Realisateur : Eric Guéret
Durée : 18:22
Faut-il que le discours féministe soit à ce point dérangeant envers le système phallocrate régnant pour qu’il soit à ce point trahit, pour qu’il soit perçu comme hystérique alors qu’il porte en lui les germes d’une humanité plus juste, qui ne demande qu’à grandir, enfin ! - Le FEMINISME est un HUMANISME ! - Sémaphore
Realisateur : Eric Guéret
L'absence de statistiques officielles sur les décès de sans-abri complique l'évaluation des politiques d'insertion.
Mis sous pression par les associations d'aide aux démunis, Matignon vient de nommer le député des Yvelines Etienne Pinte pour mener une mission "sur l'hébergement et le logement des personnes sans abri ou mal logées".
Ses conclusions seront scellées par la signature d'un contrat entre l'Etat et les associations le 15 janvier. Mais une nouvelle fois, une question de taille ne figure pas sur la feuille de route de l'élu UMP: la mortalité des sans-abri.
Il n'existe en effet aucune donnée statistique sur le nombre de sans-abris qui meurent dans la rue chaque année en France. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un SDF est mort dans sa voiture en région parisienne. Les médias en ont parlé. C'est un peu le rituel: chaque fois que le thermomètre baisse, les journaux se font l'écho de ces morts anonymes, les égrenant une à une.
Mais, au total, combien de SDF meurent chaque année dans la rue? Leur nombre est-il en baisse ou en augmentation? Mystère. Or, sans chiffres, impossible d'évaluer l'efficacité des politiques de réinsertion.
Alors que la baisse du nombre des victimes d'accidents de la route est brandie comme preuve de l'efficacité des politiques de sécurité routière, le nombre d'accidentés de la vie, lui, n'intéresse personne. Comment expliquer ce silence?
Un collectif leur rend hommage deux fois par an
Deux fois par an, le collectif Les morts de la rue rend à Paris un dernier hommage à ces anonymes. Un faire-part est publié. La liste des défunts est lue lors d'une cérémonie. Le 13 novembre, des banderoles colorées décoraient ainsi l'église Saint-Merri, dans le IVe arrondissement. Certaines portaient un nom, un âge. D'autres, une simple mention: "Un homme, environ 35 ans."
De mi-mars à mi-octobre, le collectif a dénombré 187 sans-abri morts dans toute la France, une liste constituée grâce aux informations recueillies sur le terrain par la cinquantaine d'associations membres, mais sans doute bien inférieure au bilan réel. "C'est suffisant pour donner l'alerte", indique Cécile Rocca, membre du collectif:
"On ne connaît qu'une toute petite partie des décès. On n'est pas mandaté par l'Etat, et donc on n'a pas le droit d'accéder aux dossiers. On ne rêverait que d'une chose, ce serait que l'Etat donne des chiffres."
A l'institut médico-légal, on ne sait pas identifier un sans-abri
Qu'il s'agisse d'un sans-abri retrouvé sans vie ou d'une victime d'un accident sur la voie publique, tous les cadavres à la rue passent par l'institut médico-légal (IML). Et sur le sujet, le service communication de la préfecture de police formule une réponse bien étrange.
Une fois à la morgue, il serait en effet impossible de faire la différence entre une personne qui a vécu et est décédée dans la rue, et un touriste étranger mort par exemple d'une crise cardiaque, si ce dernier ne porte pas de papiers d'identité sur lui, et si aucun de ses proches ne fait de démarche pour le retrouver. Cécile Rocca va plus loin:
"Quand un SDF est retrouvé avec des papiers d'identité, l'institut médico-légal et les services de police considèrent que l'adresse qui y figure est la sienne, même s'il a quitté ce logement depuis des années, ou s'il s'agit de l'adresse d'un centre d'hébergement ou d'une association. Et donc, ce mort n'est pas considéré comme un SDF."
A la mairie de Paris, on n'a pas les moyens financiers pour compter
Il existe bien une mission funéraire et un Observatoire statistique parisien du funéraire à la mairie de Paris. Mais Olivier Pagès, conseiller de Paris, et Philippe Delemarre, directeur de l'observatoire, sont tous les deux incapables de donner le moindre chiffre, et renvoient la balle à l'institut médico-légal et à la préfecture de police. Philippe Delemarre assure:
"L'institut médico-légal ne fait pas la distinction entre les SDF et les morts sur la voie publique qui restent non identifiés. En tout cas, s'ils la font, elle ne nous est pas communiquée."
La mairie de Paris dispose pourtant de chiffres: elle prend en charge l'enterrement de quelques 500 à 600 corps chaque année, qui sont inhumés dans le "jardin de la fraternité" du cimetière de Thiais. Ces convois gratuits sont destinés aux "personnes dépourvues de ressources relationnelles et financières". Ce chiffre rassemble donc toutes les personnes démunies et isolées, qu'elles aient un logemement ou non.
Tous les sans-abri ne sont d'ailleurs pas enterrés par la mairie de Paris au cimetière de Thiais: certains ont des proches ou des amis qui prennent en charge la cérémonie, d'autres sont enterrés dans le caveau familial.
"Il y a un double tabou: sur les sans-abri, et sur la mort"
Pourquoi la mairie de Paris ne se donne-t-elle pas les moyens d'avoir ces chiffres? En deux ans d'existence, l'observatoire municipal n'a produit que des données brutes, classées en fonction du sexe et de l'âge. Olivier Pagès, l'élu qui a impulsé la création de l'observatoire, assure qu'il aimerait disposer de chiffres concernant les SDF, mais que pour l'instant les financements manquent. Il avance deux explications:
"Beaucoup de gens pensent qu'il vaut mieux s'occuper des SDF quand ils sont encore vivants. De plus, il y a un double tabou: un tabou politique portant sur les sans-abri, et un tabou en amont concernant la mort."
Depuis 2001, l'Insee a (enfin) lancé un recensement de la population exclue. Mais rien n'a encore été fait concernant leur mortalité. Joint par téléphone, les agents de l'Insee ne sont pas plus loquaces que ceux des autres administrations: "Nous n'avons rien du tout sur le sujet."
Conséquence: l'Inserm indique, à son tour, qu'en l'absence d'un "item" créé par l'Insee, impossible de dégager des statistiques...
Oeuvrant au quotidien auprès des personnes en difficulté dans la rue, les associations d'aide aux démunis connaissent bien les sans-abri, et sont rapidement au courant quand l'un d'entre eux décèdent. Pourtant, aucune ne sait combien décèdent chaque année dans les rues de France. Toutes donnent la même réponse: ce n'est pas à nous de le faire, mais à la préfecture de police. Xavier Emmanuelli, président fondateur du Samu Social de Paris, explique ainsi:
"Le Samu Social de Paris ne centralise pas le nombre de personnes décédées dans la rue et pour cause, ce genre d'initiative relève plutôt des services de police. (...) Le recensement est difficile et les causes de la mort extrêmement diverses."
Un silence sur les chiffres qui arrange tout le monde
A qui profite ce silence? C'est la question que se pose, inlassablement, depuis plusieurs années, l'anthropologue Daniel Terrolle.
Pour lui, la mortalité des sans-abri témoigne de l'effet des politiques sociales. En l'absence de chiffres et de statistiques, il est impossible d'évaluer l'efficacité des politiques de réinsertion. Une situation qui arrangerait tout le monde :
Le chercheur dénonce "une collusion complète entre l'Etat qui n'a pas envie de changer de politique sociale", et ce qu'il appelle "les tenants du marché de la pauvreté", c'est-à-dire les associations caritatives et humanitaires, dont les plus importantes ne font d'ailleurs pas partie du collectif Les morts de la rue. En clair, pour éviter de rendre des comptes, les associations s'abstiennent d'en tenir...
Daniel Terrolle rappelle une vérité crue:
"Quand on est dans la rue, il n'y a que deux sorties possibles: la mort ou la réinsertion. Et finalement, la principale réinsertion, c'est la mort."
Avant de conclure:
"Les pouvoirs publics soutiennent Les morts de la rue, la mairie de Paris le subventionne, mais tout ceci est très ambigu: tout le monde souhaite éviter que le Collectif fasse la jonction entre "ils sont morts dans la rue" et "la réinsertion ne marche pas."
Mensonge : affirmation contraire à la vérité faite dans l'intention de tromper. par Nicolas
source : http://chezpapito.over-blog.com/article-14725944.html
Un mot suffit pour caractériser le pouvoir en place confronté au "problème" des sans-abri. Et cette tromperie parfaitement ficelée nous est servie sur plusieurs tableaux.
Il y a d'abord l'hypocrisie électorale : Nicolas Sarkozy s'est fait élire sur une promesse d'éradiquer la pauvreté et de permettre à tout homme d'avoir un logement ; ce qui semble un impératif pour la cinquième puissance mondiale. Pourtant, les choses n'ont pas changé depuis l'élection du Président-people.
Il y a ensuite fourberie de l'action : le gouvernement de droite à fait voter une loi de "Droit opposable au logement" qui n'est qu'un simulacre d'avancée sociale, une invention tautologique visant à noyer le vrai problème.
Il y a également sournoiserie de la communication présidentielle. Madame Boutin affirme qu'il y a assez de solutions d'urgence pour les SDF, c'est faux. Bénévole pour les restos du coeur depuis quelques mois, j'ai pu discuté hier avec un bénéficiaire, Patrick, âgé de 41 ans. SDF depuis dix ans, il n'essaie plus le 115, le Samu Social étant incapable de lui proposer un logement quand les nuits sont trop froides. Pourtant, cet homme refuse de rester dans le métro, depuis une agression nocturne - vol des papiers et du seul bien d'un SDF : ses habits. Alors, quand on entend une Ministre de la République abuser, tromper, mentir, mystifier, fabuler, il faut dénoncer. Se faire entendre, remettre en cause notre système qui laisse crever de faim les plus pauvres. D'autant plus que Madame Boutin n'hésite pas à dénigrer le travail des associations et des bénévoles - dont je fais partie. Interviewée lors d'une visite dans un centre d'urgence de la Croix-Rouge, et revenant sur l'intervention musclée des CRS sur le parvis de Notre-Dame (samedi dernier), elle affirme sans sourciller que la Croix-Rouge fait un travail souterrain indispensable et beaucoup plus efficace que les protestations des Enfants de Don Quichotte - entre autres. Toujours cette détestable stratégie gouvernementale de la division.
Mais, face à la misère de ces gens, et alors que le gouvernement continue à faire la sourde oreille, ne faut-il pas hausser le ton et jouer à armes égales - action d'éclats et utilisation intensive des médias ?
source : http://www.archipelrouge.fr/spip.php?article252
Publié le 16 juin 2007
par dandi
PARIS
Médecins du Monde dénonce des pressions sur les SDF
NOUVELOBS.COM | 16.06.2007 | 10:48
"Selon Médecins du Monde, les SDF installés sous des tentes ont reçu la visite d’"agents de sécurité de la Ville" qui leur ont demandé de partir en les menaçant d’expulsion par la police. Un ultimatum aurait été fixé à ce samedi et des tentes auraient été jetées dans la Seine.
Le Canal Saint-Martin à Paris le 2 janvier 2007 (AFP)
Le Canal Saint-Martin à Paris le 2 janvier 2007 (AFP) Les SDF qui vivent sous la tente à Paris ont reçu ces derniers jours la visite d’agents de sécurité qui les ont sommés de partir, sous peine d’expulsion par la police, a affirmé vendredi 15 juin Médecins du Monde (MDM), sur la foi de "nombreux témoignages". "Depuis quelques jours, les personnes vivant sous les tentes, dont celles distribuées par Médecins du Monde, font état de pressions pour qu’elles évacuent les tentes", annonce MDM dans un communiqué. "Les témoignages qu’on a recueillis convergent tous vers le même récit", a précisé à l’AFP Graciela Robert, responsable de la mission SDF de Paris pour MDM.
Des "agents de sécurité"
"Les agents de sécurité de la Ville sont passés pour dire qu’il fallait qu’ils partent, que sinon c’est la police qui viendrait", a-t-elle ajouté. "Apparemment l’ultimatum serait demain (samedi)", a-t-elle ajouté, en citant un "arrêté préfectoral" récent mentionné dans les témoignages. Selon la préfecture de police, "il n’y a pas eu d’arrêté préfectoral pris dans le cadre des situations évoquées par Graciela Robert". "Il y a des fois où ça s’est mal passé, des tentes ont été jetées dans la Seine", selon ces témoignages, a assuré la responsable de MDM. Interrogée, la mairie de Paris s’est déclaré "étonnée", assurant qu’il ne pouvait s’agir d’agents municipaux. "Les services municipaux n’ont pas reçu instruction de faire cela", a-t-on affirmé. "Il n’est pas impossible qu’un agent ait dit ça parce que c’est interdit de camper dans Paris", selon la même source. "Il peut y avoir eu des confusions entre différents services de sécurité", a-t-on souligné. Médecins du monde (MDM) a par ailleurs dénoncé l’absence de respect des engagements pris par le précédent gouvernement vis-à-vis des sans-abri et la poursuite de l’évacuation des tentes "sans proposer de solutions".
"En février 2007, des engagements ont été pris par le ministère du Travail et de la Cohésion sociale. Dans cette logique, 55 dossiers ont été déposés par Médecins du monde auprès de la DASS (Direction des affaires sanitaires et sociales) de Paris. Nous avions reçu l’assurance que chacun de ces dossiers trouverait rapidement une solution durable (maison relais, hôtel social, hébergement de stabilisation, CHRS). Six autres dossiers de logement social ont été présentés", précise le communiqué. "A ce jour", déplore MDM "nous n’avons reçu aucune proposition de la DASS conduisant à des hébergements durables, malgré plusieurs réunions et relances. Sur l’ensemble des dossiers présentés, seuls deux ont abouti à un relogement effectif".
"Respect des engagements"
"A la lumière de ce constat", Médecins du monde "rappelle les pouvoirs publics au respect des engagements pris début 2007", et "proteste contre ces évacuations qui continuent d’entretenir une stratégie visant à cacher la misère de la rue".
Depuis décembre 2005, MDM distribue des tentes aux SDF à Paris pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur leur sort. En décembre 2006, l’association les Enfants de Don Quichotte avait à son tour installé plusieurs centaines de tentes le long du Canal Saint-Martin, invitant les habitants à venir dormir aux côtés des SDF. Face au retentissement de l’opération, qui s’était étendue à plusieurs villes en province, le gouvernement avait annoncé le 8 janvier dernier la mise en place d’un plan d’action renforcé au profit des mal-logés et des SDF s’appuyant notamment sur 27.100 places d’hébergement, les personnes accueillies devant se voir proposer une "solution pérenne". Un comité de suivi composé des principales associations d’aide aux plus démunis avait été créé pour veiller à la mise en oeuvre de ce programme, suivi notamment par la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS). Les campements des Enfants de Don Quichotte ont, depuis, été progressivement démonté. "Pour toutes les personnes des tentes des Enfants de Don Quichotte des solutions ont été trouvées", a assuré de son côté la présidente de la FNARS Nicole Maestracci, interrogée vendredi par l’Associated Press. La FNARS précisait toutefois que quelques dossiers étaient toujours en cours de règlement, sans pour autant que les personnes soient encore sous des tentes, et que 53 personnes entrées dans le dispositif début 2007 n’avaient plus donné suite depuis. "Sur la mise en oeuvre du plan annoncé, la non-remise à la rue des personnes accueillies, l’ouverture des centres 24 heures sur 24, et le financement, il y a eu des avancées. Même si tout n’est pas réglé, on ne peut pas dire que rien n’a été fait", a ajouté Nicole Maestracci. La FNARS explique qu’un bilan des opérations menées à Paris comme en province pourrait être fait dans les prochaines semaines. (Avec AP et AFP)
*Source:http://tempsreel.nouvelobs.com
Ségolène Royal visite un centre d'hébergement et réclame des mesures énergiques
PARIS, 24 déc 2007 (AFP) - Ségolène Royal a visité lundi, veille de Noël, un centre d'hébergement du Secours catholique à Paris, réclamant des mesures "énergiques" pour résoudre la crise du logement, comme la substitution de l'Etat aux communes défaillantes en matière de logements sociaux.
"Le jour de Noël, c'est là sans doute qu'on prend conscience de la façon la plus aiguë des inégalités criantes, qui loin de se réduire s'aggravent", a affirmé l'ex-candidate à la présidentielle après avoir discuté avec des habitants de la cité Saint Martin, dans le quartier de l'Arsenal (IVe arrondissement) .
L'immeuble, dans ce quartier cossu, abrite quelque 150 personnes - plus de 200 en comptant les chambres d'hôtels et appartements liés au centre. Célibataires, divorcés, familles entières avec enfants - une soixantaine d'enfants au total - ont échu là.
Les témoignages fusent: qui a perdu son logement après un licenciement, qui après un divorce. L'emploi n'est seul en cause: "l'immigration, la violence conjugale" sont aussi facteurs d'exclusion, souligne la directrice, Catherine Cabbanes.
"La moitié des personnes hébergées ici travaillent", souligne-t-elle.
"La crise du logement touche les exclus et les bas salaires mais aussi les catégories moyennes", souligne Mme Royal.
Le centre ne peut plus remplir sa fonction d'accueil "d'urgence" puisqu'en application de la loi du logement opposable les associations sont tenues de garder leurs pensionnaires tant qu'ils n'ont pas trouvé à se reloger.
Désormais, "il y a une problématique de la sortie" qui a conduit à "un "engorgement", alors que la demande explose, souligne Mme Cabbanes. Elle rappelle le manque notamment de maisons relais permettant le relogement, alors "qu'un tiers des personnes du centre sont pourtant éligibles à un logement social".
"Je demande au gouvernement et au Président de la République d'agir, il y a eu des promesses de campagne, on attend des mesures énergiques et efficaces, qu'on passe des discours aux actes", lance Mme Royal.
Pour elle, "des solutions simples" existent et si le gouvernement ne les prend pas c'est qu'il "ne veut pas bousculer" les communes de droite qui ne respectent pas leurs obligations.
Elle propose que "l'Etat se substitue aux 700 communes qui ne construisent pas les 20% de logements sociaux" imposés par la loi, et aussi à celles qui ne respectent pas "le quota d'un logement d'urgence pour 1.000 habitants".
Elle demande également de "donner aux communes la possibilité de réquisitionner des logements vacants spéculatifs" et que l'Etat mette "à disposition des communes" pour construire du logement social, les terrains qu'il compte vendre dans les villes.
Mme Royal salue enfin "le travail extraordinaire des associations". "Sans elles la misère serait encore plus forte".
Le nouveau campement des Enfants de Don Quichotte évacué par la police
LEMONDE.FR avec AFP | 15.12.07 | 12h39 •
Quelques heures après avoir été installé, près de Notre-Dame de Paris, le nouveau campement des Enfants de Don Quichotte a été évacué par les forces de l'ordre, samedi 15 novembre. Les gendarmes mobiles, qui sont intervenus sans casques ni boucliers, ont démonté l'ensemble des tentes, qu'ils ont chiffré à plusieurs dizaines. Augustin Legrand, porte-parole de l'association, avait auparavant déclaré que 250 tentes avaient été montées, soit presque autant qu'au plus fort du campement installé l'an dernier, à la même période, le long du Canal Saint Martin.
Denis Baupin dénonce "la violence incroyable déployée par les forces de police"
Denis Baupin, adjoint Verts au maire de Paris, s'est rendu sur les lieux que tentaient d'investir les Don Quichotte, samedi matin, pour apporter son "soutien" à l'action menée par l'association. Après l'intervention des forces de l'ordre, il a dénonce " la violence incroyable qui a été déployée par les forces de police pour déloger ce début de campement". "La réponse à apporter au scandale du mal logement n'est ni la matraque, ni jeter des individus dans la Seine, mais d'apporter des réponses immédiates, concrètes, à tous ces gens en situation d'urgence", a-t-il déclaré, demandant "la réquisition des milliers de logements vacants, l'augmentation de l'offre de logements sociaux et un coût d'arrêt à la spéculation immobilière". – (Avec AFP.)
L'intervention des forces de l'ordre ne s'est pas déroulée sans heurts. Dans une bousculade, un militant de l'association est tombé dans la Seine avant d'être rapidement secouru par un policier de la brigade fluviale, dont deux canots pneumatiques et une barge avaient été mobilisés. Il a été remonté sur le quai puis interpellé. Jean-Baptiste Legrand, frères d'Augustin, a également été interpellé.
Les militants de l'association se sont ensuite rassemblés sur le parvis de la cathédrale pour appeler les Parisiens à venir "exprimer leur solidarité" avec les sans abri. La présence de deux tentes sur le parvis a provoqué une nouvelle intervention des autorités, plus rude que la précédente, selon un journaliste de l'AFP.
"PROMESSES NON TENUES"
Le gouvernement avait averti, vendredi, qu'il ne tolèrerait aucun nouveau campement. La ministre du logement, Christine Boutin, avait prévenu qu'elle "n'acceptera pas d'avoir des tentes, donc elles seront évacuées par les forces de police". Tout en soulignant que "le campement des Don Quichotte a eu le mérite [en 2006] de sensibiliser les politiques, l'opinion, (...) sur la gravité de la situation", Mme Boutin avait estimé qu'"à la fin de ce campement les personnes (...) se sont retrouvées dans des conditions sanitaires et psychologiques beaucoup plus graves que quand elles étaient entrées sous la tente". Elle a exhorté "les personnes qui seraient sollicitées pour aller sous la tente de ne pas y aller"
Pour Augustin Legrand "les promesses non tenues" du gouvernement, qui font que "cette année encore, plusieurs milliers de personnes dorment sur les trottoirs", justifient cette nouvelle action. Il rappelait, jeudi, que "sur les 27 000 places [d'hébergement durable] promises", "14 000 seulement [sont] disponibles".
Le Secours Catholique, qui avait apporté son soutien à cette nouvelle opération dans un communiqué, s'est dit "atterré" par les déclarations de Mme Boutin, selon lesquelles "les objectifs en termes d'hébergement (des sans abri) étaient atteints". "Nous gérons des centres, ils sont remplis à plus de 100%. Il n'y a pas de place disponible", a affirmé son secrétaire général, Pierre Levené. "Réouvrir des gymnases pour accroître les capacités d'accueil, c'est un bond en arrière de 20 ou 30 ans (...) nous sommes très inquiets en cette période hivernale car il manque un nombre important de places d'hébergement", a-t-il ajouté. Le Secours Catholique a indiqué qu'il allait "apporter un soutien humanitaire aux personnes à la rue présentes sur le campement" des Don Quichotte.