut être aussi créer une situation de manque et de frustration pour maintenir la femme en insécurité. C’est ne pas tenir compte de l’état physique ou psychologique de sa compagne, l’ignorer. Nier la subjectivité de l’autre, faire comme si elle n’existait pas.

Les menaces

Les menaces peuvent porter sur des dizaines de choses. Elles prennent pour objet tout ce qui est important aux yeux de la femme. Menacer de frapper, d’enlever les enfants, menacer de couper les vivre. Menacer de se suicider.
Les menaces placent la femme dans une position ou c’est elle qui porte la responsabilité : "je te préviens de ce qui va se passer, donc si tu t’obstines, ce sera de ta faute". Dans ce procédé, c’est la femme qui se sent coupable de la violence.

La violence physique

Généralement, elle intervient à partir du moment où la femme résiste à la violence psychologique. Quand ces violences ne sont pas récurrentes mais interviennent de façon isolée, souvent la femme ne les reconnaît pas elle même et trouve une explication pour les justifier : "il était fatigué/énervé", "il ne l’a pas fait exprès", "il ne s’est pas contrôlé". La violence physique ne jaillit pas de nulle part, elle est l’aboutissement d’un processus de violence engagé largement en amont.

Les violences sexuelles

C’est une forme de violence très large, allant du devoir conjugal au viol en passant par le harcèlement sexuel ou l’exploitation sexuelle. A la base de toutes ses formes, il y a le même schéma : le désir et le corps de la femme sont subordonnés à ceux de l’homme. C’est quand la sexualité de la femme est soumise à celle de l’homme. C’est quand la femme est contrainte d’accepter une relation sexuelle qu’elle ne veut pas. C’est bien sûr le viol pratiqué avec usage de la force physique, où le refus exprimé de la femme n’est pas pris en compte. Mais c’est beaucoup d’autre choses.
C’est le devoir conjugal. Quand la femme n’a pas envie, mais qu’elle ne l’exprime pas et se force, parce qu’elle a peur de blesser son compagnon, parce qu’elle ne veut pas qu’il se sente rejeté, qu’il doute de son amour. C’est toutes les fois où la femme doit se justifier parce qu’elle n’a pas envie d’un rapport sexuel : "tu n’as plus envie de moi", "tu ne m’aimes plus", "de toute façon, on ne fais plus l’amour".
C’est quand la femme ne souhaite pas telle pratique sexuelle, mais qu’elle finit par l’accepter. Parce qu’elle n’ose pas dire non, parce qu’elle ne veut pas renvoyer à son partenaire l’image d’un mauvais coup, parce qu’elle veut lui faire plaisir. C’est quand l’homme obtient ce qu’il veut parce qu’il insiste, qu’il remet toujours ça sur le tapis, jusqu’à satisfaction. "Je ne comprend pas, toutes les autres femmes avec qui j’ai couché aimaient ça", "t’es coincée", "tu me fais confiance, non ?".
C’est quand l’homme utilise la suggestion, la culpabilisation, la menace pour obtenir un acte sexuel. C’est quand la sexualité n’est plus question de désir mais de domination, quand elle est une façon de dire "tu m’appartiens".

Les pressions économiques et matérielles

C’est les moyens concrets qui amène la femme à une situation où elle est dépendante de l’homme. Où au-delà des questions affectives il devient difficile, compliqué pour la femme de partir. La crainte des difficultés matérielles engendrées par la séparation contraint la femme à rester.

Exploiter les faiblesses de l’autre - taper là où ça fait mal

La relation amoureuse offre un accès privilégié à l’intimité de l’autre. C’est de fait un poste privilégié pour faire mal. Dans tout ce processus de dévalorisation, d’infériorisation de la femme, l’homme a cette arme particulièrement efficace : connaître les fragilités de la femme, ses faiblesses, ses failles émotionnelles et les exploiter. C’est quand ce qui était de l’ordre de la confiance devient une puissance destructrice. C’est par exemple quand l’homme utilise les confidences que la femme lui a fait et les retourne contre elle : une femme qui a un rapport particulièrement compliqué à sa mère et qui s’entend dire dans une dispute "on dirait ta mère" ; une femme qui a vécu une rupture affective douloureuse et à qui son compagnon balance "ça m’étonne pas que X veuille plus te parler". C’est tout ce qui permet de blesser parce qu’il sait précisément ou frapper. C’est quand une femme manque de confiance en elle et que l’homme accentue cette faiblesse.

Le chantage affectif

Puisqu’on est dans le cadre d’une relation amoureuse, la violence est d’autant plus forte et acceptée que des affects sont engagés. Parce que la femme est amoureuse, elle ne peut pas mettre un terme à la relation aux premiers signes de violences, parce évidemment elle a envie de préserver la relation, qu’elle est prête à tout pour la sauver. C’est tout ce chantage exercé, de type "regarde, tu me rend malheureux", "je t’aime, je ne recommencerai plus", "j’ai besoin de toi, je ne peux pas vivre sans toi", "reviens, je suis malheureux" ; où la femme se sent devoir lui donner une chance, donner une chance à cette histoire. Toutes les situations où juste la femme ne réagit pas parce qu’elle a peur de faire mal, de blesser.

La culpabilisation de la femme - la victimisation de l’homme

Parmi les mécanismes sur lesquels repose cette perpétuation des violences, il y a le sentiment de culpabilité de la femme ; parce qu’elle ne veut pas faire souffrir l’autre, elle justifie ses comportements. C’est quand une femme se fait traiter de salope et hurler dessus parce qu’elle a eu une autre relation amoureuse, et au lieu de poser des limites en disant "stop, tu n’as pas à me parler comme ça", elle légitime le comportement par un "c’est de ma faute si il est en colère, je lui ai fait du mal". A terme, au lieu de refuser ces violences, elle finit par se considérer elle comme la responsable.
Cette culpabilité est entretenue par l’homme : c’est cette attitude très fréquente de juste se poser en face de la femme sans rien dire, en montrant bien qu’il est en souffrance ("tu vois pas que tu me fais mal ?"), et où c’est la femme qui va essayer de le soulager, de trouver des réponses, qui seule va entreprendre d’arranger les choses. C’est les "tu n’étais pas là pour moi quand j’en avais besoin, alors que moi je suis là pour toi", qui renvoie à la femme l’image de l’être égoïste. C’est tout ce processus où quoiqu’il advienne, en définitive l’homme est toujours perçu comme la victime, que ce soit par lui ("t’en as rien à foutre de moi, comment tu peux me faire ça"), par l’entourage ("t’es dure avec X, tu devrais peut-être faire un peu plus attention à lui, tu agis vraiment de façon égoïste") ou par la femme elle-même ("je suis dégueulasse, je le fais souffrir, de toute façon quand j’aime quelqu’un je n’arrive qu’à lui faire du mal").
Aussi parce que la femme se sent responsable du bon déroulement du rapport, de l’harmonie relationnelle, parce que quelque part c’est son rôle de femme de faire tenir tout ça, d’être à l’écoute, de trouver des solutions.

Le silence

Tout ça s’entretient évidemment par le silence de la femme, qui lui même renforce l’isolement dans lequel elle se trouve. Elle n’en parle pas à l’homme concerné, bien sûr, mais pas non plus à ses ami-e-s, à son entourage auprès duquel elle pourrait trouver un soutien. Au coeur de ce silence, on trouve plusieurs mécanismes. La fameuse séparation du privé et du public, qui font penser à la femme que c’est son histoire, qu’elle n’a pas à la sortir du cadre du couple, que ça ne regarde personne d’autre. Aussi parce qu’autour, les gens renvoient cette image de "ça ne nous concerne pas", et que même si elle en faisait la démarche elle aurait du mal à trouver un cadre pour sa parole. C’est aussi la peur des représailles, la peur de la colère de l’homme, de comment il lui fera payer le fait d’avoir parlé ("t’as pas honte de te répandre en public ?" "ça te plaît de me faire passer pour le méchant de l’histoire"). C’est quand la femme essaie encore de protéger l’homme, qu’elle refuse de parler parce qu’elle a peur d’abîmer son image, de nuire à sa réputation, à sa reconnaissance sociale, qu’elle ne veut pas exposer son compagnon au jugement des autres.
Et au plus profond, il y a la honte : la honte d’être celle qui subit tout ça, qui l’accepte, qui le laisse faire. La honte de sentir plus bas que terre et de ne pas trouver le courage de partir. Parce que les humiliations et la dévalorisation marchent bien, la femme ne peut supporter l’idée du regard des autres se posant sur ce qu’elle pense être. Parce qu’elle se sent une merde et a trop peur que les autres la perçoivent ainsi. Parce que trop souvent on entend en fond des discours que la femme serait coupable des violences qu’elle subit, que si vraiment ça la dérangeait elle partirait ("elle l’a bien cherché la salope", "moi, si un mec me tape dessus, je le quitte directe. Si y’en a qui restent c’est qu’elles aiment ça").

La non-conscience

Il y a escalade de la violence tant qu’elle n’est pas dénoncée, tant que la femme n’a pas posé les limites, et bien souvent il faut énormément de temps, et un "élément de rupture", un événement perçu comme plus grave que les autres, comme point de non retour pour qu’enfin elle prenne conscience. Il est fréquent que la femme ne voit pas la violence comme telle, qu’elle ne l’identifie pas comme ça, et qu’elle trouve à ces comportements d’autres explications, d’autres justifications (où bien souvent c’est elle qui est en tort et non l’homme) ; tout simplement parce que c’est extrêmement difficile de se regarder soi comme victime.
Cette violence est déniée par l’agresseur ("mais t’es complètement folle", "mais non, c’est pas de la jalousie", "arrête, je me suis un peu énervé, d’accord, mais je ne t’ai pas non plus insulté"), aussi parce que lui même ne se perçoit pas comme violent mais simplement se comporte comme il a appris à le faire, parce que souvent lui même n’est pas conscient de ce processus de domination, qu’il ne l’exerce pas de façon réfléchie et calculée mais spontanément, comme si c’était normal, comme si c’était la seule façon possible. Elle est également déniée par l’entourage qui ne voit rien, puisque l’homme prend bien soin de préserver son image en public, et que dans la tête de tou-te-s il est impossible que leur ami qu’ils-elles pensent si bien connaître ait de tels comportements. L’entourage qui n’intervient pas parce que c’est privé, parce que ça ne les regarde pas, parce qu’ils-elles perçoivent les situations comme des cas isolés où l’homme et la femme seraient égaux, où elle aurait la possibilité de faire valoir ses positions, comme n’importe quelle situation de conflit inter-individuel. Ceci amène la femme à douter elle-même de son ressenti, simplement parce qu’elle n’a pas d’espace ni en elle-même, ni dans son couple, ni dans son environnement pour le faire exister, pour poser les choses. Parce que nul part elle ne trouve d’écho à ce qu’elle vit, parce qu’il n’y a pas de reconnaissance de ce qu’elle subi, d’accusé de réception qui dirait "non, tu ne délires pas, ce que tu vis est inacceptable".

La violence est un processus lent, dans lequel la systématisation et l’effet crescendo qui monte sans cesse un peu plus dans l’intensité mènent à une spirale qui se répète et se renforce dans le temps, jusqu’à un état d’usure mentale de la femme où de plus en plus elle est dépourvue des moyens de riposte.
Elle connaît différentes formes, différentes échelles, une gamme infinie de mécanismes de reproduction qui s’imbriquent les uns dans les autres.

Dans de nombreuses situations, l’homme n’a même pas besoin de dire les choses, de les exprimer verbalement pour qu’elles aient quand même un impact. Par exemple dans le mécanisme de chantage affectif, l’homme n’a pas besoin de dire "je suis malheureux, c’est de ta faute", tout dans son attitude l’exprime. Il le montre, il le fait ressentir. Il peut également dire les choses moins clairement : "tu te rend compte de ce que tu fais" peut très bien remplacer "t’es une vraie salope". Ca peut même ne pas être agressif du tout, plutôt sur le ton du conseil, avec l’air sincère et juste : "tu sais, je m’inquiète un peu pour toi. en ce moment, je trouve que tu agis de façon incohérente" renvoie très bien à la femme l’image de l’hystérique qui pète les plombs. Ce n’est pas parce que la forme est euphémisée, parce que les mots sont moins durs, qu’il n’y a pas de violence pour la femme.

Collectif
http://infokiosques.net/spip.php?article507

Le silence des femmes, enquête de l'Insee sur la violence envers les femmes

LE MONDE | 22.02.08

Selon l'enquête Cadre de vie et sécurité, publiée jeudi 21 février par l'Insee, les femmes sont autant exposées à la violence dans leur propre foyer qu'à l'extérieur de leur domicile : 3,3 % des femmes ont déclaré avoir subi en 2005 ou 2006 une agression physique ou sexuelle de la part d'une personne vivant chez elle, et 3,3 % l'ont vécue hors de chez elles.

Les violences conjugales sont, le plus souvent, tues : un cinquième des victimes de violences physiques et le tiers des victimes de violences sexuelles n'ont ni porté plainte, ni enregistré de main courante, ni parlé à qui que ce soit. Quand elles évoquent l'agression, elles s'adressent en priorité à un proche (41,6 %), puis à une association ou à un professionnel (19,4 %), ensuite seulement à la police (11,1 %).

Cette enquête précise également le profil des auteurs de violences conjugales : ils ont souvent plus de 45 ans et sont faiblement diplômés. "Les agressions sexuelles et les violences domestiques envers les femmes se rencontrent dans tous les milieux sociaux, constatent les auteurs de l'étude, Lorraine Tournyol du Clos et Thomas Le Jeannic, mais elles sont plus fréquentes dans les milieux à faible niveau scolaire.
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Violences : le silence des femmes

Soumis par francis le Ven, 22/02/2008 Société
source : http://www.segoleneparis.fr/node/4703


Une femme victime de violences physiques au sein de sa famille sur cinq n'a pas porté plainte, ni parlé à qui que ce soit de ces agressions.


Dans un cas sur cinq, les femmes victimes de violences physiques au sein de la famille gardent le silence. Elles ne portent pas plainte, n'en parlent ni à la police, ni à un ami, ou à un médecin. C'est ce que révèle jeudi une enquête de l'Insee réalisée dans des conditions de confidentialité inédites.

Pour les violences sexuelles, la proportion de victimes murées ainsi dans leur silence est même de une sur trois, selon l'étude de l'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques (Insee), réalisée entre janvier et mars 2007 auprès de 17.500 personnes.

"Et quand la victime se confie, c'est rarement à la police", qui ne reçoit que 12% des victimes (plainte ou main courante) pour les violences physiques, et 8% pour les violences sexuelles, "soit globalement à peine une sur dix".

6% des femmes de 18 à 59 ans

Quand elles se décident à parler de l'agression subie, c'est plus souvent à un proche ou un ami (42%) ou à un professionnel (19%) qu'à la police.

"Tout se passe comme si elles cherchaient davantage à être comprises et soignées que vengées, ou comme si elles n'avaient pas confiance dans les chances de voir leur agresseur puni", commentent les auteurs de l'étude.

Au total, 6% des femmes âgées de 18 à 59 ans disent pourtant avoir été l'objet d'injures sexistes, 2,5% avoir été agressées physiquement et 1,5% avoir subi un viol ou une tentative de viol en 2005 ou 2006, selon les témoignages recueillis par les quelque 300 enquêteurs déployés trois mois durant par l'Insee pour l'enquête.

"Une fois sur deux, c'est le conjoint qui est l'auteur des violences envers la femme à l'intérieur du ménage. C'est même le cas trois fois sur quatre quand il s'agit de violences sexuelles".

Dans le cas des viols, un sur cinq est perpétré par l'ex-conjoint et la moitié des victimes connaissaient leur agresseur, selon l'étude.

Comment les enquêteurs de l'Insee parviennent-ils à "faire parler" ces femmes de violences qu'elles n'ont jusqu'ici osé rapporter à personne ? Comment libérer leur parole quand quelqu'un du ménage, peut-être même leur bourreau (mari, ami, fils, père, mère, etc), peut être présent dans la pièce pendant le questionnaire ?

Sans doute en grande partie grâce à un procédé jusqu'ici jamais utilisé pour ce type d'enquête : un casque qui isole la personne interrogée de son entourage et lui permet d'être seule à entendre les questions.

Quand on lui demande dans le casque relié à un ordinateur portable "en 2005 ou 2006, est-il arrivé qu'une personne qui vit actuellement avec vous, vous gifle, vous frappe, vous donne des coups ou vous fasse subir toute autre violence physique ?", elle se contente de taper sur une touche correspondant à "oui" ou "non".

Le questionnaire devient alors de plus en plus précis: "à quelle fréquence ont lieu ces violences ? par qui ?, etc.", sans que personne alentour, pas même l'enquêteur, ne connaisse les questions et réponses qui sont ensuite dépouillées anonymement par un centre informatique à Lille.

Jusqu'ici silencieuse, la victime peut ainsi - parfois pour la première fois - exister en tant que telle, une étape symbolique importante quand on sait la culpabilité et la honte souvent ressenties par les femmes battues.

Elles ne sont pas les seules: les hommes sont aussi parfois victimes de violences conjugales, physiques ou sexuelles, précise l'Insee: "moins nombreux que les femmes, ils taisent ces violences encore plus certainement".
Source : L'Express

Ndlr : Si je sais que les vices et les vertus ne sauraient être genrées, cela n'altère en rien mon féminisme, car il importe de souligner que dans le cas d'hommes victimes de violences il s'agit bien souvent d'actes de représailles de femmes battues, violentées.
La barbarie subit par les femmes est, sans équivoque, sans équivalent!

Sémaphore

samedi 23 février 2008

Ségolène Royal à Montpellier, journal de France 3, inclus : reportage sur la "chasse" aux arrêts maladie, Vendredi 22/02/2008


Vidéo de Ségolène Royal à Montpellier

Cliquez sur le lien suivant pour visionner
la video de France 3 Languedoc-Roussillon
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=c34b_1920

Inclus dans ce journal un reportage sur la mise en place d'un dispositif dans le Gard et l'Aude sur la chasse aux arrêts de travail abusif, la question soulevée et non des moindres concerne la partialité des organismes de contrôle, rétribués par le patronat lui-même.
La sécurité sociale tendrait-elle à se privatiser ?
Alors que l'argent perçu par ces médecins externes à la CPAM pourrait lui être attribuée directement pour augmenter ses effectifs, non?...
De nouvelles mesures qui nous disent, une fois de plus, comment marcher sur la tête!!!

Sémaphore

ndlr : Remerciements à Kévin pour le lien vidéo http://segolenepour2007.over-blog.com/

La naissance de "cités d'avenir" lors de la venue de Ségolène Royal à Montpellier



Ségolène Royal et Hélène Mandroux, place de la comédie, Montpellier, le vendredi 22/02/2008 par Blaise Boudet DA34 (ndlr: remerciements (-; sémavox)
(voir son album : http://desirsdavenir34.over-blog.com/article-16975820.html)

"Cités d'avenir" : les quartiers avec Ségolène Royal
"Cité d'avenirs", déclinaison de "Désirs d'avenirs" dans les "quartiers", a vu le jour vendredi à Montpellier où sera basé son siège social, en présence de Ségolène Royal.

"Cité d'avenirs" fédérera les initiatives de quelque 200 associations de toute la France, avec un conseil d'administration représentatif de toutes les régions et se veut une force de propositions au service de Ségolène Royal.

"On veut continuer sur la dynamique" de l'élection présidentielle, a expliqué à l'AFP un des fondateurs de Cité d'avenirs, Brahim Abbou, un Montpelliérain qui figure sur la liste du maire socialiste de Montpellier, Hélène Mandroux, candidate à sa propre succession.

"A l'époque, 200 associations de quartiers avaient appelé à voter Ségolène Royal dès le premier tour", a-t-il dit. "Il y a un réseau, une volonté de continuer à se réunir, discuter et proposer des actions autour de Ségolène Royal."

Cité d'avenirs a été symboliquement lancé dans le quartier populaire de La Paillade alors que Mme Royal était à Montpellier pour soutenir la candidature d'Hélène Mandroux.

"Je trouve ça formidable que des jeunes se prennent en charge, qu'ils dénoncent un système, qu'il sortent de l'assistanat et se disent: Comptons sur nos propres forces, demandons-nous d'abord à nous-mêmes ce que nous pouvons faire (dans) nos quartiers avant d'aller demander aux autres ce qu'ils peuvent faire pour nous", a commenté Mme Royal devant la presse.

Parallèlement à Désirs d'avenirs est en train de se créer "Désirs d'entreprendre", association de chefs d'entreprise, a indiqué Mme Royal lors de ce point de presse auquel assistait Georges Frêche, présent sur la liste de Mme Mandroux aux municipales, président de l'agglomération et président divers gauche depuis son exclusion du PS du Conseil régional du Languedoc-Roussillon.

source : AFP

vendredi 22 février 2008

Mensonge : affirmation contraire à la vérité faite dans l'intention de tromper. par Nicolas

Mensonge : affirmation contraire à la vérité faite dans l'intention de tromper. par Nicolas
source : http://chezpapito.over-blog.com/article-14725944.html

Un mot suffit pour caractériser le pouvoir en place confronté au "problème" des sans-abri. Et cette tromperie parfaitement ficelée nous est servie sur plusieurs tableaux.

Il y a d'abord l'hypocrisie électorale : Nicolas Sarkozy s'est fait élire sur une promesse d'éradiquer la pauvreté et de permettre à tout homme d'avoir un logement ; ce qui semble un impératif pour la cinquième puissance mondiale. Pourtant, les choses n'ont pas changé depuis l'élection du Président-people.

Il y a ensuite fourberie de l'action : le gouvernement de droite à fait voter une loi de "Droit opposable au logement" qui n'est qu'un simulacre d'avancée sociale, une invention tautologique visant à noyer le vrai problème.

Il y a également sournoiserie de la communication présidentielle. Madame Boutin affirme qu'il y a assez de solutions d'urgence pour les SDF, c'est faux. Bénévole pour les restos du coeur depuis quelques mois, j'ai pu discuté hier avec un bénéficiaire, Patrick, âgé de 41 ans. SDF depuis dix ans, il n'essaie plus le 115, le Samu Social étant incapable de lui proposer un logement quand les nuits sont trop froides. Pourtant, cet homme refuse de rester dans le métro, depuis une agression nocturne - vol des papiers et du seul bien d'un SDF : ses habits. Alors, quand on entend une Ministre de la République abuser, tromper, mentir, mystifier, fabuler, il faut dénoncer. Se faire entendre, remettre en cause notre système qui laisse crever de faim les plus pauvres. D'autant plus que Madame Boutin n'hésite pas à dénigrer le travail des associations et des bénévoles - dont je fais partie. Interviewée lors d'une visite dans un centre d'urgence de la Croix-Rouge, et revenant sur l'intervention musclée des CRS sur le parvis de Notre-Dame (samedi dernier), elle affirme sans sourciller que la Croix-Rouge fait un travail souterrain indispensable et beaucoup plus efficace que les protestations des Enfants de Don Quichotte - entre autres. Toujours cette détestable stratégie gouvernementale de la division.

Mais, face à la misère de ces gens, et alors que le gouvernement continue à faire la sourde oreille, ne faut-il pas hausser le ton et jouer à armes égales - action d'éclats et utilisation intensive des médias ?

Ségolène Royal à Montpellier ce vendredi 22 février 2008



Ségolène vient soutenir Hélène Mandroux
à l'occasion des municipales : voilà les informations dont nous disposons. Si vous êtes disponibles, n'hésitez à vous porter à sa rencontre.
To: desirsdavenirmunicipales2008@gmail.com
Chères amies, chers amis,
Vous êtes cordialement invités à la visite de soutien de Ségolène Royal à Hélène Mandroux qui aura lieu vendredi 22 février à Montpellier.

Voici les rendez vous fixés :
16h15: Rendez-vous public au café Riche, Place de la Comédie, Montpellier
17h00: Séance dédicace "Ma plus belle histoire..." à la librairie Sauramps


Amitiés,
L'équipe de Désirs d'Avenir

"Les droits des femmes sont des droits humains" Hillary Clinton



Je vous invite à lire ce bel article rédigé par Elaine Audet qui lui est consacré, fustigeant le sexisme qu'elle doit affronter lors de sa campagne.
source : http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2889

Merci Emelire http://femininlemporte.canalblog.com/pour ce bel article d'Elaine Audet sur Sisyphe, "Ces insultes misogynes contre la candidate démocrate sont en réalité des attaques contre toutes les femmes et ont pour but, comme la violence sexuelle, de les remettre à leur place." Mais justement cette place que le patriarcat leurs assigne, celui de sulbaternes, est mis en défaut quand une femme ose affirmer ses prétentions à la présidence d'un état, quand cette femme s'attaque avec pertinence aux structures mêmes de la domination masculine en pronant l'égalité des chances dans le domaine de l'éducation, en fustigeant la prostitution et souhaitant son éradication, en revendiquant le droit à l'avortement.

Ce qui me révolte ce sont ses détracteurs qui souillent son engagement envers la violence à l'égard des femmes, le dénigrant au titre d'une ruse arriviste, faut-il qu'ils soient si étriqués, si inhumainement sots!

Sémaphore

Extrait de son discours à la Conférence des Nations Unies sur les femmes à Pékin en 1995 :

"Quand des nouveaux-nés se voient refuser la nourriture, sont noyés ou étouffés, quand on leur brise les reins parce qu’ils sont nés filles, on a affaire à une violation des droits de l’homme.

Quand les femmes et les filles sont contraintes à l’esclavage ou à la prostitution, on a affaire à une violation des droits de l’homme.

Quand les femmes sont aspergées d’essence et brûlées vives parce qu’on juge leur dot insuffisante, on a affaire à une violation des droits de l’homme.

Quand des femmes sont violées dans leur communauté, quand des milliers d’entre elles le sont par volonté politique ou comme butin de guerre, on a affaire à une violation des droits de l’homme.

Quand, dans le monde entier, la principale cause de décès chez les femmes de quatorze à quarante-quatre ans est la violence à laquelle elles sont soumises dans leur propre foyer, de la part des membres de leur propre famille, on a affaire à une violation des droits de l’homme.

Quand des jeunes filles subissent des mutilations génitales, on a affaire à une violation des droits de l’homme.

Quand des femmes n’ont pas le droit de déterminer quelle sera l’étendue de leur propre famille et se voient imposer un avortement ou une stérilisation forcée, on a affaire à une violation des droits de l’homme.

Si l’on doit retenir un message de cette conférence, c’est que les droits de l’homme sont aussi ceux des femmes... et que les droits des femmes sont, une bonne fois pour toutes, des droits de l’homme"
(1).

Notes

1. Hillary Clinton, Mon histoire, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2003.

jeudi 21 février 2008

Poudre aux yeux réalisé par Les enfants de Don Quichotte





Un documentaire inédit et en exclusivité sur Dailymotion signé des Enfants de Don Quichotte. (Réalisation: JB et Augustin Legrand, Ronan Denecé)

71 minutes de résistance au présent.

Le 26 octobre 2006, de simples citoyens se mobilisent pour fédérer les sans abris de Paris et défendre leurs droits.

Voici l'histoire de leur combat dont ce film se veut être un prolongement, une arme, un outil.

Véritable camp retranché, le canal saint martin fut pendant quelques mois l'expression d'une nouvelle forme de résistance.

(...)

L'amplification de cette résistance ne doit pas cesser, par le biais de ce documentaire nous invitons chacun d'entre vous à participer à cette lutte citoyenne et fraternelle;

Le 21 février 2008, les 28 associations unies, parmi lesquelles le Secours Catholique, la Fondation Abbé Pierre et ATD Quart Monde appellent à un rassemblement pour une nuit blanche citoyenne, Place de la République à partir de 18H00.


Pour une véritable politique publique du logement, pour le respect du droit, pour la bonne application des promesses électorales.

Soyons nombreux.

bien-logés, mal-logés, sans abris, solidaires, citoyens.

Renseignez vous et inscrivez vous sur:

www.lesenfantsdedonquichotte.com


13 propositions associatives pour une nouvelle politique du logement

Une politique efficace en faveur des personnes sans abri et mal-logées doit s’inscrire dans le cadre plus large de la politique du logement et du renforcement de la lutte contre l’exclusion sociale.

Pour cela, 4 principes, 4 conditions, 13 engagements doivent être réunis :

Quatre principes fondamentaux

1. Personne ne doit subir la contrainte de vivre à la rue ;
2. L’Etat doit être garant de l’accès et du maintien dans un logement décent ;
3. Le logement doit rester la finalité de tous les dispositifs d’accueil et d’hébergement et le mode d’accueil principal ;
4. L’accompagnement social doit être systématiquement proposé aux personnes concernées.

Quatre conditions pour réussir

1. La mise en place d’un pilotage interministériel qui s’appuie sur une analyse territorialisée des besoins ;
2. Des moyens budgétaires à la hauteur des besoins, assortis d’une obligation de résultat ;
3. Un calendrier pluriannuel coordonné avec la loi instituant un droit au logement opposable et le plan de cohésion sociale, définissant pour chaque mesure les délais à respecter ;
4. Une évaluation annuelle par le Comité de suivi de la mise en oeuvre du droit au logement opposable à présenter au Parlement.

13 engagements immédiats

PREVENTION

1. Garantir à chaque personne un hébergement ou un logement à l’issue d’un séjour dans une institution publique ou parapublique (prison, armée, hôpital psychiatrique, structures d’aide sociale à l’enfance, …) en assurant ainsi la continuité de sa prise en charge;
2. Instituer un moratoire sur les expulsions locatives des ménages de bonne foi jusqu’au 1er décembre 2008, date de la mise en oeuvre du recours contentieux Droit Au Logement Opposable. Un dédommagement des propriétaires doit être prévu à cet effet ;
3. Résorber les 600 000 logements indignes avant la fin de la législature, en adaptant le budget de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah) à cette ambition ;
4. Rendre universelle la Garantie des risques locatifs.

HEBERGEMENT

5. Humaniser et réhabiliter les centres d’hébergement par un financement exceptionnel portant à la fois sur l’investissement et le fonctionnement ;
6. Créer immédiatement les nouvelles places d’hébergement correspondant aux obligations inscrites dans la loi DALO en utilisant tous les moyens disponibles, y compris la mise à disposition et la réquisition de bâtiments publics. ;
7. Unifier les statuts de tous les centres d’hébergement et pérenniser leurs financements ;
8. Renforcer les moyens humains et financiers de l’accompagnement social pour sortir
les personnes de la rue, notamment par la création d’équipes pluridisciplinaires mobiles qui aillent vers les personnes.

LOGEMENT

9. Obliger tous les réservataires de logements sociaux à contribuer au logement des ménages reconnus prioritaires par les commissions de médiation ;
10. Imposer dans tout programme immobilier de plus de 10 logements un quota minimum de 20 % de logements à loyer accessible, hors communes ayant déjà plus de 40 % de logements sociaux ;
11. Rattraper le retard dans les objectifs gouvernementaux de réalisation de maisons relais et de logements très sociaux ;
12. Mobiliser dans les plus brefs délais 100 000 logements supplémentaires dans le parc privé, afin de loger au coût du loyer social les personnes modestes, grâce à la médiation des associations et à la prise en charge du différentiel de loyer et du surcoût de gestion locative sociale par la puissance publique ;
13. Retirer au maire et confier à l’Etat la compétence de délivrer le permis de construire dès lors que le maire ne respecte pas l’article 55 de la loi Solidarité et renouvellement urbains (SRU) imposant 20 % de logements sociaux par commune.

Association des Cités du Secours Catholique, Association Emmaüs, Association nationale des compagnons bâtisseurs, Centre d’action sociale protestant, Collectif Les Morts de la Rue, Emmaüs France, Enfants de Don Quichotte, FAPIL, Fédération d’Aide à la Santé Mentale Croix-Marine, Fédération de l’Entraide Protestante, Fédération française des Equipes St Vincent, Fédération nationale des Centres Pact Arim, Fédération nationale Habitat & Développement, FNARS, FNASAT- Gens du voyage, France Terre d’Asile, Fondation Abbé Pierre, Fondation de l’Armée du Salut, Habitat et Humanisme, Les petits frères des Pauvres, Ligue des Droits de l’Homme, Mouvement ATD Quart Monde, Secours Catholique, UNAFAM, UNAFO, UNHAJ, UNIOPSS

115 numéro d'urgence gratuit, accessible 24h/24, 7 Jours sur 7.

mercredi 20 février 2008

@gmc..(mes commentaires ne s'affichant pas!)

gmc po/étriqué!!!-
Voyez, moi aussi je sais manier le compliment!
Voyez combien j'apprécie la civilité de nos échanges!
Par retour, je puis être moi aussi méprisante et injurieuse ; mais ce n'est pas là l'image que je souhaite donner du féminisme, ni de moi-même!
Et puis surtout mon féminisme n'est pas une image sur papier glacé, mon féminisme est viséral!
Ne vous y trompez pas ces visères là ne sont pas lobotomisées !
Le quotien émotionel n'est pas décérébré, bien au contraire, les synapses sont de la partie!
D'ailleurs pourquoi vouloir opposser, réduire, être dans le déni constant quand les femmes se mettent à revendiquerleurs droits ?...
Je reviendrai sur toutes les contradictions internes de vos propos!
La première : si je ne sais lire alors pourquoi m'inviter à la lecture de vos textes?..
Je vous trouve d'une très vive cohérence!

L'importance que vous accordez au féminisme en quoi cela diminuerait-il son importance, son caractère primordial à mes yeux ?
C'est vous donner beaucoup d'importance!

Vous considèreriez-vous comme le mètre voire le maîîître étalon des valeurs à défendre, drapé dans votre arrogante bouffissure?...

Faites attention vous allez éclater!
"Eparpillé au quatr'coins de Paris façon puzzle!"

Voilà bien un symptôme phallocrate dans toute sa délétère splendeur !

Sémaphore

mardi 19 février 2008

Sister remember your name...“Miss Celie’s Blues”





“Miss Celie’s Blues” (de Quincy Jones, Rod Temperton & Lionel Richie) chanté ici par Molly Johnson sur la bande originale du film.

"Miss Celie's blues" Chanson de la sororité par excellence, extraite du film de Steven Spielberg "La couleur pourpre" adaptation cinématographique d'un best-seller de la féministe américaine Alice Walker,qui avait obtenu le prix Pulitzer pour ce roman.
"The color purple" traite de la condition des femmes, de l'inceste, de l'horrifique tyrannie domestique quand la violence conjugale est subie.
Cette chanson est un hymne à la solidarité féminine, solidarité qui permettra à Miss Celie de trouver en elle les ressources pour se libérer du joug de son odieux mari. Remarquable interprétatation de Woopi Goldberg dont c'était une des premières apparitions à l'écran.
sémaphore

Woh woh ..........
Uhm uhm ..........
Uhm uhm ..........

Sister,
you've been on my mind
Sister, we're two of a kind
So sister,
I'm keepin' my eyes on you
I betcha think
I don't know nothin'
But singin' the blues
Oh sister, have I got news for you
I'm somethin'
I hope you think
that you're somethin' too

Oh, Scufflin',
I been up that lonesome road
And I seen a lot of suns goin' down
Oh, but trust me
No low life's gonna run me around

So let me tell you somethin' sister
Remember your name
No twister,
gonna steal your stuff away
My sister
We sho' ain't got a whole lot of time
So shake your shimmy,
Sister
'Cause honey the 'shug
is feelin' fine

Te doy mis ojos (Ne dis rien) film de Iciar Bollain


Iciar Bollain est réalisatrice, scénariste et actrice éspagnole. Elle a tourné avec Ken Loach et a publié un livre sur lui.
TE DOY MIS OJOS est son troisième long métrage.

Un film que je n'ai encore vu mais je compte combler cette lacune.
Sémaphore

Ce film a obtenu 7 Goyas (équivalent espagnol des Césars), notamment meilleur film, meilleure mise en scène, meilleur scénario, meilleur acteur, meilleure actrice...
Synopsis (source : allociné)
Par une nuit d'hiver, une jeune femme, Pilar, s'enfuit de chez elle en emmenant son fils. Antonio, son mari, la poursuit, veut la ramener à la maison, lui promet de changer, de ne plus être violent. Rien n'y fait, Pilar a pris sa décision. Il va alors tenter de la reconquérir et de maîtriser ses accès de colère qui immanquablement débouchent sur de la violence physique. Thérapie de groupe, retour sur soi, Antonio veut guérir. Mais pendant ce temps, Pilar va trouver loin de son époux un nouveau sens à sa vie.

Violences conjugales en France et en Espagne par Romy Duhem-Verdière

Violences conjugales en France et en Espagne

Quelques repères : chiffres, dates, lois

2 août 2004,
par Romy Duhem-Verdière

source : http://romy.tetue.net/spip.php?article104

À propos du film espagnol "Ne dis rien" qui traite de la violence conjugale, j’entends les unes et les autres s’apitoyer sur le sort de ces « pauvres femmes espagnoles », parce qu’en Espagne, ce serait « vraiment grave ». Ça m’agace toujours un peu cette façon de s’alarmer des horreurs qui se passent ailleurs en oubliant que ce n’est pas mieux ici. Les chiffres sont les mêmes pour les femmes françaises comme espagnoles : on meurt autant de part et d’autre des Pyrénées.

La seule différence, et elle n’est pas négligeable, c’est que l’Espagne est en pleine prise de conscience et commence seulement à lutter contre ce fléau, tandis qu’en France, les féministes luttent depuis plusieurs décennies déjà... ce que l’on ne cesse d’oublier.

État des lieux.
Espagne : comment en finir avec la violence conjugale ?

En 1997, 75 femmes sont mortes suite à une agression de leur mari.
La révision du code pénal espagnol en 1999 est capitale. Elle prévoit que la femme ne doive plus « entière obéissance à son mari ». La notion de « violence psychique » est reconnue. La récidive transforme la faute en délit. Enfin ! Mais cela ne suffit pas.
En 2000, 66 femmes meurent à nouveau sous les coups de leur conjoint. Dans l’enquête publiée en mars 2001, 640 000 femmes s’avouent victimes de mauvais traitements, et près de 2 millions d’entre elles le sont (soit plus d’une femme sur dix).

Le pacte du silence autour de la vie privée n’en finit pas de se briser : les plaintes augmentent d’au moins 10 % chaque année, jusqu’à atteindre (en 2001) plus de 20 000 par an. Cependant seules 5 % à 7 % des femmes violentées attentent une action en justice. Elles craignent les représailles, et savent que cela ne servira pas à grand chose : les décisions de justice sont souvent incohérentes [1] et 80 % des cas jugés pour violences bénéficient de l’impunité.

Depuis janvier 2004, plus d’une quinzaine de femmes ont succombé aux mauvais traitements de leur conjoint. Le gouvernement Zapatero a fait de l’éradication de ce fléau sa priorité absolue.

D’abord changer les mentalités : 21 % des hommes (et près de 9 % des femmes) interrogés estiment que les victimes de violences domestiques « aiment être maltraitées, ou bien sont idiotes, ou bien obtiennent quelque chose en échange », sinon elles quitteraient le domicile conjugal ou se sépareraient de leur conjoint [2]. De même 10,7 % des hommes pensent que, si une femme est maltraitée, c’est qu’elle l’a mérité [3]...

Le machisme reste très ancré dans la société espagnole et continue d’être transmis d’une génération à l’autre. Les femmes de 25-45 ans ont récupéré leur dignité, assument leur statut d’égale de l’homme et/ou luttent pour cela. En revanche, 50 % des hommes de la même tranche d’âge continuent d’avoir des attitudes machistes, et c’est dans leurs foyers que se produit le plus grand nombre d’homicides et de séparations.

La domination masculine est encore très forte en Espagne : rappelons que ce n’est que depuis 1999 que la femme est légalement libérée de l’obéissance à son mari ! [4]
Et en France ? c’est à peine mieux


Les chiffres sont à peu prés les mêmes en France : en 1999, 72 femmes ont été tuées volontairement par leur mari, sans compter celles qui sont décédées des suites de blessures. Au moins un foyer sur dix est le lieu de violences graves dont les victimes sont à 95 % des femmes et des enfants [5]. Parmi les femmes de 20 à 59 ans vivant en couple, une sur dix a déjà été victime de violences. Chaque année, 4 millions de femmes sont agressées par leur partenaire.

Pour dénoncer la violence qui s’exerce au sein du couple et de la famille, une coordination d’associations issues du mouvement des femmes a vu le jour dès la fin des années 70 pour devenir, en 1987, l’actuelle Fédération Nationale Solidarités Femmes [6]. Passant du constat alarmant, à la dénonciation et la critique, les féministes ont obligé à faire changer les lois [7].
Les violences conjugales ne sont reconnues comme telles et punies par la loi française que depuis 1994. Grâce aux féministes, la « qualité de conjoint ou concubin » est reconnue comme circonstance aggravante. Un homme qui bat sa femme est désormais passible d’une peine prononcée par le tribunal correctionnel. L’acte de violence sur une femme enceinte est jugé comme un facteur aggravant.
17 000 plaintes ont été déposées en 2000. Elles sont en constante augmentation. Mais le code pénal n’est pas toujours bien appliqué [8] ; très peu de condamnations interviennent et beaucoup trop de dossiers finissent en médiation [9]...

Actuellement en France, au moins 6 femmes meurent chaque mois sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. C’est d’ailleurs la première cause de mortalité des femmes de 16 à 44 ans.
Le ministre de la Justice Dominique Perben a souhaité, à l’occasion de la 22e journée internationale des femmes, que l’année 2004 soit consacrée en priorité aux victimes de violences conjugales et familiales.

Violences : leurs statistiques augmentent partout

L’augmentation des statistiques ne trahit pas nécessairement une augmentation des violences, mais de leur révélation. Cela veut simplement dire que de plus en plus de femmes osent en parler [10], ce qui est plutôt une bonne chose. D’autre part les enquêtes spécifiques sur les violences faites aux femmes sont relativement récentes [11]. Ce n’est que progressivement que les paroles se libèrent, et les statistiques commencent peu à peu à refléter la réalité. Nous en sommes encore à la prise de conscience.

Cette situation au sein des familles Espagnoles, Françaises, mais aussi Européennes [12], est tristement représentative d’un phénomène universel : un récent rapport de l’ONU assure qu’une femme sur trois dans le monde est victime de mauvais traitements ou d’abus de la part d’un proche. Selon l’Unifem, que ce soit dans les pays riches ou pauvres, les femmes vivent le même type de violence. Tandis qu’au Cambodge, 16 % des femmes disent être physiquement maltraitées par leurs maris, au Royaume-Uni, on en compte presque deux fois autant. À Sao Paulo, au Brésil, 13 % de femmes en âge de reproduire sont tuées et parmi elles, 60 % le sont par leurs maris ou concubins. Aux États-Unis, 7 millions de femmes sont violées ou sexuellement agressées chaque année, etc...
Bref, dans le monde, 70 % des femmes assassinées, le sont par leur partenaire masculin (OMS).

La violence contre les femmes à travers le monde est telle, qu’Amnesty International parle de scandale planétaire et tire la sonnette d’alarme en lançant une campagne exceptionnelle de deux ans : « Halte à la violence contre les femmes ».

Ce document a été rédigé à l’occasion d’une soirée cinéma entre féministes (réseau "Encore féministes !") pour voir : Ne dis rien (Te doy mis ojos) de l’espagnole Iciar Bollain. Ce film traite avec beaucoup de subtilité de la violence conjugale masculine. Vu ce lundi 2 août.

Les chiffres statistiques cités sont issus de différents articles de presse parus entre 2000 & 2004, qui se réfèrent notamment à l’enquête ENVEFF, et aux constats des associations "de terrain" (dont FNSF).

[1] La sentence du divorce d’Ana Orantes, par exemple, prévoyait qu’elle continue de partager le domicile conjugal, chacun à un étage, bien qu’elle ait dénoncé la violence de son mari. Quelque temps après, son mari la brûlait vive.

[2] Dans 70 % des cas, les femmes attendent au moins 5 ans avant d’oser en parler...

[3] Idée relayée par la blague populaire : « Il faut battre ta femme : si tu ne sais pas pourquoi tu la bats, elle, elle le sait. » ! ! !

[4] En France, le code Napoléon, qui imposait le devoir d’obéissance de la femme envers le mari, a été aboli en 1938.

[5] C’est aussi la 9ème bonne raison du manifeste "Encore féministes ! (co-signée par le journaliste Cavanna).

[6] Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) 32-34 rue des Envierges 75020 Paris - Tel : 01 40 33 80 90 - http://www.solidaritefemmes.asso.fr

[7] Jusqu’en 1975, le code pénal excusait le meurtre commis par un conjoint sur son épouse surprise en flagrant délit d’adultère au domicile conjugal.

[8] Le traitement des plaintes dépend du procureur : à Chambéry, par exemple, il n’y a aucune tolérance face à ces violences, mais à Bobigny, 65 % des dossiers finissent en médiation...

[9] Ce qui est absurde car cela met sur le même plan le coupable et la victime, comme s’il s’agissait de régler un simple malentendu. La femme se sent bafouée et la violence de l’homme redouble.

[10] "Bien trop de femmes dans bien trop de pays parlent la même langue : le silence." Anasua Sengupta, historienne indienne (extrait de Silence).

[11] L’enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF), réalisée en 1999, est la première (et la seule !) réalisée en France. Consulter le dossier de presse.

[12] En Europe, la violence domestique sur les femmes âgées de 16 à 44 ans est la principale cause de mort et d’invalidité, avant le cancer ou les accidents de la route.