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mardi 26 août 2008

L'enfant et la mouche - Françoise Mallet-Joris/Marie-Paule Belle






L'enfant et la mouche

Seul il joue au jardin
Il est insouciant
Ce n'est qu'un enfant
Il s'élance en courant
Referme la main
La mouche est dedans
Il joue il rit
La mouche est à lui
Et il lui arrache les ailes
Il est si petit

Toi qui lis les journaux
Qui a des idées
Sais-tu regarder
Ces choses qui sont si naturelles
Qu'on oublie souvent qu'elles sont cruelles

Dans le grand camion noir
Les chevaux finis ont déjà compris
C'est vers les abattoirs
Que l'homme insouciant les mène ce soir
C'est son métier
Il n'est pas méchant
Mais il frappe il crie
En les poussant dans la nuit

Toi qui veux la justice
Et qu'elle se bâtisse
Dans tous les pays
Ces choses qui sont si naturelles
Vois-tu seulement combien c'est pareil

Le chômeur humilié
Et qu'on ne plaint pas
Tant qu'il peut manger
Le prisonnier perdu
Par des mots savants
Qu'il ne comprend plus
On a pitié on en parle un peu
Et ça nous rassure
On veut croire que ça va mieux

Ce cri d'enfant battu
On l'a entendu
Mais on n'a rien dit
Ce vieux dans un couloir
Sur de vieux journaux
Qui a peur du noir
Ils sont si près
Qu'on ne les voit pas
Et on s'en va
Pour pleurer au cinéma

C'est une même guerre
Une même misère
On les voit partout
Ces choses qui sont si naturelles
Qu'on oublie souvent qu'elles sont cruelles

Seul il joue au jardin
Il est insouciant
Ce n'est qu'un enfant
Il s'élance en courant
Referme la main
La mouche est dedans
Il joue il rit
La mouche est à lui
Et il lui arrache les ailes
il est si petit

Françoise Mallet-Joris

lundi 18 août 2008

La condition des femmes et celle des animaux: analyse d'une proximité politique

Dans le cadre des septièmes Estivales de la question animale qui ont lieu du 16 août au 23 août 08 à Parménie en Isère (35 kms de Grenoble)

Courriel: info@question-animale.org
Vous pouvez aussi contacter ces autres organisateurs des Estivales:
Agnese ou David: 04 78 69 90 71
David (portable): 06 77 02 29 53
Ces numéros sont en France. Depuis l'international, composer 0033 et le numéro sans le zéro initial.

Cette intervention le jeudi 21 août après-midi
La condition des femmes et celle des animaux: analyse d'une proximité politique

source : http://question-animale.org/fr/e08/pro/20080821je-pm2-condition_des_femmes.html

par Agnese Pignataro
Présentation:
Au-délà des déclarations formelles d'antisexisme, fondées sur une perception souvent floue du fait que toutes les dominations seraient «liées», le mouvement pour l'égalité animale s'intéresse très peu à la condition des femmes et à leur rapport avec les animaux non humains.

D'une part, on explique ce rapport simplement par l'attribution aux femmes d'une «plus grande sensibilité», ou «empathie», envers les animaux — avec le sous-entendu implicite que l'approche des hommes à la question animale serait plutôt cérébrale... donc plus objective!

D'autre part, les militantEs du mouvement de base se retrouvent souvent à remplir un rôle subordonné vis-à-vis de leurs camarades mâles: sauf de rares exceptions, elles s'occupent de tâches pratiques (organisation de manifestations, mise en page des revues, cuisine...) alors que les hommes jouent les chefs représentant le mouvement (prise de parole, écriture de textes, élaboration théorique...). Cette distribution de fonctions selon le genre contribue à ce que les idées des femmes au sujet de la question animale aient un poids très limité dans le débat.

À ces difficultés s'ajoute le fait que les critiques des animalistes contre l'utilisation du corps féminin par PETA semblent trahir une certaine ambiguïté du rôle de la femme dans l'imaginaire des militants.

Pourtant, une analyse sérieuse des conditions concrètes de l'assujettissement des femmes (plutôt que de sa transfiguration idéologique) peut fournir des éléments capitaux pour comprendre les modalités de l'exploitation des animaux. Et la découverte de cette proximité est d'autant plus précieuse qu'elle pourrait établir, entre le mouvement pour les animaux et celui des femmes, un contact solide - peut-être plus stable que celui avec le mouvement écologiste.


De fait, les femmes vivent dans leur chair des conditions d'oppressions qui sont proches de celles des animaux. En raison de cette circonstance historique, et non d'une prétendue «empathie» qui leur serait «essentiellement» propre, elles sont pourvues d'un point d'accès privilegié à l'expérience des animaux exploités; autrement dit, elles disposent d'un avantage epistémologique. Ainsi, la prise de parole de la part des femmes au sujet de la question animale doit être respectée et encouragée: leur prise de conscience d'un esclavage commun avec les animaux peut aboutir à la construction d'un positionnement inédit dans le parcours politique de la libération animale.

mercredi 2 juillet 2008

J'ai trouvé un jeune Martinet (sur les marches de ma mezzanine...)

source :http://www.lahulotte.fr/nature_aide_martinets.php
J'ai trouvé un Martinet à terre

Un martinet tombé à terre n’arrive généralement plus à s’envoler
Que faire ?
Je dois d'abord savoir s'il s'agit d'un jeune ou d'un adulte :
- si le Martinet est entièrement brun sombre, sauf la gorge (claire), il s'agit d'un adulte.
- si ses " plumes de couverture " (par exemple celles qui couvrent sa tête et son dos) sont bordées d'un liséré blanc, si son front est clair (et pas seulement sa gorge), il s'agit d'un jeune de l'année.
NB : les jeunes peuvent tomber du nid lorsqu'ils s'approchent trop près du bord, peu avant l'envol, ou bien pour trouver un peu d'air frais lors des fortes chaleurs ou encore poussés par la faim. Il leur arrive aussi de manquer leur premier envol, notamment s'ils sont trop lourds.
Pour savoir si le Martinet est capable de s'envoler,
je réponds aux questions suivantes :
Ses ailes (fermées) dépassent-elles la queue de plus de 1,5 cm ?
NB : pour pouvoir voler, le jeune martinet doit attendre que ses ailes soient suffisamment longues.

L'oiseau bouge-t-il ses deux ailes de façon symétrique, ou bien l'une des deux semble-t-elle moins mobile (voire totalement pendante) ?

NB : Le mouvement de l'aile peut être gêné par un hématome ou une luxation, qui pourront disparaître en relativement peu de temps : consulter le centre de soins pour animaux sauvages le plus proche de chez vous.
En revanche, si l'aile est cassée (elle pend au point de pouvoir être bougée dans tous les sens), le martinet ne pourra pas être sauvé, car il lui sera de toutes façons impossible de voler à nouveau normalement un jour.

Combien pèse mon Martinet ? il faut que je m'assure qu'il pèse le bon poids, c'est-à-dire :


-- si c'est un jeune : entre 40 et 45 g.
-- si c'est un adulte : entre 35 et 45 g.

Comment peser un Martinet ?
Sur une balance précise (type pèse-lettre) je pèse d'abord la boîte vide, ensuite la boîte avec le Martinet - et je fais la soustraction.
NB : Si le poids du Martinet est inférieur à 35 ou 40 grammes (selon que c'est un jeune ou un adulte), l'oiseau est trop affaibli pour chasser correctement en vol.
Si le poids atteint ou dépasse 50 grammes, j'ai affaire à un jeune encore trop lourd pour bien voler. Il va falloir qu'il maigrisse un peu. Je le place dans une boîte en carton d'assez grande taille (40-50cm de côté environ), percée de trous (voir ci-dessous). Et je le laisse un peu jeûner dans un local frais, tranquille, où les chats sont absolument interdits de séjour. De manière à ce qu'il pèse 45g au moment du relâcher.
Pour en savoir plus sur la courbe de poids idéale du jeune Martinet en fonction de son âge
Ma décision
* Si j'ai répondu NON à l'une au moins des trois questions ci-dessus, je prends contact le plus rapidement possible avec un Centre de Sauvegarde pour la Faune Sauvage.
* Si j'ai répondu OUI aux trois questions, alors je peux essayer de relâcher le Martinet aujourd'hui même (à condition qu'il ne pleuve pas).
Pour cela,
- Je place le Martinet dans l'ambulance à oiseaux (ci-dessous ) pour le transporter avec le moins de stress possible.

Bon à savoir : tenez le couvercle fermé, sinon le Martinet qui est un excellent grimpeur aura vite fait de s'évader!

- Je me place sur une grande pelouse ou sur un pré bien dégagé, terrain de foot par exemple (pas d'obstacles - arbres, arbustes, murs, poteaux, câbles - à moins de 50 mètres), situé si possible sur un lieu élevé
- S'il s'envole et prend très vite de la hauteur par ses propres moyens, tout est O.K. : le lâcher a réussi.
- S'il ne s'envole pas, ou bien s'il retombe au bout de quelques mètres, je le récupère délicatement et j'appelle un centre de soins pour animaux sauvages. Si c’est un jeune qui a l’air décidé, je peux lui donner une seconde chance.
Bon à savoir :
1. - un Martinet fin prêt pour le départ se montre agité : il bat fortement des ailes dans son carton ; il cherche à s'échapper de la main qui le tient. En revanche, s'il reste calme dans la main, c'est qu'il ne se sent pas lui-même en état de voler.
2. - Si vous apercevez d'autres Martinets dans le ciel, c'est très bien : peut-être les verrez-vous s'approcher de lui dès qu'il sera en vol et le prendre en charge (si c'est un jeune).

Précautions à prendre dans tous les cas
Je manipule le martinet le moins possible
(je risquerais d'abîmer son plumage de façon durable)
Pour connaître la bonne façon de tenir un Martinet…
Je ne lui donne ni lait ni pain
(deux nourritures catastrophiques pour tous les oiseaux)
Pour savoir ce qu'il faut lui donner à manger…
Pour savoir comment le faire boire (précaution importante, surtout en été, par temps chaud)…

Je ne place jamais l'oiseau dans une cage (il s'y agiterait et s'y blesserait) mais dans une boîte percée de nombreux trous pour qu'il puisse respirer
Si je suis obligé de lui donner à manger ?...
En cas de problème, confiez toujours le Martinet à un centre de sauvegarde pour animaux sauvages, pour qu'il soit pris en charge par des spécialistes.

En effet :
- il est très difficile de nourrir un Martinet car celui-ci ne mange dans la Nature que des insectes, tous attrapés en vol.
- en captivité, il ne réclame pas à manger, ce qui est très trompeur. En effet, on peut avoir l'impression qu'il est rassasié, alors qu'il s'installe petit à petit dans une espèce de léthargie. A partir d'un certain seuil d'amaigrissement, il ne pourra plus récupérer et sera voué à la mort.
- le Martinet est une espèce totalement protégée par la Loi ; il ne peut être soigné que par des personnes disposant d'une autorisation spéciale.
Si vous ne parvenez pas à joindre un centre de soins,
voici quelques conseils qui vous permettront d'alimenter un Martinet en attendant
Vous pouvez lui proposer (au choix) :

- des mouches (et autres insectes tués sans insecticides). Attention, il faut l'équivalent d'au moins 100 mouches domestiques par jour, pas très facile à trouver...

- des vers de farine achetés en oisellerie.

Solution pratique : en fonction de l’âge, environ 50 à 80 vers de farine de taille moyenne (= 2 à 2,5 cm de long) chaque jour, que vous distribuerez en 6 à 8 repas. Ajoutez 2 grammes de pâtée pour insectivores humectée, et quelques gouttes de compléments nutritifs vitaminés (par exemple : Alvityl ou Tonivit, en pharmacie).

- de la viande hachée mais vous devrez alors augmenter la proportion de pâtée pour insectivores : environ une grosse cuillérée à soupe de cette pâtée pour un steak haché moyen.

Ration quotidienne : 5 boulettes de la taille d'une noisette ou d'une bille, à répartir sur la journée. Ajoutez quelques gouttes de compléments nutritifs vitaminés et du calcium (par exemple Sofcanis, chez le vétérinaire)

Attention à la conservation du mélange ci-dessus : elle doit se faire au froid pour éviter la multiplication des bactéries - mais les aliments ne doivent pas être donnés glacés.
NB : la viande hachée peut être remplacée par des croquettes sèches pour chien riches en protéines. Humectez-les pour en faire de petites boulettes et suivez la méthode " viande hachée " ci-dessus. Complétez par de la pâtée " insectivores " humectée et des compléments nutritifs vitaminés.
A chaque repas, faites boire le Martinet
Méthode 1 : A l'aide d'un compte-gouttes, déposez une goutte sur la commissure du bec et recommencez jusqu'à plus soif. Le Martinet ouvrira le bec et absorbera chaque goutte.
Ou bien trempez une petite baguette dans l'eau et déposez chaque goutte ainsi obtenue sur le côté du bec.
Méthode 2 : ouvrez le robinet tout doucement, jusqu'à obtenir un filet d'eau fin comme un cheveu, juste un peu plus que le goutte à goutte. Placez le bout du bec du Martinet devant ce filet d'eau : il va claquer du bec plusieurs fois, pour boire.
Comment bien tenir un Martinet ?
1. Je fais attention à la partie inférieure du bec, qui est cartilagineuse et très fragile chez le martinet
2. J’emprisonne doucement ses ailes à l’intérieur de la main
3. J’évite d’enserrer le ventre pour ne pas peser sur ses sacs aériens
Comment lui donner à manger ?
Je glisse un ongle entre les deux mandibules et, en soulevant doucement la mandibule supérieure, j'amène l'oiseau à ouvrir la bouche

Je peux ainsi introduire la nourriture et la pousser tout au fond du bec.


La courbe de poids des jeunes Martinets noirs
La courbe de poids moyenne des jeunes Martinets noirs, de leur naissance à leur envol, a été établie par le spécialiste français de cet oiseau, Gérard Gory, d'après le suivi de 168 poussins.

Pour savoir si le jeune Martinet que vous avez trouvé a un poids normal pour son âge :
1. Trouvez son âge approximatif en le comparant aux cinq poussins ci-contre (1 jour, 10 jours, 20 jours, 30 jours ou 40 jours)
2. En fonction de son âge, vérifiez sur la courbe ci-dessous que son poids se trouve dans la zone grise (poids normal)

vendredi 13 juin 2008

L'abandon n'est jamais une solution!

source : http://www.30millionsdamis.fr/la-fondation/nos-actions/sensibiliser.html

L’été, une période noire pour les animaux

Près de 60 000 chiens et chats devenus subitement "encombrants" vont être lâchement abandonnés, autant de pensionnaires supplémentaires pour les bénévoles des refuges déjà bien débordés.

Depuis plus de 20 ans, la Fondation 30 Millions d’Amis agit contre les abandons

  • en sensibilisant le public,

  • en tentant par tous les moyens de faire évoluer les mentalités,

  • en soutenant les refuges, derniers abris pour ces "laissés-pour-compte"

Des résultats significatifs ont déjà été obtenus :

le nombre d’abandons a été divisé par 6 depuis les années 80. Ce constat positif est dû notamment à toutes les actions de fond que la Fondation a pu entreprendre

Quelle est votre position par rapport aux zoos? réponse d'Élisabeth DE FONTENAY

Quelle est votre position par rapport aux zoos? Il faut les supprimer. Je connais des zoos écologiques ou éthologiques qui sont moins scandaleux que d'autres, mais les zoos sont une honte, ce sont des hôpitaux psychiatriques qui rendent fous les animaux! Il Y a un très beau livre d'Élisabeth Hardouin- Fugier et Éric Baratay sur l'histoire des zoos: cette histoire commence avec les ménageries des cours royales et elle se poursuit grâce à des alibis scientifiques, pédagogiques ou écologiques (29). Oui, il faut supprimer les zoos.

Que répondez-vous à ceux qui affirment que les zoos sont pédagogiques pour les enfants et nécessaires pour la survie des espèces?

Pour la survie des espèces il faudrait multi- plier les génothèques, puisque nous en sommes capables, et rendre les bêtes ainsi nées à leur environnement. Quant aux enfants, la première chose à faire est de ne pas les laisser regarder ce que la télévision montre tous les jours en ce moment: les bûchers. Ils ne comprennent plus rien: on les émerveille avec des histoires d'animaux et dans le même temps ils voient qu'on tue sans hésiter des millions de bêtes inoffensives et non malades. Donc si nous voulons commencer à familiariser les enfants avec les animaux et à leur faire comprendre ce qu'est un animal, expérience capitale dans leur développement, nous devons changer nos manières d'élever et d'abattre les animaux et de surcroît nous devons supprimer les zoos. On ne doit pas leur montrer des animaux rendus fous dans des cages. À cet égard je pense qu'il faut combattre aussi énergiquement les zoos que la corrida ou la chasse à courre.
Élisabeth DE FONTENAY - Philosophe

Propos recueillis par Jean-Marie Brohm. à Paris, le 20 mai 2001.
(29) Éric Baratay et Élisabeth Hardoin-Fugier, Zoos. Histoire des jardins zoologiques en Occident (XVI'-XX' siècles), Paris, La Découverte, 1998.
source : http://www.philagora.net/philo-fac/le-vivant/vivant-animal11.htm

"Un sanglant non-sens" Interview d'Élisabeth de Fontenay

"Un sanglant non-sens"

source : http://1libertaire.free.fr/EDeFontenay01.html

Élisabeth de Fontenay est professeur de philosophie à la Sorbonne. Elle a notamment consacré un ouvrage à la représentation philosophique des rapports entre les hommes et les animaux, des premiers temps de la philosophie grecque jusqu'à nos jours : le silence des bêtes (Fayard)

Le Figaro
Comment réagissez-vous face à toutes ces séries d'abattages systématiques en Europe ?

Élisabeth de Fontenay
Ma première réaction est de stupéfaction. Comment ne pas être frappé par l'insistance des médias sur les problèmes de santé publique et par la désinvolture qu'on manifeste face au destin cruel et absurde de ces bêtes abattues massivement et brûlées par dizaines de milliers sur des bûchers. Je prends la mesure de la difficulté qu'on rencontre à faire partager ce sentiment d'un scandale. Je crois avoir montré dans mon livre que tout dans cette civilisation productiviste et technicienne oublieuse de l'être de l'animal, nous menait à la possibilité de ce sanglant non-sens. Mais les choses ont pris de telles proportions et la plupart de ceux qui ont droit à la parole sont dans une si profonde inconscience de la signification de ce grand massacre que j'ai réagi par un mutisme dont je ne serai pas sortie si vous n'étiez pas venu me chercher. Ma seconde réaction est politique. Il faut dénoncer les responsables de ce désastre : la FNSEA, le Crédit agricole et le Ministère de l'agriculture en tant qu'unique instance où se confondent deux fonctions nécessairement conflictuelles : l'aide au développement de l'élevage, d'une part, les instances de contrôle, de l'autre.

Le Figaro
Que pensez-vous des images et des photos qui montrent ces abattages ?

Élisabeth de Fontenay
On est envahi par des images et des dessins complaisants d'animaux frappés de comportements erratiques dont on se moque, puis d'animaux morts tirés par des grues, complètement désarticulés, encore entiers mais grotesquement déformés, avec la langue pendante, les yeux égarés. j'ai l'impression que l'on photographie cela à la fois pour nous faire rire et pour nous faire peur : " Regardez comme ces pauvres grands corps effrayants sont cocasses."serions-nous tous devenus des équarrisseurs habitués et endurcis ? quand Rembrand et Soutine peignent un boeuf écorché ou un quartier de boeuf, ils pratiquent un humanisme de la forme, ils expriment une piété, une piété de la peinture envers ceux qui ont été tués pour que des hommes se nourrissent. Alors que ces photos et ces dessins me semblent extrêmement déshumanisant. On oublie la sensibilité qui caractérise tous ces "animés" et la conscience du stress dont sont pourvus les mammifères, on tient pour nul et non avenu le rapport immémorial, le lien symbolique fort et profond, la communauté des vivants qui lie l'homme et l'animal sur notre terre.

Le Figaro
N'impose-t-on pas aussi une image de la mort singulièrement atroce ? Ces images semblent renvoyer à une époque que l'on croyait révolue.

Élisabeth de Fontenay
Les civilisations dont nous sommes issus pratiquaient le sacrifice : on offrait un animal qui devait toujours être parfaitement sain à Dieu ou aux dieux. On en brûlait une partie, en hommage à la divinité, on en mangeait une autre. parfois on brûlait tout l'animal et cela s'appelait un holocauste. C'est cela même qu'on pratique en ce moment sauf que, premièrement, les animaux sont malades, et que, deuxièmement il n'y a plus de dieux : notre dieu unique c'est désormais notre sacro-sainte assiette. Sur le plan symbolique, culturel, cela indique une déstructuration dont personne, apparemment, ne veut rien savoir. Autre analogie trompeuse avec l'antiquité : on appelait "hécatombe" l'abattage sacrificiel de cent boeufs. Vous constatez que ce mot apparaît comme un euphémisme face à l'extermination de millions de bovins, d'ovins et de porcs. L'abattage industriel fait déjà de la mort administrée un acte purement technique. mais cette démesure dans la technicisation des vivants éclate au grand jour maintenant que les animaux sont massacrés pour rien, pour que nous ne les mangions pas.

Le Figaro
Les mobiles de ces abattages sont-ils clairement perçus ?

Élisabeth de Fontenay
Les gouvernants disent mettre en oeuvre actuellement une logique sanitaire. De surcroît, les éleveurs se soumettent à une logique économique qui consiste, en ce moment de crise du marché, à gagner de l'argent en abattant. Il y a derrière ces cohérences quelque chose de magique qui ne relève donc pas seulement de la rationalité purement instrumentale qui nous a amenés à cette situation insensée. Les gouvernants européens en viennent à des conduites archaïques constatant une contradiction à peine imaginable, à savoir que des politiques démocratiques fondées sur la pensée du futur, la planification, le progrès n'ont pas su prévoir, pire ont contribué à provoquer un tel danger pour les populations. Ils multiplient des simulacres d'holocauste comme pour expier le crime qui aura consisté à ne plus traiter que de manière industrielle la naissance, la vie et la mort de ces vivants qui ne sont pas des biens comme les autres, qui ne sont pas des choses dont on peut faire n'importe quoi suivant les caprices d'un anthropocentrisme forcené. De la faute ou de l'expiation, on se demanderait ce qui a les plus terribles effets.

Le Figaro
Contestez-vous le principe de précaution qui est aujourd'hui invoqué ?

Élisabeth de Fontenay
On dirait que le principe de précaution est, comme la pauvre vache, devenu fou. On le pousse, peut-être pour des raisons politiciennes, à un excès de radicalité qui l'apparente à de l'imprudence. pourquoi, par exemple, faudrait-il abattre les troupeaux dans lesquels des animaux sont affectés par la vieille fièvre aphteuse de nos campagnes, puisque cette maladie n'est pas mortelle et qu'elle ne contamine pas l'homme ? N'est-on pas inconséquent dans l'excès de précaution comme on l'a été dans le productivisme de l'industrie agroalimentaire. Dans les deux cas, on fait preuve d'irresponsabilité envers des bêtes dont nous avons la garde et envers les hommes. Cette extermination industrielle d'animaux peut en effet avoir des conséquences qui, sur le plan symbolique, se révéleront, je le répète, déshumanisant. bien sûr, il faut prioritairement veiller sur la santé des êtres humains, mais il ne suffit pas de prendre soin des corps, il faut veiller aussi sur nos représentations et nos pratiques de la vie et de la mort. Nos traditions étant dorénavant abolies par le progrès des techniques d'élevage et par le marché mondial, il aurait fallu introduire des règles éthiques dans nos relations avec les bêtes.
Au XIX me siècle, les défenseurs des animaux étaient tous des républicains : Michelet, Hugo, Scoelcher, Clémenceau. C'est au nom de la République et de la démocratie qu'ils demandaient que l'on traite moins mal "nos frères inférieurs". Ils nous ont fait comprendre que la question animale est une question politique et qu'elle recoupe celle du genre de vie des hommes. Mais on dirait que de cette tradition-là aussi nous ne voulions plus rien savoir.

Le Figaro
Sommes-nous condamnés à être végétariens ?

Élisabeth de Fontenay
Je ne le suis pas, par paresse et par crainte de la désocialisation qu'implique le fait de ne pas se nourrir comme les autres. J'essaie donc de partir d'un consensus selon lequel il est plutôt bon pour les hommes de manger un peu de viande. Mais il faut reconnaître que l'état des choses actuel donnerait raison à ceux qui voudraient qu'on s'abstienne de tuer pour manger puisqu'on en est venu à tuer pour ne pas manger. Toutes ces vies animales interrompues en pure perte montrent en tout cas que notre culture de technicisation du vivant est fondamentalement nihiliste. Nous empestons la mort. C'est seulement en changeant complètement les modes d'élevage qu'on aboutira à un abattage moins inhumain.

Le Figaro
Les animaux de ferme sont-ils encore des animaux comme les autres ?

Élisabeth de Fontenay
Il n'y a plus d'animaux domestiques. Les animaux de ferme ne se reproduisent en quelque sorte plus, on les produit désormais en série. Bientôt, sans doute, on les clonera systématiquement. Depuis que nous n'avons plus besoin des bêtes comme compagnons de travail ou pour nous transporter, leur engendrement leur vie n'ont plus de valeur autre qu'alimentaire ou pharmaceutique, ce ne sont plus que des matières premières ou des laboratoires. Mais si nous devons continuer d'aller, plus ou moins allégrement vers un mode de vie entièrement technicisé, il serait sans aucun doute plus simple d'éliminer complètement et définitivement de nos existences tout rapport, même d'ingestion, avec l'impure, angoissante et merveilleuse effervescence de la vie dans les vivants.

Interview d'Élisabeth de Fontenay dans le journal "Le Figaro" du 6 mars 2001.

mercredi 7 mai 2008

Je pense que je pourrais vivre parmi les animaux...Walt Whitman [les ateliers d'écriture de Valérie Meynadier]

"Je pense que je pourrais vivre parmi les animaux tant ils sont paisibles et réservés.

Je les observe depuis longtemps et ne les vois pas gémir sur leur condition, ni rester éveillés la nuit pleurant sur leurs pêchés.

Ils ne m'écoeurent pas à discuter de leurs devoirs envers Dieu.

Aucun n'est insatisfait, aucun n'est obsédé par la rage de posséder des choses.

Aucun ne s'agenouille devant un autre, ni devant ceux de son espèce qui vécurent il y a des milliers d'années.

Aucun sur toute la terre ne se veut respectable ni pitoyable."

Walt Whitman

nb : Remerciements à Valérie pour la qualité de ses ateliers d'écriture,

pour le choix des auteur/e/s qui soutiennent la pertinence de ses consignes,

si vous habitez la région de Montpellier et que l'expérience vous tente...
ou si vous souhaitez la contacter pour qu'elle anime un atelier près de chez vous ...n'hésitez pas!

son mail : valriegabriel@yahoo.fr


vendredi 4 avril 2008

Une biennale cautionne un monstre, pétition contre un artiste tortionnaire



Guillermo Vargas Habacuc, soit une nouvelle sorte d'artiste : les tortionnaires!
Qu'une telle hérésie, aberration demande à être réitérée au nom de sa dimension arstistique, par un comité faisant autorité en matière d'art est révoltant!
INSOUTENABLE, oui!

Comment peuvent-ils cautionner cet acte monstrueux, comment?

Le publc lui-même par son impassibilité ne se rend-t-il lui-même complice d'un tel sévice?

La nature humaine...c'est grandiose dans l'atrocité, chaque jour apporte son lot de sidérations!

La nature d'une oeuvre d'art ne réside-t-elle dans sa valeur symbolique, l'oeuvre d'art dit l'horreur, la difformité du coeur humain mais sans commettre le crime, sans récidive, l'oeuvre d'art est aux antipodes du reality show, de ce "vous allez assister à l'agonie", aussi combien cette citation de Milan Kundera est-elle d'actualité!

Malade! Le monde l'est!
Les hommes le sont! Malades!

Oui, "le véritable test moral de l'humanité, ce sont les relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux.", les enfants, les viellards, les malades, les handicapés et les femmes, pourrais-je ajouter...

sémaphore

nb : remerciements à Mauvaise herbe pour ce signalement.


"Il n'y a aucun mérite à bien se conduire avec ses semblables.[...] On ne pourra jamais déterminer avec certitude dans qu'elle mesure nos relations avec autrui sont le résultat de nos sentiments, de notre bienveillance ou haine, et dans quelle mesure elles sont d'avance conditionnées par les rapports de force entre individus.
La vraie bonté de l'homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force.

"Le véritable test moral de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu'il échappe à notre regard), ce sont les relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. Et c'est ici que s'est produite la faillite fondamentale de l'homme, si fondamentale que toutes les autres en découles."

Milan Kundera in l'insoutenable légèreté de l'être(p.420-421)

Pétition

source : http://lezzone.over-blog.com/article-18411158-6.html#anchorComment

En 2007, Guillermo Vargas Habacuc, supposément un artiste, a pris un chien abandonné dans la rue, l'attacha avec une très courte corde au mur d'une galerie d'art et l'a laissé mourir lentement de faim et de soif.

Pendant plusieurs jours, autant l'auteur de cette cruauté tout comme les visiteurs de la galerie d'art ont observé impassible l'agonie du pauvre animal jusqu'à sa mort d'inanition après avoir passé par un calvaire douloureux, absurde et incompréhensible.

Ce n'est pas tout : la prestigieuse Biennal Centroaméricaine d'Art a décidé, de façon incompréhensible, que la sauvagerie que venait de commettre cet individu était de l'art et en conséquence, Guillermo Vargas Habacuc a été invité a répété sa cruauté dans la version 2008 de l'événement. EMPÊCHONS-LE !


Signez cette pétition à cette adresse : http://www.petitiononline.com/13031953/petition.html

samedi 8 décembre 2007