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lundi 18 août 2008

Violences impunies contre les femmes


Violences impunies contre les femmes

Les violences contre les femmes font l'objet de deux rapports d'Amnesty International rendus publics le 6 mars 2001 à Paris et aux Etats Unis

Le premier, intitulé "Torture : ces femmes que l'on détruit", publié par la section française d'Amnesty International, indique qu'une femme sur cinq dans le monde est victime de la torture au quotidien et que la torture "est enracinée dans une culture qui, partout, refuse aux femmes l'égalité des droits avec les hommes et tente de légitimer la violence à leur égard." Le rapport est publié en anglais sous le titre : "Broken bodies, shattered minds. Torture and ill-treatment of women" [Corps brisés, volontés détruites].

Assez !S'appuyant sur des statistiques de la Banque mondiale, Amnesty souligne qu'une femme sur cinq est ou a été victime de violences physiques ou d'agressions sexuelles. En Inde, la proportion s'élève à 40 % et en Egypte, à 35 %. L'organisation, qui cite de nombreux témoignages de femmes et de jeunes filles battues et violées, ajoute que "les tortionnaires" sont "le plus souvent de membres de leur famille ou de leur communauté, ou encore de leurs employeurs."

La rapport de l'organisation de défense des droits de l'homme rappelle les horreurs qui frappent trop souvent la femme dans les sociétés humaines - depuis Zeynep Avci torturée à l'électricité, sodomisée et violée par des policiers en Turquie jusqu'aux nombreuses jeunes épouses brûlées ou défigurées à l'acide par leurs belles familles dans le sous-continent indien.

Amnesty demande aux Etats de "condamner publiquement les violences infligées aux femmes, à les interdire dans leur législation, à ouvrir une enquête sur toute allégation de violences, ainsi qu'à traduire en justice et à sanctionner leurs auteurs."

Le deuxième concerne "les mauvais traitements contre les femmes en prison" aux Etats-Unis. Il cite le cas de 1.000 femmes ayant subi des violences sexuelles en prison, par exemple dans le centre de détention de Turner Guilford Knight à Miami (Floride). L'organisation indique que, dans certains Etats, le détenu peut être tenu pénalement coupable de contacts sexuels avec un gardien. Seuls trois des cinquante Etats américains interdisent la fouille au corps par un gardien d'un autre sexe.

Amnesty juge "barbare" que l'on puisse enchaîner dans les prisons des Etats-Unis des femmes enceintes ou même - ce qui est autorisé dans 18 Etats - en train d'accoucher.


- Torture. ces femmes que l’on détruit


La torture des femmes et des fillettes se perpétue au quotidien dans l'ensemble du globe, indique Amnesty International dans son rapport "Ces femmes que l'on détruit". "Elle est enracinée dans une culture qui, partout, refuse aux femmes l'égalité des droits avec les hommes et tente de légitimer la violence à leur égard."

"Les tortionnaires sont parfois des agents de l'Etat ou des membres de groupes armés, mais il s'agit le plus souvent de membres de leur famille ou de leur communauté, ou encore de leurs employeurs. Pour un grand nombre de femmes, le foyer est un lieu de terreur."

Le calvaire de "K"

"K.", originaire de République démocratique du Congo, était mariée à un officier de l'armée qui la torturait régulièrement, bien souvent sous les yeux de ses enfants. Il la violait sans cesse et lui transmettait des maladies vénériennes. Il la menaçait fréquemment de l'abattre avec son pistolet. Un jour, elle a perdu une dent, a eu la mâchoire disloquée et a reçu dans l'oeil un coup de poing si violent qu'il a fallu lui faire des points de suture. Par la suite, elle a ressenti des douleurs continuelles au nez, à la nuque, à la tête, à la colonne vertébrale, à la hanche et au pied.

"K.", qui a fini par demander l'asile aux Etats-Unis, a affirmé qu'il aurait été vain de s'adresser à la police, à la fois en raison des liens unissant son mari avec la famille au pouvoir et parce que "les femmes ne sont rien au Congo". Un juge des services d'immigration américains a qualifié d'"atrocités" les violences qu'elles avait subies. Il a pourtant rejeté sa demande d'asile, décision qui a été confirmée en appel.

La violence au foyer : un phénomène universel

Le rapport d'Amnesty International s'inscrit dans le cadre de sa campagne mondiale contre la torture. L'organisation y exhorte les gouvernements à protéger les femmes et les fillettes contre les actes de torture. Ceux d'entre eux qui ne prennent aucune mesure pour les protéger contre la violence, qu'elle soit exercée au foyer ou au sein de la collectivité, ont leur part de responsabilité dans la torture et les autres formes de mauvais traitements qu'elles subissent.

"Aux termes du droit international, les Etats sont tenus d'interdire et de prévenir la torture, et ils doivent prendre des mesures contre ces violences en toute circonstance. Or, bien trop souvent, loin de fournir une protection suffisante aux femmes, les gouvernements se sont rendus complices de ces exactions, les ont dissimulées et cautionnées. Ils ont laissé la situation se perpétuer."

La violence au foyer est un phénomène universel. Les statistiques de la Banque mondiale montrent qu'au moins 20% des femmes dans le monde ont été victimes de violences physiques ou d'agressions sexuelles. Selon des rapports officiels publiés aux Etats-Unis, une femme est battue toutes les 15 secondes et 700.000 sont violées chaque année. En Inde, plus de 40% des femmes mariées ont affirmé être giflées, frappées à coups de pied ou agressées sexuellement pour divers motifs, par exemple parce que leur mari est mécontent de leur cuisine ou de la tenue du ménage, ou parce qu'il est jaloux. En Egypte, 35% des femmes ont déclaré que leur mari les battait.

Des "crimes d'honneur" signalés dans plusieurs pays arabes


Certains groupes de femmes, particulièrement exposés à la torture et aux mauvais traitements, font l'objet d'une discrimination aux multiples facettes. Ces femmes sont torturées non seulement en raison de leur sexe, mais aussi du fait de leur race, de leur origine ethnique, de leurs préférences sexuelles, de leur situation sociale, de leur classe et de leur âge.

Les employées de maison, ressortissantes étrangères pour la plupart, sont souvent maltraitées par leurs employeurs. Elles peuvent rarement obtenir réparation du fait de leur situation d'immigrées.

Nasiroh, une jeune indonésienne, est partie travailler en Arabie saoudite en 1993. Elle a déclaré à Amnesty qu'elle avait été agressée sexuellement par son employeur, puis accusée à tort de l'avoir tué. Elle affirme aussi avoir été torturée et soumise à des violences sexuelles par des policiers pendant sa détention au secret qui a duré deux ans. Aucun représentant de son ambassade n'est jamais venu la voir. Son procès a été tellement expéditif qu'elle ne savait même pas qu'elle avait été condamnée. Elle ne sait toujours pas quel est le "crime" qui lui a valu de passer cinq ans en prison.

Des "crimes d'honneur", qui vont jusqu'à la torture et l'homicide, sont signalés dans plusieurs pays, dont l'Irak, la Jordanie, le Pakistan et la Turquie. Des femmes et des fillettes de tout âge sont accusées d'avoir, de par leur comportement, déshonoré leur famille et leur communauté. Cette inconduite peut aller du simple bavardage avec un voisin de l'autre sexe aux relations sexuelles en dehors du mariage. La simple impression qu'une femme a porté atteinte à l'honneur de la famille peut conduire à la torture ou à d'autres mauvais traitements.

Des femmes achetées ou vendues

Les femmes qui ont été achetées et vendues à des fins de travail forcé, d'exploitation sexuelle ou de mariage forcé sont également exposées à la torture. Après la drogue et les armes, la traite des êtres humains constitue la troisième source de profit pour le crime organisé international. Les femmes qui en sont victimes sont particulièrement vulnérables aux violences physiques, notamment au viol, à l'enfermement illicite, à la confiscation de leurs papiers d'identité et à l'esclavage.

Dans les conflits armés, les femmes sont souvent victimes de torture en raison de leur rôle d'éducatrices et en tant que symboles de leur communauté. Ainsi, pendant le génocide perpétré au Rwanda en 1994 et le conflit en ex-Yougoslavie, des femmes tutsi, musulmanes, serbes, croates et kosovares ont été torturées parce qu'elles appartenaient à un groupe ethnique, national ou religieux particulier.

Les femmes qui ont été victimes de torture peuvent rencontrer de nombreux obstacles lorsqu'elles tentent d'obtenir réparation, notamment : l'indifférence de la police, l'absence de dispositions pertinentes dans la législation pénale, les partis pris sexistes dans le système judiciaire et les procédures pénales nuisant à l'équité des poursuites.

Lorsqu'elle avait quinze ans, Mme G. a été troquée par ses parents qui l'ont donnée comme épouse à un voisin afin qu'il les aide à rembourser un emprunt contracté pour leur ferme, au Salvador. Son mari avait l'habitude de la violer et de la battre, au point qu'elle a dû être hospitalisée. Mme G. s'est rendue deux fois à la police pour demander une protection, mais les policiers ont déclaré qu'il s'agissait d'un problème personnel. À l'âge de vingt ans, elle a pris la fuite en compagnie de ses deux enfants, mais ses parents et son mari l'ont retrouvée, et ce dernier l'a frappée à coups de bâton tandis que sa mère la tenait immobilisée. Mme G. s'est alors enfuie aux Etats-Unis, où elle a déposé une demande d'asile, mais elle a été informée qu'elle serait rapatriée dans son pays.

Dans certains pays, les femmes ne sont pas autorisées à comparaître en justice

Dans de nombreuses régions du monde, la police s'abstient régulièrement d'enquêter sur les cas de violence allégués par les femmes et les renvoient souvent à leur triste sort au lieu d'enregistrer leur plainte. Une étude menée en Thaïlande a montré que la police leur conseille généralement de se réconcilier avec leur partenaire et qu'elles doivent souvent acheter les policiers pour qu'ils engagent des poursuites. Seuls 27 pays sont dotés de dispositions législatives contre le viol conjugal.

Au Pakistan, les femmes victimes de viol qui ne parviennent pas à prouver qu'elles n'étaient pas consentantes peuvent être elles-mêmes accusées de zina (fornication), crime puni de mort par lapidation, ou de flagellation en public. Dans certains pays, les femmes ne sont pas autorisées à comparaître en justice : ce sont les hommes de leur famille qui sont censés représenter leurs intérêts. En Arabie saoudite, les femmes qui sortent de chez elles pour demander l'aide de la police risquent une arrestation pour s'être montrées en public sans être accompagnées par un parent de sexe masculin.

"Il est grand temps pour les gouvernements de reconnaître que la violence exercée au foyer et dans la communauté n'est pas une affaire privée, mais qu'elle met en jeu la responsabilité des Etats. Les normes internationales indiquent clairement que les Etats sont tenus de s'assurer que nul n'est soumis à la torture ou à d'autres mauvais traitements, quels que soient leur auteur ou leur contexte", indique Amnesty. "En ne tenant pas compte de cette obligation, ils partagent la responsabilité des souffrances qu'ils n'ont pas empêchées."

Sources : Amnesty International, Québec, mars 2001.

mardi 22 avril 2008

un pavé dans la mare pascalienne...

« Au lieu de faire que ce qui fut juste fut fort,

on a fait que ce qui fut fort fut juste. »

Blaise Pascal extrait des Pensées


illustration Ougen

Violences policières en images



illustration Ougen



Nicolas Sarkozy et la violence policière : le film

source : prochoix
Vu par déjà plusieurs centaine de milliers d'internautes, ce film réalisé par un bloggeur aborde le climat de violences, notamment policières, favorisé par Nicolas Sarkozy.

Le Vrai Sarkozy
Vidéo envoyée par reso69

samedi 15 décembre 2007

Le nouveau campement des Enfants de Don Quichotte évacué par la police

Le nouveau campement des Enfants de Don Quichotte évacué par la police
LEMONDE.FR avec AFP | 15.12.07 | 12h39 •

Quelques heures après avoir été installé, près de Notre-Dame de Paris, le nouveau campement des Enfants de Don Quichotte a été évacué par les forces de l'ordre, samedi 15 novembre. Les gendarmes mobiles, qui sont intervenus sans casques ni boucliers, ont démonté l'ensemble des tentes, qu'ils ont chiffré à plusieurs dizaines. Augustin Legrand, porte-parole de l'association, avait auparavant déclaré que 250 tentes avaient été montées, soit presque autant qu'au plus fort du campement installé l'an dernier, à la même période, le long du Canal Saint Martin.


Denis Baupin dénonce "la violence incroyable déployée par les forces de police"


Denis Baupin, adjoint Verts au maire de Paris, s'est rendu sur les lieux que tentaient d'investir les Don Quichotte, samedi matin, pour apporter son "soutien" à l'action menée par l'association. Après l'intervention des forces de l'ordre, il a dénonce " la violence incroyable qui a été déployée par les forces de police pour déloger ce début de campement". "La réponse à apporter au scandale du mal logement n'est ni la matraque, ni jeter des individus dans la Seine, mais d'apporter des réponses immédiates, concrètes, à tous ces gens en situation d'urgence", a-t-il déclaré, demandant "la réquisition des milliers de logements vacants, l'augmentation de l'offre de logements sociaux et un coût d'arrêt à la spéculation immobilière". – (Avec AFP.)

L'intervention des forces de l'ordre ne s'est pas déroulée sans heurts. Dans une bousculade, un militant de l'association est tombé dans la Seine avant d'être rapidement secouru par un policier de la brigade fluviale, dont deux canots pneumatiques et une barge avaient été mobilisés. Il a été remonté sur le quai puis interpellé. Jean-Baptiste Legrand, frères d'Augustin, a également été interpellé.

Les militants de l'association se sont ensuite rassemblés sur le parvis de la cathédrale pour appeler les Parisiens à venir "exprimer leur solidarité" avec les sans abri. La présence de deux tentes sur le parvis a provoqué une nouvelle intervention des autorités, plus rude que la précédente, selon un journaliste de l'AFP.

"PROMESSES NON TENUES"

Le gouvernement avait averti, vendredi, qu'il ne tolèrerait aucun nouveau campement. La ministre du logement, Christine Boutin, avait prévenu qu'elle "n'acceptera pas d'avoir des tentes, donc elles seront évacuées par les forces de police". Tout en soulignant que "le campement des Don Quichotte a eu le mérite [en 2006] de sensibiliser les politiques, l'opinion, (...) sur la gravité de la situation", Mme Boutin avait estimé qu'"à la fin de ce campement les personnes (...) se sont retrouvées dans des conditions sanitaires et psychologiques beaucoup plus graves que quand elles étaient entrées sous la tente". Elle a exhorté "les personnes qui seraient sollicitées pour aller sous la tente de ne pas y aller"

Pour Augustin Legrand "les promesses non tenues" du gouvernement, qui font que "cette année encore, plusieurs milliers de personnes dorment sur les trottoirs", justifient cette nouvelle action. Il rappelait, jeudi, que "sur les 27 000 places [d'hébergement durable] promises", "14 000 seulement [sont] disponibles".

Le Secours Catholique, qui avait apporté son soutien à cette nouvelle opération dans un communiqué, s'est dit "atterré" par les déclarations de Mme Boutin, selon lesquelles "les objectifs en termes d'hébergement (des sans abri) étaient atteints". "Nous gérons des centres, ils sont remplis à plus de 100%. Il n'y a pas de place disponible", a affirmé son secrétaire général, Pierre Levené. "Réouvrir des gymnases pour accroître les capacités d'accueil, c'est un bond en arrière de 20 ou 30 ans (...) nous sommes très inquiets en cette période hivernale car il manque un nombre important de places d'hébergement", a-t-il ajouté. Le Secours Catholique a indiqué qu'il allait "apporter un soutien humanitaire aux personnes à la rue présentes sur le campement" des Don Quichotte.

Fac de Lettres évacuée à Montpellier : violences policières

Intervention de la police à la fac Paul Valéry

Par Le correspondant LCR 34,
mardi 11 décembre 2007 à 08:07 :: Actualités locales et régionales

15 policiers de la BAC ont débarqué lundi matin, suivi par les CRS et ont fait évacuer l’université Paul Valéry vers les 12h avec utilisation de gaz lacrymogène et de grenades aveuglantes (flashbang) qui ont même blessé des étudiants. Deux d'entre eux ont été arrêtés. La riposte s'organise avec une AG du personnel ce mardi matin. Voir ci-dessous. Communiqués de SUD étudiants, du SNES Sup (FSU), de la LCR 34 ci-dessous aussi.

Le président de Paul Valéry, Miossec, a fermé administrativement une fois de plus la fac, et au vue de ses propos (notamment rapportés dans le Montpellier plus de ce matin), il y a de grosses chances qu’elle reste fermée jusqu’aux vacances.
Il y a eu aussi lundi matin une intervention policière sur le lycée Mas de Tesse mais aucune arrestation.
Sur la fac de sciences, pas d’intervention policière, mais l’AG d’aujourd’hui, suite au refus de l’administration de banaliser une demi-journée, n’a réuni que 200 personnes et le blocage n’a donc pas été remis à l’ordre du jour.

Ce matin, mardi 11/12 un rassemblement à l'appel des personnels, s'est tenu devant les grilles fermées de la Fac de Lettres (300-400 personnes). Des initiatives ont eu lieu en ville aujourd'hui et une manifestation est prévue Jeudi 13/12 à 14h30 au Peyrou. La démission du président de l'université a été votée à l'unanimité (-2) comme l'avaient déjà voté la section SNESUP et les étudiants en lutte.
Une démarche auprès de la justice s'organise ( collecte de certificats médicaux, attestations d'entrée au service des urgences) pour répondre aux violences policières qui ont frappé les étudiants

COMMUNIQUÉ DU SNES-SUP PAUL VALERY

Alors qu'aucun incident notable ne s'est produit, contrairement à ses allégations, le président a
- interrompu la séance du CEVU qui devait se prononcer sur l'offre de formation (toutes les licences et certains masters) à transmettre en urgence au Ministère et annoncé qu'il ne remonterait pas cette offre, - fait évacuer illico le bâtiment administratif,
- annoncé la seconde fermeture administrative en un mois de l'Université, et "au moins jusqu'à Noel"
- fait intervenir la police pour évacuer le campus (deux arrestations)
. Ni le président, ni le secrétaire général - garants du maintien de l'ordre - n'ont accompagné en personne l'intervention policière sur le campus. Seules la maturité et la responsabilité des 200 à 300 étudiants, alors présents, ont pu éviter que des incidents graves se produisent.
Depuis un mois et demi, le président fait la preuve de son incapacité à mener le dialogue social et laisser le débat démocratique se dérouler, à gérer la crise universitaire, à assurer la continuité du service public et maintenant il hypothèque gravement l'avenir de l'offre de formation de l'université et donc l'existence de celle-ci. Il doit en tirer les conséquences et démissionner !
Le SNESup en appelle donc au Recteur, chancelier des Universités, pour assurer la continuité des missions de l'Université. Il appelle les autres syndicats, soucieux du service public, à s'associer à la demande d'audience que le SNESup, la CGT et Sud déposent auprès du Recteur.
Le Snesup dénonce l'intervention policière et la fermeture de l'Université. Il demande la tenue, en urgence, d'un CA extraordinaire.
Il appelle tous les personnels à se retrouver mardi 11 décembre à 11h devant les grilles Vasarely de l'Université pour analyser la situation et décider des actions à entreprendre.

Snesup-UPV, lundi 10 décembre 2007, 12h30


COMMUNIQUÉ DE SUD ETUDIANT 34

La mobilisation étudiante réprimée violemment !


L'Assemblée Générale du jeudi 6 décembre tenue à l'Université Paul Valéry a reconduit les piquets de grève jusqu'à mercredi. Les étudiant-es, et ce comme vendredi matin, étaient par conséquent présent-es pour faire respecter les mandats de l'assemblée. Parallèlement, le président de l'université, Jean-Marie Miossec, a continué à exacerber les tensions, par la menace d'un semestre blanc (pourtant récusé par la majorité des enseignant-es) et par des communiqués appelant à reprendre les cours par tous les moyens. Certains administratifs à sa solde agressent régulièrement les grévistes, par des insultes (« Khmers rouges », « jeunesses Hitlériennes »...), des menaces (afficher les noms et les photos des grévistes) et des pressions physiques (interventions contre les piquets...). Devant l'échec de ces tentatives pourtant répétées, il a décidé unilatéralement de fermer administrativement le campus à partir de lundi midi et ce jusqu'aux vacances de Noël. Avant même l'horaire fixé par le Président, les forces de police (Brigade d'Intervention et Brigade Anti Criminalité...sic) sont entrées sur le campus. Elles ont attaqué sans sommation l'amphithéâtre où les étudiant-es se réunissaient pour décider de la conduite à tenir (un étudiant interpellé). Fuyant les matraques, les étudiant-es se sont regroupé-es devant le bâtiment administratif où une autre interpellation a été perpétrée. Par la suite, de nombreux étudiant-es ont été gazé-es (bombes au poivre, lacrymogènes...), matraqué-es et plusieurs d'entre eux/elles blessé-es par les éclats des grenades offensives. Ils/elles ont immédiatement été conduit-es à l'hôpital.

Face à la mobilisation qui s'organise dans les Universités, notamment contre la LRU, le gouvernement et ses cerbères ne cherchent même plus à défendre leur propre loi. Au lieu de cela ils préfèrent réprimer et écraser la contestation, encourager les Présidents d'Universités à fermer les campus universitaires par l'envoi des forces de l'ordre contre les grévistes. Une nouvelle étape a été franchie ce matin, devant l'ensemble de la communauté universitaire, avec l'utilisation de policiers armés pour briser les piquets de grève. Nous prenons acte de la radicalisation du gouvernement et de notre présidence, ce qui nous conforte dans la pertinence et la légitimité de notre lutte. Alors que nous défendons une Université gratuite, publique, ouverte à toutes et à tous, la titularisation des personnels de plus en plus précaires, le renforcement de la recherche fondamentale indépendante des intérêts privés, la réponse du gouvernement est la matraque, les gaz lacrymogènes et les fermetures administratives. Nous dénonçons de même la relative absence et la diabolisation du mouvement étudiant dans les médias. Nous pensons que la presse n'est pas libre en raison de trop nombreuses collusions entre le gouvernement et patrons de groupes de presse. Depuis deux mois, partout en France des Universités se mobilisent contre la casse systématique de nos acquis sociaux et subissent en retour une répression médiatique et policière qui se rapproche des méthodes des régimes autoritaires.

SUD-Etudiant condamne toute intervention policière dans les Universités, apporte son soutien aux grévistes arrêtés aujourd'hui, et dénonce les tensions entretenues par l'équipe présidentielle de Montpellier III. Nous exigeons la libération immédiate de nos compagnons, sans poursuite judiciaire, poursuites qui n'ont d'autre but que de justifier ces violences.

Nous exigeons également la démission du président et soutenons en cela les décisions de l'Assemblée Générale étudiante. Pour la quatrième fois en deux ans les forces de l'ordre interviennent sur le campus, fait inédit et intolérable!

Nous apportons également notre soutien aux lycéen-nes grévistes de Joffre, Monnet et Jules Guesde, évacué-es par les forces de l'ordre ce matin et poursuivi-es par leur proviseurs pour faits de grève!

SUD-Etudiant Montpellier

COMMUNIQUÉ DE LA LCR 34

La répression policière ne règlera pas les problèmes de l’Education Nationale !


La LCR 34 condamne la provocation du Président de l’Université Paul Valéry qui a fait intervenir la police lundi 10 décembre, et décidé la fermeture administrative de l’université pour une durée indéterminée.
Ces interventions répétées aussi bien dans les lycées que dans les universités ne règleront aucun problème. Oui, l’Education nationale est en voie d’asphyxie fautes de moyens et de recrutements d’enseignants, (11200 suppressions de postes de lycées pour la rentrée 2008, réduction d’une année d’enseignement pour les bacs professionnels…), Oui la loi d’autonomie ouvre la voie à la privatisation comme le montrent déjà les financements de grandes entreprises…
Le gouvernement de Nicolas Sarkozy refuse de retirer la loi LRU et d’entendre les revendications du monde enseignant et il utilise la répression pour casser la mobilisation. La LCR réaffirme son opposition à la loi sur l’autonomie des universités, exige son retrait et affirme sa solidarité avec les manifestants étudiants et lycéens.

ARTICLE DU QUOTIDIEN MIDI-LIBRE

Édition du mardi 11 décembre 2007

Évacuation musclée et fermeture de Paul-Valéry

Bis repetita. Évacuée le 16 novembre dernier, fermée dans la foulée, rouverte le 29, la faculté de lettres a encore été vidée de ses occupants par une trentaine de policiers déterminés appelés sur place, hier matin. Le président Miossec a prononcé une nouvelle fermeture administrative.
De source enseignante (Snesup), trois étudiants ont été blessés à la cuisse, une à la tête, quatre ont été examinés aux urgences pour des troubles auditifs. Deux autres ont été interpellés et mis en garde à vue, l'un pour outrage et rébellion , l'autre pour port d'arme et intrusion dans un établissement scolaire , dans une ambiance tendue, ponctuée de quelques jets de grenades assourdissantes et de coups de tonfas. A midi, alors que le calme était revenu sur le campus, la direction justifiait la décision par les « insultes, agressions, coups contre les personnels et les étudiants, destruction de mobilier de la part de 300 bloqueurs et casseurs » : « Suite aux violences que l'université a connues ce matin lors de la tentative de reprise des cours, Montpellier III est fermée administrativement », indiquait un communiqué.

Le président de l'université avait averti avant le week- end : la reprise était la seule possibilité de sauver le semestre. Mais les premiers cours ont vite été interrompus, salles et amphis bloqués par des chaises empilées aux entrées. Dans la bousculade, des insultes ont fusé. La situation est restée floue jusqu'au début d'évacuation par la police, à 11 h, alors qu'une rumeur insistante parcourait le campus : « On nous envoie les flics. »
Les étudiants, rassemblés dans l'amphi A, hésitaient alors sur la stratégie à adopter. Un excité isolé proposait de « rassembler du matériel et d'aller à la charge » mais la tendance était plutôt d'appeler au calme : « Quand il y aura 200 CRS, on se posera la question de l'affrontement. Il y a juste quelques camions devant la fac. » Parmi les actions envisagées : rassemblement sur le parvis de la fac ou sur la Comédie.
Avec l'intervention soudaine d'une trentaine de policiers, le débat a tourné court, provoquant une bousculade vers la sortie. Une première personne est interpellée et menottée, un deuxième peu après.
Une grenade assourdissante atterrit dans la foule. Le face-à-face est très tendu, sous le regard médusé, souvent indigné, des enseignants. Un professeur est effondré : « C'est grave, on se demande où est le président. »« Je trouve ça scandaleux », s'insurge sa voisine. « Je suis outré, il n'y avait aucune raison d'intervenir. » A 11 h 30, les grilles de l'université sont fermées, 250 étudiants restent postés devant l'entrée. « On contrôle la situation », assure le commissaire divisionnaire.
La faculté une nouvelle fois vidée et, à l'intérieur, une poignée d'enseignants commente les événements : « Ce qui s'est passé est indigne. On n'est pas dans le contexte de la dernière fermeture administrative, où des personnes qui n'avaient rien à faire sur le campus s'étaient installées dans la fac. » Et tous de dénoncer « le chantage et le rapport de force instaurés par la direction, qui ont fait qu'on en arrive là ». Jean-Marie Miossec était injoignable hier.