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jeudi 18 décembre 2008

Entre charité, responsabilité sociale et avantages fiscaux

Entre charité, responsabilité sociale et avantages fiscaux

Concernant les entreprises, je me pose la question de leur rôle dans la société : philanthropie ou croissance économique?


par Diane Reinhard le 10-11-2008
source : les quotidiennes

C’est toujours avec un frisson de suspicion que je vois le mot Charité associé au mot Business, d’où interrogation devant l’accroche du dernier supplément de Bilan: Charity.

Par définition la charité n'est-elle pas La Vertu qui consiste dans l'amour de Dieu et du prochain, mais aussi dans le fait de faire l’aumône aux pauvres par pur plaisir de donner, dans l’anonymat?

Cependant philanthropie et responsabilité sociale se lient de plus en plus souvent aux mots avantages fiscaux, visibilité, gain d’image.

Fiscalité
Quand je lis que le système fiscal suisse en comparaison internationale est peu favorable au domaine de la philanthropie, je m’interroge sur les généreux donateurs. On ne donne donc plus une part de sa fortune par pure charité, mais pour payer moins d’impôts ? A ces fins en Suisse, les personnes physiques peuvent en moyenne déduire 20 % du revenu et les personnes morale entre 10 et 20% de leurs bénéfices, le sponsoring et toute autre dépense pouvant être associée au but commercial étant considérée comme charge commerciale, donc entièrement déductible.

Concernant les entreprises, je me pose la question de leur rôle dans la société : philanthropie ou croissance économique? Les bénéfices des sociétés doivent-ils servir à des dons pour suppléer au rôle de l’Etat? Ne doivent-ils pas plutôt servir à la formation continue, à l’investissement, à la création d’emploi, à la croissance et à la sauvegarde de l’environnement immédiat? En défiscalisant les dons, l’Etat n’encourage-t-il pas le détournement des bénéfices de leur utilisation première à savoir le développement économique durable?

Responsabilité sociale
Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, les entreprises patriarcales assumaient leur responsabilité sociale, occupaient des personnes à capacité de travail réduite et assumaient pleinement le coût de ces emplois. Maintenant, les entreprises qui intègrent ces personnes, perçoivent des subsides de l’Etat pour compenser leur perte de productivité et ont droit à la Une des medias.

Je ne critique pas le fait que les entreprises utilisent les fonds de l’Etat destinés à l’intégration sociale, car ces mesures sont généralement temporaires et exigent, il est vrai, un engagement social sur le long terme. Ce qui m’attriste est le fait que ces entreprises doivent être portées aux nues.

Je m’interroge aussi sur les pistes données par Pascal Vuistiner, rédacteur en chef adjoint de Bilan, pour soutenir la philanthropie et le «charity business». En effet, toutes passent par une défiscalisation ou des subventions, joli discours de moins d’Etat.

Le beurre, l’argent du beurre et… la charité
Les entreprises et les personnes fortunées ont-elles vraiment besoin de mesures incitatives telles baisse d’impôt, visibilité dans les médias pour assumer leur responsabilité sociale ?
Etat, de grâce, sauve Swissair, sauve l’UBS et sauve la Charité! La vraie, la pure, bien sûr!

mercredi 29 octobre 2008

Mille Milliards de Dollars film d'Henri Verneuil

..."une puissance aussi colossale concentrée dans les mains de si peu de personnes.. ça fait peur!"...
Paul Kerjean, journaliste (Patrick Dewaere)

Un extrait à revoir
...tellement d'actualité...

jeudi 17 juillet 2008

La révolte - Alejandra Pizarnik - L'appel pour le livre [pétition]

Un regard jeté du cloaque
peut être une vision du monde

la révolte consiste à regarder la rose
à s'en pulvériser les yeux

Alejandra Pizarnik, Oeuvre poétique

source : marque page Acte sud
à l'occasion de la fête des libraires
un livre une rose
Le prix du livre est unique!
La loi Lang a 25 ans (c'était en 2006..)

Et aujourd'hui que veut-il faire ce gouvernement qui n'a qu'une seule idée en tête, celle de détruire toutes les lois visant l'équité sociale et culturelle?!...

Évidement la loi Lang ça fait désordre dans leur volonté manifeste d'ériger la loi de la jungle comme unique principe!

Le danger c'est la menace faite à la diversité des ouvrages proposés.
Nombre de maisons d'éditions ont fermé.
Les librairies plient boutique.
L'inflation touche également le prix des livres, mais surtout si le pouvoir d'achat baisse quelle sera-t-elle alors la part du budget attribuée à leur acquisition?

Reste les bouquinistes, les médiathèques et le partage en ligne...bien que rien ne remplace un livre, un vrai, avec son odeur de papier, avec sa présence sous vos doigts et horreur pour les puristes où l'on peut mettre des petites étoiles de couleur, souligner suivant l'humeur, suivant la correspondance à un écho intérieur, voire annoter et poser des p'tits bouts de papier partout!

S'il importe de trouver une solution concernant le marché du livre visant à soutenir les petites maisons d'éditions et les librairies indépendantes, je doute fort que les mesures avancées par les membres de l'Union Mercantile et Profiteuse y songent une seconde!

Ainsi sont-ils prêts à nous faire croire que par soucis d'écologie il faille casser le marché du livre, bien voyons!
Supprimons les maisons d'éditions en commençant par celles qui n'ont pas voix au chapitre soit une écologie sectaire et pernicieuse, visant les contestataires, la mauvaise graine...

sémaphore

p.s. : Nous sommes aussi en droit de nous demander si la loi Lang n'a pas fait le jeu des grandes sociétés telles la fnac ou virgin au détriment des structures à dimension plus humaine?...
Alors peut-être nécessite-t-elle d'être réétudiée mais pour en renforcer ses principes fondamentaux.

Téléchargez l’appel pour le livre
appel-pour-le-livre

Téléchargez le dossier complet de l’appel pour le livre
pour-le-livre_le-dossier1

Signer l’appel EN CLIQUANT ICI

samedi 7 juin 2008

DESIRS d’AVENIR HERAULT le 7 juin à partir de 8h30 « Une politique de gauche : Les enjeux économiques et sociaux »

Débat participatif, le 7 juin à partir de 8h30

A l’invitation de DESIRS d’AVENIR HERAULT

« Une politique de gauche :
Les enjeux économiques et sociaux »

Le samedi 7 juin, de 9 h 00 à 12 h 00
(accueil à partir de 8 h30)
En présence de Jean-Pierre Mignard,
Président de DESIRS D’AVENIR


Maison de l'Occitanie
Salle Jacques 1er d’Aragon
place de la Révolution à MONTPELLIER

Accès par la passerelle des Barons de Caravètes
Tramway 1 et 2 (Arrêt Rives du Lez)
Coordination départementale : 06.16.13.91.58
imprimer le Flyer

mardi 29 avril 2008

Keny Arkana : "Un autre Monde est Possible"

durée : 60 min.

23 ans. Origines notamment argentines. Marseillaise. Inclassable. Un flow extraordinaire. Un fond hors norme (...).

C’est le fan, plus que le blogreporter qui s’exprime. Keny est LA rappeuse non pas du moment mais de "demain". Keny est un ovni, un extra-terrestre, une alter-terrestre, qui a les pieds rivés sur terre et le regard qui porte loin. Keny est en guerre. Permanente. Contre les inerties, les iniquités, les placebos de solutions, elle est LA RAGE, une rage nourrie de foi (la foi en la vie, l’autre, l’espoir, rien qui ne dorme dans des livres convenus et autres best-seller de la croyance dogmatique). Et Keny est amour. Un amour armé prés à incendier les immobilismes.

Elle s’appelle donc Keny Arkana,

Son album : "Entre ciment et belle étoile".

L’an passé - grâce ou via, et peu importe, une amie à l’ouie fine - je découvrais et bloguais son premier clip. Aujourd’hui Keny est "mainstream", Goncourisée par BBB. Vous ne la verrez pourtant pas sur les plateaux télé. "Pas demain", me confie-t-elle. Elle ne sera pas "l’alibi démocratique" d’un système qu’elle condamne et récuse. Elle ne sera pas la Bimbo péchue du PAF, la rappeuse explosive "caution du totalitarisme" aux rythmes rugueux et aux produits dérivés "made in misère".

Keny est une alter-terrestre. Qu’on se le dise.

Je vous propose de découvrir ici son clip, parmi les plus plébiscités chez Daily, son docu-carnet de route (filmée par la miss et réalisée par sa "sœur" Clem - sauf bug de dernière minute), mais aussi quelques titres de son album (en écoute tout ce mois de novembre sur le podcast express de Nuesblog) ainsi que de prêter l’oreille à ce qui devait être une interview "papier" et restera un échange hors du temps.

Confidence pour confidence, Keny a plus que ce quelque chose de magique. Elle a cette sincérité et cette énergie qui déplace les certitudes. Les montagnes, c’est connu, il faut plus d’un homme pour les mouvoir. A ce jeux c’est à vous, à nous, d’entrer maintenant en course. Demain est riche. De possible. De luttes. De dangers. Demain n’est pas si loin. Demain est ce que vous en ferez...

Elle, n’est pas la dernière à l’ouvrir.

Attention talent...

source : http://www.dailymotion.com/video/xmeps_keny-arkana-autre-monde-possible_creation

Lire une interview de Keny Arkana sur le site libertaire à voix autre

La scène rap a été très récupérée par le fric ?
- Une partie, oui. Il y a deux tendances dans le rap. Il y a le hip-hop à l’ancienne sous toutes ses formes (danse, rap, DJ, etc.) avec des valeurs positives, solidaires et de gauche. A côté de ça, il y a le « rap game ». C’est un rap de droite : « J’ai une grosse chaîne en or, une belle voiture, des nanas à poil dans mes clips… » Le rap game, c’est la « petite pute du capitalisme », qui prône ses valeurs, c’est l’opposé du hip-hop, qu prône la voix des oubliés.

- En voyageant, des expériences t’ont marquée ?
- Je voulais voir de mes propres yeux. Je me suis retrouvée à fond dans le zapatisme [2] et son côté universel : l’autogestion des communautés, leur système organisationnel très rotatif. Ils disent « gouverner en obéissant ». Chaque personne de la communauté passera par le rôle de gouverneur pour connaître cette position. Ils disent que pour être un bon citoyen, il faut connaître ; il y a donc plein d’alternatives éducatives dans leur système… Il y a aussi le côté spirituel qui m’a beaucoup plu. En Argentine, il y a plein de mouvements qui déchirent comme le mouvement des « piqueteros » (chômeurs qui occupent les routes), les usines occupées, les assemblées populaires. Le peuple argentin a connu les disparus et les pillages des comptes en banque. Ils ne veulent plus entendre parler des gouvernements.

[propos recueillis par le « Combat syndicaliste », mensuel des anarcho-syndicalistes de la CNT]
http://www.cnt-f.org

www.avoixautre.be/spip.php?article1520.


"Ensemble nous sommes le monde et le système n'est rien!"

[cinquième soleil-Désobéissance]

Et l'écouter, surtout!

Réveillez-vous avec la Rage!


mercredi 23 avril 2008

le privé est politique... et économique par Bertrand DEKONINCK


le privé est politique... et économique
source : woman work

Le travail domestique

La problématique du travail domestique est fondamentale. En, effet, si la double journée des femmes salariées est, on le verra, une réalité, c’est aussi un des facteurs-clés qui motive le retour au foyer de certaines femmes et l’abandon de leur vie professionnelle, notamment avec l’arrivée d’enfants. Il est symptomatique que cette question ne se pose quasiment jamais pour les hommes, dont la tâche prioritaire reste le travail professionnel.

La responsabilité ainsi imposée aux femmes en matière de gestion du ménage sert en retour aux patrons à justifier d’un salaire moindre et le temps partiel pour les femmes en raison de leur moins grande disponibilité.

Le déséquilibre reste tout autant important dans la répartition des tâches domestiques. Selon l’INSEE, en 1986, un homme actif consacre en moyenne 45h par semaine (transports compris) pour le travail professionnel et seulement 20h par semaine au travail domestique (ménage, courses, enfants, factures). Soit un total de 65h par semaine. Pour une femme active, la répartition est de 36h par semaine en moyenne pour chaque, soit un total de 72h. Le plus significatif concerne les inactifs : un homme sans emploi consacre 27h40 par semaine à la maison. Un femme sans emploi y consacre 44h par semaine ! Le chômage et les vacances n’existent donc pas pour les femmes.

Gratuité du travail domestique

Mais le caractère fondamental du travail domestique, ce n’est pas qu’il est fait à la maison, c’est qu’il est gratuit ! Et c’est au mouvement féministe qu’il revient d’avoir le premier analysé en termes économiques ce caractère gratuit du travail domestique, travail accompli pour l’essentiel par les femmes. Bien avant les années soixante, les femmes ont toujours travaillé. Et pas toujours à la maison. Ce fut le cas dans l’agriculture, où la production familiale a toujours été faite avec la participation des femmes. Par ailleurs, on estime qu’elles ont toujours représenté entre le quart et le tiers du salariat. Ce qu’elles n’ont jamais maîtrisé, encore moins que les prolétaires, c’est l’attribution d’une valeur à leur travail, en particulier celui effectué pour le compte de leur mari et de leur famille.

Le travail ménager a pourtant une valeur économique bien réelle, au même titre que n’importe quelle autre production. Mais cette valeur échappe aux femmes. Par exemple, si la plupart des ménages préfère acheter de la nourriture brute, non cuisinée, c’est qu’elle est moins chère. Le travail nécessaire pour la cuisiner chez soi est considéré comme gratuit. Le fait est que ce sont encore les femmes qui, majoritairement, accomplissent cette production. Elles sont donc volées de la valeur de leur travail, valeur représentée très exactement par l’écart de prix entre la nourriture brute et la nourriture cuisinée que l’on trouve dans le commerce.

Cette spoliation de la valeur du travail des femmes ne pouvait pas être sans conséquence après leur entrée massive dans le salariat : si le travail des femmes à la maison ne vaut littéralement rien, pourquoi le travail qu’elles effectueraient à l’extérieur vaudrait-il quelque-chose ? La non-valorisation du travail des femmes a donc tendance à se transmettre et se perpétuer au salariat, par des salaires moindres, on l’a vu, et par la dévalorisation des métiers où elles sont cantonnées (secrétariat, nettoyage, enfance, soins, services personnels). On retrouve d’ailleurs dans ces branches du salariat une autre catégorie de personnes opprimées : les étrangers.

Dès lors, entre une société où les femmes sont condamnées à être enfermées à la maison pour effectuer gratuitement le travail domestique, et une société où le nettoyage est pris en charge par des bonnes ou des sociétés de nettoyage (employant majoritairement des femmes sous-payées), la petite enfance par des crèches (et donc des femmes sous payées) et des écoles primaires (idem), pendant que les hommes se font servir le café par leur secrétaire (femme...), la différence n’est pas une différence de nature, mais une différence de degré.

Bertrand DEKONINCK

lundi 21 avril 2008

Du nord au sud, quand se nourrir devient inabordable : Le manque à distribuer des Nations unies et des ONG


Le manque à distribuer des Nations unies et des ONG par Caroline Stevan

source : http://www.letemps.ch/

«Au lieu de donner un bol de céréales à un gamin qui a faim, on ne lui en donne que la moitié!» L'image est abrupte, mais significative. Christiane Berthiaume, porte-parole du Programme alimentaire mondial, résume ainsi la diminution des capacités de distribution du PAM, engendrée par la hausse des prix des vivres et du pétrole couplée à la baisse du dollar. «Nos coûts ont augmenté de 55% depuis juin 2007. Soit nous parvenons à lever plus de fonds, soit nous aiderons moitié moins de gens que l'année passée», déplore la représentante du PAM.

Le schéma est le même pour toutes les ONG œuvrant dans le secteur de l'aide alimentaire. La semaine passée, 14 d'entre elles, dont Care et Oxfam international, ont lancé un appel aux donateurs concernant le Darfour. «Outre le coût d'achat des produits, l'acheminement de la nourriture par les airs est devenu tellement cher que nous risquons de revoir le nombre de bénéficiaires à la baisse. 2 millions de personnes pourraient être concernées rien qu'au Soudan», regrette Olivier Braunsteffer, directeur des programmes de Care France.

Alors que les distributeurs de colis alimentaires sont de plus en plus sollicités, ils voient leur pouvoir d'achat diminuer. «Nous voulons le plus de nourriture possible avec un dollar, mais nous souhaitons aussi que nos acquisitions aident le pays et ses petits fermiers, souligne Christiane Berthiaume. Nous devons en outre être vigilants à ne pas aggraver l'inflation car nous achetons en grande quantité.»

Si la faim gagne de plus en plus de foyers à travers le globe, elle tend également à changer de visage. Elle se fait plus urbaine et plus vicieuse; autrefois on avait faim parce qu'il n'y avait pas à manger, aujourd'hui on a faim parce qu'on ne peut plus se payer de quoi manger.

Et loin de se cantonner au Sud, le problème touche aussi nos contrées. «Entre la flambée du prix des pâtes, du riz... et l'augmentation du nombre de personnes dans le besoin - nous avons maintenant des retraités, des travailleurs précaires ou des étudiants qui fréquentent nos centres -, il va nous manquer 5-6 millions de repas à distribuer dans l'Hexagone en 2008. Nous en avions offert 30 millions l'année passée», note Didier Piard, directeur de l'action sociale à la Croix-Rouge française.

mercredi 6 février 2008

Contre-expertise du rapport Attali réalisée par La Forge : des experts économiques de gauche

Contre-expertise du rapport Attali

Le jeudi 24 janvier, Benoit Hamon et Noël Mamère ont présenté la contre expertise du rapport Attali proposée par la Forge avant de donner la parole aux économistes invités : Liem Hoang Ngoc, Philippe Moati, Jean-Marie Monnier et Guillaume Duval.

Téléchargez la contre-expertise du rapport Attali réalisée par la Forge !
http://la-forge.info/site/wp-content/uploads/2008/01/la-forge-contre-expertise-rapport-attali-def.pdf

Des experts économiques de gauche présentent une "contre-expertise" du rapport Attali
LEMONDE.FR avec AFP | 24.01.08

C'est une "contre-expertise" du rapport Attali que plusieurs économistes de gauche ont présenté, jeudi 24 janvier, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale. Ils ont travaillé sous la houlette de "La Forge", un groupe de réflexion créé par le député Vert Noël Mamère et le député européen socialiste Benoît Hamon. Ce dernier s'est indigné de voir que "l'ex-sherpa de Mitterrand soit devenu la principale lame du sarkozysme pour désosser méthodiquement le modèle social que son précédent patron avait construit sous deux septennats". Noël Mamère a qualifié le rapport de "cadeau empoisonné" qui aboutirait à "accentuer un peu plus les inégalités et les injustices". Pour lui, il s'agit d'une "opération de diversion de plus" de Nicolas Sarkozy.

Liem Hoang-Ngoc, maître de conférence à l'université de Paris-I, a décrit le rapport Attali comme étant une "compilation d'idées dans l'air du temps" avec un diagnostic "archaïque", "d'une France datant du général de Gaulle". Pour lui, la vraie cause du manque de croissance n'est pas "la panne de la consommation populaire""la panne d'investissements" des entreprises, alors qu'il y a "une forte épargne boursière". Au lieu d'avoir "un discours anxiogène sur la dette, le gouvernement devrait mobiliser cette épargne", soutient-il.

Guillaume Duval, rédacteur en chef de la revue Alternatives économiques, préconise, lui, d'"investir dans le high tech" plutôt que de "créer des emplois de service à bas coût" comme "on l'a fait depuis vingt-cinq ans".

Philippe Moati, directeur au Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), s'est élevé contre les "imprécisions du rapport" qui "nous sert des vieilles lunes au lieu de nouveaux outils de régulation".

Jean-Marie Monnier, professeur à Paris-I, a évoqué quant à lui des "propositions centralistes, archaïques et inefficaces au plan économique, et injustes socialement", pointant "le transfert de charges fiscales et sociales des entreprises sur les ménages".

dimanche 13 janvier 2008

La Charte de La Décroissance

source : http://www.ladecroissance.net/?chemin=charte
La Charte de La Décroissance

Le projet de la décroissance est la seule alternative possible au développement de la misère et à la destruction de la planète. La décroissance est un mouvement d'idées et un ensemble de pratiques qui n'appartiennent à personne.

La Décroissance entend être au service de cette cause, mais ne prétend pas en être le dépositaire exclusif. Il se veut au contraire un vecteur de débats et de mobilisations pour convaincre les partisans du «développement durable» de leur impasse. Le journal s'adressera par son contenu au plus grand nombre, fort du principe que les choix politiques sont l'affaire de tous. Nous défendrons quelques grands principes qui constituent notre identité et la raison de notre combat. Nous sommes foncièrement humanistes, démocrates et fidèles à des valeurs comme la liberté, l'égalité et la fraternité. Nous ne croyons pas qu'il faille choisir entre la question écologique et la question sociale, qui sont pour nous intimement liées.

La décroissance vise à rendre aux générations futures une planète sur laquelle non seulement il sera encore possible de vivre mais où il fera bon vivre. La décroissance ne propose pas de vivre «moins» mais «mieux», avec «moins de biens et plus de liens». La décroissance repose sur une autre conception de la société que toutes celles que proposent les autres partis politiques. Elle se fonde sur un autre rapport à l'espace et au temps mais qui n'est qu'une façon de renouer avec une longue histoire de combat contre dominations et aliénations. Nous sommes convaincus que l'émancipation sera l'oeuvre des humains eux-mêmes et au premier chef des plus faibles. Nous croyons en la possibilité de poursuivre l'aventure pour une société plus humaine, loin de toute idéalisation du passé ou des traditions ou d'un ailleurs. Nous n'avons pas de modèle car nous croyons à la nécessité d'inventer ensemble une société viable et juste. Le journal soutiendra toute initiative de simplicité volontaire mais travaillera aussi à l'articulation de ces initiatives individuelles ou communautaires à la construction d'un projet politique capable de faire rêver.

Le journal sera une tribune des débats qui divisent et diviseront toujours ce mouvement. Le journal n'accueillera pas, en revanche, les idéologies qui font de l'humanité elle-même la source des problèmes. Nous combattons tout système productiviste et société de consommation mais nous ne voyons pas dans l'humanité notre adversaire.

Nous pensons qu'il est possible et nécessaire de réconcilier le «principe responsabilité» et le «principe espérance».

La Décroissance/Casseurs de pub - 11, place Croix-Pâquet - 69001 LYON

Les nouveaux décroissants par Agnès Maillard

Publié le 7 septembre 2007
par dandi

Les nouveaux décroissants
Par Agnès Maillard le vendredi 7 septembre 2007 sur le monolecte

http://blog.monolecte.fr/post/2007/09/07/Les-nouveaux-decroissants


D’un côté il y a le futur Grenelle de l’environnement qui, juré, craché, va sérieusement se pencher sur les questions des OGM, du climat et tout ça. De l’autre, il y la bataille de chiffre autour du pouvoir d’achat des Français et de la courbe de la croissance qui bande mou. Et au milieu, il y a nous, les pauvres cloches à qui l’on promet tout dans un monde de joyeux Bisounours.

Il y a deux jours, j’ai enfin pu regarder Une vérité qui dérange, le film-cri d’alarme où Al Gore, le président que le monde aurait mérité, nous démontre qu’il y a le feu au lac et qu’il est urgent (mais jamais tout à fait trop tard) de s’occuper de sauver notre vaisseau spatial collectif qu’est notre planète-mère. D’autant plus que contrairement au Titanic, il n’y a pas juste un problème de sous-dimensionnement des places sur les canots de sauvetage... il n’y en a pas ! Pendant tout le temps du documentaire, on se dit que ça chie vraiment grave, qu’il faut cesser de chier dans la colle et tourner autour du pot et qu’il faut dare-dare serrer le kiki au gaspillage dont notre société raffole. Ensuite, parce que le DVD est bien fait, on a le droit à une heure d’Al Gore en plus, qui explique qu’un an après le film, les preuves que tout fout le camp s’accumulent et que tous les gouvernants de la Terre s’empressent de brasser du vent tout en préservant les intérêts des corporations du gachis et de la pollution.

Bref, à la fin du DVD, on a bien les boules parce qu’on a compris qu’avec Al Gore à la Maison Blanche, la face du monde eut été radicalement différente, qu’il n’y aurait probablement pas eu de 11 septembre, pas de guerre en Irak, pas de tapis rouge aux pétroliers de la planète dans les sphères du pouvoir et que par un étrange jeu de ricochet, l’élection de notre princident serait devenue incongrue, pour ne pas dire inimaginable.

On admire la foi de charbonnier du soldat Gore qui arpente tous les centres de congrès du monde pour montrer, grue à l’appui, à quel point on déconne grave avec nos gaz à effet de serre. On est ému par sa conviction, qui rejoint la mienne, qu’à force de contaminer les esprits un à un, on finit par arriver à la masse critique de prise de conscience qui fait basculer d’un bloc l’opinion publique. Et surtout on ne peut que constater avec effroi que plus le temps passe, plus les dégradations environnementales s’accélèrent et plus on se dépêche d’attendre.

Monsieur Plus

Heureusement, dans leur grande sagesse, mes compatriotes ont choisi Monsieur Plus pour nous sauver du marasme bolchévique et de la vermine islamiste (enfin, surtout celle qui a le cul sur le pétrole de la planète, justement !) : plus de travail, plus de fric, plus de croissance et plus de pouvoir d’achat, (plus de flics, plus de taules, plus de caméras - rayé dans le texte original -). Toujours plus ! Et ceux qui ne veulent pas faire plus de kilomètres pour bosser plus loin, pour plus de flexibilité et plus de précarité avec des salaires toujours plus virtuels, on ira les déloger au fond des chiottes et on (leur coupera la tête) les enchristera avec les fous et les pédophiles.

Bref, on va tous être plus riches, plus heureux et plus gras, et on va se gaver à s’en faire péter la sous-ventrière ! Et en même temps, on va sauver le monde, la planète, les bestiaux sauvages et tout ça, rien qu’en palabrant autour d’une table et en fermant la robinet d’eau pendant qu’on se lave les dents !

Et tout ça sous les applaudissements de la foule en délire !

Sauf qu’en vrai, même en étant vraiment très distrait et hypnotisé par la boite à cons, on se doute bien que le canard a une patte qui se ressemble moins et que le tout est méchamment bancal. Autrement dit, on se fait tranquillement pipeauter.

Bien sûr, on voit se dessiner les tendances lourdes du bout de cette logique. Comme avec les Chinois, tiens, au hasard. Plus (ils évoluent) une poignée de veinards d’entre eux (mais sur 1,3 milliards de Chinois, ça fait quand même des grosses poignées !) évolue vers nos standards de vie, plus on les regarde de traviole, ces cuistres qui veulent de la viande à tous les repas comme nous, des 4x4 qui caracolent sur les routes de cambrousse et les trottoirs des centres-ville bourgeois et qui n’ont pas une bonne grosse conscience écologique qui les éclaire de la vacuité de ce mode d’existence qui va rajouter de la merde à notre merde, laquelle est tout de même plus noble et belle ! Et bingo, après délocalisé comme des fous chez eux, et les avoir laissé racheter tous les crédits à la consommation des gros gras qui se pètent les coronaires à force de trop bouffer, on se rend compte subitement que les Chinois ne fabriquent que de la daube et que de toute manière, les chouettes choses bonnes, sûres et écolos, c’est nous qui les fabriquons. En réalité, j’aimerais bien qu’on m’explique comment on fait pour faire mieux qu’eux, vu qu’on n’a plus d’usines, enfin, si, mais chez eux, mais c’est sûrement parce que j’aime bien couper les cheveux en quatre.

De la même manière certaines petites voix nazillardes commencent à chuchoter en coulisse que la santé pour tous, pensée comme un droit de l’homme, c’est un peu n’importe quoi, alors qu’une santé au porte-feuille du client serait globalement plus rationnelle. Ainsi (les pauvres) les gens arrêteraient de vivre de plus en plus vieux et forcément, ça limiterait grandement les coûts supplémentaires engendrés par la surpopulation et les vieux qui ne veulent plus crever.

Quant au travailler plus pour gagner plus, on se rend compte en tripatouillant un (chouia moins) plus moins les chiffres que c’est surtout trimer plus pour se serrer plus la ceinture.

Le chômeur est l’avenir de l’homme !

Alors, au lieu d’agiter le chômeur comme le sempiternel archétype du sale parasite qui plombe tout le monde, on ferait mieux de glorifier aux plus hauts des cieux ceux qui défrichent les chemins ardus de la décroissance pour le plus grand bonheur de tous.

Quoi de plus écolo qu’un chômeur ?

En 2002, notre foyer de deux personnes rentrait la modique somme de 2510€/mois. Par rapport à d’autres, ce n’est pas Byzance, mais pour nous, c’était l’assurance d’une vie confortable sans restriction budgétaire. Nous consommions tranquillement ce que nous voulions, nous nous nourrissions de tas de petits trucs industriels très mignons ou nous allions au restaurant, nous nous promenions facilement à 2 ou 3 heures de route de chez nous, nous partions en vacances, nous achetions des livres, des gadgets, des fringues, encore des livres et nous étions très contents. Bien qu’un peu déprimés le soir après le boulot. Mais nous pouvions largement compenser en consommant plus.

Puis, j’ai perdu mon boulot et de mon salaire, je me suis retrouvée à l’ARE, la très mal nommée. Soit 20% de revenus en moins. Mais une bouche de plus à nourrir, car, par une étrange coïncidence, je devins mère en même temps que chômeuse. Là, déjà, fini les vêtements pour aller au boulot, fini les vacances et les restos. Autant dire que même avec un bout d’unité de consommation en plus, notre empreinte écologique s’est brusquement ramassée.

En 2005, je passe naturellement du l’ARE à l’ASS, la plus encore mal nommée, parce que de la solidarité de ce niveau, je n’en voudrais même pas pour mon chien. Et vlan, -25% de revenus pour le ménage, soit un recul total de revenus de 40% entre 2002 et 2006 (les pourcentages ne s’additionnent pas !). Et nous sommes trois au lieu de deux. Et cela ne prend pas en compte l’inflation et tout ça.

Autant dire que notre putain de de pouvoir d’achat en a pris plein la tronche pour pas un rond et qu’il ne s’agit pas là d’ergoter au niveau du deuxième chiffre après la virgule.

Maintenant, on vit totalement différemment, plutôt pas mal et chaque jour, nous trouvons de nouvelles sources d’économies, c’est à dire que nous réduisons encore d’autant notre impact sur l’environnement. Nous ne mangeons pratiquement plus jamais de nourriture élaborée, nous consommons essentiellement les produits locaux, nous nous pelons le cul l’hiver en maintenant à température à 18° dans les pièces de vie et 16-17 ailleurs, nous utilisons la voiture le moins possible, nous déconsommons tout ce que nous pouvons.

Bref, nous sommes en train de sauver la planète. Avec les 12 millions d’autres pauvres relatifs de notre pays. A l’échelle de la planète, c’est un ras-de-marée

Enfin, nous aimerions bien être en mesure de le faire avec les autres acrobates du cran de ceinture, ces millions de crevards qui jonglent chaque jour avec des ressources financières toujours plus aléatoires et limitées face à des dépenses toujours plus lourdes et incontournables. Mais pas de cul, il y a les autres. Pour 100 chômeurs et précaires qui se retrouvent à pied et qui pissent dans le noir pour économiser la lumière des chiottes, il y a toujours un ou deux couples de viandards qui remplacent la Mini-Austin de madame par un 4x4 Cheyenne qui fera tellement baver les copines ou qui jouent à saute-mouton dans des Airbus A380 pour aller chiner des breloques au bout du monde.

Ben oui, parce que c’est cela aussi les chiffres du pouvoir d’achat : une moyenne. Avec des millions de gens qui doivent trouer eux-même leur ceinture et une petite caste à l’enrichissement exponentiel.

Et au milieu, quelques ahuris croient vraiment que le pouvoir d’achat, c’est un peu comme la croissance ou les prix de l’immobilier, la promesse d’un monde meilleur qui, de décimale en décimale après la virgule, finira par atteindre le ciel !

Agnès Maillard

Travail et décroissance - les 8 R ...

Travail et décroissance - les 8 R ...
Publié le 8 juillet 2007
par Wildo

Source : 1libertaire.free.fr

Origine liste Mail Cornelius Castoriadis « Travail et Décroissance » - Conférence de Serge Latouche à Namur - Compte-rendu 19 mai 2007

Billet d’ambiance de Dominique Masset.

Ce 2 mai 2007, Serge Latouche était invité par l’institut des sciences économiques de Namur pour une conférence intitulée « Travail et Décroissance ».

Première observation, le grand auditoire était comble avec un public tout âge y compris des « students » pourtant proches voire en blocus... Rassurant !

Mieux encore, nous étions certainement une bonne dizaine de membres des Amis de la Terre, preuve que cette thématique nous mobilise. L’économiste probablement le plus emblématique de la Décroissance Economique Soutenable, en francophonie, a développé les thématiques suivantes :

Nous vivons actuellement une période charnière dans notre civilisation et même de l’histoire humaine sur Terre. Où allons-nous ? Dans le mur ! Malgré tous les moyens et les richesses créés, 2/3 de l’Humanité se demande encore chaque jour ce qu’elle va manger. Les naturalistes attestent que la disparition actuelle des espèces vivantes constitue la 6ème extinction ; elle est ultra-rapide et il n’est désormais plus exclu que l’espèce humaine succombe aussi.

D’où venons-nous ?

D’un courant né au XVI° siècle et caractérisé par une augmentation progressive jusqu’à nos jours de la production de biens et de croissance économique. Une date serait à mettre en exergue : 1989 lorsque tous les pans de la société ont été mis sur orbite de la mondialisation, de la globalisation, de la marchandisation. Le problème est qu’actuellement la croissance économique s’est instituée comme système s’auto-justifiant : la croissance pour la croissance.

Trois ressorts déterminants de cette croissance économique marquent notre société : la publicité, l’obsolescence programmée (courte durée de vie) des produits, l a disponibilité d’un crédit « facile » encouragé au niveau des individus et la vie à crédit au niveau de la société, sous forme d’une dette publique considérable.

Telle que fonctionnant actuellement, notre société, nos modes de vie, ne sont pas tenables. L’indicateur de l’empreinte écologique montre que l’Humanité « consomme » plus que la Terre ne peut supporter ; les peuples mondiaux ont des empreintes très différentes avec en particulier un mode de vie « consommant de 2 à 4 planètes » pour les pays dits occidentaux. Si nous, occidentaux de ce début de XXI siècle, pouvons nous le permettre, c’est au prix, d’une part, du maintien des populations du Sud dans un état de précarité indigne et, d’autre part, de l’hypothèque de la vie des générations futures.

Si notre mode de vie de croissance économique n’est pas tenable, il n’est pas souhaitable non plus. De très nombreux indicateurs attestent que si la croissance économique est permanente depuis 50 ans, notre bien-être stagne, au mieux, et se réduit le plus souvent.

Si la croissance est une théorie économique, la « Décroissance » elle n’est pas une théorie mais un slogan provocateur, une matrice d’alternatives. Cette matrice devrait nous conduire à sortir de la religion de croissance pour devenir A-croissant comme A-gnostique.

Pour mettre en oeuvre la Décroissance Economique Soutenable, Serge Latouche propose deux étapes. La première est la modélisation de l’Utopie concrète, la seconde est sa réalisation par un programme politique. Pour expliciter la Décroissance comme utopie, il développe un modèle en cycle dit des 8 « R » recouvrant successivement :

1. Réévaluer : il faut se pencher sur les valeurs fondamentales de nos sociétés ainsi que sur les modes de fonctionnement qu’elles impliquent : p.ex. la publicité comme arme de pression à la surconsommation.


2. Reconceptualiser
: pour évoluer vers une « nouvelle » société, il faut en définir les ressorts, les concepts fondamentaux : p. ex. comment serait définie la situation de pauvreté, ...


3. Restructurer :
s’il semble indispensable et inévitable de sortir du capitalisme, il faut alors également changer les rapports de production et sortir de l’esprit qui définit par un cadre économique toutes les données de notre vie.

4. Redistribuer : tant les avoirs que les droits de tirage sur les ressources de la planète doivent être répartis plus équitablement entre tous les humains.

5. Relocaliser : réapprendre à vivre en considérant son lieu de vie comme le centre du monde ; se donner comme règle de ne pas y prélever plus que possible ainsi que ne pas le souiller plus qu’il ne peut absorber.

6. Réduire : pour vivre ainsi, il est inévitable de réduire nos consommations, nos transports, nos emballages...

7. Réutiliser : dans l’intention de stopper l’obsolescence programmée, il nous faut revenir à des choses, à des objets, à des outils durables, réparables...

8. Recycler : arrivés en fin de vie, les choses, les objets, les outils doivent être conçus pour se transformer à nouveau en matière première pour d’autres productions et pas comme actuellement en déchets.

Développant le titre de la conférence, Serge Latouche insiste su le fait qu’une réduction massive des horaires de travail est indispensable. Cette réduction de la durée de travail vise à redistribuer le travail pour en procurer à toutes et tous mais également à rendre un sens au travail et la vie. Plus précisément, il explique que « l’animal laborieux » que nous sommes le resterait toujours mais bien moins longtemps chaque jour ; nous dégagerions ainsi bien plus de temps pour deux autres composantes essentielles de notre vie que sont la participation à la gestion (vie) de la société ainsi que les activités créatives et artistiques.

En guise de programme politique, une dizaine de points sont esquissés avec une mise en oeuvre comme suit :

Internaliser les coûts actuellement externalisés ou, dit autrement, faire payer les pollueurs.

Diminuer les consommations par 3 pour revenir à une empreinte écologique soutenable. Depuis les années 1960-70, les changements essentiels sont ceux qui ont porté sur la manière de produire : p.ex. dans le secteur agroalimentaire, les produits restent comparables tandis que le mode de production a radicalement évolué vers l’élevage « hors sol » et les intrants chimiques en agriculture.

Internaliser les coûts des transports, responsable de près d’1/3 du changement climatique. Pour retrouver un prix un peu plus juste, il faudrait immédiatement multiplier par 20 fois voire 30 fois le prix du km parcouru.

Soutenir massivement le retour vers l’agriculture paysanne, extensive et biologique.

Convertir les gains de productivité en Réduction du Temps de Travail.

Impulser la production de biens relationnels tels le savoir, l’amitié, l’amour...

Adopter un scénario des négawatts pour réduire au moins par un facteur 4 nos consommations d’énergie.

Adopter un moratoire sur la recherche technoscientifique en vue de la réorienter, de lui définir du sens en accord avec nos aspirations profondes.

Pénaliser les dépenses de plus en plus énormes de publicité et cadrer strictement la promotion de produits ou de services.

Tant l’utopie concrète que le programme d’une politique de Décroissance sont-ils plausibles ? Oui, affirme-t-il, mais avec des réserves ou des précisions. Si aujourd’hui les mentalités ne sont pas encore « mûres », il est tout à fait possible qu’elles le soient demain ; ce qui paraît impossible comme politiques au niveau international ou national concernant des changements de type « macro » sont par contre envisageables au niveau plus locale, plus proche des choix et des comportements individuels.

Il est fréquent d’entendre des détracteurs de la Décroissance accuser les promoteurs de ce « slogan » de vouloir paupériser plus encore les plus pauvres de la planète. Serge Latouche termine ainsi son exposé en développant les rapports Nord/Sud. Il développe deux idées en accord avec l’option de Décroissance Economique Soutenable :

Il faut rompre les dépendances économiques et culturelles qu’a le Sud par rapport au Nord.

La meilleure action que les pays du Nord ont à mettre en place par rapport aux pays du Sud est d’arrêter la prédation des ressources et donc leur surconsommation.

Cette conférence « tour d’horizon » a abordé de manière succincte un grand nombre de sujets inclus dans le slogan de « la Décroissance ». En considérant cette thématique comme une clé de voûte de ses centres d’intérêts, les Amis de la Terre ont compris son rôle déterminant pour une sortie de l’impasse sociale et écologique dans laquelle nous nous enfonçons. Nous nous devons, dans le cadre de nos actions en éducation permanente, de vulgariser ces idées à la fois nouvelles et totalement opposées au courant dominant dans notre société. A titre personnel, ici et maintenant, nous devons en tirer des conséquences pour, d’une part, nous sentir personnellement plus cohérent et, d’autre part, vivre mieux ! Ceci est exactement le sens de l’appel à suivre les voies de la Simplicité Volontaire que les amis de la Terre lancent depuis 2005. Pratiquée seule ou en retissant des relations humaines plus denses dans le cadre des groupes de Simplicité Volontaire, la Simplicité Volontaire s’avère effectivement être source d’espoir et de sens.

L’ARITHMETIQUE N’EST ni de DROITE ni de GAUCHE

L’ARITHMETIQUE N’EST ni de DROITE ni de GAUCHE
Publié le 15 mai 2007
par dandi

L’ARITHMETIQUE N’EST ni de DROITE ni de GAUCHE

Logique

Comme vous, je pense qu’il faut que l’Education Nationale revienne aux fondamentaux de ces missions à savoir apprendre aux enfants à lire écrire et compter. En effet, un mauvais niveau de calcul peut vous handicaper la vie entière. Par exemple le petit Nicolas S. affirme que de ne plus payer des charges sociales sur les heures supplémentaires va créer des emplois. Bonnet d’âne ! Voici la correction du problème posé :

Un patron a dix employés qu’il paie 10 € brut de l’heure pour 35 heures.

Question 1 : sachant que le taux de charge patronal est de 50 % du brut combien lui coûtent ses employés chaque semaine ? Réponse : 10 employés par 35 h = 350 h multiplié par 10 € = 3 500 € de brut + 50 % (de charge 1 750 = 5 250 € par semaine.

Le patron a bien voté le 6 mai et les employés ont fait une petite erreur de casting : résultat les heures supplémentaires sont désormais exemptées de charges sociales. Sachant que les heures supplémentaires sont payées 10% de plus (contre 25% avant que la droite revienne au pouvoir) :

Question 2 : Combien coûte cette même semaine de travail au patron ? Réponse : Le patron licencie un employé et fait faire des heures supplémentaires aux 9 autres :
- Nombre d’heures à tarif normal 35 h multiplié par 9 employés multiplié par 10 € + 50 % de charges sociales 4 725 €
- Nombre d’heures supplémentaires 35 h multiplié par 10 € + 10% = 385 € Pour le même nombre d’heures travaillées le patron paiera donc 5 110 €

Question 3 : Combien d’emplois créés : Réponse : un chômeur en plus

Question 4 : et l’équilibre de la Sécurité social et assédic ? Le déficit est accru de 140 € par semaine en recette plus un chômeur à payer en plus.

Question d’approfondissement :

Imaginez le résultat dans la grande distribution ou dans toute autre industrie de main d’œuvre (pensez à multiplier par 52 semaines par an).

MORALE :

Le petit Nicolas a un peu trop joué au Gendarme et aux voleurs dans la cours de récré au lieu de bûcher ses tables de multiplication

(Le petit Nicolas aurait-il tiré pendant la nuit de ces savants calculs quelque enseignement ? Mais que dis-je monsieur Sarkozy, si la "com" et l’immoralité peuvent suffire à une bonne campagne, insuffisant pour gouverner un pays ! Ségolène Royal vous avait mis en garde sur ces questions, et vous serez demain mille fois contraint d’avouer au peuple qu’elle avait raison ! Mais cette fulgurance inespérée, participe t’elle de ces savants appâts, une de vos habiles mixtures...Reste la bourriche de l’assemblée ?!) dandi

[1]

*Merci à toi E. pour ces précieux documents ;-)

[1] La rencontre avec la CFDT :

PARIS (AP) - Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a déclaré mardi avoir senti une "première inflexion" de Nicolas Sarkozy sur la question de l’exonération des charges sociales des heures supplémentaires. "Quand vous travaillez, vous cotisez à l’assurance- maladie, mais aussi pour la retraite. Si on enlève toutes les charges sociales, vous n’allez pas bénéficier de ce que vous faites aujourd’hui quand vous serez à la retraite", a-t-il expliqué sur RMC-Info et BFM TV. "Sur ce sujet, j’ai senti une première inflexion de Nicolas Sarkozy qui dit effectivement, il faudra peut-être réfléchir à ce qu’il y ait quelques charges, en particulier quelques charges de protection sociale, et je crois qu’il pensait surtout à la maladie et à la retraite", a poursuivi François Chérèque. "On voit bien que sa proposition, elle peut bouger". En outre, il a observé que les salariés n’avaient "pas le choix de faire ou de ne pas faire des heures supplémentaires" . Lors de ses rencontres avec les partenaires sociaux, Nicolas Sarkozy "nous a dit : ’il va falloir qu’on travaille pour faire en sorte qu’il y ait un choix du salarié’", a rapporté le patron de la CFDT. "On va voir comment on fait, mais déjà, on a un doute", a prévenu François Chérèque. "On ne veut pas qu’on privilégie les heures supplémentaires à l’embauche", car "comment on lutte contre le chômage de cette façon-là ?". AP
*
L’ARITHMETIQUE N’EST ni de DROITE ni de GAUCHE
14 juin 2007
D’ACCORD SUR LE FOND DE L’ARTICLE MAIS AU LIEU DE CITER CHEREQUE QUI FAIT TOUJOURS LA DANSE DU VENTRE AVEC LE PATRONAT ET POIGNARDE CHAQUE FOIS LE MOUVEMENT SOCIAL DANS LE DOS... VOUS AURIEZ MIEUX FAIT DE CITER UN RESPONSABLE CGT OU DE SUD PAR EXEMPLE. ILS ONT AU MOINS L’HONNETETE DE RESPECTER LEURS PROPOS... SIGNE SHEHERAZADE, SANGUINE ET ROUGE FLEUR D’AMOUR...(FAUT BIEN RIRE UN PEU SUR CE BLOG AGREABLEMENT SERIEUX MAIS QUI SE PREND PARFOIS UN PEU TROP LA TETE. SIGNE "IS NO GOOD", LE GRAND VIZIR.)

samedi 12 janvier 2008

Le trou de la sécu...une supercherie de plus!..

Pour combler le déficit de la Sécu, nos chers gouvernants ont trouvé que le mieux, c'était encore de nous faire payer ...

Sur une consultation médicale, nous devons verser 1 Euro
Nous allons être hyper contrôlés lors de nos arrêts maladie,
Nous devons consulter un généraliste avant de voir un spécialiste, faute de quoi cette consultation est moins bien remboursée...
Pour tout traitement de plus de 91 EUR, nous en serons de 18 EUR de notre poche

Toutes ces mesures sont destinées à combler le fameux trou qui est à ce jour de 11 milliards d'euro.
Or, savez-vous que :
Une partie des taxes sur le tabac, destinée à la Sécu n'est pas reversée : 7,8 milliards
Une partie des taxes sur l'alcool, destinée à la Sécu n'est pas reversée : 3,5 milliards
Une partie des primes d'assurances automobiles destinée à la Sécu n'est pas reversée : 1,6 milliards
La taxe sur les industries polluantes destinée à la Sécu n'est pas reversée : 1,2 milliards
La part de TVA destinée à la Sécu n'est pas reversée : 2 milliards
Retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés : 2,1 milliards
Retard de paiement par les entreprises : 1,9 milliards
En faisant une bête addition, on arrive au chiffre de 20 milliards d'euro.
Conclusion, si les responsables de la Sécu et nos gouvernants avaient fait
leur boulot efficacement et surtout honnêtement, les prétendus 11 milliards de
trou seraient aujourd'hui 9 milliards d'excédent.
Ces chiffres sont issus du rapport des comptes de la Sécu
Faites circuler ce message. A force de tourner, il arrivera peut-être un jour sur le bureau d'une tête pensante censée passer son temps à gérer l'argent des contribuables

lundi 3 décembre 2007

AGCS: la fin des libertés?


AGCS: la fin des libertés?

source : http://horsagcslogo.chez-alice.fr/

Qu'est ce que l'AGCS?

AGCS veut dire Accord Général sur le Commerce des Services.

L"AGCS est un accord cadre signé en 1994, actuellement en cours de renégociation dans les couloirs de l'OMC: C'est un accord visant à la libéralisation des Services planétaires. Ces services sont entre autres, l'eau, l'éducation, la santé, le tourisme, l'énergie, le transport...

Bien sûr, vous vous dites que de nombreuses choses citées ici sont déjà libéralisées, mais l'ampleur est tout autre. Voici volontiers quelques exemples que nous vous encourageons fortement à diffuser:

- A la vue du document de l'OMC S/C/W/50 35,42,47, Salaire Minimum et Sécurité Sociale sont traités par les négociateurs comme des "obstacles techniques au commerce".

- Selon le mode 4 de l'AGCS, document S/C/W/50 26,60 - S/C/W/46 p9 - S/C/W/29,note des Etats-Unis, 12.00, l'OMC prône le recours à une main d'oeuvre étrangère à faible coût, personnel embauché avec des CDD, sur la base légale et salariale du pays d'origine"

- Les Etats-Unis demandent l'application du principe de "Neutralité technologique", lequel interdirait à un pays de préférer une source d'énergie à une autre (solaire ou éolien plutôt que nucléaire par ex.).

- Selon les articles 6.4 et 23.3, n'importe quelle loi ou mesure d'un pays peut être contestée voire sa suppression demandée si elle "compromet" les "avantages" que des entreprises étrangères pouvaient raisonnablement "s'attendre" à tirer de l'Accord.


Quels sont les dangers de l'AGCS?

Le traité s'applique à toutes les mesures qui affectent le commerce des services, que ces mesures soient prises par les autorités gouvernementales centrales, régionales, locales ou non-gouvernementales dans l'exercice de délégations.
Selon l'AGCS, les subventions sont reconnues comme des obstacles éventuels au commerce des services et les Etats qui prennent des engagements dans un secteur de service doivent signaler toute subvention accordée dans ce secteur comme limitation au principe du traitement national .


Pour parler clair, cela signifie que toute autorité locale ou nationale aura un champ de manoeuvre très limité.
Que pensez-vous d'un monde où votre mairie ne pourra pas s'opposer à une station d'épuration privée sur son territoire communal, ne pourra plus subventionner les services de restauration scolaire sans qu'une firme ne lui demande compensation pour concurrence déloyale?
Que pensez-vous d'un monde où on ose remettre en question l'intérêt national de nos forêts et de nos parcs naturels dans un traité?
Comment un état pourra penser sur le long terme sa politique d'énergie alors qu'un traité lui impose une libéralisation à outrance dans ce secteur?

L'AGCS est la remise en cause de notre souveraineté car cet accord casse les principes de démocratie à tous les niveaux: local, régional et national.



Un logo pour protester

Ce logo permet de montrer son opposition, c�est l'expression graphique de votre désaccord. A vous de l'afficher sur votre porte, votre vélo, votre école, votre mairie, dans vos entêtes de lettres, sur vos sites Internet. Faites-en des drapeaux, des tee-shirts... A vous de le faire vivre et de le répandre. A vous d'informer vos amis, vos parents, vos voisins. Faites comme de nombreuses villes dans le monde, Déclarez-vous zone hors-AGCS et montrez le. Que ceux qui négocient dans une ambiance semi-secrète sachent que le monde qu'ils nous préparent n'est pas celui qu'on veut.

Ce logo est libre de droit. Il est disponible sous plusieurs formats différents (GIF, JPEG, EPS, n&b, pantone, quadrichromie).
Accédez à la page de téléchargement en cliquant ici

Un

fichier pdf
est également disponible. il résume les grandes lignes de ce site.

Autocollants du logo "Zone Hors AGCS: Voir le site de RomainMôtier.


Vous êtes un citoyen? Vous aimez la liberté?
Battons nous!