«Il pleut des hommes» (extrait)
Paperasserie, courriers administratifs, cahiers de comptes, bref, bureau encombré. L. frappe et entre, s'assied en face de moi, le regard sur ses pieds ; elle tire ses mèches de cheveux devant ses yeux et s'agite.
J'ai toujours laissé les femmes de l'appartement thérapeutique entrer dans mon bureau, sauf pendant les entretiens bien évidemment, circulation apparemment aléatoire, angoisse à dire ou à montrer, station rituelle dans des trajets.
Ces apparitions me rappellent pourquoi je me coltine à toute cette gestion qui encombre mon bureau et parfois ma tête ; une institution ça se gère, mais les murs servent à abriter des humains.
L. tripote ses cheveux et dit : «Et en plus les Algériens nous ont déclaré la guerre.»
Je continue mes écritures en pensant que cette phrase n'est pas dans le registre habituel du délire de L. Elle est en général poursuivie par des membres de sa famille dont elle ne sait plus s'ils sont vivants ou morts, elle trébuche sur l'identité de ses compagnes d'appartement qu'elle prend l'une pour sa mère, l'autre pour sa soeur, pense avoir été violée par le fils d'un rocker vieillissant, mais n'est pas très préoccupée par les événements politiques ; elle mène une autre guerre avec la part d'elle, qui l'assaille en voix.
«Et en plus il pleut des hommes.»
Je lève la tête, moi qui me pique d'entendre ce qu'elle tente d'articuler dans son délire pour soutenir son existence, je ne comprends pas ce qu'elle raconte... il pleut des hommes...
Le téléphone sonne, un collègue parti faire un accompagnement en voiture et qui écoute la radio m'informe que des avions viennent de s'écraser sur des tours à New York.
L. et moi, nous nous retrouvons devant la télévision de l'appartement qui marche quasi non-stop et je vois une pluie d'hommes qui tombent.
11 septembre 2001 ; qui délire ?
•Jean-François Gomez fera une exploration de ses différents ouvrages et travaux en questionnant plus particulièrement l'écriture professionnelle, non seulement comme espace d'élaboration et de transmission de la pratique, mais aussi comme condition incontournable de la reconnaissance des travailleurs sociaux.
•Les deux intervention seront suivies d'un débat plus large sur les enjeux du travail social aujourd'hui.
•Joseph Rouzel, animera cette rencontre, en présence de représentants de l'IRTS et des CEMEA.
lundi 13 octobre 2008
Isabelle Affolter, auteure de : Accueillir des femmes en détresse Le quotidien d'un centre d'hébergement, rencontre ce Mardi 14 octobre 08
jeudi 11 septembre 2008
Je me marierai avec Anna ou Mère contre fille par Blandine Longre
...ou ne pas se soumettre aux désirs qui ne sont les nôtres ! semaphore
Mère contre fille par B. Longre
source : http://www.sitartmag.com/thierrylenain.htm
L'enfance, terrain de prédilection de Thierry Lenain, n'est pas seulement un thème en soi et reste aussi un tremplin pour mieux comprendre ou explorer certains tabous ou non-dits ; ainsi, ses albums ou ses récits sont destinés d'abord aux enfants mais aussi aux adultes qui les entourent. Après un ouvrage peu banal publié par les éditions Sarbacane (H.B., 2003) et dans la collection Première lune, Bouboule rêve (Nathan, 2003), une histoire qui osait aborder un sujet délicat (l'obésité d'un enfant), l'auteur met en scène un mini drame familial, un tournoi verbal et affectif qui se déroule entre Cora, une petite fille entêtée, rêveuse et pragmatique tout à la fois, et ses parents, un peu déstabilisés par les projets maritaux hors normes de leur fille...
La mère de Cora ne cesse de la taquiner, sans délicatesse, au sujet de celui qu'elle croit être l'amoureux de sa fille : Bastien, un petit binoclard, "un nul, c'est un garçon" décrète Cora ; "mignon, bien élevé et tout le reste, en un mot : parfait." de l'avis de la maman — dont l'attitude, certes gentiment moqueuse, révèle cependant une volonté oppressante de soumettre sa petite fille à ses propres désirs de mère. Une tentative qui échoue quand Cora affirme son désir à elle et rejette le "moule" proposé par sa maman ; à la question "Quand tu seras grande, avec qui te marieras-tu ?" Cora réplique : "Je me marierai avec Anna". Après un moment de stupéfaction, la mère de Cora répond par le rire ("mais Anna est une fille !"), puis passe de l'exaspération à la colère, mêlant alors le papa à cette discussion tendue. Ce dernier entreprend de raisonner sans se fâcher et, terre à terre, explique à sa fille qu'elle ne pourra pas avoir de bébé si elle choisit de vivre avec une autre fille... Mais Cora, qui veut avoir le dernier mot, explique de façon encore plus pragmatique : "Je ferai un bébé toute seule. Anna aussi. On habitera la même maison et..." La réaction violente, primaire mais sincère de ses parents la surprend et elle est priée de "filer" dans sa chambre... Les illustrations d'Aurélie Guillerey, aux tons pastels, très douces, s'accordent bien au texte et les divers sentiments qui traversent les personnages s'affichent subtilement sur les visages.
Ce récit, ponctué des commentaires de la jeune narratrice marqués au coin du bon sens, n'est pas une apologie de l'homosexualité (même si la décision de la petite semble inébranlable, on sait qu'elle a le temps de changer d'idée... ou non ! et l'auteur ni ne condamne ni ne fait l'éloge de ce choix), mais la "morale" va bien au-delà de la simple révélation que fait Cora à ses parents : Thierry Lenain nous plonge dans les complexités du désir humain et les tensions qui régissent les relations entre parents et enfants. La figure maternelle esquissée ici est assez dérangeante ; mais les préjugés du personnage sont contrebalancés par la forte volonté d'une petite fille qui n'a pas l'intention de se soumettre à des désirs qui ne sont pas les siens. |
À travers cette petite histoire, l'auteur montre comment les parents cherchent (inconsciemment ou non) à parfois imposer leurs propres rêves à leurs enfants, souhaitant naturellement les modeler à leur image ; mais il décrit aussi comment les enfants échappent à leurs géniteurs, en construisant d'autres projets, parfois bien éloignés de ce que leurs parents ont prévu à leur place...
Chacun des personnages reste sur sa position initiale et le récit n'apporte aucune solution toute faite, une façon de laisser le choix au lecteur tout en l'obligeant à réfléchir et à s'impliquer ; mais au moins, un grand pas a été fait : les choses ont été formulées par les deux parties adverses, le conflit est passé par le crible salvateur du langage et inscrit dans un ouvrage destiné à être lu, approfondi, et partagé.
Blandine Longre (avril 2004)
Je me marierai avec Anna de Thierry Lenain & Mireille Vautier
illustrations Aurélie Guillerey
pour les 5-7 ans
[Ajout : autre critique par Lionel Labosse sur altersexualité.com/HomoEdu]
Un album pionnier
lundi 30 avril 2007, par Lionel Labosse
Voir en ligne : Site de Thierry Lenain
Résumé
La mère de Cora veut toujours savoir si elle a un amoureux. Elle veut lui flanquer le fameux Bastien, pour la simple raison qu’elle est amie avec sa mère. « Un jour, pour qu’elle arrête de m’énerver, je lui ai dit la vérité. […] — Quand je serai grande, je me marierai avec Anna. »
Lire la suite ici http://homoedu.free.fr/spip.php?article176
lundi 23 juin 2008
Le Manifeste lesbien de Pauline Londeix

Le Manifeste lesbien de Pauline Londeix
Le Manifeste lesbien, véritable boîte à outils , est un livre écrit par une lesbienne pour les lesbiennes . Il appelle chacune à questionner de manière radicale son identité et à s'emparer des armes politiques nécessaires pour combattre la lesbophobie institutionnelle et quotidienne, ainsi que l'injonction sociale à l'invisibilité.
Le Manifeste lesbien part du constat suivant : la lesbophobie est omniprésente dans la société dans laquelle nous vivons et ses conséquences sont multiples en termes d'estime de soi, de santé, de législations, etc...
Il n'est pour autant pas question de tomber dans un discours de victimisation qui n'aurait pour conséquence que de cristalliser un état de fait plutôt que d'y apporter des réponses.
Des féministes des années 1970, proches des Gouines Rouges de Monique Wittig, déclaraient que le combat des lesbiennes était à l' intersection de celui des féministes et des pédés. Il faut désormais aller plus loin : le combat des lesbiennes est également et fondamentalement indissociable de celui des trans ' et, au-delà encore, de celui de toutes les autres minorités opprimées, de la majorité exploitée.
Prendre acte du passé pour mieux redéfinir les enjeux actuels que soulèvent les questions lesbiennes et se donner un maximum d'armes pour agir, tel est le défi que relève Le Manifeste lesbien.
L'ouvrage :
Le Manifeste lesbien est né de la volonté de regrouper l' ensemble des armes politiques nécessaires pour comprendre dans sa globalité la situation que vivent les lesbiennes, en France et à travers le monde.
L'ouvrage nous montre comment la lesbophobie est omniprésent au sein de la société et quelles en sont les répercussions. Il ne s'agit cependant pas de tomber dans un discours de victimisation. L'auteure propose avant tout de mieux appréhender ce que sont la lesbophobie, ses rouages, ses conséquences, afin de pouvoir mieux s'y opposer. Pour ce faire, une succession d'états des lieux est effectuée, abordant les questions de lesbophobie, de « santé lesbienne » et opérant une synthèse des législations en vigueur pour dresser enfin une cartographie de l'activisme lesbien à travers le monde.
Loin des débats académiques déconnectés des réalités sociales, l'auteure laisse à d'autres les questions « Queer ou pas queer ? », « Butch ou fem ? » pour se concentrer sur le point qui relève à ses yeux de la plus grande urgence : agir maintenant, et comment ?
Cet ouvrage, nouveau manifeste du genre, se veut une contribution politique à la question lesbienne, à destination des lesbiennes. Mais il se veut aussi aborder plus largement la question du genre, car l'identité des hétérosexuels, l'identité des gays et l'identité des trans' ne peuvent être pleinement comprises sans que la position qu'occupent les lesbiennes dans le système politique hétéronormé ne soit resituée historiquement, sociologiquement et politiquement. C'est tout l'enjeu du Manifeste lesbien.
L'auteure :
L'auteure a connu personnellement différentes formes de lesbophobie et, concernée comme toutes, elle en a souffert. Cependant, loin d'adopter une posture victimaire, elle estime que ces questions ne peuvent être abordées que sous un seul angle de tir, celui du politique.
Pauline Londeix est née en 1986 en banlieue parisienne. Son engagement politique prend forme dès son plus jeune âge dans les salles d' audience du tribunal de Bobigny, afin de saisir de ses propres yeux une partie des rouages de la machine judiciaire. Suivra par la suite sa découverte du milieu des partis politiques , des meetings, des débats, des rassemblements. En 2004, elle prend part au collectif « Une école pour tous-tes », aux côtés notamment de Christine Delphy et de Pierre Tevanian. Son sentiment de « solidarité des minorités » prend alors forme. Un peu plus tard, elle commence à assister aux réunions hebdomadaires d'Act Up- Paris pour ensuite y militer pleinement, particulièrement sur les questions trans', sur l'homophobie et sur la prévention du VIH chez les LGBT.
Désormais vice-présidente du comité IDAHO et vice-présidente d'Act Up, elle est fondatrice et membre active du GLR, un groupe activiste lesbien radical, et a pour objectif de participer à la création d'un grand pôle activiste lesbien
Mardi 08 Avril 2008
source : http://www.infosjeunes.com/Le-Manifeste-lesbien-de-Pauline-Londeix_a82978.html
lundi 16 juin 2008
De l’auto-défense féministe, interview d' Irène Zeilinger[Maman a tort : emission de radio]
5mai08
L’émission est en écoute ici:
Ce mardi à 20 heures dans Maman a tort on parle d’auto-défense féministe avec une interview d’ Irène Zeilinger, sociologue et formatrice en auto-défense depuis maintenant une quinzaine d’années.
Elle vient de publier aux éditions Zones (la Découverte) :
dont voici le quatrième de couverture :
" En tant que femmes nous sommes tous les jours les cibles d’interpellations, de harcèlement, d’agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, à degrés divers, au travail, dans l’espace public et privé. Souvent nous ne savons comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c’est non.
L’autodéfense pour femmes - qui n’a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petites et grands moyens de se sentir fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans touts les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique.
Comment reconnaître et prévenir une situation d’agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ?
Ce guide pratique propose une séire d’astuces simples et faciles pour poser efficacement ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d’agression et la psychologie de l’agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal…
Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre "
source : http://www.radiocampusparis.org/?p=4762Non, c'est non est le premier ouvrage d'autodéfense destiné aux femmes. Vous l'avez compris, l'auteure, Irene Zeilinger (photo), vous apprend à poser vos limites face au harcèlement d'un inconnu dans le métro, mais aussi de votre voisine homophobe, de vos parents envahissants ou encore de votre boss qui vous fait des avances. Bref, un petit guide très pratique à faire tourner, pour savoir comment désamorcer toute agression, verbale ou physique. Professeure d'autodéfense à l'association Garance depuis plus de quinze ans, Irene Zeilinger a plus d'un tour dans son sac. Alors elle l'ouvre, pour vous…
Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?
Depuis des années, les participantes à nos stages nous demandent conseil sur des ouvrages pour continuer leur réflexion sur l'autodéfense et avoir un rappel de certaines techniques. Comme je n'ai rien trouvé en français, je me suis dit: fais-le toi-même! Bien sûr, il y avait des analyses intéressantes de la violence, mais elles ne donnent aucune solution pratique, ce qui me laissait sur ma faim. Les livres d'arts martiaux n'aident pas non plus car il n'y a aucune analyse de genre et les situations proposées reproduisent les mêmes stéréotypes de l'agresseur inconnu dans un espace public. Enfin les guides de communication non-violente n'aident en rien si l'on est en danger physique.
En quoi ce livre peut-il intéresser les personnes LGBT ?
Eux aussi peuvent être victimes de violence entre partenaires ou d'agressions haineuses basées sur des préjugés, souvent plus brutales encore: il faut s'en défendre tout de suite, sans aucun compromis. Même si les outils sont utiles aussi bien aux gays qu'aux hétéros, ce livre s'adresse d'abord aux femmes que j'ai pu observer au fil des ans: il rend compte de leurs difficultés spécifiques à se défendre, ce qui s'applique bien sûr aux lesbiennes, aux bis et probablement aussi aux trans.
Quel est votre passage préféré et pourquoi ?
Je les aime tous bien sûr! Tout dépend de mon humeur. Parfois, ce sont plutôt les passages où je peux m'imaginer la surprise d'un agresseur face à la réaction qu'on lui a concoctée, comme la «citation sans sens» par exemple. À un autre moment, ce sera plutôt les passages où j'analyse les obstacles que notre éducation et socialisation nous ont inculqués pour nous rendre moins aptes à nous défendre. J'aime aussi la provocation comme dans le chapitre «Les femmes ont trop de fantaisies». Enfin, j'aime surtout les passages concrets et simples: voici ce qui peut marcher, voici ce qui est fort risqué, à vous de jouer. Je suis quelqu'un de très pragmatique.
Quelle portée voyez-vous à ce livre ?
Il est important que chacune d'entre nous ait plus de choix et plus d'options dans sa vie. Ce qui concerne aussi notre sécurité. Les conséquences du sentiment d'insécurité en Europe m'inquiètent beaucoup: les avances électorales de la droite et de l'extrême droite, le discours sécuritaire qui devient la norme même chez certains gauchistes, l'amalgame fait tout de suite avec les questions d'immigration, la répression brutale et parfois fatale, l'état de surveillance... Je suis convaincue que donner ce choix aux femmes par cette prise de conscience, ça leur rend au moins une partie de leur pouvoir sur leur propre existence: elles auront moins besoin d'un homme fort à la maison ou à l'Élysée.
Non, c'est non : Texte intégral gratuit sur internet en cliquant ici.
En librairie, 13€.
Informations sur les stages sur: www.garance.be.
dimanche 15 juin 2008
Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs
Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs
source : http://www.desfemmes.fr/essais/essais/chich_clerc.htm
« Heureuses les femmes qui accomplissent leur unité, elles naissent à elles-mêmes et enfantent un monde rassemblé.
Heureuses celles qui effacent les frontières, la Matrie est leur Terre, elles retrouvent leurs origines.
Heureuses les femmes qui s’éloignent du rivage des Pères, elles jettent leurs filets en eaux paisibles, et font reculer la violence et la guerre.
Malheureuses celles qui usent de leur séduction pour récolter les privilèges des Pères, elles confortent leur désordre, celui qui génère la hiérarchie et la concurrence des femmes.
Bienheureuses les femmes qui font émerger leur continent noir, une nouvelle Terre apparaît et elles la fécondent. »
Thérèse CLERC
Thérèse Clerc se bat pour les droits des femmes depuis trente-cinq ans. Elle a notamment créé la Maison des Femmes de Montreuil. Elle est aujourd’hui connue du grand public pour avoir inventé puis réalisé « la maison Babayagas », une maison de retraite atypique et unique en France, autogérée par les femmes qui y habiteront, citoyenne et écologique, dont la première pierre a été symboliquement posée à Montreuil le 8 mars 2007.
Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs
par Danielle Michel-Chich , 2007 , 14 €
mercredi 28 mai 2008
Simone de Beauvoir, la femme devenue femme : Castor de Guerre [citations]
Simone de Beauvoir est philosophe et femme de lettres française. Elle a partagé la vie et les idées du philosophe Jean-Paul Sartre et s'est attachée au combat pour la condition des femmes. Parmi son œuvre très dense, elle a notamment publié aux éditions Gallimard Le deuxième sexe, Mémoires d’une jeune fille rangée ; Les mandarins ; La force des choses. Danièle Sallenave est auteur, normalienne et agrégée de Lettres, ancienne lauréate du prix Renaudot et membre du jury Femina. Elle fait de ses romans des lieux où les destins de femmes se croisent et s'affrontent, ainsi qu'un espace d'analyse des grandes questions de notre temps. Elle est également traductrice, et a collaboré au journal Le Monde et aux revues Le Messager européen et Les Temps modernes. Elle a notamment publié La Fraga (éd. Gallimard), Les portes de Gubbio (éd. Hachette) et plus récemment Castor de guerre (éd. Gallimard). source : http://www.comediedulivre.montpellier.fr/pages/?page=271&id_page=1252
Simone de Beauvoir, la femme devenue femme
Avec Danielle Sallenave. Dimanche 1er juin à 11h30 - à l'Opéra Comédie
Animé par Philippe Lapousterle.
- 26 mars 08 par Miss Pompadour
Une biographie certes, mais aussi un remarquable ouvrage sur le XXème siècle (siècle des extrêmes)
"Un siècle où les intellectuels français avaient encore un rôle, celui des grandes consciences,
généreuses, intrépides, jusqu'à l'aveuglement parfois..."
Danièle Sallenave écrit : "C'est là que se joue la tragédie des intellectuels : ne pas avoir imaginé
qu'on voulait peut-être les tromper et user d'eux comme des relais de diffusion
de "vérité" du "Parti" (Mao)
J'ai beaucoup aimé cet ouvrage et j'avais envie de vous en livrer quelques notes que voici :
"C'est l'argent qui introduit le poison de l'inégalité dans le monde quand il devient
le mobile unique ou presque de tous les actes" (Simone Weill - 1940)
"On serait tenté de coucher avec un inconnu pour être dans l'instant"
"Sartre est un amour "nécessaire"...
"Il me semblait que la terrre n'aurait pas été habitable si je n'avais eu personne à admirer"
"Le bonheur lui-même, comme tout le reste, ne s'obtient, ni ne se maintient sans
lutte... être malheureux, c'est vouloir l'être ou du moins y consentir".
(Simone de Beauvoir)
(Un petit rappel : 1944 : droit de vote pour les femmes
1965 : la femme peut ouvrir un compte bancaire en son propre nom.....!!!")
"Les femmes ne sont pas assignées au service de l'espèce "
de Camus, elle dit : "Camus est un idéaliste moraliste et anticonformiste qui défend
de plus en plus résolument les valeurs bourgeoises..."
Le Castor pose à ce qu'elle appelle une "vie réussie" des conditions si singulières
et si élevées que la plupart des vies ordinaires sont pour elle des vies "râtées" -
pire "absurdes", dénuées de sens..."
SdB dit aussi en 1962 : ..."la France est en train de devenir une sorte d'Amérique.
Ce qu'elle voit par la fenêtre, c'est l'homme et la femme de "l'organisation". Il va
au travail, elle va aux provisions ; elle promène le chien le matin, le soir, c'est le mari.
Et le dimanche ils vont soit à la messe soit en pique-nique..."
Elle déteste vieillir : "Mon ancienne tête où une vérole s'est mise dont je ne guérirai pas..."
"La vieillesse m'infecte aussi le coeur".
Depuis l'adolescence, le Castor est hantée par les images du vieillissement et du déclin.
Aujourd'hui, (lorsqu'elle a 60 ans) c'est une perspertive immédiate, une menace proche...
Simone de Beauvoir dit : "la Société traite les vieillards en parias"... ce qu'on rejette en eux
c'est que ce sont des bouches inutiles dans une société hantée par le profit, et dominée
par la quête de la jouissance et de la jeunesse éternelle.
Danièle Sallenave : "35 ans plus tard, dans nos sociétés postindustrielles, cette dénégation tourne
à la névrose : le désir fou d'être immortel, et immortellement jeune, a pris la forme concrète
d'une recherche éperdue de solutions miracles. ....
La hantise du rendement, la rareté des places en multiplient encore les effets :
pour chaque "jeune", un "vieux" est une menace, un emploi confisqué,
de l'argent et du temps inutilement gaspillés...."
Nous sommes au XXIème siècle... beaucoup de choses ont changé...
mercredi 30 avril 2008
Le Dr Dubec veut faire taire les féministes! Quand censure rime avec INJURE!
Le site féministe canadien Sisyphe a été mis en demeure de retirer l'article de Brigitte Brami, le 4 avril dernier par l'avocate du Dr Dubec, quelle injure aux victimes de viol, quelle injure au combat des féministes!
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2956
"Cet article a été suspendu pendant quelque temps en raison d’une mise en demeure de l’auteur et de l’éditeur du livre dont il est question ici. Un avis juridique indique qu’aucune raison ne nous oblige à suspendre cet article plus longtemps. Nous accorderons, comme il se doit, un droit de réplique à l’auteur du livre s’il le réclame (sitesisyphe@yahoo.fr). Sisyphe." http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2886
La notoriété et le titre d'expert psychiatre permettraient-ils toutes les divagations ?
Non!
Le fantasme de viol ne doit pas être banalisé!
Les propos du Dr Dubec "s'il est trop respectueux d'une femme,un homme ne bande pas" sont insultants et éminemment effroyables, propageant un état d’esprit abject qui légitime la contrainte, la violence et au final l’agression, le viol. !
Quoi ? Voudrait-il que nous lui soyons reconnaissantes de nous livrer ses caractéristiques psychiques !
Voudrait-il que nous lui soyons reconnaissantes de promouvoir le mépris de l’autre dans la relation sexuelle comme une attitude naturelle, inhérente à la libido masculine, alors qu’elle relève d’un comportement pervers.
Que recherche-t-il ?
L’approbation d’autres mâles, malades tout comme lui !
En outre son action en justice prouve combien il n’a nullement conscience de la gravité de son discours, tout comme le confirme son droit de réponse où il ne revient pas sur l’apologie des fantasme de viol qu’il claironne et dont il s’offusque qu’il soit dénoncé.
Ne pas avoir conscience de la dangerosité de ses écrits est bien le signe qu’il soit du côté des violeurs, ne le dit-il lui-même « Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (...) Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes. » (page 213)., que le crime soit latent dans son esprit, qu’il doive se faire soigner ne fait alors aucun doute !
Mais guérit-on d’une telle perversion ?
Je me pose sincèrement la question !
Et en regard du discours méprisant du père de la psychanalyse Freud lui-même ainsi que l’éminent Jacques Lacan, et de la stupéfiante position de Françoise Dolto au sujet de l’inceste, en effet les fillettes seraient consentantes, suspectées de complicité!... découverte dans les commentaires suivant la reproduction de l’article de Brigitte Brami sur le site Imposteurs…lire plutôt, c’est révoltant !
http://imposteurs.over-blog.com/article-16885533-6.html#anchorComment
Oui ! « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark ! » quelque chose de pourri au royaume de la psychiatrie !
C’est son titre d’expert psychiatre auprès des tribunaux qui devrait lui être retiré, il devrait être démis de ses fonctions, il ne peut représenter la justice !
Il ne doit plus la représenter !
(Page 213,"Le plaisir de tuer" extraits) :
« Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui, jusqu’au viol compris. Pour parler sans détour, dans la sexualité masculine, il existe un intérêt à obtenir la défaveur de sa partenaire, pas seulement ses faveurs ; à faire crier la femme, peu importe la nature de ses cris. (…) Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas. (…) Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (…) Il ne s’inhibait pas au dernier moment, il était capable de leur faire l’amour quasi normalement. Il y avait éjaculation à l’intérieur du vagin. Guy Georges donne le sentiment que l’acte sexuel était consommé avec complétude. Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver (…) »
C'est sans ambiguité !
Signez la pétition !
http://archipelrouge.blogspot.com/2008/03/ptition-contre-le-psy-qui-justifie-le.html
et/ou écrivez au ministère de la justice
Sémaphore
lettre type :
Lettre à Madame la Garde des sceaux
Date
Prénom + NOM
Adresse complète
Madame la Garde des sceaux
Rachida DATI
Ministère de la Justice
13 place Vendôme
75042 PARIS Cedex 01
Madame la Ministre,
Michel Dubec, expert psychiatre national auprès des tribunaux, - et qui exerce encore aujourd’hui dans son cabinet libéral au 6 rue de Lesdiguières, 75004 PARIS - a commis un livre en février dernier : Le Plaisir de tuer, publié aux Editions du Seuil, dans lequel il tient des propos inadmissibles concernant le viol.
Il le rend légitime très clairement page 213, notamment, alors qu’il décrit l’expertise du violeur et tueur en série : Guy Georges.
Même tirés de leur contexte, et habilement noyées dans d’autres phrases, il est décemment impossible de justifier des phrases telles que celles-ci : « Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui, jusqu’au viol compris. » et : « Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (…) », enfin : « Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes. »
Ces quelques lignes dévoilent que le Docteur Dubec, submergé par ses propres sens, n’est plus dans la capacité de conduire des expertises, ni d’en rédiger les conclusions, avec les qualités professionnelles nécessaires, c’est-à-dire la mesure, la neutralité et l’objectivité.
Soulignons combien le Docteur Michel Dubec fait preuve de manque de tact, de réserve et de respect à l’égard des familles des victimes, d’autant plus qu’il a écrit ce livre en sa qualité d’expert psychiatre national auprès des tribunaux.
C’est pourquoi, des femmes et des hommes sont en ce moment en train de se mobiliser afin que cet expert ne soit plus en mesure de donner son avis dans des dossiers qui traitent de viols et d’agressions sexuelles à l’encontre des femmes.
J’espère que nous serons entendu-es, et dans l’attente d’une réponse, je vous prie, Madame la Ministre, de croire en l’expression de ma haute considération.
Pièces jointes : 1) Page 213 (copie) du Plaisir de Tuer, de Michel Dubec, publié aux Editions du Seuil (février 2007) 2) Couverture de ce livre.
Signature :
dimanche 27 avril 2008
Pédagogie des opprimés de Paulo Freire
Article posé suite à un message de Luna box new group sur Second Life (que je continue de recevoir même si je n'y suis plus retournée depuis fort longtemps)
Ce message m'a permis de découvrir Paolo Freire, une belle initiative riche de réflexions visant à éveiller les consciences, une philosophie de la libération par une éducation solidaire, une éducation de la coopération, une éducation fondée sur le dialogue pour en finir avec les systèmes de domination, pour briser la structure dualiste opprimés/oppresseurs.
Sémaphore
Pédagogie des opprimés de Paulo Freire
Janvier 2003
Il s’efforce donc de préciser les attitudes mentales et relationnelles qui obscurcissent ou qui éclairent la conscience personnelle et collective. Il appuie sa réflexion sur l’analyse marxiste des rapports de force entre les groupes humains et une éthique humaniste de l’action humaine.
Cet ouvrage s’adresse aux leaders révolutionnaires, c’est à dire à ceux qui accompagnent les populations opprimées dans un processus de conscientisation et de libération.
Bien que situés historiquement et géographiquement, les analyses des rapports humains et les principes d’action pédagogiques exposés dans ce livre me semblent transposables à notre époque et dans nos pays développés.
L’auteur n’expose pas ici une méthode au sens opérationnel du terme mais plutôt les fondements d'une action de transformation des relations humaines. Ces principes ont semblé précieux à réentendre dans le cadre de la réflexion sur la pédagogie à RECIT
En effet, son analyse peut fortement éclairer un projet d'éducation citoyenne, aujourd’hui.
• Qu'est-ce que la situation d'oppression et comment s'exprime-t-elle dans la contradiction opprimé/oppresseur?
• Peut-on sortir de cette contradiction ? A quelles conditions ?
• Analyse de la conception "bancaire" de l'éducation et de ce qu'elle met en jeu en terme de relation entre éducateur et éduqué, mais aussi en terme de conception du savoir et de la réalité.
Cette déshumanisation n'est pas une fatalité, ni une donnée d'ordre ontologique; elle est le résultat d'un ordre injuste qui engendre la violence et le « moins-être ». C'est un processus qui peut et doit être inversé.
En effet, opprimé et oppresseur sont dans des modes d'être et des visions du monde et d'eux-mêmes dont ils n'ont pas forcément conscience. Ils sont "immergés" dans la situation et la vivent comme incontournable et inchangeable.
La prise de conscience de cette immersion , de cette "adhérence" à l’ordre injuste établi est le premier pas vers une libération et une transformation possibles. Elle nécessite un cheminement et un accompagnement.
Aucune méthode pédagogique n'est neutre mais reflète un certain style de rapport humain .
La pratique de l'éducation en elle-même est porteuse de libération ou d'aliénation non par le contenu des idées qu'elle transmet, mais d'abord par la relation éducateur/ éduqué qu'elle instaure.
L'opprimé est attiré fortement par la personne de l'oppresseur et son mode de vie. Il voudrait accéder à ce mode de vie et à « l'être » de l'oppresseur.
Dans le même mouvement, l'opprimé se déprécie ; intériorisant le jugement de l'oppresseur, il se croit incapable.
L'opprimé veut être mais a peur d'être.
Il est immergé dans l'ordre établi par l'oppresseur à son profit et n'en voit pas la réalité.
Tant qu'il n'a pas localisé en lui-même la présence de l'oppresseur et tant qu'il n'a pas acquis sa propre conscience, il aura des attitudes fatalistes face à sa propre situation.
Pire, quelquefois, recevant la violence de la situation, il la renvoie horizontalement sur ses camarades ou sa famille. Mais, en réagissant ainsi à l’oppression, il devient lui-même oppresseur.
Toute personne, située par sa classe sociale et son niveau de vie du côté des oppresseurs, a, de fait, intérêt à ce que cette situation d’injustice demeure pour continuer à avoir ce qu'il a. Il est, de fait complice de l’oppression faite à l’opprimé, qu’il soit ou non conscient, qu’il soit ou non personnellement responsable.
L'application du droit pour tous représente pour l'oppresseur une grande violence à son droit personnel et des restrictions importantes à ce qu'il considère comme son plus-être et sa liberté.
En effet, l'oppresseur, immergé dans le système de l’oppression et sa logique, ne peut se concevoir lui-même en dehors de la possession et de la domination directe, concrète, matérielle, du monde et des hommes.
- Il transforme tout en objet de domination
- Il voit tout en terme de profit, car l'argent est pour lui la mesure de toute chose.
- Il doute des capacités du peuple.
- Il a tendance, consciemment ou pas à «chosifier l'autre », c’est à dire à le nier en tant que sujet libre et conscient, à ne pas lui accorder les mêmes capacités.
- Il pourra même agir généreusement pour le bien des gens, en donnant un peu de son surplus mais en gardant les personnes ainsi assistées dans l’état d’infériorité dont il a besoin pour maintenir sa situation de dominant. C’est ainsi que Paulo Freire analyse avec sévérité l’action humanitaire qu’il distingue nettement d’une action « humaniste ».
Paulo Freire n’analyse pas ici des comportements psychologiques conscients et volontaires, mais des relations objectives dans lesquelles les uns et les autres sont pris, de fait.
subjective parce que c'est un sujet qui comprend et agit,
objective parce qu'il comprend et agit sur une réalité qui n'est pas lui.
(attitude qu'il oppose à deux déformations, qu’il appelle le subjectivisme et la rationalisation).
La lutte pour supprimer l'injustice qui nous apparaît comme une nécessité , si elle ne tend qu’à inverser les rapports de force, ne résoudra pas les choses: elle les inversera peut-être, mais ce qui importe c'est de modifier le type de relation que nous entretenons tous (opprimés comme oppresseurs) avec l'autre et avec le monde
Il définit la conception pédagogique traditionnelle comme une"conception bancaire" de l’éducation parce qu'il analyse l'acte pédagogique pratiqué comme un acte de dépôt d'une matière inerte et prédéfinie dans un contenant vide prêt à recevoir et à mémoriser.
Elle rend impossible un savoir constructeur de la personne.
« Il n'y a alors, ni créativité, ni transformation, ni savoir. »
"Personne n'est l'éducateur de quiconque, personne ne s'éduque lui-même,
seuls les hommes s'éduquent ensemble, par l'intermédiaire du monde."
L'objet de connaissance n'est plus le but de l'acte cognitif, il n'est plus la propriété de l'éducateur, mais un objet de médiation, l'intermédiaire entre plusieurs sujets connaissant.
III Le dialogue, essence de l’éducation vue comme pratique de la liberté.
Si l’homme se définit par la parole, le dialogue permet l’échange de cette parole. (la parole est prise ici comme une parole transformatrice, créatrice, à la fois langage et action)
Prononcer une parole authentique, c’est déjà transformer le monde. La parole a deux dimensions, d’action et de réflexion. Si elle n’est que discours, elle est verbiage. Si elle n’est qu’action, elle est activisme.
Le dialogue est donc pour ces raisons une nécessité existentielle.
- la réalité concrète de l’homme éduqué est première, avant même le contenu à enseigner ou la réalité à transformer.
- ce qui éduque, ce n’est pas d’abord ni seulement le contenu du programme , mais le type de relation que l’on établit avec celui qu’on éduque à l’occasion de l’échange provoqué par le sujet abordé.
Il développe longuement à ce propos ce qu’il appelle dans sa méthode pédagogique la recherche de l’univers thématique du peuple ou des « thèmes générateurs » qui sont le point de départ à partir desquels se construisent les contenus..
Le dialogue rentre ensuite en jeu dans le processus même de formation.
C’est à travers le dialogue, en effet, qu’une situation concrète cesse d’être subie comme inévitable et peut commencer à s’analyser comme un problème à résoudre, un défi adressé à l’homme pour créer quelque chose de nouveau.
IV Action dialogique et antidialogique.
Dans le quatrième chapitre, Paulo Freire élargit son analyse critique à ce qu’il appelle l’action culturelle globale (l’accompagnement des opprimés par les leaders révolutionnaires).
Il détaille les caractéristiques d’une action « antidialogique » telle qu’elle est pratiquée dans une situation d’oppression et, à l’opposé, celles d’une action « dialogique » qui fonde toute action culturelle visant la libération et le dépassement de la situation d’oppression.
L'action antidialogique.
L’action menée par les oppresseurs est une action antidialogique qui nie, bafoue ou se méfie du dialogue comme mode d’action. Elle s’appuie en effet sur:
- une attitude de conquête
L’attitude de conquête consiste à dépouiller l’autre de sa parole, de ses moyens d’expression, de sa culture.
Conquête ou « invasion culturelle » où le dominant envahit le contexte culturel de l'autre avec ses modèles de valeurs. Le dominé, subissant cette invasion depuis l’enfance (par l’éducation et les médias),est immergé dans la culture du dominant, la pense comme naturelle ou liée à la modernité et donc meilleure que la sienne, croit à son infériorité et auto censure sa propre créativité. Il finit par se voir lui-même et la situation dans laquelle il vit avec les yeux des dominants et non les siens.
L’auteur fait à ce propos la critique des institutions officielles de formation (foyers familiaux, écoles primaires et secondaires, universités) « qui n'échappent pas aux influences des conditions objectives de la structure environnante et fonctionnent généralement comme des agences de formation de futurs envahisseurs". Il observe ce même phénomène à l'intérieur des familles.
- .un monde figé, statique , auquel il faut s'adapter car on ne peut rien faire d'autre. (le contraire d'un problème à résoudre ou d'un défi adressé à l'homme);
- la pratique de la division. « Diviser pour régner » est la règle de tous les oppresseurs. Celle-ci facilite le maintien de la domination.
Diviser, isoler, maintenir dans une vision parcellaire des problèmes. Pour l’auteur, la mise en valeur hypocrite des revendications communautaristes relève chez certains dirigeants de cette pratique de division.
La manipulation cherche à anesthésier, à empêcher l'autre de penser seul, à l’amener sournoisement à adopter sa propre pensée.
L'action dialogique
Loin de manipuler le peuple, les leader l’inciteront à s’organiser pour une tâche commune.
Il insiste aussi .sur le risque d'être pris par la peur de la liberté, du nouveau, du risque.
Il n'y a pas de solidarité réelle avec l'opprimé sans une transformation profonde chez l'oppresseur:dans son mode d'être au monde, dans sa relation à son propre épanouissement, dans son regard sur l'autre (et en particulier l'étranger, le pauvre...)
Pour plus d'informations vous pouvez consulter notre site www.recit.net
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RECIT 15 avenue Robert Fleury 78 220 VIROFLAY (France)
jeudi 17 avril 2008
Appel aux lecteurs/lectrices de "King Kong Théorie" de Virginie Despentes[extrait]
"Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée, mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme, cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l’ai jamais croisée nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas."
King Kong Théorie, Virginie Despentes
sur buzz littérature
Appel aux lecteurs/lectrices de "King Kong Théorie" de Virginie Despentes
A propos du magazine axelle : Société, vie quotidienne, culture, droits, psycho, politique, cinéma, santé, musique, littérature… Chaque mois, Axelle ouvre ses pages à des femmes d'ici ou d'ailleurs, connues ou inconnues, et se penche sur les petites et grandes choses qui font la vie des femmes aujourd'hui. Avec, en filigrane, l'envie de changer le monde… Car, ici et ailleurs, les femmes sont trop souvent encore victimes d'inégalités et d'injustices. En leur donnant la parole, loin des clichés et des stéréotypes, axelle participe à la construction d'une société où l'égalité entre hommes et femmes deviendra enfin réalité.
nota bene : un magazine féministe made in Belgium dont il faut saluer l'existence...
sur l'hexagone nous avons Clara : http://www.clara-magazine.fr/
mardi 25 mars 2008
D'amours et de honte engorgées, Ma mère toute bue de Valéry Meynadier
© Peinture Mili Presman 2005 (Je dois partir)
D'amours et de honte engorgées
J'ai lu "Ma mère toute bue" bien avant qu'il ne soit publié, je l'ai lu sur mon écran, je l'ai lu presque d'une seule traite, Valéry Meynadier a un style qui lui est propre, elle n'a pas peur des mots, elle ne les prends pas avec des pincettes, elle les arrache à l'étendue des multiples registres lexicaux, elle les arrache à vif, dans un état d'urgence à dire la violence, toute la violence de la vie dans sa déchéance même, dans ses obstination en brèche avec ses limites. Alors de ses mots elle cogne Valéry, elle cogne contre toutes résignations.
Familier et soutenu se heurtent, s'entrechoquent, creusant avec véhémence le terreau linguistique pour exprimer toute l'intensité des sentiments exacerbés face à la souffrance, face au sentiment d'être démunie devant une dépendance telle que l'alcoolisme, face à la honte engorgée.
"Ma mère toute bue" est un cri d'amour, d'un amour éperdu, désespéré devant l'aveu de son incapacité à l'accomplissement de cet amour sauveur qu'il voudrait être. Si Gabrielle déteste sa mère de l'aimer autant, c'est bien de cela dont il s'agit. Aussi, je vous recommande sa lecture.
Sémaphore
[extrait] : http://archipelrouge.blogspot.com/2008/03/ma-mre-tout-bue-de-valry-meynadier_25.htmlEcoutez Valéry Meynadier sur l'EKO des garrigues http://eko.ferarock.info/zarba11-200803.mp3
L'EKO : Nîmes, Montpellier, Sète : 88.5 MHz
— Si j’écris, c’est pour me dire un jour que j’ai inventé ma vie. Que rien de ce qui m’est arrivé m’est arrivé.Me dire que tout est faux alors que tout est vrai. Écrire, c’est ça: confondre le vrai et le faux, les confondre dans un duel sans merci, sans vainqueur. C’est devenir mon propre personnage. À ma mort, pouvoir me dire: c’est encore de la littérature! Enfant, je voulais être funambule. J’y ai gagné le vertige. J’en arrive parfois à douter même de ma propre existence.
Ma mère toute bue, mon premier roman, que vous pouvez trouver en m’écrivant, parle d’alcoolisme. C’était il y a une vingtaine d’années. Aujourd’hui, je me reluque, en me disant: je buvais avant? Avant quoi? Avant? On y rencontre une jeune ado enragée de vivre, la Gab et sa mère, Céleste, enragée de mourir. Il y a aussi la putain, Prune et la Providence, Éléonore.
C’est un livre dense sur le vide. Boire, c’est se remplir jusqu’au vide, tandis que les autres, les proches tombent au-dedans. C’est l’histoire d’une chute, d’un combat. Histoire d’amour entre une mère et sa fille. Une histoire, encore une histoire, je suis entourée, cernée d’histoires, ma peau en est pleine. V.M.
in revue : http://www.monsieurtoussaintlouverture.net/index.html
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Alcool, mère et fille
source : le nouvel obs, bibliobsC'est vrai qu'elle l'aime, sa mère, elle l'aime à corps perdu, «sa mie d'amour», éthylique, prostituée et manipulatrice. L'adolescente a peur pour elle, souffre pour elle, épouse malgré elle ses angoisses et sa lâcheté. Aspirée par sa misère, guettant ses marques d'affection.
C. B.
«Ma mère toute bue», de Valéry Meynadier, Chèvre-Feuille étoilée, 190 p., 10 euros.
dimanche 23 mars 2008
"Parole de Femme" Annie Leclerc (extraits)

Une sorte de flotilège à méditer...
Annie Leclerc, "Parole de Femme" (1974) [extraits]
Rien n'existe qui ne soit le fait de l'homme, ni pensée, ni parole, ni mot, pas même moi, surtout pas moi.
Tout est à inventer, les choses de l'homme ne sont pas seulement bêtes, mensongères et oppressives, elles sont tristes, surtout tristes à en mourir d'ennui et de désespoir.
Je les connais les noms de ces grands parleurs: Montaigne, Aristote, Freud, Nietzsche, Marx etc....ces superbes parleurs qui mieux que tout autre m'ont forcé à me taire.
Les hommes ont la parole, les paroles de l'homme ont l'air de se faire la guerre, c'est pour faire oublier qu'elles disent toutes la même chose: notre parole d'homme décide. Le monde est la parole d'homme, l'homme est la parole du monde. Tout ceci est encore bien ancré dans le subconscient de chacun et gardé précieusement dans celui de l'homme qui pourtant s'en défend activement.
Une honnête femme ne saurait être un honnête homme, une grande femme ne saurait être un grand homme, la grandeur est chez elle affaire de centimètres.
La nuance entre homme et Homme est inaudible
Une femme n'est pas un homme donc pas un Homme.
Une femme est une femme, rien de plus clair.
Non, non, je ne revendique pas, la dignité du statut d'homme ne me tente pas, elle m'amuse ou parfois m'agace.
L'Homme ? C’est ce dont l'homme a accouché, nous avons fait les enfants, ils se sont fait l'Homme.
La "vérité" peut sortir de n'importe où pourvu que certains parlent et d'autres se taisent.
La "vérité" n'existe que parce qu'elle opprime et réduit au silence ceux qui n'ont pas la parole.
Non, non je ne demande pas l'accès à la vérité sachant ô combien c'est un puissant mensonge inventé par l'homme. Je ne me donne que la parole, plus sincère, plus honnête.
Ce monde bête, militaire et qui sent mauvais marche tout seul à sa ruine.
La parole de l'homme est un tissu plein de trous, déchiré, effiloché, un tissu brûlé.
Alors voilà que les femmes ouvrent la bouche et que leur langue se délie.
Désormais aucune voix d'homme ne parviendra à couvrir ces voix multiples et vigoureuses.
Mais cela n'est rien encore si la femme ne parvient pas à tisser le tissu plein et neuf d'une parole jaillie d'elle
Car les voix peuvent être neuves et les paroles éculées
Attention, Femme, attention à tes paroles
Ne t'approprie pas la parole de l'homme pour guerroyer avec elle
Ne réclame pas ce dont l'homme jouit car ce n'est rien d'autres que les armes de ton oppression
Ne réclame pas ta part d'un festin qui n'est que de charognes
Ne cherche pas à ce que l'on reconnaisse en toi l'Homme car l'Homme est homme et il n'attend que cette ultime consécration de lui-même.
Que tes paroles de femme soient des paroles de Femme
Je voudrais que la femme apprenne à naître, à manger, à boire....
à regarder le jour et à porter la nuit.
Je voudrais qu'elle aime d'abord la vie, puis l'homme dans la vie.
Pour la femme il y a une multitude de fête de son sexe, la grossesse, l'accouchement, la menstruation, la sexualité en elle même ....
Pour l'homme une seule fête du sexe: le coït
Des autres fêtes, celles multiples de mon sexe, il ne veut pas entendre.
Et cette unique fête à laquelle il était convié il la voulut pour lui tout seul, il exigea de ma présence nécessaire qu'elle soit dévouée à la fête de l'homme, il n'y avait qu'une fête du sexe et elle était virile.
Tant pis pour lui il faudra que j'en parle des jouissances de mon sexe, non pas de mon âme, de ma vertu ou de ma sensibilité féminine, les jouissances de mon ventre de femme, de mon vagin de femme, de mes seins de femme, des jouissances fastueuses dont vous n'avez nulle idée.
Il faudra bien divulguer ce que vous avez mis au secret avec acharnement car c'est là que se fondent toutes nos autres répressions.
Tout ce qui était notre sans être vôtre vous l'avez converti en souillure, en douleur, en devoir, en chiennerie, en petitesse, en servitude.
Après nous avoir réduites à ce rien vous avez créé des ombres de femmes qui vous convenait: domestiques, déesse, jouet, mère poule, ou femme fatale. La seule chose que vous nous avez demandé avec une réelle insistance c'est de nous taire et là, suite à cette lecture je vous vois déja entrer dans cette colère de votre pouvoir discuté, votre amour propre de mâle de pouvoir bousculé.
A dire vrai vous ne pouviez rien exiger davantage de nous car au delà c'est la mort qu'il faut exiger.
C'est notre silence qui vous a permis de dénigrer notre travail, violer notre corps et tous nos asservissements béats et nos martyres silencieux
On se rend convaincu à ceux qui disent: tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, mais très vite on découvre que celui qui n'a rien, n'a droit à rien.
Votre phallus était un phare dressé sur la nuit océan mais voici l'aurore et la naissance de notre lumière.
Nous améliorerons des choses car nous parlerons de ce que nous savons et savons ce qui est bel et bon.
Pendant que triomphalement vous nous teniez tête, nous nous tenions le coup
Vous aviez beau dénigrer la vie, la craindre et l’insulter, nous n'avons cessé de l'aimer dans le secret et patiemment à travers les siècles.
Car vous avez eu raison de tout sauf de la vie
Pour l'homme la femme vaut qui permet à l'homme d'accompagner son être d'homme et ses croyances mais l'homme vaut de lui-même
Si je pouvais dire comme lui, le meilleur est ce que vise l'homme alors je serai heureuse de le dire mais je ne le peux pas car je n'y crois pas, il grimace à mes yeux d'infirmité et de misère.
Cette stupidité que je vois lorsque je le regarde agir là où il veut être reconnu
Il ne faut pas faire la guerre à l'homme c'est son moyen à lui de gagner sa valeur
Nier pour s'affirmer, tuer pour vivre.
Il faut simplement voir le ridicule de ses valeurs.
Chaque homme sait qu'il n'est pas à la hauteur de la virilité exigée par le monde des hommes, qu'il fait semblant, qu'il parade, mais il ne sait pas que tous les autres sont comme lui, il pense que c'est sa honte à lui, sa misère, Il croit que tous les autres sont virils, et que lui ne l'est pas vraiment, pas assez, pas encore...et si ça se voyait?.....malheur!!!!!!!!!! Alors il met des épaulettes, roule des mécaniques, dresse son fier regard et court les filles comme un vulgaire chien galeux.....
L'homme croit être homme pour son appétit sexuel ou l'aspect d'une quête de pouvoir.....hors du sexe affiché l'homme se dissout, perd son identité, plonge dans une horrible angoisse, qu'il pense être l'idée de sa mort future et qui n'est que le sentiment d'une mort déja réalisée et consommée.
Non ce n'est pas une vie qu'être un homme et s'il faut apprendre à voir toute chose autrement que par le regard de l'homme c'est parce que l'homme porte en lui autant de malheur que de misère.
ô femmes depuis le temps que les hommes cognent à vos oreilles le vacarme du désir...quel est le noeud de ce désir dont le seul nom les fait bander.....assez d'histoires autour du désir assez de transes et de stériles emportements...quel est le fin mot de ce désir dans lequel indéfiniment ils s'engagent faute de ne pouvoir s'approuver ailleurs?
Toute volonté d'introduire et de comprendre la femme dans la parole la plus constante de l'homme est un échec.
Si vous pouviez pressentir un autre versant au désir, versant nocturne, délié de contraintes.
Appel, attente, ivre et gonflé d'attente, élargissement, dilatation, si vous pouviez arrêter d'associer désir à projet, émergence et jaillissement hors de soi alors je pourrai aussi jouir de votre mot.
Mais si votre désir savait l'immensité de ce qu'il pénètre, la profonde matière de ce qu'il traverse, l'accueil déployé à sa parole, jamais il n'aurait la sotte impudence de me confondre à lui.
Ils ne connaissent de la mort que les cadavres, ils ne connaissent rien de la mort car ils ne connaissent pas la vie, la femme donne la vie, l'homme la détruit, il a cette fascination de la mort, le dieu caché au culte du désir c'est la mort.
Vous "baisez" les femmes et dites dans une expression "vous faire baiser" tout est là ....quoi rajouter?
Longtemps je me suis rebellée contre les hommes mais j'ai pu les voir sourire d'aise à la rébellion féminine et avec perversité jouir de leurs morsures.
Ils croyaient voir dans notre colère un sentiment d'envie de leurs valeurs auxquelles nous n'aurions jamais eu accès.
Faibles à la lumière de la force
Lâches à la lumière du courage
Bornés à la lumière du génie.
Étriqués à la lumière de la générosité
Je leur ai accordé ce qu'ils s'accordent eux-mêmes chaque fois qu'ils ratent leur coup et soupirent: je ne suis qu'un homme après tout...une petite diversion qui mine de rien m'en apprenait déjà de belles....
l'Homme est grand mais attention les hommes ne sont que des hommes, preuve que l'homme s'il me fait la vie, s'il me fait la loi ce n'est pas au nom de ce qu'il est mais de ce qu'il se croit être.....
Et je préfère les hommes qui ne cherchent pas à m'aveugler de leur image mensongère et acceptent leurs torts et leurs erreurs....
La femme a été la complice la plus acharnée de l'homme contre elle-même ...
L'homme va mesurer la reconnaissance de sa femme par son dévouement et ce qui l'opprime c'est cette vertu là
Ainsi il veut se persuader que tout ce qui revient à la femme, soit culturellement, soit les soins ménagers, soit les enfants, soit la maternité, est accompli par et avec dévouement pour lui....
L'homme a donc parlé des travaux domestiques comme bas et ingrats
Mais comme la tâche de la femme, travaux ou faits sexuels est nécessaire à la société d'une part et à la reconnaissance de l'homme de l'autre elle est digne de la femme.
Ce n'est pas soigner sa maison, ou prendre soin de ses enfants qui est dégradant, non absolument pas mais c'est le regard que l'homme et la moitié de l'humanité regarde de haut, pire ne regarde même pas.
Si ce travail était perçu à sa juste valeur, il ne serait plus ce boulet, cette oppressante humiliation de ne pas exister.
C'est difficile à dire mais vous avez même dégradé ce que l'homme vous accordait dans un profond mouvement d'obscure répulsion / fascination, l'horreur de votre sang menstruel, la malédiction acharnée pesant sur votre gésine, l'écoeurant nausée au spectacle de votre lait....
Car comment avez vous répondu à ces superbes condamnations? Vous avez fait de votre sang, de votre gésine, de votre lait des choses à laisser de coté, à souffrir en silence, des choses à supporter comme les maladies.
Et voilà que c'est nous, si riches, dont on a réussi à faire des envieuses.
On? Qui on? Nous femmes plus que quiconque je le crains.
Nous les avons tous laissé dire, pire, nous avons accepté de taire tout ce qu'ils ne disaient pas, tout ce qu'ils ne pouvaient pas dire étant hommes.
Il y a dans l'accent des hommes, leurs angoisses et leurs incertitudes, un appel véritablement pathétique de la femme.
Non pas l'appel du désir sexuel, quoique peut être porté par lui, mais l'appel d'une voix de femme, d'une personne Femme, , la volonté obstinée de percer un secret que nous seules pourrions leur découvrir et que nous ne cessons de tenir caché, pire oublié dans l'indifférence et le mépris de nous-mêmes.
Les hommes n'aiment pas les femmes, pas encore, ils les cherchent, ils les désirent, ils les vainquent mais ne les aiment pas.
Les femmes, elles se haïssent.
· Poche: 203 pages, éditions Actes Sud, collection Babel


