
remerciements à grain de Cel pour son mail, pour ne pas oublier, pour que cesse l'inadmissible
Un an de silence depuis la mort de Rachel Corrie
Par Elizabeth Corrie
Elizabeth Corrie est la cousine de Rachel. Elle est directrice et professeur dans une école d'Atlanta.
Quand trois américains qui traversaient Gaza ont été tués, vraisemblablement par des palestiniens dans l'explosion du 15 octobre 2003, le FBI est intervenu dans les 24 heures pour enquêter sur ces morts.
Un an après, ni le FBI, ni aucune autre équipe américaine n'a fait quelque chose pour enquêter sur la mort d'une américaine tuée par des Israéliens.
Pourquoi cette double logique ? Peut-être révèle-t-elle la vérité la plus dérangeante de toutes.
Photo prise entre 15 et 16 h par Joseph Smith (ISM). On voit que Rachel est clairement visible avec sa veste orange. Elle parle au conducteur du bulldozer avec un mégaphone et lui demande de ne pas démolir la maison.
Tuée en Israël
Il y a seulement un an, le mois de mars était encore associé à des choses positives, pour moi comme pour beaucoup : la fin de l’hiver, la promesse du printemps et même de l'été. Cette année, et pour tout le reste de ma vie, mars signifie tout à fait autre chose : l'anniversaire de la mort brutale de ma cousine, Rachel Corrie;
Le 16 mars 2003, un soldat israélien et son chef ont foncé sur Rachel avec un bulldozer Caterpillar de neuf tonnes, alors que sans arme, et parfaitement visible avec sa veste orange fluorescente, elle protégeait une maison palestinienne promise à la démolition par l'armée israélienne.
La mort de Rachel Corrie, et la réponse qui a été donnée à son cas - ou plutôt qui n'a pas été donnée - a révélé des vérités dérangeantes, et parfaitement immorales et criminelles.
D'abord, Rachel est morte en essayant d'empêcher la démolition d'une maison, punition collective habituellement pratiquée par l'armée israélienne et qui a transformé en sans abri plus de 12000 Palestiniens depuis le début du second soulèvement en septembre 2000.
Cette pratique est une violation de la loi internationale, y compris de la Quatrième convention de Genève.
Deuxièmement, Rachel a été renversée par un bulldozer Caterpillar fabriqué aux Etats Unis et envoyé en Israël dans le cadre de l'assistance des Etats-Unis à Israël dont le budget oscille entre 3 et 4 milliards de dollars par an, prélevés sur les impôts des Américains.
L'utilisation des bulldozers Caterpillar pour détruire des habitations, sans parler de ces militants des droits de l'homme, sans arme, qu'on écrase - viole la loi des Etats-Unis y compris l'Acte de Contrôle d'exportation des armes, qui interdit l'utilisation de l'aide militaire contre les civils.
Troisièmement, l'auto-absolution de l'armée israélienne pour la mort de Rachel et la résistance de l'Etat d'Israël à une enquête indépendante sur ce cas, met en lumière et la résistance de l'administration de Sharon à assumer ses responsabilités dans la mort d'une citoyenne américaine et la couardise de l'administration Bush qui permet à une nation étrangère d'attaquer impunément des citoyens états-uniens.
Quatrièmement, la mort de Rachel n'est que la première de plusieurs attaques israéliennes contre des citoyens étrangers en Cisjordanie et à Gaza.
Brian Avery, du Nouveau Mexique, a reçu une balle en plein visage le 5 avril 2003;
Tom Hurndall, un citoyen anglais, a reçu une balle en pleine tête le 11 avril 2003 ; il est mort le 13 janvier 2004 et James Miller un autre anglais, a aussi été abattu et est décédé en avril 2003.
A retenir : ce n'est que pour le procès Hurndall que le soldat israélien responsable de l'attaque sera poursuivi devant les tribunaux, et cela parce que c'est le gouvernement britannique qui, après plusieurs mois, a finalement pris acte des preuves surabondantes fournies par la famille Hurndall.
A l'approche du 16 mars, les habitants et les citoyens des Etats-Unis devraient s'interroger sur ce qui fait qu'un citoyen américain sans arme peut être tué impunément par un soldat d'une nation alliée qui reçoit une aide massive des Etats-Unis et utilise un produit manufacturé aux Etats-Unis par une grande société U.S que paient les dollars des impôts états-uniens.
Quand trois américains qui traversaient Gaza ont été tués, vraisemblablement par des Palestiniens dans l'explosion du 15 octobre 2003, le FBI est intervenu dans les 24 heures pour enquêter sur ces morts.
Un an après, ni le FBI, ni aucune autre équipe américaine n'a fait quelque chose pour enquêter sur la mort d'une Américaine tuée par des Israéliens.
Pourquoi cette double logique ? Peut-être révèle-t-elle la vérité la plus dérangeante de toutes.
A lire aussi, l’excellent article de John Sweeney sur les victimes de l’ISM
Source : International Herald Tribune
Traduction : CS pour ISM-France
dimanche 19 octobre 2008
Rachel Corrie activiste pacifiste assassinée en 2003
mercredi 24 septembre 2008
MISERE DE LA CONDITION MILITANTE
MISERE DE LA CONDITION MILITANTE
par Patrick MIGNARD
Ce texte va me valoir les pires sarcasmes, y compris de la part de personnes que j’aime bien. Ce n’est pas contre elles que j’écris… quoiqu’elles ne le comprendront pas, mais bien au contraire pour elles et celles qui seraient tenter de les imiter. Par contre si ce texte peut porter un coup fatal aux bureaucrates parasites (inutile de citer des noms, regardez autour de vous… et surtout les médias) qui se nourrissent de l’énergie sans limite des honnêtes, mais naïfs, militants… il aura atteint son but.
Ce texte est dédié au/à la/ militant-e inconnu-e
Quand on regarde de près l’activité militante politique on ne peut qu’être surpris entre la quantité incroyable d’énergie généreusement dépensée et la maigreur des résultats obtenus. Sans pour cela vouloir appliquer les règles d’optimisation, chères à la gestion, à l’activité militante, un tel décalage mériterait d’être étudié.
Ce gaspillage inouï d’énergie, de temps et de moyens apparaît être une fatalité acceptée par celles et ceux là même qui en font les frais : les militant-e-s de base.
Il est question ici du « vrai » militant, celui qui est désintéressé, animé par des convictions réelles, sincères et qui n’utilise pas le militantisme comme le font les bureaucrates pour asseoir leur pouvoir, trouver une issue socialement favorable à leur médiocrité et leur couardise ou continuer dans des conditions optimales leur petites et grandes affaires plus ou moins maffieuses.
SYSIPHE…
Le militant est une sorte de nouveau constructeur de cathédrale… il érige un édifice avec sa sueur, bénévolement, pour la gloire d’une cause, en fait dans l’intérêt d’une classe parasite Plus on milite pour un « monde sans exploitation », plus on se fait exploiter par les bureaucrates que l’on sert… et l’on en est fier… et l’on accuse celles et ceux qui refusent cette situation, d’égoïstes, d’irresponsables et, le comble, d’inconscients ( ?)
Ce n’est plus « cent fois sur le métier remettez votre ouvrage », mais plutôt « mille fois », voire « dix mille fois ». La patience et l’abnégation du militant sont sans limite. Il a toujours une bonne raison dans son raisonnement pour expliquer son échec qui non seulement ne l’abat pas mais au contraire le ressource. Alors que l’échec l’aliène encore un peu plus, il croit au contraire que sa conscience se renforce. Il y a de la mortification dans cette attitude à l’image des croyants qui acceptent le malheur en hommage à la puissance de leur dieu qui les met à l’épreuve.
Le militantisme, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, est une forme de « mortification laïque » permettant de supporter l’échec permanent et de dire, surtout de se dire, que l’on a « malgré tout essayé »… Grandeur morale de l’impuissance ! Pouvoir rédempteur de la flagellation ! Il ne manquerait que les stigmates de la crucifixion !
Le militant a trop tendance à confondre la détermination dans les convictions et l’action et pertinence de la pratique politique. Ce n’est pas parce que l’on croit intensément en Dieu… qu’il existe…. Ce n’est pas parce que l’on va voter et faire voter pour la gauche,… ou autre chimère, que le changement de société va se produire… le militant lui, y croit dur comme fer… et ne pas y croire, pour lui, tient de l’hérésie…. Par contre y croire est un vrai sacerdoce !
Ainsi, le nombre de tracts distribués, d’affiches collées, de cartes placées ou de journaux vendus,… devient une chose considérable, voire essentielle. Cet essentiel doit d’ailleurs se muter en un autre chiffre, celui du nombre de voix obtenues par le ou la candidat-e. L’électorat devient ainsi une sorte de pactole, « peuple de fidèles », que l’on défend bec et ongles contre les prédateurs, les autres organisations… ne dit-on pas « nos électeurs ? » Une variation de quelques pourcentages prend une valeur inestimable… d’ailleurs le militant ne se contente plus des pourcentages au moment du scrutin, il lui faut des chiffres « avant » le scrutin, une simulation, une anticipation que fournissent aimablement les sondages le plus souvent manipulés… portant ainsi les fantasmes au plus au point. Il se dope véritablement à l’adrénaline électorale. On n’est pas loin de la drogue dure.
Le soir des élections c’est la transe… tout est apparemment possible. Pourtant, les jours, les mois, les années passant, les gouvernements changeant, la Droite remplaçant la Gauche et inversement,… rien ne change fondamentalement, voire la situation se dégrade. Alors le militant cherche et trouve des réponses : le contexte international, le retournement de conjoncture, la trahison des partenaires, le sabotage de l’opposition, l’attitude « irresponsable » des abstentionnistes… il n’ose tout de même pas aller jusqu’à soupçonner la Nature ou Dieu… Mais il a réponse à tout. Son courage jamais abandonné, qui est une forme de résignation, lui tient lieu de conscience. Cette certitude proche de la foi, loin de lui ouvrir les yeux, l’enferme et le verrouille dans son monde imaginaire. Fait de lui le moteur d’une autojustification qui lui ferme les portes de la compréhension de la réalité.
Le militantisme boucle sur lui-même. L’important n’est pas finalement le résultat, c’est d’avoir « bien milité ».
J’exagère ?
Mais comment expliquer l’engagement d’hommes et de femmes qui se sont dévoués pendant des années pour des résultats inexorablement remis en question… Pire, les avantages sociaux obtenus ont été dilapidés par les candidats qu’ils soutenaient !. Faut-il donner des exemples ?… Et pourtant ils continuent à soutenir les mêmes crapules qui les ont trahis, les trahissent et sont prêtes à recommencer à la prochaine occasion. Aveuglement ? Amour fou ? Sainteté ?
Celui qui baise la main de son bourreau n’est-il pas un saint ? S’il ne l’est pas il mérite de le devenir. Santo subito !
Le militantisme n’est pourtant qu’un instrument au service d’une cause. Lorsque l’on perd la cause de vue et que le militantisme devient une fin en soi, une manière d’être avant d’être une manière de devenir… alors il y a problème. Problème d’autant plus difficile à résoudre que le mal s’insinue sans prévenir et de manière indolore. Le militant sombre dans une activité qu’il est sûr de maîtriser mais dont il est parfaitement inconscient et dépendant. Il rationalise son attitude et sa démarche en confondant « fidélité » et « obstination », « « alternative » et « alternance », ou encore « marchandisation » et « libéralisme ». Ce qui est plus grave c’est que son statut de militant le convainc de l’inutilité de toute introspection, de toute prise de distance, bref de toute critique… s’enfonçant ainsi toujours plus dans l’erreur et finalement dans le sectarisme. Prendre du recul, se donner le temps de faire le point est impensable, c’est reconnaître, vis-à-vis de soi, mais aussi des autres, que les certitudes sont branlantes, pas sûres, qu’elles peuvent être remises en question… Ce qui est impensable. Il n’y a pas place pour le doute. Oser imaginer que l’on puisse se poser la question est déjà une trahison… en d’autre temps on aurait dit un sacrilège. Le doute ? Vade retro satanas !
… ET SON ROCHER
Sisyphe poussait son rocher, le militant lutte… c’est du moins ce qu’il dit, ce qu’il croit. Le terme « lutter » a d’ailleurs pris avec le temps une signification bien singulière. « Lutter » est devenu un terme « passe partout » qui a été vidé totalement de son sens. N’importe quel homme/femme politique lutte, même les sénateurs disent lutter… c’est dire la dégénérescence du terme. Faire une grève de vingt quatre heures, c’est lutter, appeler à voter untel, c’est lutter… Ne dit-on pas que l’ « Union est un combat » ?… quand on sait à quoi sert l’union et qui en profite !… Même le terme « union » a perdu son sens et ne signifie plus rien.
Curieusement, ce qu’a perdu la plupart du temps le militant, c’est le sens du combat, celui-ci s’est en effet confondu avec l’intérêt de l’organisation et les intérêts des bureaucrates qui la structurent et en profitent. Ainsi, la « victoire de la Gauche » est plus la victoire « en soi », de la Gauche que celle d’un projet de transformation sociale… car il est clair que la Gauche n’a jamais fait et ne procèdera jamais à une transformation des rapports sociaux. Voir son/ses candidat/s arriver au pouvoir, voilà l’objectif, de lutte ( ?), du militant…. Ce que les heureux élus feront du pouvoir est une autre affaire… qui ne rentre pas en ligne de compte pour leur engagement. La preuve ? Si c’était l’inverse il y a longtemps qu’il n’y aurait plus de militants dans les partis et organisations de gauche.
C’est là que, par une extraordinaire perversion de l’esprit humain intervient la notion de « fidélité », véritable laisse, chaîne qui lie le militant à son « maître ». La fidélité est une qualité humaine incontestable, mais comme toutes les qualités elle a son côté obscur. Comme l’éloquence, la ténacité, le courage, la fidélité n’a aucune valeur en soi, elle n’a de valeur qu’au regard de la cause qu’elle sert et de la pratique qu’elle détermine.
La « fidélité militante » tourne généralement à l’ « obscurantisme politique ». En effet, la perte de sens de la lutte alliée à l’adhésion affective à une organisation qui s’est bureaucratisée aboutit, génère une attitude d’une stupidité absolue qui fait du militant une marionnette qui se croit libre. Un militant, ou alors ils sont rares, est incapable de voir la « dérive » politique, bureaucratique de son organisation. Celle ou celui qui essaye de lui montrer passe pour un traître ou un adversaire. Vade retro satanas !-bis-
La fidélité pour le militant est l’équivalent du « patriotisme » d’autrefois : on se bat on ne sait pas trop pourquoi. On a un drapeau, on se bat pour lui… c’est ça l’essentiel. J’exagère ?
Il n’est qu’à voir les militants qui ont « ouvert les yeux » après des années de fidélité à leur organisation… C’est un véritable drame personnel. Ils ont perdu tous leurs repères… preuve qu’ils n’en avaient aucun en dehors de leur organisation…. Situation typique d’aliénation.
Aujourd’hui, le degré de dégénérescence et de déliquescence des organisations politiques est extrême. Repères de professionnels (élus, notables) d’incapables (faut-il citer des noms ?), d’imbéciles (faut-il citer des noms ?), d’arrivistes (faut-il citer des noms ?), voire d’escrocs (faut-il citer des noms ?), la plupart des organisations politiques structurent l’activité politique de ce que l’on appelle, sans rire, les « grandes démocraties ». Des millions de citoyens/nes, certes à défaut d’autre chose, leur confie leur avenir au travers d’élections formellement démocratiques mais, sur le fond, jouées d’avance. Les militants (de base) leur font confiance, aident à leur légitimation et les confortent dans leurs magouilles et pouvoirs.
Comme Sisyphe, le militant roule son rocher sur la pente de ce qu’il croit être le changement. Une fois qu’il croit avoir atteint son but, le rocher retombe et il recommence… indéfiniment.
Les conquêtes sociales obtenues à force de lutte sont incontestablement des acquis. Nombreuses sont celles et ceux qui ont lutté durement pour les obtenir. Mais soyons lucides, que va-t-il en rester dans cinq ans, dans dix ans,… du service public, des retraites, du temps de travail, de la législation du travail ?… Quelle a été au niveau de l’Histoire la portée de toutes ces conquêtes qui sont entrain de disparaître et pour lesquelles les politiciens et bureaucrates syndicaux nous font user nos semelles, inutilement, sur le pavé de nos villes ?
Paradoxalement, les militants ont rarement le sens de l’Histoire, ils l’ont généralement au travers de citations et de slogans milles fois répétés, d’ouvrages dont ils n’ont lu que quelques extraits et encore,… Finalement on pense pour eux… Ils n’ont qu’à adhérer à des courants, des tendances incarnées par des bureaucrates qui font et défont les idées dans les médias et dans l’organisation de congrès préfabriqués aux motions prédigérées. La « pensée politique » des partis est à la pensée, ce que Mac Donald est à la cuisine.
Ils ont bonne mine les militants des organisations de Gauche de se dévouer pour des partis qui n’ont eu de cesse ces dernières années de remettre en question tous ces acquis. De se dévouer corps et âmes pour des organisations qui n’aspirent qu’à une chose : parvenir au pouvoir… Mais pour y faire quoi ? Appliquer un programme ? Mais quel programme ? Et nous savons très bien qu’un programme n’est qu’un chiffon de papier entre les mains des hommes de pouvoir. Combien de fois faudra-t-il qu’ils se fassent avoir pour le comprendre une bonne fois pour toute.
Aucun programme, aussi précis, progressiste, sophistiqué, détaillé soit-il ne remplacera la pratique sociale de millions de citoyens décidés à changer les rapports sociaux. Or, de cette pratique, aucun politicien n’en veut, au contraire il fait tout pour maintenir le « citoyen-militant » dans une pratique infantilisante ou les promesses et les rappels à la fidélité tiennent lieu d’explication et de justification. Votez, on fera le reste ! Le militantisme est-il à proscrire ? Bien sûr que non, mais entendons nous sur ce que l’on appelle le « militantisme ». S’il s’agit d’une profession de foi telle que nous venons, sans exagération, de la décrire alors oui, il est à proscrire. Si le militantisme est une manière d’être citoyen, au sens originel du terme, une manière d’être critique par rapport à une situation, à toutes les situations, une manière de créer, d’adapter une pratique collective en vue du changement social,… alors OK, je suis partant.
Patrick MIGNARD
source :
indymedia Paris île de France : http://paris.indymedia.org/
vendredi 1 août 2008
AGISSSEMENT DE LA STASI EN FRANCE : L'EXTASE
On nous a pendant un temps bassiné sur les agissements de la stasi en RDA à travers un film intéressant.
Cette façon de ne voir le mal que chez les autres est profondément touchante et témoigne d'une grande humilité égocentrée... Pendant ce temps, on ne regarde pas ce qui se passe chez nous. A toujours voir la paille dans le regard du voisin, on finit par ne plus apercevoir la poutre dans notre champ de vision. Et l'apartheid politique, migratoire, artistique... de se mettre insidieusement en place... Ici même.
Et nos belles libertés en miettes d'étouffer un peu plus avec.
Ami entends-tu le vol noir des corbeaux dans la plaine?
Un article de l'Huma sur l'état de la démocratie dans ce pays.
Ohé matelots, ouvriers, paysans, créateurs et intellos, toujours Motivés? C'est l'alarme.
Calamity Jack
Intimidation policière contre des défenseurs de sans-papiers
Répression . Une manifestation samedi devant le centre de rétention du Mesnil-Amelot n’a pas eu lieu : 18 militants, dont les organisateurs, ont été interpellés avant même de pouvoir s’y rendre.
Samedi, porte de La Chapelle (Paris 18e). Dix-huit militants sont interpellés vers 15 h 30 pour « contrôle d’identité » alors qu’ils attendaient à ce point de rendez-vous, avant de se rendre à une manifestation devant le centre de rétention administratif (CRA) du Mesnil-Amelot. Emmenés au commissariat de Clignancourt, ils seront libérés à 18 h 30. La manifestation au CRA était autorisée par la préfecture de Seine-et-Marne de 16 heures à… 19 heures. Elle n’a donc pas eu lieu.
Dix fourgons de police et un bus
Pour faciliter le transport vers le CRA du Mesnil-Amelot, très isolé, l’association SôS-Soutien aux sans-papiers, organisatrice de la manifestation, avait donné rendez-vous à la porte de La Chapelle une demi-heure avant l’heure de départ. À ce moment, une vingtaine de militants sont présents, « accompagnés » de policiers en civil. Soudain, une dizaine de fourgons de police, suivis d’un bus, arrivent de tous les côtés, encerclant les militants qui patientaient auprès de leurs véhicules. Dix personnes sont immédiatement interpellées. D’autres s’éloignent un peu sur le trottoir. Les voitures sont perquisitionnées de fond en comble. Les militants fouillés au corps, avant d’être embarqués dans le bus. À commencer par Rodolphe Nettier, président de SôS-Soutien aux sans-papiers. Seule explication donnée sur place : « opération de police ».
Vient le tour des militants qui observaient la scène d’un peu plus loin : huit nouveaux interpellés. Parmi eux, Henri Braun, avocat de l’association et membre du comité central de la Ligue des droits de l’homme (LDH). « C’était parfaitement illégal », nous confie-t-il, en précisant : « Soit il y a un trouble à l’ordre public caractérisé, ce qui n’était évidemment pas le cas. Soit c’est un contrôle d’identité, mais, ici, tout le monde avait ses papiers, sauf Rodolphe. Nous n’aurions donc pas dû être arrêtés. » La police en profite d’ailleurs pour contrôler et fouiller trois jeunes Noirs assis près de la bouche de métro. Les fouilles corporelles sont, elles aussi, jugées illégales par Henri Braun. « Ils ont fouillé nos poches, ce qui s’assimile à une perquisition. Sans autorisation. » Au commissariat, la pression continue : « On nous a fait retirer nos lacets comme si on allait être mis en garde à vue, raconte Rodolphe Nettier. Mais nous ne nous sommes pas laissé impressionner. » Devant le commissariat, une trentaine de personnes réclamaient la libération de leurs camarades. Une libération qui aura lieu une demi-heure avant l’expiration de l’autorisation de manifester.
atteinte à la liberté d’expression
Comme l’explique Henri Braun, le motif de vérification d’identité est évidemment aberrant dans ces conditions. « C’est une façon d’interdire la manifestation sans le dire. Il y a une atteinte évidente à la liberté d’expression. » Pour l’avocat, ce durcissement de la répression est tout à fait lié avec celui qui s’exerce contre les sans-papiers. Il n’hésite pas à lâcher le mot de « politique raciste » : « On traque les sans-papiers car on ne veut pas de leurs traces dans le visage de la France de demain. Du coup, tous ceux qui sont en contact avec des sans-papiers voient leurs libertés restreintes. »
Le bilan pour SOS-Soutien aux sans-papiers n’est finalement pas si négatif : « En voulant nous empêcher d’accéder aux centres de rétention, ils nous offrent un objectif », déclare Rodolphe Nettier.
Samedi prochain, ils appellent donc de nouveau à manifester au Mesnil-Amelot. « On ne se laissera pas intimider », conclut-il.
Christophe Payet
dimanche 15 juin 2008
Mai68 Mai08 De vos pavés numériques, un site en attente! [affiche]
source : http://imaginaction.over-blog.org/
Mai 68 n’a pas besoin de commémorations, à 40 ans et toutes ses dents, l'esprit de Mai 68 est toujours mordant. Et même si certains, comme Sarkozy, tentent de l’enterrer ou de le réduire en petite fumée juvénile et parisienne, son esprit de révolte refleurira encore et encore soulevant les pavés de tous horizons.
40 printemps après, bon nombre de slogans et de luttes sont toujours d’actualité, les revendications de Mai 68 sont loin d’être périmées, certaines sont à revisiter, d’autres sont à inventer... Nous lançons un appel A TOUS les artistes, graphistes, militants, activistes et colleurs d’affiches de France, de Belgique et d'ailleurs pour lancer avec nous des pavés graphiques et redonner la parole aux murs.
Résister c’est créer, créer c'est résister, alors nous vous proposons de monter une révolte graphique à placarder sur les murs pour démontrer que l’esprit de mai 68 est bien vivant, que cette nouvelle jeunesse de la révolte qui s'alluma en 1968 brûle toujours en 2008 et qu’il est plus que jamais nécessaire de RESISTER. De résister à quoi ? A l'ordre établi, au dictat du profit, à la pensée unique et inique, aux pyramides sociales, à l'arrogance des puissants, au patriarcat, à la société de consommation, à l'exploitation, aux expulsions...
Puisque nous n’avons pas le pouvoir, rappelons à ceux qui le détiennent que nous avons des idées et que nous n'avons pas peur de les afficher.
Au «Français, haïssons Mai 68» de Nicolas Sarkozy,
nous répondons «En Mai, révolte-toi comme il te plait! »
jeudi 5 juin 2008
Dubec témoigne comme expert au procès FOURNIRET : une insulte aux victimes
par Luva
source : http://lepsyquijustifieleviol.over-blog.com/
Beaucoup s'étonnent qu'après les déclarations libidineuses de Dubec, ce dernier soit commissionné comme expert dans l'affaire Fourniret. Bénéficie-t-il d'appuis aussi considérables, qu'une pétition ayant réuni plus de 1300 signatures n'ait suscité aucune réaction de la part de la Justice ? S'agit-il d'une provocation ?
Marquons notre refus de ce mépris affiché à l'égard des femmes. Exprimons notre soutien à Brigitte BRAMI, à Sisyphe, à ceux et celles qui s'exposent pour dénoncer cette complaisance envers l'insupportable.
Réagissons en envoyant cette lettre aux politiques :
A
Monsieur SARKOZY, Président de la République
Madame Rachida DATI, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
Monsieur François FILLON, Premier Ministre
Monsieur Xavier BERTRAND, Ministre du Travail, des relations sociales, de la Famille et de la solidarité
(Service des Droits des Femmes et de l’Egalité)
Monsieur Bernard KOUCHNER, Ministre des Affaires Etrangères et de l’Union Européenne
"Des citoyens et des citoyennes se sont mobilisés en réaction aux propos de M. Michel Dubec, psychiatre et psychanalyste, expert national auprès des tribunaux, ulcérés par son apologie du viol et son admiration professée pour le violeur et assassin en série Guy George, dans son livre Le Plaisir de Tuer paru aux éditions du Seuil.
Une pétition signée notamment par des médecins, écrivains, professeurs, a recueilli 1350 signatures.
Des courriers ont été envoyés au Conseil de l’Ordre des Médecins afin que des sanctions soient prises à l’encontre du Docteur Dubec en raison de ses propos dégradants envers les femmes et qui déshonorent le corps médical.
Des courriers ont été envoyés à Madame la Garde des Sceaux, Ministre de la Justice afin que Monsieur Dubec, expert auprès des tribunaux, soit démis de ses fonctions, en tant qu’il discrédite la Justice française par ses affirmations essentialistes et révoltantes.
Quelle n’est pas ma stupéfaction d’apprendre le 19 mai 2008 par un grand quotidien national, France-Soir, que Monsieur Dubec, par ailleurs condamné pour injures à caractère antisémite dans le même livre, dépose devant la cour d’assises des Ardennes dans le procès Fourniret.
Est-ce pour lui fournir l’occasion de publier le second volet de ses fantasmes « Michel Fourniret, la jouissance de détruire des petites filles » ?
Où est le respect des victimes, de leurs familles ?
Est-ce là le cas que l’on fait aujourd’hui en France de la dignité et de la sécurité des femmes, quand tant de femmes sont violées chaque jour et meurent sous les coups des hommes ?
Est-ce là la haute idée que l’on se fait de la justice française ? Laisser un psychiatre discréditer les institutions de la République en utilisant sa qualité d’expert auprès des tribunaux français pour justifier les violences contre les femmes ?
Même tirés de leur contexte, et habilement noyées dans d’autres phrases, il est décemment impossible de justifier des phrases telles que celles-ci : «Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui, jusqu’au viol compris. » et : «Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (...)», enfin : «Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes. »
Ces quelques lignes dévoilent que le Docteur Dubec, submergé par ses propres sens, n’est plus dans la capacité de conduire des expertises, ni d’en rédiger les conclusions, avec les qualités professionnelles nécessaires, c’est-à-dire la mesure, la neutralité et l’objectivité.
A partir de juillet 2008, la France doit présider l’Union européenne. Le Ministère des Affaires Etrangères annonce que la France entend accorder la priorité à la promotion et à la Défense des Droits des Femmes : « La lutte contre les violences à l’encontre des femmes, qui passe par la promotion du statut et du rôle des femmes dans la société, constituera l’axe central de l’action de la France » ? Souhaitons que cela ne se résume pas à un effet d’annonce.
Faut-il que les journaux étrangers s’intéressent à leur tour aux scandaleux propos de l’expert Dubec pour que les pouvoirs publics sortent de leur inertie ?
Le rapport d’Amnesty International de 2006, l’enquête ENVEFF le soulignent : les violences contre les femmes sont AUSSI une affaire d’ETAT : elles sont aggravées par la carence de l’écoute des institutions. L’absence de réaction c’est la complicité.
Je demande que le Docteur Dubec ne soit plus en mesure de donner son avis dans des dossiers qui traitent de viols et d’agressions sexuelles à l’encontre des femmes. "vendredi 2 mai 2008
Le sexisme : La barbe ! [video] Le 14 juillet, barbons la République !
Journal de 13h de France 2 hier :
DES FEMMES A BARBE !!!
Cette injonction à l'action symbolique, suivons-la !
séma
leur site :http://web.mac.com/harriet6/La_Barbe/Accueil.html
jeudi 1 mai 2008
Jeudi Noir : 1er mai Manif' Action Réquisition festive
*1er mai Manif' Action Réquisition festive*
source : montarodan
Jeudi 1er mai 16h
place René Cassin, à côté de l'Eglise St Eustache
*"Une loi de réquisition existe : ce que l'Etat ne fait pas... nous le ferons"*
Le 1er mai ne se fera pas sans les jeunes mal-logés. La fête du travail c'est bien, mais que se passe-t-il quand le travail ne suffit même pas à se payer une chambre de bonne ? Etudiants ou jeunes actifs, les jeunes mal-logés se prennent en main...
Après le beau succès de la dernière réquisition de Jeudi Noir, au 7 impasse Saint Claude (http://www.dailymotion.com/video/x51lmy_jeudinoirfrance212avril_news), Jeudi Noir vous invite à une nouvelle action-manifestation-réquisition :
Rendez-vous jeudi 1er mai 16h pile place René Cassin, à côté de l'Église St Eustache
pour un rassemblement festif puis une manifestation avec en ligne de mire...
une réquisition d'immeuble vide !
Alors que Christine Boutin prépare une nouvelle loi dont il y a plus à craindre (facilitation des expulsions) qu'à espérer...
Alors que Nicolas Sarkozy s'auto félicite de son ruineux crédit d'impôt pour les propriétaires...
Alors que les maisons à 15 euros n'existent que dans la tête des ministres à deux francs...
Alors qu'une défiscalisation « De Robien » coûte plus cher à l'Etat qu'un HLM...
Alors que les loyers continuent de grignoter le pouvoir d'achat des locataires...
Alors que les mesures promises aux SDF sont trahies...
Alors que la crise du logement est toujours aussi grave pendant que tant d'immeubles restent aussi vides...
... Jeudi Noir repasse à l'action, en compagnie des organisations de jeunesse : Unef, Sud, Confédération étudiante, FAGE, Fac Verte, MJS, JC, JCR, Jeunes Verts, jusqu'à des jeunes du Modem, en passant par AC Le Feu et le Mouvement Rural des Jeunesses Chrétiennes) qui ont co-signé une plate-forme de 11 revendications précises (http://www.jeudi-noir.org/Dix-et-une-propositions-pour.html)
pour que les jeunes ne paient plus la bulle immobilière !
Ambiance festive garantie, venez avec vos amis musicos, vos instruments de musique, votre mousseux, vos duvets, vos posters préférés (ou pas)...
PS pour information :
*Les réquisitions comme arme contre le mal-logement et l'inactivité des décideurs politiques*
Les chiffres du mal-logement reflètent en creux l'absence de volonté politique. En effet, le déficit de logement, estimé de 550.000 logements (Nexity) à 900.00 (« rapport » Mouillard) implique de construire massivement. Et l'interminable liste de personnes en attente d'un logement en attente (1,3 millions) finit de convaincre qu'il faut du logement social, et très social (actuellement, plus de 75% des français sont éligibles au logement social).
*Mais des marges de manoeuvre considérables existent dans le parc existant ! *
En même temps que les conditions d'accès à un logement digne se durcissent, on constate une forte augmentation du nombre d'immeubles vacants. Enrichies par 10 années de flambée immobilière, les banques, les compagnies d'assurances et les caisses de retraite se contentent désormais de laisser dormir un parc immobilier qui rapporte plus par le simple effet de la spéculation qu'en cherchant à le louer. Partout, dans les quartiers prestigieux ou populaires, des immeubles vides et silencieux se dégradent, faute d'entretien, pour avoir été considérés comme des actifs purement financiers.
14 villes de plus de 100 000 habitants ont des taux de vacances (logement vide depuis plus de 2 ans) supérieurs à 10% (enquête INSEE). 13,8% des logements de Lille sont vacants, 10,3% à Paris, soit 138 000 logements vacants. Au total, on estime qu'il existe en France 2 millions de logements vacants.
* Il faut évidemment se méfier de l'arithmétique simpliste mais il y a dans ces 2 millions de logements vides depuis plus de deux ans un important, décisif réservoir de logements qu'il importe de remettre sur le marché. Et cela sans compter les millions de mètres carrés de bureaux vides. *
Des lois de réquisitions ont été votées pour lutter contre le mal logement. Par peur de froisser son électorat déjà logé, la classe politique refuse d'appliquer ces lois.
Une taxe sur les logements vacants existe également, elle concerne les propriétaires de logements inoccupés depuis au moins deux ans dans huit agglomérations : Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Nice et Cannes-Grasse-Antibes. Mais ne rapporte rien car elle est trop faible. 10% de la valeur locative après 2 ans de vacance, 12,5% puis 15% les années suivantes. Surtout, elle n'a pas l'effet dissuasif escompté. A quand son triplement ?
Pour mémoire : taux de logement vacant dans les grandes villes françaises (source Insee 2006)
Paris : 10,3 Montpellier : 9,6
mercredi 30 avril 2008
La Barbe, elles conquièrent Le Monde!
Le groupe féministe activiste la Barbe gravissait les hauteurs de la République affichant son emblème au menton de la "Liberté" ; c'était le 8 mars dernier.
Aujourd'hui, après une intervention remarquée dans le cénacle très masculin d'un conseil d'administration parisien, elles s'offrent Le Monde!
(lire l'article du Monde ci-joint & regarder la vidéo sur leur site : http://web.mac.com/harriet6/La_Barbe/Accueil.html)
Si l' envie de les rejoindre vous titille, leur prochaine réunion c'est bientôt :
Pour les contacter, email : labarbelabarbe@gmail.com
Donc à vos postiches Mesdames!
A vos piolets d'escalade! Toutes à l'abordage!
Sémaphore
Pour toutes les femmes effarées par la montée du sexisme dans les médias, pour les femmes excédées par la domination masculine dans la société française, pour celles qui s’effraient de voir augmenter encore les inégalités entre hommes et femmes dans tous les secteurs d’activité, ....la campagne présidentielle de 2007 a été une épreuve de trop. Le machisme qui s’est déployé entre les deux tours des élections a provoqué une overdose.
LA BARBE !
Ont-elles crié. Il est temps de remettre le féminisme en selle, et de partir à la conquête des territoires du pouvoir, sous toutes ses formes.
Pour exprimer leur ras le bol haut et fort, ces femmes ont décidé d’investir barbues tous les hémicycles, toutes les antichambres, tous les lieux du pouvoir des hommes. Comme ces lieux sont partout, il faut
Qu’elles soient nombreuses,
Qu’une épidémie de barbe se propage !
Que la Barbe des femmes soit le signe de leur volonté de résister à l’hégémonie masculine et de rendre visibles et ridicules toutes les situations d’inégalité entre hommes et femmes.
Que les barbes surgissent partout où les femmes se sentiront écrasées par la domination, par l’exploitation, par le sexisme des hommes.
Que partout où les hommes se croient en terrain conquis, les barbes disent que les femmes aussi veulent en être, quitte à jouer le jeu de la masculinité, quitte à arborer
les attributs du pouvoir.
Quand les femmes auront du pouvoir, on verra bien ce qu’elles en feront.
En attendant, qu’elles le prennent.
La Barbe contre la suprématie masculine
Article paru dans l'édition du 29.04.08.
source : Le Monde.fr
Un nouveau groupe d'action féministe, baptisé La Barbe, s'est donné comme objectif de dénoncer la suprématie masculine dans les postes de direction d'entreprises. Pourvues de barbes postiches, une cinquantaine de jeunes femmes vont investir deux fois par mois les hémicycles, antichambres et lieux de pouvoir des hommes pour tenter de reprendre le pouvoir. Avec humour et ironie. Mi-avril quelques-unes d'entre elles ont ainsi accueilli les actionnaires de Carrefour venus assister à l'assemblée générale aux cris de "Halte à la féminisation des instances dirigeantes !".
Elles se sont amusées à les mettre en garde contre "la dangereuse brèche" ouverte par Anne-Claire Taittinger, seule femme parmi les 18 membres du comité directoire et du comité de surveillance du groupe. "Il est important de se ressaisir pour rétablir l'ordre naturel des choses (...) Cette assemblée générale des actionnaires est l'occasion de prendre la mesure du danger : non à la féminisation de la société !" ont-elles ironisé. Selon l'Institut français des administrateurs, les femmes représentent moins de 8 % des conseils d'administration des entreprises du CAC 40.
dimanche 27 avril 2008
Pédagogie des opprimés de Paulo Freire
Article posé suite à un message de Luna box new group sur Second Life (que je continue de recevoir même si je n'y suis plus retournée depuis fort longtemps)
Ce message m'a permis de découvrir Paolo Freire, une belle initiative riche de réflexions visant à éveiller les consciences, une philosophie de la libération par une éducation solidaire, une éducation de la coopération, une éducation fondée sur le dialogue pour en finir avec les systèmes de domination, pour briser la structure dualiste opprimés/oppresseurs.
Sémaphore
Pédagogie des opprimés de Paulo Freire
Janvier 2003
Il s’efforce donc de préciser les attitudes mentales et relationnelles qui obscurcissent ou qui éclairent la conscience personnelle et collective. Il appuie sa réflexion sur l’analyse marxiste des rapports de force entre les groupes humains et une éthique humaniste de l’action humaine.
Cet ouvrage s’adresse aux leaders révolutionnaires, c’est à dire à ceux qui accompagnent les populations opprimées dans un processus de conscientisation et de libération.
Bien que situés historiquement et géographiquement, les analyses des rapports humains et les principes d’action pédagogiques exposés dans ce livre me semblent transposables à notre époque et dans nos pays développés.
L’auteur n’expose pas ici une méthode au sens opérationnel du terme mais plutôt les fondements d'une action de transformation des relations humaines. Ces principes ont semblé précieux à réentendre dans le cadre de la réflexion sur la pédagogie à RECIT
En effet, son analyse peut fortement éclairer un projet d'éducation citoyenne, aujourd’hui.
• Qu'est-ce que la situation d'oppression et comment s'exprime-t-elle dans la contradiction opprimé/oppresseur?
• Peut-on sortir de cette contradiction ? A quelles conditions ?
• Analyse de la conception "bancaire" de l'éducation et de ce qu'elle met en jeu en terme de relation entre éducateur et éduqué, mais aussi en terme de conception du savoir et de la réalité.
Cette déshumanisation n'est pas une fatalité, ni une donnée d'ordre ontologique; elle est le résultat d'un ordre injuste qui engendre la violence et le « moins-être ». C'est un processus qui peut et doit être inversé.
En effet, opprimé et oppresseur sont dans des modes d'être et des visions du monde et d'eux-mêmes dont ils n'ont pas forcément conscience. Ils sont "immergés" dans la situation et la vivent comme incontournable et inchangeable.
La prise de conscience de cette immersion , de cette "adhérence" à l’ordre injuste établi est le premier pas vers une libération et une transformation possibles. Elle nécessite un cheminement et un accompagnement.
Aucune méthode pédagogique n'est neutre mais reflète un certain style de rapport humain .
La pratique de l'éducation en elle-même est porteuse de libération ou d'aliénation non par le contenu des idées qu'elle transmet, mais d'abord par la relation éducateur/ éduqué qu'elle instaure.
L'opprimé est attiré fortement par la personne de l'oppresseur et son mode de vie. Il voudrait accéder à ce mode de vie et à « l'être » de l'oppresseur.
Dans le même mouvement, l'opprimé se déprécie ; intériorisant le jugement de l'oppresseur, il se croit incapable.
L'opprimé veut être mais a peur d'être.
Il est immergé dans l'ordre établi par l'oppresseur à son profit et n'en voit pas la réalité.
Tant qu'il n'a pas localisé en lui-même la présence de l'oppresseur et tant qu'il n'a pas acquis sa propre conscience, il aura des attitudes fatalistes face à sa propre situation.
Pire, quelquefois, recevant la violence de la situation, il la renvoie horizontalement sur ses camarades ou sa famille. Mais, en réagissant ainsi à l’oppression, il devient lui-même oppresseur.
Toute personne, située par sa classe sociale et son niveau de vie du côté des oppresseurs, a, de fait, intérêt à ce que cette situation d’injustice demeure pour continuer à avoir ce qu'il a. Il est, de fait complice de l’oppression faite à l’opprimé, qu’il soit ou non conscient, qu’il soit ou non personnellement responsable.
L'application du droit pour tous représente pour l'oppresseur une grande violence à son droit personnel et des restrictions importantes à ce qu'il considère comme son plus-être et sa liberté.
En effet, l'oppresseur, immergé dans le système de l’oppression et sa logique, ne peut se concevoir lui-même en dehors de la possession et de la domination directe, concrète, matérielle, du monde et des hommes.
- Il transforme tout en objet de domination
- Il voit tout en terme de profit, car l'argent est pour lui la mesure de toute chose.
- Il doute des capacités du peuple.
- Il a tendance, consciemment ou pas à «chosifier l'autre », c’est à dire à le nier en tant que sujet libre et conscient, à ne pas lui accorder les mêmes capacités.
- Il pourra même agir généreusement pour le bien des gens, en donnant un peu de son surplus mais en gardant les personnes ainsi assistées dans l’état d’infériorité dont il a besoin pour maintenir sa situation de dominant. C’est ainsi que Paulo Freire analyse avec sévérité l’action humanitaire qu’il distingue nettement d’une action « humaniste ».
Paulo Freire n’analyse pas ici des comportements psychologiques conscients et volontaires, mais des relations objectives dans lesquelles les uns et les autres sont pris, de fait.
subjective parce que c'est un sujet qui comprend et agit,
objective parce qu'il comprend et agit sur une réalité qui n'est pas lui.
(attitude qu'il oppose à deux déformations, qu’il appelle le subjectivisme et la rationalisation).
La lutte pour supprimer l'injustice qui nous apparaît comme une nécessité , si elle ne tend qu’à inverser les rapports de force, ne résoudra pas les choses: elle les inversera peut-être, mais ce qui importe c'est de modifier le type de relation que nous entretenons tous (opprimés comme oppresseurs) avec l'autre et avec le monde
Il définit la conception pédagogique traditionnelle comme une"conception bancaire" de l’éducation parce qu'il analyse l'acte pédagogique pratiqué comme un acte de dépôt d'une matière inerte et prédéfinie dans un contenant vide prêt à recevoir et à mémoriser.
Elle rend impossible un savoir constructeur de la personne.
« Il n'y a alors, ni créativité, ni transformation, ni savoir. »
"Personne n'est l'éducateur de quiconque, personne ne s'éduque lui-même,
seuls les hommes s'éduquent ensemble, par l'intermédiaire du monde."
L'objet de connaissance n'est plus le but de l'acte cognitif, il n'est plus la propriété de l'éducateur, mais un objet de médiation, l'intermédiaire entre plusieurs sujets connaissant.
III Le dialogue, essence de l’éducation vue comme pratique de la liberté.
Si l’homme se définit par la parole, le dialogue permet l’échange de cette parole. (la parole est prise ici comme une parole transformatrice, créatrice, à la fois langage et action)
Prononcer une parole authentique, c’est déjà transformer le monde. La parole a deux dimensions, d’action et de réflexion. Si elle n’est que discours, elle est verbiage. Si elle n’est qu’action, elle est activisme.
Le dialogue est donc pour ces raisons une nécessité existentielle.
- la réalité concrète de l’homme éduqué est première, avant même le contenu à enseigner ou la réalité à transformer.
- ce qui éduque, ce n’est pas d’abord ni seulement le contenu du programme , mais le type de relation que l’on établit avec celui qu’on éduque à l’occasion de l’échange provoqué par le sujet abordé.
Il développe longuement à ce propos ce qu’il appelle dans sa méthode pédagogique la recherche de l’univers thématique du peuple ou des « thèmes générateurs » qui sont le point de départ à partir desquels se construisent les contenus..
Le dialogue rentre ensuite en jeu dans le processus même de formation.
C’est à travers le dialogue, en effet, qu’une situation concrète cesse d’être subie comme inévitable et peut commencer à s’analyser comme un problème à résoudre, un défi adressé à l’homme pour créer quelque chose de nouveau.
IV Action dialogique et antidialogique.
Dans le quatrième chapitre, Paulo Freire élargit son analyse critique à ce qu’il appelle l’action culturelle globale (l’accompagnement des opprimés par les leaders révolutionnaires).
Il détaille les caractéristiques d’une action « antidialogique » telle qu’elle est pratiquée dans une situation d’oppression et, à l’opposé, celles d’une action « dialogique » qui fonde toute action culturelle visant la libération et le dépassement de la situation d’oppression.
L'action antidialogique.
L’action menée par les oppresseurs est une action antidialogique qui nie, bafoue ou se méfie du dialogue comme mode d’action. Elle s’appuie en effet sur:
- une attitude de conquête
L’attitude de conquête consiste à dépouiller l’autre de sa parole, de ses moyens d’expression, de sa culture.
Conquête ou « invasion culturelle » où le dominant envahit le contexte culturel de l'autre avec ses modèles de valeurs. Le dominé, subissant cette invasion depuis l’enfance (par l’éducation et les médias),est immergé dans la culture du dominant, la pense comme naturelle ou liée à la modernité et donc meilleure que la sienne, croit à son infériorité et auto censure sa propre créativité. Il finit par se voir lui-même et la situation dans laquelle il vit avec les yeux des dominants et non les siens.
L’auteur fait à ce propos la critique des institutions officielles de formation (foyers familiaux, écoles primaires et secondaires, universités) « qui n'échappent pas aux influences des conditions objectives de la structure environnante et fonctionnent généralement comme des agences de formation de futurs envahisseurs". Il observe ce même phénomène à l'intérieur des familles.
- .un monde figé, statique , auquel il faut s'adapter car on ne peut rien faire d'autre. (le contraire d'un problème à résoudre ou d'un défi adressé à l'homme);
- la pratique de la division. « Diviser pour régner » est la règle de tous les oppresseurs. Celle-ci facilite le maintien de la domination.
Diviser, isoler, maintenir dans une vision parcellaire des problèmes. Pour l’auteur, la mise en valeur hypocrite des revendications communautaristes relève chez certains dirigeants de cette pratique de division.
La manipulation cherche à anesthésier, à empêcher l'autre de penser seul, à l’amener sournoisement à adopter sa propre pensée.
L'action dialogique
Loin de manipuler le peuple, les leader l’inciteront à s’organiser pour une tâche commune.
Il insiste aussi .sur le risque d'être pris par la peur de la liberté, du nouveau, du risque.
Il n'y a pas de solidarité réelle avec l'opprimé sans une transformation profonde chez l'oppresseur:dans son mode d'être au monde, dans sa relation à son propre épanouissement, dans son regard sur l'autre (et en particulier l'étranger, le pauvre...)
Pour plus d'informations vous pouvez consulter notre site www.recit.net
Nous contacter par mail recit@recit.net ou par téléphone 06 67 05 58 95
RECIT 15 avenue Robert Fleury 78 220 VIROFLAY (France)
vendredi 18 avril 2008
Appel pour que le PS se mette au travail
Appel pour que le PS se mette au travail
et qu'il s'ouvre à tous ceux qui veulent construire une Nouvelle donne à gauche...
Pétition : http://www.nouvellegauche.fr/Nous ne pouvons pas rester sans agir. La gravité de la crise sociale et l’injustice des politiques mises en oeuvre par le gouvernement Sarkozy-Fillon, rendent de plus en plus nécessaire (et urgente) la construction d’une véritable alternative au néo-libéralisme.
Que nous soyons militants PS ou non, vu l'importance du PS dans le paysage politique français, nous savons qu'il n'y aura pas de sursaut de l'ensemble de la gauche ni de réelle perspective de progrès social, si le PS ne change pas.
30 ans de crise, 3 millions de chômeurs, des millions de précaires et des millions de salariés qui subissent un stress de plus en plus pénible, 3 défaites aux élections présidentielles, que faut-il de plus aux dirigeants des partis de gauche pour se mettre au travail ?
Les statuts du PS indiquent que "deux fois par an" une Convention doit être organisée pour approfondir une partie du projet des socialistes. Depuis le 21 avril 2002, le PS aurait donc dû tenir 10 grandes Conventions. Il n'y en a eu aucune ! Aucun débat de fond en 5 ans, voilà l'une des causes majeures de la défaite du printemps 2007.
Hélas, neuf mois après cette nouvelle défaite, rien n'a vraiment changé. Nicolas Sarkozy s’effondre dans les sondages mais la gauche n’a pas d’alternative à proposer. "Le PS est d'autant plus inaudible qu'il n'est pas en état de proposer des réformes alternatives."1 "Jamais le PS n'a paru aussi mou et fragile."2
Et la situation risque d'empirer après les municipales de mars, avec la préparation d'un congrès qui risque d'être un nouveau Congrès de Rennes, un congrès de déchirements personnels bien plus qu'un temps de reconstruction intellectuelle. La perspective de ce spectacle doit réjouir les dirigeants de la droite mais elle nous navre profondément.
1 > Construire un nouveau contrat social.
En 1982, à Waasenar aux Pays-Bas, les partenaires sociaux ont pris quelques mois pour négocier un nouveau contrat social : temps de travail, formation, fiscalité, aides aux PME, code du travail, politique de recherche, indemnisation des chômeurs, financement des retraites... Tout a été mis sur la table, sereinement, afin d'arriver à un ensemble de propositions qui a permis, en quelques années, de diviser par deux le chômage et la précarité.De même, en France, au bout de 30 ans de crise, le PS doit prendre la taureau par les cornes et réunir économistes, syndicalistes et chefs d'entreprises, élus et militants de toutes les forces de gauche, pendant deux ou trois mois, afin de construire un nouveau contrat social.
2 > Clarifier les régulations nécessaires au bon fonctionnement de l'Union européenne.
La France va prendre en juillet 2008 la Présidence de l'Union européenne. C'est aussi en 2008 que seront revus le budget de l'Union, sa Politique de recherche et sa Politique agricole. En travaillant avec ses alliés des 27 Etats membres, le PS doit définir très concrètement les nouvelles régulations les mieux à même de faire de l'Europe un espace de compétitivité économique, de développement durable et de bien-être social.3 > Définir de nouvelles régulations monétaires, financières et commerciales au niveau international.
Vu la gravité des déséquilibres actuels (la dette totale américaine représente 230 % du PIB -contre 140 % en 1929- et une grande part de la croissance chinoise vient de la consommation américaine), nous ne pouvons pas attendre qu'éclate une nouvelle crise pour organiser un nouveau Bretton Woods3. Puisque aucun organisme international ne le fait ("il ne faut pas inquiéter les marchés"), pourquoi le PS et l’ensemble des socialistes européens n’en prendraient-ils pas l'initiative ?Anniversaire de mai 68 et Congrès du PS... La droite espère que 2008 sera pour la gauche une nouvelle année de divisions et de déchirements. Et si, au contraire, en nous mettant tous ensemble au travail, en construisant un vrai projet et en nous donnant les moyens de le faire connaître du plus grand nombre, nous faisions de 2008 une année de renaissance ?
Au travail !
Vu la gravité de la crise sociale, vu l'injustice des politiques mises en oeuvre par le gouvernement Sarkozy-Fillon et vu l'urgence qu'il y a à leur opposer une alternative crédible, à la hauteur des enjeux, nous (militants PS et non-militants PS) demandons instamment aux dirigeants du PS de se mettre, très vite, au travail avec tous ceux qui veulent construire une Nouvelle Donne.notes :
1. Le Monde, 10 octobre 2007
2. Le Nouvel Observateur, 4 octobre 2007
3. A Bretton Woods, en 1944, les meilleurs économistes de la planète se sont réunis durant trois semaines pour comprendre les causes de la crise de 1929 et définir des règles du jeu évitant qu'une telle crise ne se renouvelle. Les règles de Bretton Woods ont assuré 30 ans de stabilité avant d'être progressivement mises à bas.
dimanche 13 avril 2008
Les franchises médicales : une mesure obscène, Manif du 12 avril (video)
les franchises médicales
..."cette mesure elle est stupide, elle est injuste, elle est immorale, je dirai même qu'elle est obscène et ils l'ont prise les yeux ouverts"...
Dr Christian LEHMANN
samedi 8 mars 2008
Etre activiste des droits des femmes en Iran : un engagement risqué (pétition)
Comme vous le savez, Amnesty International est très préoccupé par la situation des défenseurs pacifiques des droits humains en Iran. Les défenseurs des droits de la femme qui défendent les droits politiques et sociaux des femmes et qui mettent en avant les lois discriminatoires vis-à-vis de la femme sont tout particulièrement inquiétés par les autorités iraniennes.
Ces personnes, des femmes principalement, sont arrêtées, détenues arbitrairement, maltraitées, en toute impunité par les forces de sécurité officielles. Elles n’ont la plupart du temps pas accès aux services d’un avocat ou aux visites des membres de leur famille.
Au lieu de profiter du travail de terrain de ces associations et de reconnaître l’importance de leurs contributions, l’État iranien a augmenté graduellement la répression, tandis que la discrimination à l’encontre des femmes s’accentue chaque jour d’avantage.
Etre activiste des droits des femmes en Iran : un engagement risqué
Le 4 mars 2007, alors qu’elles protestaient lors du procès de cinq militantes des droits des femmes accusées d’avoir organisé une manifestation en juin 2006, 33 femmes militantes des droits fondamentaux des femmes en Iran ont été arrêtées et mises à l’isolement.
Travailleuse sociale, Shahla Entesari, une militante renommée, a participé à la Campagne pour l’égalité visant à recueillir un million de signatures sur une pétition demandant l’égalité entre les femmes et les hommes dans le droit iranien. Elle était une de ces cinq accusées, elle risque une peine d’emprisonnement.
Mahboubeh Abbasgholizadeh, journaliste, écrivaine, rédactrice en chef, militante de la société civile et défenseure des droits des femmes manifestait pour soutenir Shahla et les autres. Elle est menacée d’emprisonnement.
Hana Abdi, étudiante en psychologie à l’université Payame Noor de Bijar. Kurde iranienne, a participé également activement à la Campagne pour l’égalité, qui vise à mettre un terme à la discrimination à l’égard des femmes dans le droit iranien. En décembre, elle a été arrêtée « parce qu’elle avait porté atteinte à la sécurité nationale » en dispensant des cours d’alphabétisation pour les femmes illettrées des villages proches de la province du Kurdistan. Amnesty International la considère comme une prisonnière d’opinion et demande sa libération immédiate et inconditionnelle.
Amir Yaghoub Ali, étudiant âgé de vingt ans, est membre du Comité des hommes de la Campagne pour l’égalité. Il risque des poursuites et une peine d’emprisonnement pour avoir pacifiquement recueilli des signatures sur la pétition demandant l’égalité entre les femmes et les hommes devant la loi, ce qui constitue une activité illégale en Iran.
Ronak Safarzadeh, Sussan Tahmasebi, Maryam Hosseinkhah, Noushin Ahmadi Khorassani, Jelveh Javaheri, Parvin Ardalan, Shadi Sadr, Delaram Ali sont également en danger. Et malgré les graves mesures de répression prises à leur encontre, elles clament avec conviction qu’ « … une force irrépressible est en train de naître ; une force qui non seulement conforte le mouvement de défense des femmes, mais aussi qui s’enracine un peu plus profondément chaque jour, rendant encore plus vivants les espoirs et les rêves que nous entretenons depuis un siècle. »
Avec Amnesty, vous pouvez leur apporter votre soutien.
Pour demander leur libération, signez ici :
http://www.isavelives.be/fr/node/982
jeudi 6 mars 2008
Une militante des Insoumises agressée dans un contexte de tensions entre associations
"Aggression regrettable"...Je vous laisse juge!...
Menaces,intimidations, injures, coups de matraque pour faire taire toutes divergences...
Belle démocratie!
sémaphore
Une militante des Insoumises agressée dans un contexte de tensions entre associations
LE MONDE | 15.02.08
Une information judiciaire pour "dégradations et violences volontaires en réunion, avec préméditation" a été ouverte, mercredi 13 février, après l'agression commise contre des militantes des Insoumises, une association créée par d'anciennes adhérentes de Ni putes ni soumises (NPNS), en désaccord notamment avec l'entrée au gouvernement de la fondatrice du mouvement, Fadela Amara. Dimanche 3 février, un groupe de cinq hommes avait fait irruption dans un lieu privé, à Paris, où se tenait une réunion des Insoumises rassemblant treize personnes.
"Les membres de ce commando ont renversé la table de réunion sur les militantes, cassé une partie du matériel et proféré des menaces verbales. Une militante, prise à partie, a été molestée, jetée contre le mur et frappée", expliquent les Insoumises dans un communiqué. "Celui qui semblait être le meneur du commando a déclaré vouloir "faire passer un message". A plusieurs reprises, il a demandé si "le message (était) clair"", ajoute Safia Lebdi, présidente des Insoumises. Le parquet de Paris évoque un "règlement de comptes" comportant probablement une "dimension politique".
Deux des agresseurs n'étaient pas cagoulés et ont été identifiés par les militantes, qui les connaissaient dans le cadre d'anciennes activités associatives à SOS-Racisme et NPNS. Ces déclarations ont conduit au placement en garde à vue de Gilles Guilain, qui a été mis en examen pour "dégradations et violences volontaires", mercredi 13 février, puis placé sous contrôle judiciaire. Devant les enquêteurs, M. Guilain a reconnu l'"intrusion" et mis en avant un contentieux personnel avec la présidente des Insoumises, Safia Lebdi. Il a indiqué avoir été en état d'ébriété au moment des faits. Cette version est contestée par l'association. "A aucun moment, ils n'ont prononcé le prénom de Safia. Ils demandaient : "Vous avez bien compris ?" à l'ensemble des militantes", témoigne l'une d'entre elles, Sophie Lejeune, qui s'est vu reconnaître deux jours d'incapacité totale de travail.
"Au moment où Fadela Amara a accepté d'entrer au gouvernement, cela a donné lieu à des querelles idéologiques qui ont entraîné des querelles humaines. Il y a eu 36 000 embrouilles entre les uns et les autres", explique l'avocat de M. Guilain, Dominique Tricaud. "Gilles Guilain a eu le sentiment d'avoir été personnellement mis en cause, notamment parce qu'on lui a rapporté que la présidente des Insoumises aurait proféré des insultes à son encontre", ajoute l'avocat pour expliquer l'"intrusion". Gilles Guilain est un proche de SOS-Racisme depuis 1986 et participe à son service d'ordre, ce que confirme l'association. Il a aussi assuré la sécurité de certaines activités de NPNS sans en être adhérent.
Toujours selon son avocat, les policiers l'auraient interrogé sur ses liens avec un proche conseiller de la secrétaire d'Etat à la ville ainsi qu'avec un haut responsable de SOS-Racisme. "Ce ne sont pas des faits véniels. Mais depuis trente ans que je fais de la politique, j'ai vu ça des milliers de fois, avec les SO (services d'ordre) de la CGT ou des factions du PS", relativise M. Tricaud, qui est habituellement l'avocat de SOS-Racisme. "Qu'est-ce qui s'est passé pour que cette plainte ait une écoute pareille, avec des moyens policiers pareils ?", interroge l'avocat, qui y voit "un souhait d'affaiblissement de Fadela Amara". "Cela ne concerne pas SOS-Racisme", indique, de son côté, Dominique Sopo, qui évoque "un coup de pub" de la part des Insoumises. "Dès qu'on cite le nom de SOS, les choses deviennent plus croustillantes", ajoute M. Sopo, soulignant que, dans cette affaire, "il n'y a pas eu mort d'homme". La présidente actuelle de NPNS, Sihem Habchi, parle, elle, d'une agression "regrettable".
Cet incident intervient alors que les relations entre NPNS et les Insoumises sont dégradées. La venue de l'ex-députée néerlandaise d'origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, menacée de mort en raison de ses prises de position sur l'islam, a provoqué des tensions. Selon l'un des organisateurs du meeting de soutien à la militante, dimanche 10 février, NPNS se serait opposée à la présence des Insoumises parmi les associations invitantes "pour des questions de marquage de son territoire". Ces tensions ont conduit les organisateurs à ne faire référence à aucune des deux associations.
Luc Bronner
jeudi 21 février 2008
Poudre aux yeux réalisé par Les enfants de Don Quichotte
Un documentaire inédit et en exclusivité sur Dailymotion signé des Enfants de Don Quichotte. (Réalisation: JB et Augustin Legrand, Ronan Denecé)
71 minutes de résistance au présent.
Le 26 octobre 2006, de simples citoyens se mobilisent pour fédérer les sans abris de Paris et défendre leurs droits.
Voici l'histoire de leur combat dont ce film se veut être un prolongement, une arme, un outil.
Véritable camp retranché, le canal saint martin fut pendant quelques mois l'expression d'une nouvelle forme de résistance.
(...)
L'amplification de cette résistance ne doit pas cesser, par le biais de ce documentaire nous invitons chacun d'entre vous à participer à cette lutte citoyenne et fraternelle;
Le 21 février 2008, les 28 associations unies, parmi lesquelles le Secours Catholique, la Fondation Abbé Pierre et ATD Quart Monde appellent à un rassemblement pour une nuit blanche citoyenne, Place de la République à partir de 18H00.
Pour une véritable politique publique du logement, pour le respect du droit, pour la bonne application des promesses électorales.
Soyons nombreux.
bien-logés, mal-logés, sans abris, solidaires, citoyens.
Renseignez vous et inscrivez vous sur:
www.lesenfantsdedonquichotte.com
13 propositions associatives pour une nouvelle politique du logement
Une politique efficace en faveur des personnes sans abri et mal-logées doit s’inscrire dans le cadre plus large de la politique du logement et du renforcement de la lutte contre l’exclusion sociale.
Pour cela, 4 principes, 4 conditions, 13 engagements doivent être réunis :
Quatre principes fondamentaux
1. Personne ne doit subir la contrainte de vivre à la rue ;
2. L’Etat doit être garant de l’accès et du maintien dans un logement décent ;
3. Le logement doit rester la finalité de tous les dispositifs d’accueil et d’hébergement et le mode d’accueil principal ;
4. L’accompagnement social doit être systématiquement proposé aux personnes concernées.
Quatre conditions pour réussir
1. La mise en place d’un pilotage interministériel qui s’appuie sur une analyse territorialisée des besoins ;
2. Des moyens budgétaires à la hauteur des besoins, assortis d’une obligation de résultat ;
3. Un calendrier pluriannuel coordonné avec la loi instituant un droit au logement opposable et le plan de cohésion sociale, définissant pour chaque mesure les délais à respecter ;
4. Une évaluation annuelle par le Comité de suivi de la mise en oeuvre du droit au logement opposable à présenter au Parlement.
13 engagements immédiats
PREVENTION
1. Garantir à chaque personne un hébergement ou un logement à l’issue d’un séjour dans une institution publique ou parapublique (prison, armée, hôpital psychiatrique, structures d’aide sociale à l’enfance, …) en assurant ainsi la continuité de sa prise en charge;
2. Instituer un moratoire sur les expulsions locatives des ménages de bonne foi jusqu’au 1er décembre 2008, date de la mise en oeuvre du recours contentieux Droit Au Logement Opposable. Un dédommagement des propriétaires doit être prévu à cet effet ;
3. Résorber les 600 000 logements indignes avant la fin de la législature, en adaptant le budget de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah) à cette ambition ;
4. Rendre universelle la Garantie des risques locatifs.
HEBERGEMENT
5. Humaniser et réhabiliter les centres d’hébergement par un financement exceptionnel portant à la fois sur l’investissement et le fonctionnement ;
6. Créer immédiatement les nouvelles places d’hébergement correspondant aux obligations inscrites dans la loi DALO en utilisant tous les moyens disponibles, y compris la mise à disposition et la réquisition de bâtiments publics. ;
7. Unifier les statuts de tous les centres d’hébergement et pérenniser leurs financements ;
8. Renforcer les moyens humains et financiers de l’accompagnement social pour sortir
les personnes de la rue, notamment par la création d’équipes pluridisciplinaires mobiles qui aillent vers les personnes.
LOGEMENT
9. Obliger tous les réservataires de logements sociaux à contribuer au logement des ménages reconnus prioritaires par les commissions de médiation ;
10. Imposer dans tout programme immobilier de plus de 10 logements un quota minimum de 20 % de logements à loyer accessible, hors communes ayant déjà plus de 40 % de logements sociaux ;
11. Rattraper le retard dans les objectifs gouvernementaux de réalisation de maisons relais et de logements très sociaux ;
12. Mobiliser dans les plus brefs délais 100 000 logements supplémentaires dans le parc privé, afin de loger au coût du loyer social les personnes modestes, grâce à la médiation des associations et à la prise en charge du différentiel de loyer et du surcoût de gestion locative sociale par la puissance publique ;
13. Retirer au maire et confier à l’Etat la compétence de délivrer le permis de construire dès lors que le maire ne respecte pas l’article 55 de la loi Solidarité et renouvellement urbains (SRU) imposant 20 % de logements sociaux par commune.
Association des Cités du Secours Catholique, Association Emmaüs, Association nationale des compagnons bâtisseurs, Centre d’action sociale protestant, Collectif Les Morts de la Rue, Emmaüs France, Enfants de Don Quichotte, FAPIL, Fédération d’Aide à la Santé Mentale Croix-Marine, Fédération de l’Entraide Protestante, Fédération française des Equipes St Vincent, Fédération nationale des Centres Pact Arim, Fédération nationale Habitat & Développement, FNARS, FNASAT- Gens du voyage, France Terre d’Asile, Fondation Abbé Pierre, Fondation de l’Armée du Salut, Habitat et Humanisme, Les petits frères des Pauvres, Ligue des Droits de l’Homme, Mouvement ATD Quart Monde, Secours Catholique, UNAFAM, UNAFO, UNHAJ, UNIOPSS
115 numéro d'urgence gratuit, accessible 24h/24, 7 Jours sur 7.


