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samedi 11 octobre 2008

Jacqueline Julien, Le Feu [extrait]




(…)
“Très tôt nous nous sommes regardées. Mon premier regard a été pour ce regard de plomb brillant qui m’a cinglée, aigu, agile, perspicace.
Je crois savoir que je ne l’ai pas vue, mais regardée. Elle m’a vue aussi sans doute,
Mais elle m’a regardée, surtout. Nous avons fait comme si nous ne faisions que nous voir,
mais je sais qu’il y a eu le regard surtout, de chacune sur l’autre.
(…)
Il y a ainsi beaucoup de choses que je ne suis pas sûre d’avoir vues, parce que je la regardais.
Je n’ai pas vu sa carrure, qu’il aurait fallu dire d’athlète, je n’ai pas vu, je n’ai pas vu ses flancs.
Ni ses jambes. Ni ses hanches. Je l’ai regardée dans ce qui émanait de sa forme.
J’ai regardé ses mouvements, cette buée électrique que j’avais cette furie d’atteindre, de pénétrer.

Parce que ce regard plus fort que voir et être vue, j’ai su directement du dessous de ma peau
l’atteindre sous la peau. Il y avait les vêtements à enlever et sa peau à traverser.
Je ne voyais pas sa forme. Ce désir n’était pas que pour sa forme. “
(…)

Jacqueline Julien, Le Feu

lu ici :

Est-ce qu'on naît lesbienne ou est-ce qu'on le devient ?

in Bagdam Espace lesbien, Toulouse.

jeudi 18 septembre 2008

« Je suis dans le poing et dans la plaie... Claude Cahun



« Je suis dans le poing et dans la plaie ;
je me reconnais ici, là et partout. »
Claude Cahun


Soit une définition du féminisme!
Humaine et Rebelle
Mais ce serait réduire la diversité des lectures...
Sémaphore

vendredi 12 septembre 2008

L'âge des possibles [extrait, reprise "Rêves secrets d'un Prince et d'une Princesse"]



Délicieuse reprise de cette chanson extraite de "Peau d'âne".

Des mouvances du coeur où toute la palette des émois amoureux se lisent, s'expriment, se devinent, se répondent, font ricocher, se déploient de la toile à notre intime, Pascale Ferran en signe ici le portrait tendre, délicat, tour à tour léger et poignant, sur le fil.

sémaphore

jeudi 11 septembre 2008

Je me marierai avec Anna ou Mère contre fille par Blandine Longre

...ou ne pas se soumettre aux désirs qui ne sont les nôtres ! semaphore

Mère contre fille par B. Longre


source : http://www.sitartmag.com/thierrylenain.htm

L'enfance, terrain de prédilection de Thierry Lenain, n'est pas seulement un thème en soi et reste aussi un tremplin pour mieux comprendre ou explorer certains tabous ou non-dits ; ainsi, ses albums ou ses récits sont destinés d'abord aux enfants mais aussi aux adultes qui les entourent. Après un ouvrage peu banal publié par les éditions Sarbacane (H.B., 2003) et dans la collection Première lune, Bouboule rêve (Nathan, 2003), une histoire qui osait aborder un sujet délicat (l'obésité d'un enfant), l'auteur met en scène un mini drame familial, un tournoi verbal et affectif qui se déroule entre Cora, une petite fille entêtée, rêveuse et pragmatique tout à la fois, et ses parents, un peu déstabilisés par les projets maritaux hors normes de leur fille...

La mère de Cora ne cesse de la taquiner, sans délicatesse, au sujet de celui qu'elle croit être l'amoureux de sa fille : Bastien, un petit binoclard, "un nul, c'est un garçon" décrète Cora ; "mignon, bien élevé et tout le reste, en un mot : parfait." de l'avis de la maman — dont l'attitude, certes gentiment moqueuse, révèle cependant une volonté oppressante de soumettre sa petite fille à ses propres désirs de mère. Une tentative qui échoue quand Cora affirme son désir à elle et rejette le "moule" proposé par sa maman ; à la question "Quand tu seras grande, avec qui te marieras-tu ?" Cora réplique : "Je me marierai avec Anna". Après un moment de stupéfaction, la mère de Cora répond par le rire ("mais Anna est une fille !"), puis passe de l'exaspération à la colère, mêlant alors le papa à cette discussion tendue. Ce dernier entreprend de raisonner sans se fâcher et, terre à terre, explique à sa fille qu'elle ne pourra pas avoir de bébé si elle choisit de vivre avec une autre fille... Mais Cora, qui veut avoir le dernier mot, explique de façon encore plus pragmatique : "Je ferai un bébé toute seule. Anna aussi. On habitera la même maison et..." La réaction violente, primaire mais sincère de ses parents la surprend et elle est priée de "filer" dans sa chambre... Les illustrations d'Aurélie Guillerey, aux tons pastels, très douces, s'accordent bien au texte et les divers sentiments qui traversent les personnages s'affichent subtilement sur les visages.

Ce récit, ponctué des commentaires de la jeune narratrice marqués au coin du bon sens, n'est pas une apologie de l'homosexualité (même si la décision de la petite semble inébranlable, on sait qu'elle a le temps de changer d'idée... ou non ! et l'auteur ni ne condamne ni ne fait l'éloge de ce choix), mais la "morale" va bien au-delà de la simple révélation que fait Cora à ses parents : Thierry Lenain nous plonge dans les complexités du désir humain et les tensions qui régissent les relations entre parents et enfants. La figure maternelle esquissée ici est assez dérangeante ; mais les préjugés du personnage sont contrebalancés par la forte volonté d'une petite fille qui n'a pas l'intention de se soumettre à des désirs qui ne sont pas les siens.

À travers cette petite histoire, l'auteur montre comment les parents cherchent (inconsciemment ou non) à parfois imposer leurs propres rêves à leurs enfants, souhaitant naturellement les modeler à leur image ; mais il décrit aussi comment les enfants échappent à leurs géniteurs, en construisant d'autres projets, parfois bien éloignés de ce que leurs parents ont prévu à leur place...
Chacun des personnages reste sur sa position initiale et le récit n'apporte aucune solution toute faite, une façon de laisser le choix au lecteur tout en l'obligeant à réfléchir et à s'impliquer ; mais au moins, un grand pas a été fait : les choses ont été formulées par les deux parties adverses, le conflit est passé par le crible salvateur du langage et inscrit dans un ouvrage destiné à être lu, approfondi, et partagé.

Blandine Longre (avril 2004)

Je me marierai avec Anna de Thierry Lenain & Mireille Vautier

illustrations Aurélie Guillerey, collection Première Lune, Nathan 2004

pour les 5-7 ans

[Ajout : autre critique par Lionel Labosse sur altersexualité.com/HomoEdu]

Un album pionnier

lundi 30 avril 2007, par Lionel Labosse

Un des premiers albums à évoquer la perspective, pour une petite fille, de faire autre chose de sa vie que de se marier avec un garçon.

Voir en ligne : Site de Thierry Lenain

Résumé

La mère de Cora veut toujours savoir si elle a un amoureux. Elle veut lui flanquer le fameux Bastien, pour la simple raison qu’elle est amie avec sa mère. « Un jour, pour qu’elle arrête de m’énerver, je lui ai dit la vérité. […] — Quand je serai grande, je me marierai avec Anna. »

Lire la suite ici http://homoedu.free.fr/spip.php?article176

mercredi 10 septembre 2008

Les enfants de Stonewall « Affinités électives » émission gay et lesbienne sur radio libertaire

présentation de l’émission

Les affinités électives

2ème jeudi du mois de 19 h 30 à 21 h 00

Cette émission, assurée par Catherine et Geneviève (et parfois Sophie à la technique) est consacrée à l’expression des lesbiennes et des gais au sein de Radio libertaire.

Créée par Gil Cerisay dans les années 84-85 sous le nom « Fruits de la passion », reprise par Cathy Itak avec le titre « Flagrants désirs », elle est animée depuis 5-6 ans par l’équipe actuelle sous le nom « Les affinités électives ».

C’est une émission d’informations, de paroles, de ce qu’on appelle généralement "la communauté lesbienne et gaie", mais en la prenant au sens le plus large, donnant la priorité à la créativité de chaque individu-e et à sa capacité à inventer et trouver son mode relation amoureuse et sexuelle à l’autre.

La philosophie de base, si l’on peut dire, est que les êtres humains, dans leurs ressemblances, ont droit à leurs différences, et qu’il faut lutter pour la liberté de l’orientation amoureuse et sexuelle, autant que contre le sexisme, le racisme, l’intégrisme et toutes les formes dogmatiques de pensée qui mettent en cage et étouffent les potentialités humaines.

Une société ne peut que s’enrichir de cette composante, qui, en cascade, remet en cause les modèles imposés comme le patriarcat, la famille, le mariage et propose de nouvelles réflexions et formes de vie.

L’émission « Les affinités électives » offre parfois le micro à d’autres groupes et vous informe d’événements qui pourraient sembler s’écarter du thème principal quand, précisément, ils nous paraissent s’en approcher. Dans une société libre et libertaire, toutes les luttes contre les oppressions sont solidaires, même si chacune a ses spécificités

Geneviève et Catherine

Les enfants de Stonewall « Affinités électives »

(19 h 30) Emission gay et lesbienne Par Geneviève Pastre et Bruno Bisaro (2ème jeudi du mois).

vendredi 29 août 2008

Les introuvables lesbiens


Romaine Brooks, self-portrait, 1923


Un site où je vous invite à musarder, vous y découvrirez des oeuvres qui ne sont plus éditées et des auteures passées sous silence.

Fort belle initiative!
Je laisse la parole à sa conceptrice.

semaphore

UN BLOG POUR ELLES

source : http://romanslesbiens.canalblog.com/archives/01__accueil/index.html

Pourquoi ce blog ?
Parce que je ne veux pas que la mémoire se perde !!!
Je vous ouvre ma bibliothèque, car ces ouvrages sont quasiment impossibles à trouver en librairie, et difficilement en bibliothèque publique.
Pourtant le corpus littéraire lesbien est un état des lieux tout à fait éloquent de la perception de l'homosexualité féminine à travers les siècles. A ce titre, poésie, théâtre, roman... font partie de notre histoire. Ils révèlent le difficile passage de l'invisibilité à la visibilité. Parfois, ce n'est même plus de la sociologie c'est quasiment de l'ethnologie !

Les ouvrages lesbiens du XVIIe au XXe siècle naissant - O ironie ! O paradoxe ! - sont majoritairement écrits par des hommes. Pourquoi ? mais parce que seuls les hommes avaient droit à la parole, les femmes étant muselées (voire lobotomisées) par le patriarcat dominant.

Jusqu'au XXe siècle largement entamé, les seules qui ont vécu leur homosexualité à visage découvert et qui se sont exprimées en toute liberté n'ont pu le faire QUE parce qu'elles étaient financièrement indépendantes. Ainsi, les auteures lesbiennes (jusqu'au début des années 1930) sont soit de riches héritières (Renée Vivien ou Nathalie Barney) soit des actrices ou des "cocottes" (Liane de Pougy, Emilienne d'Alençon...).

Les auteur-e-s
Il faut donc lire ces ouvrages avec beaucoup d'humour et de distance. Bref,
un régal de énième degré !!!... Mais c'est de la mémoire, vous dis-je :
• mémoire d'une perception toujours diabolisée du lesbianisme par une hétérosexualité sûre de son bon droit et toujours prête à condamner la différence ;
• mémoire de celles qui signent leur oeuvre d'un nom d'homme pour vaincre l'ostracisme, ou de celles qui transposent une histoire d'amour tribadique en une histoire hétéro pur jus ;
• mémoire de celles qui ne se cachent pas, mais qui restent marquées dans leur tête par la culpabilité judéo-chrétienne ;
• mémoire de celles qui non seulement ne se cachent pas mais revendiquent, à la manière Fin de siècle, leur sapphisme...

Cela dit, ces ouvrages prouvent au moins une chose : à la fin du XIXe, l'identité lesbienne commence à exister. Un "statut" - bien qu'essentialiste - lui est reconnu. La lesbienne n'est pas une erreur ponctuelle de la nature, elle se reproduit...

Comment fonctionne le blog ?

• Régulièrement, j'ajouterai des oeuvres extraites de ma bibliothèque et saisies de mes blanches mains. En règle générale, j'arrive à intégrer un livre par mois.

• [presque] Tous les ouvrages proposés en pdf sont dans le domaine public (pour ceux qui ne le sont pas, je vais attendre de me faire taper sur les doigts pour les supprimer de ce blog !).

mardi 19 août 2008

Homosexualité animale: expo à Maastricht : Against Nature ?

par luclebelge

Visible jusqu’au 31 août 2008 au Musée d'histoire naturelle de Maastricht l'exposition: Against Nature ? (Contre nature ?) - qui a pur objet l'homosexualité dans le monde animal.

C'est l'expo qui a été mise au point par le Musée de l'université d'Oslo qui est présentée ici, mais avec aussi des illustrations du comportement homosexuel animal dans les collines limbourgeoises. Comme les animaux ne connaissent pas de frontières et que la province du Limbourg belge jouxte le Zuid-Limburg hollandais...

Il n'y a pas que les girafes, les hannetons et les pingouins chez qui le comportement homosexuel est largement répandu: il est attesté chez à peu près 500 espèces animales.

L' espèce championne toutes catégories est le cacatoès rose: la moitié des couples sont homosexuels. L'homosexualité est quelque chose de tout à fait banal dans le monde animal.

Quand on vous dira que c'est contre nature...

L'expo “Against Nature?” se visite jusqu'au 31 août au Natuurhistorisch Museum Maastricht, De Bosquetplein 7, 6211KJ Maastricht.

P.S.: Maastricht est à une heure de train de Bruxelles (autoroutes directes) et à un quart d'heure de Liège, hein!

Sources : le site du musée

http://www.nhmmaastricht.nl/nederlands/index2.htm

lundi 18 août 2008

Le sport contre l'homophobie : Le TSIGALEM 2008



Tournoi Sportif International Gay et Lesbien de Montpellier

Le TSIGALEM 2008 approche à grand pas et il vous est toujours possible de vous inscrire jusqu’au 31 juillet pour participer, pour donner un coup de main à l’organisation.


Pourquoi s’inscrire ?

Tout simplement pour montrer que l’association est présente pour cet événement, que notre combat contre l’homophobie est une lutte permanente qui s’inscrit dans le cadre de ce tournoi ouvert également sur la tolérance et le respect d’autrui quel que soit l’orientation sexuelle de chacun.
En plus de la visibilité, c’est aussi une question de crédibilité vis-à-vis des collectivités, des institutionnels qui nous soutiennent en infrastructures, en subventions sans lesquelles l'association n’existerait.Et enfin, c’est aussi un grand moment d’entraide, de convivialité, de rencontres, de sportivité.Alors n’hésitez plus : rejoignez-nous !

Que vous soyez bénévoles ou participants (ou les deux), manifestez-vous auprès des responsables sportifs :
. natation : Loïc, Laurent . VTT/ course à pied : Doan, Serge . badminton : Benoît . volley/ beach-volley : Rémy ou de l’organisation (Stéphan).Faisons en sorte qu’ensemble, cet événement soit réussi.

Très sportivement,Stéphan CASTELINPrésident de Chemin des Cimes

Ce tournoi comprend cinq disciplines sportives : vétathlon (VTT-course à pied), natation, badminton et volley-ball.
Inscrivez-vous vite !

Vous pouvez nous aider !
Venez vibrer aux couleurs de TSIGALEM 2008 !

La 1ère édition de TSIGALEM 2008, rendez-vous sportif international, vous invite à joindre son équipe de bénévoles en participant à son bon déroulement (aide logistique, accueil, chronométrage...) et/ou en hébergeant un ou des participants. Si cela vous intéresse, merci d'imprimer et remplir le(s) formulaires(s) (fichiers pdf) et nous le(s) envoyer à l'adresse indiquée :

* proposition de bénévolat
* proposition d'hébergement de participants

tél : 06 60 46 41 70 / 04 30 10 77 52
Le sport contre l'homophobie !


> www.chemindescimes.com
> contact@chemindescimes.com
> www.tsigalem.com

dimanche 3 août 2008

Repaire de jubilation VIEILLIR ENSEMBLE AUTREMENT

Texte fondateur présenté à Tours au colloque
"Utopies féministes et expérimentations
sociales urbaines" en mars 2006.
Ce texte a également été publié dans
Lesbia Magazine de juin 2006.

source : http://www.repairedejubilation.org/Textetour.html


Repaire de jubilation

VIEILLIR ENSEMBLE AUTREMENT

Nous faisons le pari que la force que nous avons eue de nous affirmer jusqu'à présent nous aidera encore à résister et à faire naître des repaires de jubilation.

Pourquoi une telle terminologie ?

Tout simplement parce que jubilation veut dire retraite en espagnol et que les repaires sont des refuges pour les chattes sauvages que nous sommes.

Donc une alternative à la maison de retraite ?

Notre désir est de créer un lieu où chacune puisse continuer à inventer sa vie le plus longtemps possible grâce à la solidarité entre lesbiennes féministes, dans le respect de nos choix et de notre identité.

Nous ne voulons donc pas, dans des maisons de retraite, nous retrancher du monde. La retraite : c'est se retirer. Nous voulons le contraire : être encore présentes et actrices dans ce monde.

Dans ce lieu, nous ne voulons pas privilégier la richesse matérielle mais celle de nos relations. Ainsi, nous voulons qu'il existe des espaces collectifs pour tisser au quotidien notre solidarité : salle de bien-être, bibliothèque, cuisine, salon de musique, laverie,véhicule…

Le collectif sera conçu comme un choix et non comme une contrainte.

Le choix de salles modulables permettra de profiter pleinement des lieux en fonction des activités qui s'ouvriront à toutes, résidentes ou non : - projections vidéo, débats, expositions…, - cours de langue, danse, peinture, musique…, - jeux de société - repas de quartier - yoga, massage…

Les lieux privés seront de taille identique afin que nous partagions l'espace de façon égalitaire. Des appartements pourront être prévus pour celles qui vivent ensemble.

Afin de bénéficier d'un confort plus grand, de réduire les coûts de fonctionnement et de préserver l'environnement, la construction bio-climatique sera conçue avec des matériaux écologiques intégrant les technologies nouvelles : chauffage solaire, récupération de l'eau de pluie… Pour participer à cette conception, nous faisons appel aux architectes, urbanistes et à toutes celles qui travaillent et réfléchissent à la création d'espaces féministes.

Pour préserver la richesse de nos échanges, entre nous et avec le monde, nous désirons instaurer une ouverture intergénérationnelle, qui se concrétisera en réservant une partie des lieux à des lesbiennes qui, pour d'autres raisons que l'âge, désirent résister à l'enfermement. Nous voulons élargir le champ du valide et questionner les normes liées à l'invalidation.

De plus, un espace sera réservé à des "passagères" qui ne voudront pas résider à temps plein. Cela permettra à des femmes qui veulent vivre à un rythme plus respectueux de nos personnes d'effectuer des séjours temporaires. En même temps, elles créeront une dynamique en alimentant le lieu de leur énergie renouvelée.

Nous réfléchissons à la façon de ne pas exclure celles qui voudraient participer au projet sans avoir de capitaux financiers. C'est pourquoi, en fonction des participantes, soit nos capitaux seront suffisants, soit nous serons amenées à faire appel à tout autre financement. Sachant que nous tenons au principe de l'autogestion et au pouvoir de nous organiser librement dans ce lieu.

Ce projet est porté par un petit groupe. Il nous importe maintenant de travailler collectivement à sa réalisation et nous attendons celles qui ont envie qu'un tel projet, utopie d'aujourd'hui, soit la réalité de demain.
contacts : http://www.repairedejubilation.org/contact.html

mardi 8 juillet 2008

Christine boutin et moi par Nicolas Bacchus


Découvrez Nicolas Bacchus!


« Je revendique le côté “revendicatif”, si on ne revendique pas c’est pas gagné. Mais aujourd’hui, il est de plus en plus difficile d’écrire des chansons politiques, un Desproges serait en prison, il faut sans cesse se justifier que ce n'est pas contre ci ou contre ça, on a tellement favorisé les replis identitaires ! Et puis les gens manquent de culture politique. »

Intervention après la chanson "Ton fils (...dort avec moi)"

Album: Balades pour enfants louches

Toulouse est maquillée
Pour la nuit et sa clique
Dans les bouges, les cafés
Je porte ma musique
Y a bien toujours quelqu'un
Pour m'prêter un plumard
Me dire que rentrer c'est trop loin
Et endormir mon cafard

Mais ce soir-là, personne
Je sais pas où m'poser
Alors je traîne ma pomme
Là où c'est allumé
Y'a des gens tout serrés
Et des néons bizarres
D'la musique à danser
Et en aidant le hasard

Non Madame, cette nuit-là
Non, ton fils n'a pas
Dormi avec les filles
Non Madame, cette nuit-là
Non, ton fils n'a pas
Ton fils a dormi avec moi.

Dans une boîte un peu glauque
Pire qu'au pire cinéma
Ça s'voyait l'un comme l'autre
Qu'on avait rien à faire là
On est sortis marcher
Pour entendre nos voix
Et au lieu d'se quitter
On s'est embrassés, comme ça

C'est drôle, mais ça ressemblait
A des rêves d'avant
Quelque chose qu'on cherchait
Tous les deux depuis longtemps
On s'est trouvé tout cons
On s'est serrés plus fort
Nos corps ont des raisons
Que vos raisons ignorent

Non Madame, cette nuit-là
Non, ton fils n'a pas
Dormi avec les filles
Non Madame, cette nuit-là
Non, ton fils n'a pas
Ton fils a dormi avec moi.

Pleure pas, jolie Madame
Ton gars choisit sa vie
Va pas en faire un drame
Ton môme, je l'aime aussi
Et pas la peine de me chercher
A la Gay-Pride dans ta télé
J'passe pas ma vie à m'planquer
J'ai pas b'soin d'un jour pour m'montrer
Ni d'une chanson, d'ailleurs
La la la la...

« …les parents vous vous demandez souvent ce que vous avez raté dans votre éducation, mais si vous vous demandiez plutôt ce que vous n’aviez pas raté, si vous avez réussi à nous rendre assez libre pour aimer qui l’on a envie d’aimer…ne croyez-vous pas que ce n’est pas si mal !... »

Nicolas Bacchus

le site de Nicolas Bacchus : http://www.nicolas-bacchus.com/

Tract réalisé par Nicolas BACCHUS pour Chiche ! Toulouse lors de la Lesbian &Gay Pride 2000

Chiche! les Jeunes écolos alternatifs et solidaires à la LGP ?

C'est écolo d'être pédé ?

Bon, alors, on explique :

Si l'écologie politique, c'est trouver les idées pour vivre ensemble dans un monde pas trop pourri ;

Si le développement durable, c'est ne pas construire le bonheur des uns au détriment de celui des autres ;

Si l'environnement, c'est tout ce et ceux qui nous entourent, et qu'on veut vivre avec le mieux possible ;

Si la non-violence permet à chacun d'arriver à ses fins et à son identité sans foutre sur la gueule de son voisin ;

Si on rêve une société où chacun est reconnu à sa place et pour ce qu'il est, selon ses choix ;

Si on peut défendre les droits d'un groupe sans forcément en faire partie (tout le monde ne naît pas femme-juive-noire-handicapée-lesbienne-sans-papiers);

Alors, oui, Chiche ! fait chaque jour sa Gay Pride
(Tiens, aujourd'hui, y a plus de monde...)

lundi 7 juillet 2008

Communiqué des FARG (Forces Armées Révolutionnaires Gouines) par Ash

Communiqué des FARG (Forces Armées Révolutionnaires Gouines)

Aujourd’hui Dimanche 6 Juillet 2008, nous déclarons avoir capturé Christine Boutin à l’église Saint Nicolas du Chardonnay grâce à une trappe dérobée dans le confessionnal.

En échange de sa libération nous demandons :

1. La castration immédiate et sans appel de Nicolas Sarkozy et son traitement intensif aux hormones.
2. Nous demandons la fin de l’hétérosexualité obligatoire.
3. La nomination à la tête de l’état de Myriam Deschamps, notre copine animatrice à la Maison de Quartier Floréal de la cité des Pâquerettes et aux postes de Premier et Deuxième ministre le couple Arlette et Marie George. (Marie George sort du buffet !).

Si nos revendications ne sont pas satisfaites dans les quinze jours, nous serrons dans l’obligation de confier Madame Boutin au Docteur Shane qui ne manquera pas de lui faire subir tous les délices possibles et inimaginables lors d’une croisière de rêve au Dinah Shore de Miami.

Femmes de tous les pays baisez vous !

Ash
source : http://pussykillkill.blogspot.com/2008/07/communiqu-des-farg-forces-armes.html

mercredi 2 juillet 2008

Ingrid Renard, Attirances [extrait]



"Durant mon adolescence, j'ai été hantée par un malaise, une peur d'être prise pour ce que je n'étais pas et la crainte d'être dévoilée dans ce que j'étais : une fille qui se sentait fille en sachant qu'elle n'était pas une fille. Ce mot "fille" avait deux sens pour moi à l'époque. Lorsque fille signifiait appartenance à un groupe défini par son genre et son sexe replacé dans une opposition/complémentarité fille/garçon impliquant un comportement social et hétérosexuel, je n'étais pas une fille. Or, les autres filles avaient tendance par de petites remarques à me renvoyer du côté des "garçons" lorsque je montrais trop de passion pour elles ou un comportement inadapté pour une fille. Bien que n'ayant pas conscience à l'époque d'être lesbienne, je ne voyais pas pourquoi je ne pouvais pas être une "fille" et me comporter comme je le faisais".

Ingrid Renard, Attirances

Evelyne Rochedereux, Attirances [extraits]

"Qui pense encore à vous, Mademoiselle Az, antiquaire dans ma petite ville chez laquelle j'allais (...), accompagnée de mon copain Loïc ? Nous étions l'un et l'autre fascinés par le décor, lui par les meubles et objets anciens dont elle prenait le temps de nous conter l'histoire, moi par le costume-cravate et la coupe à la garçonne de cette femmes imposante, à la voix si douce, qui nous accordait plus d'attention qu'aucun autre adulte. (Moi) je pense encore à vous, car vous avez été, lorsque j'avais dix ans, la première image de notre différence."

(...)

"Etes-vous encore vivante Mademoiselle Fx, prof de gym au lycée ? (...) La qualité de votre enseignement, la gloire qui vous entourait (internationale de hand-ball et de volley) ne vous protégeaient pas de l'ostracisme de vos collègues, ni du harcèlement de la surveillante générale (laquelle voyait d'un mauvais œil la passion que vous vouait l'une de ses nièces). Vous faisiez "salle de gym à part", la seule prof partageant votre espace et affichant sans vergogne son amitié pour vous, étant, et ce n'était certainement pas un hasard, une femme juive, rescapée des camps de la mort. Les autres profs préféraient s'entasser à quatre dans une salle séparée, de peur d'être assimilées à votre réputation de femme ayant "des mœurs spéciales" et de côtoyer votre allure de jeune garçon, toujours en pantalon et semelles de crêpe, cheveux en brosse. (...) À la manière dont vous étiez traitée, nous avons appris ce qu'était la discrimination."

Evelyne Rochedereux, Attirances

samedi 28 juin 2008

Montre-toi [chanson]...une pensée pour la marche des fiertés à Paris


Photo d'archives/REUTERS/Luis Galdamez


Découvrez Alexandre Varlet!



Une pensée pour la marche des fiertés à Paris... même si je ne me reconnais nullement dans les gogos danseurs s'exhibant à moitié nus sur les chars et toute la récupération commerciale autour d'un acte de célébration tout à la fois porteur de revendications et festif.

C'est tout le paradoxe de cet évènement qui se veut un moment de partage, de visibilité mais que montrons-nous de nos réalités individuelles?

Que retiennent-ils ceux qui n'acceptent notre orientation différente de la leur?

L'excentricité outrancière voire la vulgarité... combien il est difficile alors de proner un sentiment d'appartenance communautaire!

Quand dans ce carnaval est mis en exergue une misère sexuelle!...

Mais je me tais...je pense aux personnes atteintes par le sida...quand l'amour se termine dans une chambre d'hôpital...les trois minutes de silence symboliques ne doivent faire oublier la nécessité de la prévention et de l'aide que se doit d'accorder un état, digne de ce nom, aux malades.

Le dispositif odieux prévu concernant les bénéficiaire du 100%, soit les personnes atteintes de maladies classées en ALD (affection de longue durée), vient d'être suspendu, mais jusqu'à quand?...

semaphore

nb : Alexandre Varlet un artiste à découvrir, mes remerciements à Tine
http://tine07.vox.com/library/posts/tags/alexandre+varlet/

« Rendez-vous samedi 28 juin 2008 à13h Denfert Rochereau. »

Arrivée : Place de la Bastille.
La musique s'arrêtera sur la Marche des Fiertés, à 16 h 30, avec trois minutes de silence contre le sida.

D'où vient la GAY PRIDE ?
Tout a commencé le week-end du 27 au 30 Juin 1969 à New York, avec les émeutes de Stonewall, acte spontané de résistance face à une descente de police violente dans la nuit du 27 au 28 Juin, au Stonewall Inn, un bar de travestis du Greenwich Village.

Ce soir là, les "gay" se révoltent et les deux nuit suivantes, sont témoins de heurts violents avec la police. Les slogans fusent, demandant la légalisation des bars gays et affirmant "qu'il est bon d'être gay". Toute une partie de la population se sent solidaire contre les policiers qui chassent les toxicomanes, les étudiants gauchistes et les travestis et les gays.

La télé, la radio et les journaux à grand tirage font l'écho de la révolte des homosexuels, la nouvelle fait très rapidement le tour du monde. Stonewall devient le symbole d'une minorité invisible et opprimée qui demande le droit de jouir des mêmes libertés revendiquées par tous les citoyens.

Le mouvement d'affirmation des gays et des lesbiennes va s'étendre et se développer en parallèle avec les mouvements de fierté noire -"Black is beautiful"- et féministes. C'est l'arrivée d'une parole homosexuelle sans filtre aux Etats-Unis.

Les "Gay Pride", puis "Lesbian & Gay Pride", marches de fierté gaie et lesbienne, véritables parades ou défilés hauts en couleurs, commémorent chaque année au mois de juin à New York et partout dans le Monde, le souvenir de Stonewall.

Ainsi avec le temps, le mouvement Lesbian & Gay Pride a pris de l'ampleur. Lesbiennes et gays ne baissant pas les bras malgré toutes les tentatives de reflux intégristes, réactionnaires ou fondamentalistes ; il atteint les principales capitales d'Europe Occidentale à la fin des années 70, puis les métropoles régionales dans les années 90.

lundi 23 juin 2008

Le Manifeste lesbien de Pauline Londeix



Le Manifeste lesbien de Pauline Londeix
Le Manifeste lesbien, véritable boîte à outils , est un livre écrit par une lesbienne pour les lesbiennes . Il appelle chacune à questionner de manière radicale son identité et à s'emparer des armes politiques nécessaires pour combattre la lesbophobie institutionnelle et quotidienne, ainsi que l'injonction sociale à l'invisibilité.

Le Manifeste lesbien part du constat suivant : la lesbophobie est omniprésente dans la société dans laquelle nous vivons et ses conséquences sont multiples en termes d'estime de soi, de santé, de législations, etc...

Il n'est pour autant pas question de tomber dans un discours de victimisation qui n'aurait pour conséquence que de cristalliser un état de fait plutôt que d'y apporter des réponses.
Des féministes des années 1970, proches des Gouines Rouges de Monique Wittig, déclaraient que le combat des lesbiennes était à l' intersection de celui des féministes et des pédés. Il faut désormais aller plus loin : le combat des lesbiennes est également et fondamentalement indissociable de celui des trans ' et, au-delà encore, de celui de toutes les autres minorités opprimées, de la majorité exploitée.

Prendre acte du passé pour mieux redéfinir les enjeux actuels que soulèvent les questions lesbiennes et se donner un maximum d'armes pour agir, tel est le défi que relève Le Manifeste lesbien.

L'ouvrage :

Le Manifeste lesbien est né de la volonté de regrouper l' ensemble des armes politiques nécessaires pour comprendre dans sa globalité la situation que vivent les lesbiennes, en France et à travers le monde.

L'ouvrage nous montre comment la lesbophobie est omniprésent au sein de la société et quelles en sont les répercussions. Il ne s'agit cependant pas de tomber dans un discours de victimisation. L'auteure propose avant tout de mieux appréhender ce que sont la lesbophobie, ses rouages, ses conséquences, afin de pouvoir mieux s'y opposer. Pour ce faire, une succession d'états des lieux est effectuée, abordant les questions de lesbophobie, de « santé lesbienne » et opérant une synthèse des législations en vigueur pour dresser enfin une cartographie de l'activisme lesbien à travers le monde.

Loin des débats académiques déconnectés des réalités sociales, l'auteure laisse à d'autres les questions « Queer ou pas queer ? », « Butch ou fem ? » pour se concentrer sur le point qui relève à ses yeux de la plus grande urgence : agir maintenant, et comment ?

Cet ouvrage, nouveau manifeste du genre, se veut une contribution politique à la question lesbienne, à destination des lesbiennes. Mais il se veut aussi aborder plus largement la question du genre, car l'identité des hétérosexuels, l'identité des gays et l'identité des trans' ne peuvent être pleinement comprises sans que la position qu'occupent les lesbiennes dans le système politique hétéronormé ne soit resituée historiquement, sociologiquement et politiquement. C'est tout l'enjeu du Manifeste lesbien.

L'auteure :

L'auteure a connu personnellement différentes formes de lesbophobie et, concernée comme toutes, elle en a souffert. Cependant, loin d'adopter une posture victimaire, elle estime que ces questions ne peuvent être abordées que sous un seul angle de tir, celui du politique.

Pauline Londeix est née en 1986 en banlieue parisienne. Son engagement politique prend forme dès son plus jeune âge dans les salles d' audience du tribunal de Bobigny, afin de saisir de ses propres yeux une partie des rouages de la machine judiciaire. Suivra par la suite sa découverte du milieu des partis politiques , des meetings, des débats, des rassemblements. En 2004, elle prend part au collectif « Une école pour tous-tes », aux côtés notamment de Christine Delphy et de Pierre Tevanian. Son sentiment de « solidarité des minorités » prend alors forme. Un peu plus tard, elle commence à assister aux réunions hebdomadaires d'Act Up- Paris pour ensuite y militer pleinement, particulièrement sur les questions trans', sur l'homophobie et sur la prévention du VIH chez les LGBT.

Désormais vice-présidente du comité IDAHO et vice-présidente d'Act Up, elle est fondatrice et membre active du GLR, un groupe activiste lesbien radical, et a pour objectif de participer à la création d'un grand pôle activiste lesbien

Mardi 08 Avril 2008
source : http://www.infosjeunes.com/Le-Manifeste-lesbien-de-Pauline-Londeix_a82978.html

Des mots qui font mal

Des mots qui font mal
par M-J. G.
source : Libération
vendredi 16 mai 2008


«Sale gouine», «Tu broutes le gazon ?», «Si t’es gouine, c’est que t’as jamais couché avec le bon mec : viens, je vais te montrer». Voilà le genre de provocations que les lesbiennes entendent, le plus souvent dans la rue. Les couples lesbiens font fantasmer. Des passants leur proposent tout de go des parties à trois ; des propriétaires leur adressent des photos de cul, comme si lesbienne et porno, ça marchait forcément ensemble. L’autre versant de la lesbophobie, «c’est le déni», souligne Pauline Londeix, vice-présidente d’Act-Up Paris, auteur du Manifeste lesbien (1). Pour beaucoup, deux femmes qui marchent ensemble dans la rue sont forcément copines, asexuées, invisibles en tant que lesbiennes. «Qu’est-ce que tu as fait de ton homme?» interroge une femme qui reçoit pour la première fois une collègue de travail et s’étonne de la voir arriver seule. «Je t’aime beaucoup mais je ne te comprends pas», dit une ado à sa copine lesbienne. «Je préférerais que tu aies le sida plutôt que tu sois lesbienne», tacle une mère.



(1) Le manifeste lesbien, éditions L’Altiplano, avril 2008, 160 pages.

Lesbophobie, une intolérance qui ne fait pas de bruit

Lesbophobie, une intolérance qui ne fait pas de bruit

par MARIE-JOËLLE GROS

source : Libération.fr
le vendredi 16 mai 2008

«Lesbophobie» reste un mot absent des dictionnaires. Pourtant, on parle souvent mal des lesbiennes, quand on en parle. Beaucoup restent invisibles. Même dans la communauté homo, elles sont reléguées au second plan, derrière les gays.
Etre femme et homosexuelle, est-ce une double discrimination ?



Sur la ligne d’écoute téléphonique de SOS Homophobie, les femmes témoignent beaucoup moins que les hommes - un appel sur cinq en moyenne. La lesbophobie serait-elle anecdotique ? L’association a souhaité prendre la mesure d’un phénomène qui mêle homophobie et sexisme, souvent à bas bruit. Son «enquête sur la lesbophobie», rendue publique aujourd’hui , est une première. Il existe aussi très peu d’études sur les lesbiennes.

Un questionnaire a été diffusé à travers divers canaux (salon Rainbow, festival de cinéma lesbien, presse, sites Internet, etc.). A l’arrivée, 1 793 questionnaires, remplis par des femmes assez jeunes (neuf sur dix ont entre 18 et 49 ans), vivant majoritairement en Ile-de-France (61 %), et souvent en couple (60 %). La lesbophobie n’y apparaît pas comme un mot vide de sens : 57 % des sondées l’ont déjà subie. Le plus souvent dans la famille (44 %), mais aussi parmi un groupe d’amis (24 %) ou au travail (24 %).

«Quand est-ce que tu te maries ?»

En famille, les mères, surtout, semblent avoir d’immenses difficultés à admettre l’orientation sexuelle de leur fille, les pères arrivant en seconde position. Peut-être parce que c’est à leurs mères que les filles révèlent en premier leur homosexualité. «J’espère que tu ne deviendras jamais homosexuelle» , invite celle-ci, en voyant que son ado collectionne exclusivement les posters d’actrices et de chanteuses : aucun homme sur les murs de sa chambre.

Faux-amis

Près d’un quart des femmes sondées ont raconté l’incompréhension de leurs ami(e)s, ainsi qu’une forme de rejet. Etonnant : les copains, des gens qu’on a choisis, paraissent a priori plus ouverts que la famille. Découvrir qu’ils ne peuvent concevoir une sexualité différente de la leur fait d’autant plus mal. Ainsi ce témoignage, livré avec un questionnaire : «Ma meilleure amie a prononcé ces mots : "j’ai horreur des lesbiennes".»

Curiosité urbaine

Dans la vie quotidienne, des lesbiennes font parfois l’attraction. «Etre filmée dans la rue parce que j’embrasse une fille, ça donne vraiment l’impression d’être une bête de foire», témoigne l’une d’elle. La rue reste essentiellement le lieu de toutes les insultes et provocations, suivie des transports. Souvent, c’est le couple lesbien qui attire l’attention : parce que les femmes se tiennent par la main, ou s’enlacent. Dans l’étude, celles qui souffrent de ces situations ont souvent moins de 25 ans, et sont parisiennes. Pourquoi ? A Paris, elles se sentent peut-être plus libres de leurs gestes sans choquer. Peut-être aussi parce que ceux qui s’en prennent à elles se savent, eux aussi, anonymes dans la ville.

Placards à «goudous»

Rumeurs, moqueries mais aussi refus de promotion et mise au placard. Au travail, les lesbiennes qui ne jouent pas sur le registre de la séduction entendent parfois parler des autres femmes ainsi : «Elle, c’est une femme. Une vraie».

Que dire au bureau ? «Ce qui m’est le plus difficile, c’est de devoir simuler une vie hétérosexuelle sur mon lieu de travail : mes collègues seraient capables de ne plus voir mes compétences, mais seulement mon orientation sexuelle» , témoigne l’une des sondées. Et comme il est impossible de tout cacher (comité d’entreprise, sécurité sociale, etc.), 7 % d’entre elles ont eu l’agréable surprise de se faire «outer» par un collègue.

Then if i'm weird I want to share!



Tender forever

lundi 16 juin 2008

C'est d'la bombe Baby! par Ash [marche de nuit non mixte du 14 juin 08]

C'est d'la bombe Baby!




















Devinette:

Qu'est ce qui te donne mille fois plus d'opportunités que Gay vox de rencontrer l'amour de ta vie,

Qu'est-ce qui te fait mille fois plus mouiller qu'un film d'Emilie Jouvet,

Qu'est-ce qui est mille fois plus subversif qu'un kissing à l'eau de rose des panthères roses,

Qu'est ce qui te fait perdre plus de kilos que 6 mois de tapis en salle,

Qu'est ce qui te speed mille fois plus qu'un rail de coke,

Qu'est ce qui te permet de distribuer allègrement des patates à des keums relous,

Qu'est-ce qui t'autorise à dégonfler les pneus d'une grosse BM de gros connards qui veulent t'écraser,

Qu'est-ce qui te fait revoir des amies que tu n'avais pas vues depuis des lustres,

Qu'est-ce qui te rend mille fois plus fière que la Gay "pride",

Qu'est-ce qui est plus anti-sarkozy que le blog le plus anti sarkoziste,

Qu'est-ce qui te fait sentir plus invincible que Xéna,

Qu'est-ce qui te donne de l'espoir,

Qu'est-ce qui te fait sentir vivante,

Qu'est-ce qui te fait dire "Vas y! Encore"

Qu'est- ce qui reste gravé à jamais dans ta mémoire,

Une marche de nuit de lesbiennes, femmes et filles historique dans les rues de Paris de 20H à 2H00 du mat et ce qui en a découlé...

Ash

source : pussy kill kill

dimanche 15 juin 2008

Flamme forte, Thérèse Clerc

Flamme forte
par JACKY DURAND
Libération, mercredi 11 juin 2008

nb : remerciements @ Anne pour cette contribution

Thérèse Clerc. A 80 ans passés, cette flamboyante figure du féminisme poursuit le combat avec un projet de maison de retraite autogéré.

Aboyez chiennes de gardes, applaudissez suffragettes. Cet après-midi, au Palais Bourbon, une grande dame du féminisme sera faite chevalière de la Légion d’honneur en la personne de Thérèse Clerc, 80 ans, fondatrice de la Maison des femmes de Montreuil (Seine-Saint-Denis) et de la Maison des Babayagas, projet de maison de retraite pour femmes autogérée.

La première fois qu’on lui avait proposé la rosette, «il y a cinq, six ans», Thérèse l’avait refusée mais cette fois elle a accepté d’être décorée par l’historienne du féminisme Michèle Perrot, en présence de Simone Veil. Pour que la postérité des femmes ne soit pas uniquement «dans des chansons, des recettes de cuisine».

«Mes amies historiennes me disent qu’il n’y a pas assez de documents sur l’histoire des femmes. Là, au moins, il y aura mon nom sur un registre.»De toute façon, ce n’est pas une médaille qui changera Thérèse, contre-exemple féminin de la maxime de Napoléon Bonaparte : «On prétend que la Légion d’honneur est un hochet. Eh bien, c’est avec des hochets que l’on mène les hommes.»

Qui mène Thérèse ? Ni homme, ni maître. Des maîtresses, pour sûr oui… Il y en a eu jusque tard dans «ce très bel âge qu’est la vieillesse» où s’épanouit la vraie sexualité, selon Thérèse, celle «où il n’y a pas de pouvoir, ni la dictature de l’érection. Les femmes ne sont plus dans la procréation, ni les hommes dans leur sacro-sainte virilité. Avec ses mains et sa bouche, on peut faire des miracles. Je dis aux hommes : "Vous savez ce qu’il vous reste à faire"». Il y a deux ans, Thérèse a vécu «une passion». «C’est comme ça que j’ai acheté cette saloperie», dit-elle en désignant son téléphone portable. Thérèse a été amoureuse d’une femme. «La dernière probablement.»

Thérèse n’a pas toujours été cette délicieuse grand-mère indigne (quatre enfants, quatorze petits-enfants, un arrière-petit-fils) qui narre les bonheurs du clitoris comme un conte pour jeunes filles en fleurs avant d’enchaîner en militante de la décroissance sur le philosophe André Gorz et de revenir sur ses années de lutte pure et dure au sein du Mouvement de libération de l’avortement et de la contraception (Mlac), fondé en 1973.

La grand-mère de Thérèse, née en 1863, avait participé à la dernière revue du 14 juillet de Napoléon III. Eduquée parmi les demoiselles de la Légion d’honneur, une de ses amies s’appelait «Mademoiselle de Mac Mahon». Thérèse soupçonne sa grand-mère d’avoir aimé les femmes. «Elle avait laissé des lettres que mon père disait "scandaleuses". Il les a brûlées.» C’est un souvenir précis de l’enfance qui fixe, à ses yeux, «le couple heureux» qu’ étaient ses parents : «J’étais dans ma chambre à Bagnolet, un matin d’été. J’entendais mes parents rire dans la chambre d’à côté. La porte se fermait. Puis mon père ressortait en sifflotant. Ce jour-là, on avait des croissants au petit-déjeuner. Avec des souvenirs comme ça, un enfant est heureux.» Le père de Thérèse, poilu de 14-18, travaillait dans les bureaux du Pari mutuel urbain (PMU). De sa fille, Mme Clerc, mère au foyer, disait : «Elle est jolie, on la mariera». «Ils voulaient que je sois gentille, vierge. Idiote ou pas, ça, ils s’en foutaient», se souvient Thérèse qui apprit le métier de modiste en chapellerie avant de se marier à 20 ans et demi avec un petit entrepreneur en nettoyage industriel. A l’époque, dit-elle, le coup de foudre, ce n’était pas compliqué. «Le premier chien coiffé qui passait, c’était le bon. On ne connaissait rien au sexe. Au début du mariage, c’était du plaisir à moitié. L’époux mettait six mois à oser demander une fellation.»

Le couple s’installe dans le XIe arrondissement à Paris. Un appartement sur cour avec le robinet d’eau sur le palier et deux WC pour trente-deux personnes. Thérèse met au monde quatre enfants, lave les couches dans une grosse lessiveuse en fer-blanc qu’elle rince à la fontaine dans la cour. «Ma conscience politique est née là.» La jeune femme fréquente les cercles d’action catholique animés par des prêtres-ouvriers. «Ils nous parlaient beaucoup de l’exploitation des hommes, faisaient l’apologie de Marx. Mais quand je leur disais : "Et les femmes ?", ils répondaient: "La femme est la gardienne de la paix, de l’amour". J’ai compris que l’Eglise était en train de nous baiser.» A la confession, le vieux curé lui rappelait «qu’il fallait qu’[elle] soit soumise». Dieu reste aujourd’hui pour Thérèse «une interrogation car il n’est pas démontrable. Dieu n’est crédible que dans le doute, ça m’amuse.»

Elle vend Témoignage chrétien sur le boulevard Saint-Michel en tailleur et talons quand survient Mai 68. Le déclic: «Ça a été comme des vannes qui s’ouvraient. J’allais aux réunions à Jussieu. J’entendais parler de plaisirs, de violences, d’injustices. C’est la première fois que j’ai entendu le mot "patriarcat". On parlait aussi des avortements clandestins qui étaient à l’époque la première cause de mortalité des femmes entre 18 et 50 ans. Elles subissaient l’aiguille à tricoter, le curetage à vif, parfois la septicémie.» Elle divorce en 1969. Vendeuse dans un grand magasin, Thérèse est désormais une femme que «Mai 68 a habituée à une très grande liberté collective. J’ai pu user de cette liberté avec le corps et la sagesse de mes 40 ans. Les amours étaient fastueux. En 1969, le lesbianisme, c’était un acte politique. Le plaisir sans coït, ça a été la révolution.» Pilier du Mlac, elle pratique des interruptions de grossesse clandestines sur la table de son salon à Montreuil avec un aspirateur mu par «un moteur de frigo acheté 85 francs et bricolé par des copains gauchistes. On se formait les unes les autres. Il fallait d’abord dilater le col de l’utérus, puis passer une sonde.» Thérèse est convaincue que les Renseignements généraux étaient au courant mais «qu’ils avaient deviné que la société était mûre pour la légalisation de l’avortement». La loi Veil est promulguée en 1975.

Vingt ans plus tard, Thérèse ancre son féminisme dans «l’art de bien vieillir» avec les Babayagas, du nom des sorcières des légendes russes : un projet de maison de retraite autogérée, inventée entre femmes pour des femmes «âgées, autonomes, solidaires et citoyennes». Avec deux copines, elle invente «une utopie réaliste», soit un ensemble de dix-neuf logements pour «vivre et vieillir en citoyenneté». La première pierre de la Maison des Babayagas aurait dû être posée en 2007 mais au dernier moment, le conseil général du 93 a fait défection, estimant que le projet était discriminant car réservé aux femmes. «Les vieux hommes trouvent toujours des femmes. Nous, on ne veut pas d’hommes, on les a assez torchés comme ça durant notre vie», rétorque Thérèse en rappelant que dans son projet, les 200 m2 du rez-de-chaussée accueilleront indifféremment hommes et femmes pour travailler l’usage du corps et de la mémoire. «On a perdu une bataille, pas la guerre», sourit Thérèse, attablée à un vaste plateau de bois qui lui tient lieu de bureau à la Maison des femmes de Montreuil. Thérèse va aussi dans les lycées dire aux filles : «Quand vous aventurez votre corps, soyez responsable. Ne l’emmenez pas n’importe où, avec n’importe qui.»

Elle s’insurge contre cette affaire de mariage annulé pour cause de non-virginité.«Il y a trente ans, on serait descendues tout de suite dans la rue. Vous savez, j’ai encore de belles fureurs à vivre à 80 ans passés».