
Violences impunies contre les femmes
Les violences contre les femmes font l'objet de deux rapports d'Amnesty International rendus publics le 6 mars 2001 à Paris et aux Etats Unis
Le premier, intitulé "Torture : ces femmes que l'on détruit", publié par la section française d'Amnesty International, indique qu'une femme sur cinq dans le monde est victime de la torture au quotidien et que la torture "est enracinée dans une culture qui, partout, refuse aux femmes l'égalité des droits avec les hommes et tente de légitimer la violence à leur égard." Le rapport est publié en anglais sous le titre : "Broken bodies, shattered minds. Torture and ill-treatment of women" [Corps brisés, volontés détruites].
Assez !S'appuyant sur des statistiques de la Banque mondiale, Amnesty souligne qu'une femme sur cinq est ou a été victime de violences physiques ou d'agressions sexuelles. En Inde, la proportion s'élève à 40 % et en Egypte, à 35 %. L'organisation, qui cite de nombreux témoignages de femmes et de jeunes filles battues et violées, ajoute que "les tortionnaires" sont "le plus souvent de membres de leur famille ou de leur communauté, ou encore de leurs employeurs."
La rapport de l'organisation de défense des droits de l'homme rappelle les horreurs qui frappent trop souvent la femme dans les sociétés humaines - depuis Zeynep Avci torturée à l'électricité, sodomisée et violée par des policiers en Turquie jusqu'aux nombreuses jeunes épouses brûlées ou défigurées à l'acide par leurs belles familles dans le sous-continent indien.
Amnesty demande aux Etats de "condamner publiquement les violences infligées aux femmes, à les interdire dans leur législation, à ouvrir une enquête sur toute allégation de violences, ainsi qu'à traduire en justice et à sanctionner leurs auteurs."
Le deuxième concerne "les mauvais traitements contre les femmes en prison" aux Etats-Unis. Il cite le cas de 1.000 femmes ayant subi des violences sexuelles en prison, par exemple dans le centre de détention de Turner Guilford Knight à Miami (Floride). L'organisation indique que, dans certains Etats, le détenu peut être tenu pénalement coupable de contacts sexuels avec un gardien. Seuls trois des cinquante Etats américains interdisent la fouille au corps par un gardien d'un autre sexe.
Amnesty juge "barbare" que l'on puisse enchaîner dans les prisons des Etats-Unis des femmes enceintes ou même - ce qui est autorisé dans 18 Etats - en train d'accoucher.
- Torture. ces femmes que l’on détruit
La torture des femmes et des fillettes se perpétue au quotidien dans l'ensemble du globe, indique Amnesty International dans son rapport "Ces femmes que l'on détruit". "Elle est enracinée dans une culture qui, partout, refuse aux femmes l'égalité des droits avec les hommes et tente de légitimer la violence à leur égard."
"Les tortionnaires sont parfois des agents de l'Etat ou des membres de groupes armés, mais il s'agit le plus souvent de membres de leur famille ou de leur communauté, ou encore de leurs employeurs. Pour un grand nombre de femmes, le foyer est un lieu de terreur."
Le calvaire de "K"
"K.", originaire de République démocratique du Congo, était mariée à un officier de l'armée qui la torturait régulièrement, bien souvent sous les yeux de ses enfants. Il la violait sans cesse et lui transmettait des maladies vénériennes. Il la menaçait fréquemment de l'abattre avec son pistolet. Un jour, elle a perdu une dent, a eu la mâchoire disloquée et a reçu dans l'oeil un coup de poing si violent qu'il a fallu lui faire des points de suture. Par la suite, elle a ressenti des douleurs continuelles au nez, à la nuque, à la tête, à la colonne vertébrale, à la hanche et au pied.
"K.", qui a fini par demander l'asile aux Etats-Unis, a affirmé qu'il aurait été vain de s'adresser à la police, à la fois en raison des liens unissant son mari avec la famille au pouvoir et parce que "les femmes ne sont rien au Congo". Un juge des services d'immigration américains a qualifié d'"atrocités" les violences qu'elles avait subies. Il a pourtant rejeté sa demande d'asile, décision qui a été confirmée en appel.
La violence au foyer : un phénomène universel
Le rapport d'Amnesty International s'inscrit dans le cadre de sa campagne mondiale contre la torture. L'organisation y exhorte les gouvernements à protéger les femmes et les fillettes contre les actes de torture. Ceux d'entre eux qui ne prennent aucune mesure pour les protéger contre la violence, qu'elle soit exercée au foyer ou au sein de la collectivité, ont leur part de responsabilité dans la torture et les autres formes de mauvais traitements qu'elles subissent.
"Aux termes du droit international, les Etats sont tenus d'interdire et de prévenir la torture, et ils doivent prendre des mesures contre ces violences en toute circonstance. Or, bien trop souvent, loin de fournir une protection suffisante aux femmes, les gouvernements se sont rendus complices de ces exactions, les ont dissimulées et cautionnées. Ils ont laissé la situation se perpétuer."
La violence au foyer est un phénomène universel. Les statistiques de la Banque mondiale montrent qu'au moins 20% des femmes dans le monde ont été victimes de violences physiques ou d'agressions sexuelles. Selon des rapports officiels publiés aux Etats-Unis, une femme est battue toutes les 15 secondes et 700.000 sont violées chaque année. En Inde, plus de 40% des femmes mariées ont affirmé être giflées, frappées à coups de pied ou agressées sexuellement pour divers motifs, par exemple parce que leur mari est mécontent de leur cuisine ou de la tenue du ménage, ou parce qu'il est jaloux. En Egypte, 35% des femmes ont déclaré que leur mari les battait.
Des "crimes d'honneur" signalés dans plusieurs pays arabes
Certains groupes de femmes, particulièrement exposés à la torture et aux mauvais traitements, font l'objet d'une discrimination aux multiples facettes. Ces femmes sont torturées non seulement en raison de leur sexe, mais aussi du fait de leur race, de leur origine ethnique, de leurs préférences sexuelles, de leur situation sociale, de leur classe et de leur âge.
Les employées de maison, ressortissantes étrangères pour la plupart, sont souvent maltraitées par leurs employeurs. Elles peuvent rarement obtenir réparation du fait de leur situation d'immigrées.
Nasiroh, une jeune indonésienne, est partie travailler en Arabie saoudite en 1993. Elle a déclaré à Amnesty qu'elle avait été agressée sexuellement par son employeur, puis accusée à tort de l'avoir tué. Elle affirme aussi avoir été torturée et soumise à des violences sexuelles par des policiers pendant sa détention au secret qui a duré deux ans. Aucun représentant de son ambassade n'est jamais venu la voir. Son procès a été tellement expéditif qu'elle ne savait même pas qu'elle avait été condamnée. Elle ne sait toujours pas quel est le "crime" qui lui a valu de passer cinq ans en prison.
Des "crimes d'honneur", qui vont jusqu'à la torture et l'homicide, sont signalés dans plusieurs pays, dont l'Irak, la Jordanie, le Pakistan et la Turquie. Des femmes et des fillettes de tout âge sont accusées d'avoir, de par leur comportement, déshonoré leur famille et leur communauté. Cette inconduite peut aller du simple bavardage avec un voisin de l'autre sexe aux relations sexuelles en dehors du mariage. La simple impression qu'une femme a porté atteinte à l'honneur de la famille peut conduire à la torture ou à d'autres mauvais traitements.
Des femmes achetées ou vendues
Les femmes qui ont été achetées et vendues à des fins de travail forcé, d'exploitation sexuelle ou de mariage forcé sont également exposées à la torture. Après la drogue et les armes, la traite des êtres humains constitue la troisième source de profit pour le crime organisé international. Les femmes qui en sont victimes sont particulièrement vulnérables aux violences physiques, notamment au viol, à l'enfermement illicite, à la confiscation de leurs papiers d'identité et à l'esclavage.
Dans les conflits armés, les femmes sont souvent victimes de torture en raison de leur rôle d'éducatrices et en tant que symboles de leur communauté. Ainsi, pendant le génocide perpétré au Rwanda en 1994 et le conflit en ex-Yougoslavie, des femmes tutsi, musulmanes, serbes, croates et kosovares ont été torturées parce qu'elles appartenaient à un groupe ethnique, national ou religieux particulier.
Les femmes qui ont été victimes de torture peuvent rencontrer de nombreux obstacles lorsqu'elles tentent d'obtenir réparation, notamment : l'indifférence de la police, l'absence de dispositions pertinentes dans la législation pénale, les partis pris sexistes dans le système judiciaire et les procédures pénales nuisant à l'équité des poursuites.
Lorsqu'elle avait quinze ans, Mme G. a été troquée par ses parents qui l'ont donnée comme épouse à un voisin afin qu'il les aide à rembourser un emprunt contracté pour leur ferme, au Salvador. Son mari avait l'habitude de la violer et de la battre, au point qu'elle a dû être hospitalisée. Mme G. s'est rendue deux fois à la police pour demander une protection, mais les policiers ont déclaré qu'il s'agissait d'un problème personnel. À l'âge de vingt ans, elle a pris la fuite en compagnie de ses deux enfants, mais ses parents et son mari l'ont retrouvée, et ce dernier l'a frappée à coups de bâton tandis que sa mère la tenait immobilisée. Mme G. s'est alors enfuie aux Etats-Unis, où elle a déposé une demande d'asile, mais elle a été informée qu'elle serait rapatriée dans son pays.
Dans certains pays, les femmes ne sont pas autorisées à comparaître en justice
Dans de nombreuses régions du monde, la police s'abstient régulièrement d'enquêter sur les cas de violence allégués par les femmes et les renvoient souvent à leur triste sort au lieu d'enregistrer leur plainte. Une étude menée en Thaïlande a montré que la police leur conseille généralement de se réconcilier avec leur partenaire et qu'elles doivent souvent acheter les policiers pour qu'ils engagent des poursuites. Seuls 27 pays sont dotés de dispositions législatives contre le viol conjugal.
Au Pakistan, les femmes victimes de viol qui ne parviennent pas à prouver qu'elles n'étaient pas consentantes peuvent être elles-mêmes accusées de zina (fornication), crime puni de mort par lapidation, ou de flagellation en public. Dans certains pays, les femmes ne sont pas autorisées à comparaître en justice : ce sont les hommes de leur famille qui sont censés représenter leurs intérêts. En Arabie saoudite, les femmes qui sortent de chez elles pour demander l'aide de la police risquent une arrestation pour s'être montrées en public sans être accompagnées par un parent de sexe masculin.
"Il est grand temps pour les gouvernements de reconnaître que la violence exercée au foyer et dans la communauté n'est pas une affaire privée, mais qu'elle met en jeu la responsabilité des Etats. Les normes internationales indiquent clairement que les Etats sont tenus de s'assurer que nul n'est soumis à la torture ou à d'autres mauvais traitements, quels que soient leur auteur ou leur contexte", indique Amnesty. "En ne tenant pas compte de cette obligation, ils partagent la responsabilité des souffrances qu'ils n'ont pas empêchées."
Sources : Amnesty International, Québec, mars 2001.
lundi 18 août 2008
Violences impunies contre les femmes
jeudi 5 juin 2008
jeudi 3 avril 2008
Laisse aboyer les chiens vidéocréation par Mauvaise herbe
source : Mauvaiseherbe
source : Mauvaise herbe
"Tu connaissais pas la consigne mon ange"....
Superbe montage photographique, où l'utilisation d'un procédé en apparence simple et répétitif renforce le caractère lancinant et pathétique de cette chanson signée Benjamin Biolay.
Il fait revivre l'instant figé comme en nos mémoires les instants tragiques gardent la prégnance d'une réalité présente.
De surcroît, l’emploi récurent du zoom donne corps au leitmotiv du refrain :
« On s’approche plus, on s’avance ».
D'une fluidité n'excluant ni effets de surprise, ni ruptures,
rien n’est fortuit.
Le résultat donne force et pertinence au message de sa conceptrice,
il est saisissant!
"Laisse aboyer les chiens" : riposte féministe aux fléaux de la misogynie répandue.
sémaphore
"Tu n'as pas suivi la consigne,mon ange
tu gis sans vie dans la cuisine orange
vêtu d'un t-shirt et d'un jean à frange"
Benjamin Biolay
lundi 3 mars 2008
Espagne/Violences conjugales: 4 femmes tuées
Les campagnes de lutte contre la violence conjugale et les violences envers les femmes ne sont divagations de féministes, les faits sont là, ce court article est édifiant!
Le féminisme est un humanisme nécessaire face à la barbarie meurtrière des hommes.
Sémaphore
Espagne/Violences conjugales: 4 femmes tuées mardi
Mercredi 27 février 2008
source : http://actu.skynet.be/
(Belga) Quatre femmes ont été tuées par leurs compagnons ou ex-compagnons en Espagne pour la seule journée de mardi, ce qui porte à 17 le nombre de femmes tuées par leurs partenaires depuis début janvier dans ce pays.
Qualifiant les violences faites aux femmes de crimes "abominables", Maria Teresa Fernandez de la Vegala, numéro deux du gouvernement espagnol, a condamné les quatre meurtres. Une Bolivienne de 22 ans a été poignardée de trois coups de couteau à la poitrine par son compagnon à Madrid aux premières heures de mardi. Une femme de 44 ans a été abattue par son ex-compagnon à Cullera, alors qu'elle était assise dehors sur une terrasse avec des amis. Une femme de 49 ans a été poignardée dans la rue par son mari à Cadix après une dispute et une quatrième femme a été abattue par son mari à leur domicile à Valladolid. (BVH)
mardi 26 février 2008
Les violences conjugales
Les violences conjugales
Le couple hétéronormé est le bastion de la violence machiste. En son sein se perpétuent les mécanismes de la domination masculine, bien à l’abri derrière la frontière de l’intime. Si nous voulons changer les rapports sexistes qui sous-tendent tout notre système social, nous devons nous montrer particulièrement attentifs/ves à ce qui se cache dans le « privé ». Parce que nous sommes tou-te-s imprégné-e-s des constructions sociales qui font de nous des hommes ou des femmes, nous les reproduisons tou-te-s. A chacun-e de nous d’accepter de les regarder, de les remettre en cause dans nos propres relations comme dans celles de notre entourage.
source : http://inventerre.canalblog.com/archives/2008/02/25/8063320.html
par Collectif
Ce texte à été écrit suite à des rencontres non-mixtes organisées en novembre 2007. Lors de ces rencontres, de nombreuses discussions nous ont amenées à la question des violences conjugales et à celle de la gestion collective de ce genre de situations.
Merci à FFO.
Inspiré du livre Femmes sous emprise, de Marie-France Hirigoyen ; et malheureusement de nos expériences de femmes, de celles des autres femmes avec qui nous avons parlé.
Quand on dit "violences conjugales", souvent on s’imagine la femme couverte de marques, tabassée par son mari, voire tuée. Ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Le paroxysme de violences insidieuses, quotidiennes, inscrites dans l’histoire du couple. Les violences physiques viennent toujours en plus des violences psychologiques, quand déjà la femme est prise au piège d’un rapport profondément inégal.
"J’ai longtemps cru que la violence conjugale ne me concernait pas, parce que mon mari ne me battait pas. Mais en fait, j’étais si soumise qu’il n’avait pas besoin de me frapper pour que je fasse ses quatre volontés. La violence physique n’est apparue que quand j’ai commencé à résister."
Les violences conjugales, c’est tous les petits actes qui rabaissent la femme, la placent sous l’emprise de son compagnon, entérinent une inégalité de statut. Au départ, il y a des "micro-violences" qui préparent le terrain, puis c’est l’escalade, un cercle vicieux où l’homme impose toujours plus, la femme accepte toujours plus.
On parle de violences psychologiques quand l’homme par tout un ensemble d’attitudes, de comportements, de propos, dénigre et nie la façon d’être de la femme, la déstabilise, la blesse. De cette manière, l’homme impose son pouvoir et prend le contrôle de la relation.
Si ces violences sont parfois difficiles à séparer, c’est qu’elles jouent sur la subjectivité des personnes : certaines choses peuvent paraître anodines aux yeux des autres mais la femme en ressent la violence. Ces violences peuvent commencer de façon très subtile : ton menaçant, railleur, regards réprobateurs, méprisants, etc., mais tous contribuent à la dévalorisation de la femme, à la mettre mal-à l’aise, à lui faire peur, à la mettre sous pression.
Souvent, en public, l’homme a l’air irréprochable, parce qu’il tient à préserver l’image que les autres ont de lui. Ou alors il se cache derrière l’humour, l’ironie, prétextant que "c’est juste une blague". C’est dans l’espace privé souvent que la violence se révèle pleinement.
Quand la femme essaye de réagir, l’homme lui explique qu’elle se trompe : "je plaisantais" ou "j’étais énervé, mais c’est pas contre toi" ou "mais non, je ne suis pas jaloux, je m’inquiétais pour toi". Et ça marche si bien que la femme finit par douter de la réalité de ce qu’elle a vécu, par se dire que ce sont ses perceptions qui sont erronées, qu’elle est parano, qu’elle devient folle, qu’elle se fait des films...
On peut essayer de distinguer plusieurs axes autour desquels s’articulent les violences conjugales, plusieurs mécanismes qui les entretiennent.
Le contrôle
Il renvoie à la possession de l’autre. C’est l’intrusion dans les activités de la femme, dans ses relations sociales, dans ses choix personnels. C’est quand il n’existe plus un espace de la vie de la femme où son compagnon ne soit pas présent. "tu sais, ta copine, je pense qu’elle se sert de toi", "t’es sûre que tu veux faire des études de socio ? y’a pas beaucoup de débouchés". Ca peut-être juste en témoignant de l’intérêt "t’as fait quoi aujourd’hui ?" mais de façon systématique qui amène à un point où il n’y a plus rien de la femme que l’homme ne sache pas. C’est parler en son nom "oh, elle n’aime pas trop le ski", "je crois que ce soir elle n’a pas envie de sortir".
L’isolement
Pour que la violence puisse se perpétuer, il faut séparer la femme progressivement de ses ami-e-s, de sa famille. La priver de soutien, d’oreilles à qui confier ce qu’elle subit. Des fois, ça passe par une dévalorisation des personnes : "ta mère ne te respecte pas, elle ne s’intéresse pas à toi", "tes copines sont vraiment insupportables !", "X a trouvé que tu exagérais l’autre soir". L’homme peut aussi jouer ce jeu à l’inverse : aller voir les ami-e-s pour disqualifier à leur yeux sa compagne. Il faut que la vie de la femme soit tournée uniquement vers son compagnon, qu’il soit central, qu’elle s’occupe de lui, qu’il soit toujours prioritaire, qu’elle pense tout le temps à lui. Ca peut être quand l’homme explique à sa compagne qu’il est mal, qu’il faut qu’elle reste prés de lui, et que du coup, elle annule tout naturellement sa soirée entre copines. Quand comme par hasard dès que la femme est ailleurs à vivre pour elle, son compagnon a besoin d’elle et la fait rentrer.
C’est tout ce qui prive la femme d’indépendance, permettant que pour elle, il devienne impossible de vivre sans son compagnon. L’isolement social dans lequel se trouve alors la femme laisse toute sa place au contrôle total.
La jalousie
C’est un forme de contrôle, rattachée au désir de possession. Ce que l’homme veut, c’est l’exclusivité : l’exclusivité sexuelle bien sûr, mais au-delà de ça, l’exclusivité relationnelle, l’exclusivité dans le rapport de confiance, l’exclusivité des sentiments, des pensées. Sous des formes plus ou moins diffuses, c’est la volonté d’être le centre, le seul : celui avec qui elle couche, celui à qui elle parle, celui avec qui elle pratique telle ou telle activité, celui à qui elle pense, à qui elle fait des cadeaux. Celui qui est toujours prioritaire, qui passe avant le reste du monde. Dans la forme exacerbée, c’est le contrôle des appels, des activités, des fréquentations. Mais la jalousie se joue beaucoup plus subtilement : "tu as raconté ça à X alors que tu ne me l’as pas dit à moi ? tu n’as plus confiance ?". C’est aussi toutes les stratégies qu’un homme peut mettre en place quand il ressent que sa compagne a de l’attirance pour un autre : dévaloriser le concurrent ("je trouve franchement que X est inintéressant/manipulateur"), s’accaparer la femme quand elle est en présence de l’autre homme ("dis, tu peux venir 5 minutes, il faut que je te parle d’un truc hyper-important"), marquer sa propriété au rival (venir s’asseoir prés de la femme, l’embrasser, la caresser).
Souvent, la jalousie n’est pas admise par l’homme : inutile de dire "tu as eu un comportement jaloux", il ne le reconnaîtra pas et trouvera toujours de bonnes excuses : "j’avais juste envie d’être près de toi", "si je me suis énervé, c’est juste que je sens bien que ce type n’en veut qu’à ton cul", "désolé, j’étais de mauvaise humeur", "c’est pas que tu passes du temps avec lui/elle qui me dérange, c’est juste qu’à ce moment là, j’avais besoin de toi, j’étais mal et toi t’en avais rien à faire, tu m’as délaissé".
Le harcèlement
En répétant à satiété un message à quelqu’un, on parvient à saturer ses capacités critiques et à lui faire accepter n’importe quoi. Ce sont, par exemple, les discussions interminables jusqu’à ce que la femme, épuisée, cède et dise ou fasse ce que son compagnon attend. Ce type de mécanismes peut s’appliquer pour de nombreuses choses. C’est l’interrogatoire pour que la femme avoue qu’elle a eu des relations sexuelles avec quelqu’un-e d’autre. C’est l’homme qui ne cesse de douter des sentiments de sa compagne pour qu’elle le rassure en lui disant qu’elle l’aime plus que tout, qu’il est la chose la plus importante dans sa vie. C’est le type qui n’arrête pas de parler de sodomie à sa compagne alors qu’elle n’en a pas envie, utilisant tous les arguments possibles jusqu’à ce qu’elle cède. C’est à chaque fois que la femme, par lassitude, finit par trouver plus simple d’obtempérer. Ou encore plus vicieux, à chaque fois que, à force d’entendre les mêmes discours, les mêmes arguments, elle finit par être persuadée que son compagnon a raison.
Le harcèlement intervient très souvent après la rupture : c’est une façon pour l’homme de rester omniprésent dans l’esprit de la femme, de lui rappeler qu’il attend qu’elle revienne. Ce sont les 10 coups de fils par jours, les lettres, les visites surprises, s’arranger pour se retrouver "comme par hasard" dans les mêmes endroits qu’elle, etc. Ca peut-être des insultes, des menaces : menaces de violence sur la femme, bien sûr, mais aussi culpabilisation : "si tu reviens pas, je vais faire une connerie. je suis capable de me foutre en l’air". Mais ça peut-être aussi les déclarations d’amour, les "reviens, je vais changer, je me rend bien compte", qui empêchent la femme de prendre du recul, de la distance.
Le dénigrement - la dévalorisation
Il s’agit d’atteindre l’estime de soi de la femme, d’ébranler sa confiance en elle. C’est lui montrer qu’elle ne vaut rien, qu’elle n’est pas capable. Cela induit plusieurs choses : la femme doute d’elle, perd son assurance ; elle intériorise un sentiment d’infériorité qui maintient la domination de l’homme. Ca renvoie également une image où la femme a besoin de son compagnon : "qu’est ce que tu ferais sans moi ? Franchement, tu serais perdue sans moi pour te guider, te conseiller, t’épauler, te soutenir". Ou alors "personne d’autre ne voudrait de toi. Il n’y a qu’avec moi que tu peux te sentir bien parce que je suis bien le seul qui accepte de te supporter".
Ici encore, on a tout un panel de stratégies : mettre en doute la santé mentale de la femme ("mais, tu perds la tête, t’es complètement hystérique/folle, tu délires") ; dénigrer ses capacités intellectuelles (se moquer de ses points de vues, de ses opinions, prendre un ton très professoral ou intello pour lui expliquer des choses, montrer que évidemment, il sait mieux qu’elle, il a tout compris, tous les petits "mais qu’est ce qui t’y connais, toi, à ça ?"). C’est aussi critiquer son physique, son apparence et l’image qu’elle peut renvoyer ("tu comptes quand même pas sortir comme ça ?"), l’accuser d’avoir des comportement inappropriés, mettre en doute ses capacités sexuelles, professionnelles, maternelles, affectives ; l’accuser de mille et une tares de caractère. C’est les "t’es vraiment trop conne" ou "tu te conduit vraiment comme une salope".
Ca peut être en utilisant les autres, leur regard et leur jugement : "X m’a dit qu’il te trouvait vulgaire", "je crois que tu as choqué X", "t’as vu comment t’as parlé à X ?". Monter qu’il n’est pas le seul à penser ça, que tout le monde est de son côté, et donc que ça prouve bien que c’est elle qui est en tort. Ca peut être en mentant, mais aussi réellement, en montant les autres contre la femme, par exemple en allant raconter à quel point elle exagère.
C’est aussi un renforcement du sentiment de faiblesse de la femme, où elle ne se sent pas les moyens, pas la force d’agir.
Les humilations
C’est sensiblement le même procédé, c’est rabaisser la femme jusqu’à ce qu’elle se sente tellement misérable qu’elle voudrait disparaître, la ridiculiser, lui enlever toute dignité. C’est lui afficher son mépris, la priver du droit au respect. L’humilier tellement que c’est elle qui a honte. C’est encore plus violent quand c’est en public, quand c’est face au regard des autres. Insulter, crier sur la femme, lui cracher au visage, la forcer à se mettre dans des positions de soumission (par exemple, jeter quelque chose par terre pour qu’elle soit obligée de se mettre à quatre pattes), la tourner en dérision (par exemple, c’est elle qui est ridicule quand elle hurle sa colère).
L’intimidation
Claquer les portes, casser des objets, s’énerver tout seul, hurler sur l’animal de compagnie. Si ces violences ne sont pas adressées directement à la femme, elle installent un climat de peur : peur des coups, ou simplement peur de se faire hurler dessus, envoyer chier.
C’est une forme de violence très facile à nier pour l’homme : "mais tu sais bien que c’est pas contre toi que je m’énerve. Jamais je te parlerais comme ça"
L’indifférence aux demandes affectives
La violence morale, ça peut être aussi le refus de se sentir concerné par l’autre. Se montrer insensible, inattentif envers sa compagne, ne pas la prendre au sérieux, ne pas donner d’importance aux choses qui en ont pour elle, afficher ostensiblement rejet, mépris. Être froid, distant, repousser l’autre, l’envoyer chier. Rejeter ses demandes, ses attentes, sans explications ou discussion. Et après c’est encore la femme qui mets en doute, qui cherche ce qu’elle à mal fait, en quoi elle s’y prend mal. C’est refuser de parler, d’expliquer. C’est le mec qui fait la gueule mais qui refuse de dire un mot, et la femme qui cherche en quoi c’est de sa faute à elle. C’est aussi ignorer les besoins, les sentiments, les craintes de l’autre, ne pas les prendre en considération. Il arrive fréquemment dans une relations que les deux personnes n’aient pas les mêmes envies, les mêmes attentes, ce n’est pas un problème. La violence, c’est quand on refuse de les entendre, de leur donner une existence. Ca peut être aussi créer une situation de manque et de frustration pour maintenir la femme en insécurité. C’est ne pas tenir compte de l’état physique ou psychologique de sa compagne, l’ignorer. Nier la subjectivité de l’autre, faire comme si elle n’existait pas.
Les menaces
Les menaces peuvent porter sur des dizaines de choses. Elles prennent pour objet tout ce qui est important aux yeux de la femme. Menacer de frapper, d’enlever les enfants, menacer de couper les vivre. Menacer de se suicider.
Les menaces placent la femme dans une position ou c’est elle qui porte la responsabilité : "je te préviens de ce qui va se passer, donc si tu t’obstines, ce sera de ta faute". Dans ce procédé, c’est la femme qui se sent coupable de la violence.
La violence physique
Généralement, elle intervient à partir du moment où la femme résiste à la violence psychologique. Quand ces violences ne sont pas récurrentes mais interviennent de façon isolée, souvent la femme ne les reconnaît pas elle même et trouve une explication pour les justifier : "il était fatigué/énervé", "il ne l’a pas fait exprès", "il ne s’est pas contrôlé". La violence physique ne jaillit pas de nulle part, elle est l’aboutissement d’un processus de violence engagé largement en amont.
Les violences sexuelles
C’est une forme de violence très large, allant du devoir conjugal au viol en passant par le harcèlement sexuel ou l’exploitation sexuelle. A la base de toutes ses formes, il y a le même schéma : le désir et le corps de la femme sont subordonnés à ceux de l’homme. C’est quand la sexualité de la femme est soumise à celle de l’homme. C’est quand la femme est contrainte d’accepter une relation sexuelle qu’elle ne veut pas. C’est bien sûr le viol pratiqué avec usage de la force physique, où le refus exprimé de la femme n’est pas pris en compte. Mais c’est beaucoup d’autre choses.
C’est le devoir conjugal. Quand la femme n’a pas envie, mais qu’elle ne l’exprime pas et se force, parce qu’elle a peur de blesser son compagnon, parce qu’elle ne veut pas qu’il se sente rejeté, qu’il doute de son amour. C’est toutes les fois où la femme doit se justifier parce qu’elle n’a pas envie d’un rapport sexuel : "tu n’as plus envie de moi", "tu ne m’aimes plus", "de toute façon, on ne fais plus l’amour".
C’est quand la femme ne souhaite pas telle pratique sexuelle, mais qu’elle finit par l’accepter. Parce qu’elle n’ose pas dire non, parce qu’elle ne veut pas renvoyer à son partenaire l’image d’un mauvais coup, parce qu’elle veut lui faire plaisir. C’est quand l’homme obtient ce qu’il veut parce qu’il insiste, qu’il remet toujours ça sur le tapis, jusqu’à satisfaction. "Je ne comprend pas, toutes les autres femmes avec qui j’ai couché aimaient ça", "t’es coincée", "tu me fais confiance, non ?".
C’est quand l’homme utilise la suggestion, la culpabilisation, la menace pour obtenir un acte sexuel. C’est quand la sexualité n’est plus question de désir mais de domination, quand elle est une façon de dire "tu m’appartiens".
Les pressions économiques et matérielles
C’est les moyens concrets qui amène la femme à une situation où elle est dépendante de l’homme. Où au-delà des questions affectives il devient difficile, compliqué pour la femme de partir. La crainte des difficultés matérielles engendrées par la séparation contraint la femme à rester.
Exploiter les faiblesses de l’autre - taper là où ça fait mal
La relation amoureuse offre un accès privilégié à l’intimité de l’autre. C’est de fait un poste privilégié pour faire mal. Dans tout ce processus de dévalorisation, d’infériorisation de la femme, l’homme a cette arme particulièrement efficace : connaître les fragilités de la femme, ses faiblesses, ses failles émotionnelles et les exploiter. C’est quand ce qui était de l’ordre de la confiance devient une puissance destructrice. C’est par exemple quand l’homme utilise les confidences que la femme lui a fait et les retourne contre elle : une femme qui a un rapport particulièrement compliqué à sa mère et qui s’entend dire dans une dispute "on dirait ta mère" ; une femme qui a vécu une rupture affective douloureuse et à qui son compagnon balance "ça m’étonne pas que X veuille plus te parler". C’est tout ce qui permet de blesser parce qu’il sait précisément ou frapper. C’est quand une femme manque de confiance en elle et que l’homme accentue cette faiblesse.
Le chantage affectif
Puisqu’on est dans le cadre d’une relation amoureuse, la violence est d’autant plus forte et acceptée que des affects sont engagés. Parce que la femme est amoureuse, elle ne peut pas mettre un terme à la relation aux premiers signes de violences, parce évidemment elle a envie de préserver la relation, qu’elle est prête à tout pour la sauver. C’est tout ce chantage exercé, de type "regarde, tu me rend malheureux", "je t’aime, je ne recommencerai plus", "j’ai besoin de toi, je ne peux pas vivre sans toi", "reviens, je suis malheureux" ; où la femme se sent devoir lui donner une chance, donner une chance à cette histoire. Toutes les situations où juste la femme ne réagit pas parce qu’elle a peur de faire mal, de blesser.
La culpabilisation de la femme - la victimisation de l’homme
Parmi les mécanismes sur lesquels repose cette perpétuation des violences, il y a le sentiment de culpabilité de la femme ; parce qu’elle ne veut pas faire souffrir l’autre, elle justifie ses comportements. C’est quand une femme se fait traiter de salope et hurler dessus parce qu’elle a eu une autre relation amoureuse, et au lieu de poser des limites en disant "stop, tu n’as pas à me parler comme ça", elle légitime le comportement par un "c’est de ma faute si il est en colère, je lui ai fait du mal". A terme, au lieu de refuser ces violences, elle finit par se considérer elle comme la responsable.
Cette culpabilité est entretenue par l’homme : c’est cette attitude très fréquente de juste se poser en face de la femme sans rien dire, en montrant bien qu’il est en souffrance ("tu vois pas que tu me fais mal ?"), et où c’est la femme qui va essayer de le soulager, de trouver des réponses, qui seule va entreprendre d’arranger les choses. C’est les "tu n’étais pas là pour moi quand j’en avais besoin, alors que moi je suis là pour toi", qui renvoie à la femme l’image de l’être égoïste. C’est tout ce processus où quoiqu’il advienne, en définitive l’homme est toujours perçu comme la victime, que ce soit par lui ("t’en as rien à foutre de moi, comment tu peux me faire ça"), par l’entourage ("t’es dure avec X, tu devrais peut-être faire un peu plus attention à lui, tu agis vraiment de façon égoïste") ou par la femme elle-même ("je suis dégueulasse, je le fais souffrir, de toute façon quand j’aime quelqu’un je n’arrive qu’à lui faire du mal").
Aussi parce que la femme se sent responsable du bon déroulement du rapport, de l’harmonie relationnelle, parce que quelque part c’est son rôle de femme de faire tenir tout ça, d’être à l’écoute, de trouver des solutions.
Le silence
Tout ça s’entretient évidemment par le silence de la femme, qui lui même renforce l’isolement dans lequel elle se trouve. Elle n’en parle pas à l’homme concerné, bien sûr, mais pas non plus à ses ami-e-s, à son entourage auprès duquel elle pourrait trouver un soutien. Au coeur de ce silence, on trouve plusieurs mécanismes. La fameuse séparation du privé et du public, qui font penser à la femme que c’est son histoire, qu’elle n’a pas à la sortir du cadre du couple, que ça ne regarde personne d’autre. Aussi parce qu’autour, les gens renvoient cette image de "ça ne nous concerne pas", et que même si elle en faisait la démarche elle aurait du mal à trouver un cadre pour sa parole. C’est aussi la peur des représailles, la peur de la colère de l’homme, de comment il lui fera payer le fait d’avoir parlé ("t’as pas honte de te répandre en public ?" "ça te plaît de me faire passer pour le méchant de l’histoire"). C’est quand la femme essaie encore de protéger l’homme, qu’elle refuse de parler parce qu’elle a peur d’abîmer son image, de nuire à sa réputation, à sa reconnaissance sociale, qu’elle ne veut pas exposer son compagnon au jugement des autres.
Et au plus profond, il y a la honte : la honte d’être celle qui subit tout ça, qui l’accepte, qui le laisse faire. La honte de sentir plus bas que terre et de ne pas trouver le courage de partir. Parce que les humiliations et la dévalorisation marchent bien, la femme ne peut supporter l’idée du regard des autres se posant sur ce qu’elle pense être. Parce qu’elle se sent une merde et a trop peur que les autres la perçoivent ainsi. Parce que trop souvent on entend en fond des discours que la femme serait coupable des violences qu’elle subit, que si vraiment ça la dérangeait elle partirait ("elle l’a bien cherché la salope", "moi, si un mec me tape dessus, je le quitte directe. Si y’en a qui restent c’est qu’elles aiment ça").
La non-conscience
Il y a escalade de la violence tant qu’elle n’est pas dénoncée, tant que la femme n’a pas posé les limites, et bien souvent il faut énormément de temps, et un "élément de rupture", un événement perçu comme plus grave que les autres, comme point de non retour pour qu’enfin elle prenne conscience. Il est fréquent que la femme ne voit pas la violence comme telle, qu’elle ne l’identifie pas comme ça, et qu’elle trouve à ces comportements d’autres explications, d’autres justifications (où bien souvent c’est elle qui est en tort et non l’homme) ; tout simplement parce que c’est extrêmement difficile de se regarder soi comme victime.
Cette violence est déniée par l’agresseur ("mais t’es complètement folle", "mais non, c’est pas de la jalousie", "arrête, je me suis un peu énervé, d’accord, mais je ne t’ai pas non plus insulté"), aussi parce que lui même ne se perçoit pas comme violent mais simplement se comporte comme il a appris à le faire, parce que souvent lui même n’est pas conscient de ce processus de domination, qu’il ne l’exerce pas de façon réfléchie et calculée mais spontanément, comme si c’était normal, comme si c’était la seule façon possible. Elle est également déniée par l’entourage qui ne voit rien, puisque l’homme prend bien soin de préserver son image en public, et que dans la tête de tou-te-s il est impossible que leur ami qu’ils-elles pensent si bien connaître ait de tels comportements. L’entourage qui n’intervient pas parce que c’est privé, parce que ça ne les regarde pas, parce qu’ils-elles perçoivent les situations comme des cas isolés où l’homme et la femme seraient égaux, où elle aurait la possibilité de faire valoir ses positions, comme n’importe quelle situation de conflit inter-individuel. Ceci amène la femme à douter elle-même de son ressenti, simplement parce qu’elle n’a pas d’espace ni en elle-même, ni dans son couple, ni dans son environnement pour le faire exister, pour poser les choses. Parce que nul part elle ne trouve d’écho à ce qu’elle vit, parce qu’il n’y a pas de reconnaissance de ce qu’elle subi, d’accusé de réception qui dirait "non, tu ne délires pas, ce que tu vis est inacceptable".
La violence est un processus lent, dans lequel la systématisation et l’effet crescendo qui monte sans cesse un peu plus dans l’intensité mènent à une spirale qui se répète et se renforce dans le temps, jusqu’à un état d’usure mentale de la femme où de plus en plus elle est dépourvue des moyens de riposte.
Elle connaît différentes formes, différentes échelles, une gamme infinie de mécanismes de reproduction qui s’imbriquent les uns dans les autres.
Dans de nombreuses situations, l’homme n’a même pas besoin de dire les choses, de les exprimer verbalement pour qu’elles aient quand même un impact. Par exemple dans le mécanisme de chantage affectif, l’homme n’a pas besoin de dire "je suis malheureux, c’est de ta faute", tout dans son attitude l’exprime. Il le montre, il le fait ressentir. Il peut également dire les choses moins clairement : "tu te rend compte de ce que tu fais" peut très bien remplacer "t’es une vraie salope". Ca peut même ne pas être agressif du tout, plutôt sur le ton du conseil, avec l’air sincère et juste : "tu sais, je m’inquiète un peu pour toi. en ce moment, je trouve que tu agis de façon incohérente" renvoie très bien à la femme l’image de l’hystérique qui pète les plombs. Ce n’est pas parce que la forme est euphémisée, parce que les mots sont moins durs, qu’il n’y a pas de violence pour la femme.
Collectif
http://infokiosques.net/spip.php?article507
Le silence des femmes, enquête de l'Insee sur la violence envers les femmes
LE MONDE | 22.02.08
Selon l'enquête Cadre de vie et sécurité, publiée jeudi 21 février par l'Insee, les femmes sont autant exposées à la violence dans leur propre foyer qu'à l'extérieur de leur domicile : 3,3 % des femmes ont déclaré avoir subi en 2005 ou 2006 une agression physique ou sexuelle de la part d'une personne vivant chez elle, et 3,3 % l'ont vécue hors de chez elles.
Les violences conjugales sont, le plus souvent, tues : un cinquième des victimes de violences physiques et le tiers des victimes de violences sexuelles n'ont ni porté plainte, ni enregistré de main courante, ni parlé à qui que ce soit. Quand elles évoquent l'agression, elles s'adressent en priorité à un proche (41,6 %), puis à une association ou à un professionnel (19,4 %), ensuite seulement à la police (11,1 %).
Cette enquête précise également le profil des auteurs de violences conjugales : ils ont souvent plus de 45 ans et sont faiblement diplômés. "Les agressions sexuelles et les violences domestiques envers les femmes se rencontrent dans tous les milieux sociaux, constatent les auteurs de l'étude, Lorraine Tournyol du Clos et Thomas Le Jeannic, mais elles sont plus fréquentes dans les milieux à faible niveau scolaire.
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Violences : le silence des femmes
Soumis par francis le Ven, 22/02/2008 Société
source : http://www.segoleneparis.fr/node/4703
Une femme victime de violences physiques au sein de sa famille sur cinq n'a pas porté plainte, ni parlé à qui que ce soit de ces agressions.
Dans un cas sur cinq, les femmes victimes de violences physiques au sein de la famille gardent le silence. Elles ne portent pas plainte, n'en parlent ni à la police, ni à un ami, ou à un médecin. C'est ce que révèle jeudi une enquête de l'Insee réalisée dans des conditions de confidentialité inédites.
Pour les violences sexuelles, la proportion de victimes murées ainsi dans leur silence est même de une sur trois, selon l'étude de l'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques (Insee), réalisée entre janvier et mars 2007 auprès de 17.500 personnes.
"Et quand la victime se confie, c'est rarement à la police", qui ne reçoit que 12% des victimes (plainte ou main courante) pour les violences physiques, et 8% pour les violences sexuelles, "soit globalement à peine une sur dix".
6% des femmes de 18 à 59 ans
Quand elles se décident à parler de l'agression subie, c'est plus souvent à un proche ou un ami (42%) ou à un professionnel (19%) qu'à la police.
"Tout se passe comme si elles cherchaient davantage à être comprises et soignées que vengées, ou comme si elles n'avaient pas confiance dans les chances de voir leur agresseur puni", commentent les auteurs de l'étude.
Au total, 6% des femmes âgées de 18 à 59 ans disent pourtant avoir été l'objet d'injures sexistes, 2,5% avoir été agressées physiquement et 1,5% avoir subi un viol ou une tentative de viol en 2005 ou 2006, selon les témoignages recueillis par les quelque 300 enquêteurs déployés trois mois durant par l'Insee pour l'enquête.
"Une fois sur deux, c'est le conjoint qui est l'auteur des violences envers la femme à l'intérieur du ménage. C'est même le cas trois fois sur quatre quand il s'agit de violences sexuelles".
Dans le cas des viols, un sur cinq est perpétré par l'ex-conjoint et la moitié des victimes connaissaient leur agresseur, selon l'étude.
Comment les enquêteurs de l'Insee parviennent-ils à "faire parler" ces femmes de violences qu'elles n'ont jusqu'ici osé rapporter à personne ? Comment libérer leur parole quand quelqu'un du ménage, peut-être même leur bourreau (mari, ami, fils, père, mère, etc), peut être présent dans la pièce pendant le questionnaire ?
Sans doute en grande partie grâce à un procédé jusqu'ici jamais utilisé pour ce type d'enquête : un casque qui isole la personne interrogée de son entourage et lui permet d'être seule à entendre les questions.
Quand on lui demande dans le casque relié à un ordinateur portable "en 2005 ou 2006, est-il arrivé qu'une personne qui vit actuellement avec vous, vous gifle, vous frappe, vous donne des coups ou vous fasse subir toute autre violence physique ?", elle se contente de taper sur une touche correspondant à "oui" ou "non".
Le questionnaire devient alors de plus en plus précis: "à quelle fréquence ont lieu ces violences ? par qui ?, etc.", sans que personne alentour, pas même l'enquêteur, ne connaisse les questions et réponses qui sont ensuite dépouillées anonymement par un centre informatique à Lille.
Jusqu'ici silencieuse, la victime peut ainsi - parfois pour la première fois - exister en tant que telle, une étape symbolique importante quand on sait la culpabilité et la honte souvent ressenties par les femmes battues.
Elles ne sont pas les seules: les hommes sont aussi parfois victimes de violences conjugales, physiques ou sexuelles, précise l'Insee: "moins nombreux que les femmes, ils taisent ces violences encore plus certainement".
Source : L'Express
Ndlr : Si je sais que les vices et les vertus ne sauraient être genrées, cela n'altère en rien mon féminisme, car il importe de souligner que dans le cas d'hommes victimes de violences il s'agit bien souvent d'actes de représailles de femmes battues, violentées.
La barbarie subit par les femmes est, sans équivoque, sans équivalent!
Sémaphore
mardi 19 février 2008
Sister remember your name...“Miss Celie’s Blues”
“Miss Celie’s Blues” (de Quincy Jones, Rod Temperton & Lionel Richie) chanté ici par Molly Johnson sur la bande originale du film.
"Miss Celie's blues" Chanson de la sororité par excellence, extraite du film de Steven Spielberg "La couleur pourpre" adaptation cinématographique d'un best-seller de la féministe américaine Alice Walker,qui avait obtenu le prix Pulitzer pour ce roman.
"The color purple" traite de la condition des femmes, de l'inceste, de l'horrifique tyrannie domestique quand la violence conjugale est subie.
Cette chanson est un hymne à la solidarité féminine, solidarité qui permettra à Miss Celie de trouver en elle les ressources pour se libérer du joug de son odieux mari. Remarquable interprétatation de Woopi Goldberg dont c'était une des premières apparitions à l'écran.
sémaphore
Woh woh ..........
Uhm uhm ..........
Uhm uhm ..........
Sister,
you've been on my mind
Sister, we're two of a kind
So sister,
I'm keepin' my eyes on you
I betcha think
I don't know nothin'
But singin' the blues
Oh sister, have I got news for you
I'm somethin'
I hope you think
that you're somethin' too
Oh, Scufflin',
I been up that lonesome road
And I seen a lot of suns goin' down
Oh, but trust me
No low life's gonna run me around
So let me tell you somethin' sister
Remember your name
No twister,
gonna steal your stuff away
My sister
We sho' ain't got a whole lot of time
So shake your shimmy,
Sister
'Cause honey the 'shug
is feelin' fine
Te doy mis ojos (Ne dis rien) film de Iciar Bollain

Iciar Bollain est réalisatrice, scénariste et actrice éspagnole. Elle a tourné avec Ken Loach et a publié un livre sur lui.
TE DOY MIS OJOS est son troisième long métrage.
Un film que je n'ai encore vu mais je compte combler cette lacune.
Sémaphore
Ce film a obtenu 7 Goyas (équivalent espagnol des Césars), notamment meilleur film, meilleure mise en scène, meilleur scénario, meilleur acteur, meilleure actrice...
Synopsis (source : allociné)
Par une nuit d'hiver, une jeune femme, Pilar, s'enfuit de chez elle en emmenant son fils. Antonio, son mari, la poursuit, veut la ramener à la maison, lui promet de changer, de ne plus être violent. Rien n'y fait, Pilar a pris sa décision. Il va alors tenter de la reconquérir et de maîtriser ses accès de colère qui immanquablement débouchent sur de la violence physique. Thérapie de groupe, retour sur soi, Antonio veut guérir. Mais pendant ce temps, Pilar va trouver loin de son époux un nouveau sens à sa vie.
Violences conjugales en France et en Espagne par Romy Duhem-Verdière
Violences conjugales en France et en Espagne
Quelques repères : chiffres, dates, lois
2 août 2004,
par Romy Duhem-Verdière
source : http://romy.tetue.net/spip.php?article104
À propos du film espagnol "Ne dis rien" qui traite de la violence conjugale, j’entends les unes et les autres s’apitoyer sur le sort de ces « pauvres femmes espagnoles », parce qu’en Espagne, ce serait « vraiment grave ». Ça m’agace toujours un peu cette façon de s’alarmer des horreurs qui se passent ailleurs en oubliant que ce n’est pas mieux ici. Les chiffres sont les mêmes pour les femmes françaises comme espagnoles : on meurt autant de part et d’autre des Pyrénées.
La seule différence, et elle n’est pas négligeable, c’est que l’Espagne est en pleine prise de conscience et commence seulement à lutter contre ce fléau, tandis qu’en France, les féministes luttent depuis plusieurs décennies déjà... ce que l’on ne cesse d’oublier.
État des lieux.
Espagne : comment en finir avec la violence conjugale ?
En 1997, 75 femmes sont mortes suite à une agression de leur mari.
La révision du code pénal espagnol en 1999 est capitale. Elle prévoit que la femme ne doive plus « entière obéissance à son mari ». La notion de « violence psychique » est reconnue. La récidive transforme la faute en délit. Enfin ! Mais cela ne suffit pas.
En 2000, 66 femmes meurent à nouveau sous les coups de leur conjoint. Dans l’enquête publiée en mars 2001, 640 000 femmes s’avouent victimes de mauvais traitements, et près de 2 millions d’entre elles le sont (soit plus d’une femme sur dix).
Le pacte du silence autour de la vie privée n’en finit pas de se briser : les plaintes augmentent d’au moins 10 % chaque année, jusqu’à atteindre (en 2001) plus de 20 000 par an. Cependant seules 5 % à 7 % des femmes violentées attentent une action en justice. Elles craignent les représailles, et savent que cela ne servira pas à grand chose : les décisions de justice sont souvent incohérentes [1] et 80 % des cas jugés pour violences bénéficient de l’impunité.
Depuis janvier 2004, plus d’une quinzaine de femmes ont succombé aux mauvais traitements de leur conjoint. Le gouvernement Zapatero a fait de l’éradication de ce fléau sa priorité absolue.
D’abord changer les mentalités : 21 % des hommes (et près de 9 % des femmes) interrogés estiment que les victimes de violences domestiques « aiment être maltraitées, ou bien sont idiotes, ou bien obtiennent quelque chose en échange », sinon elles quitteraient le domicile conjugal ou se sépareraient de leur conjoint [2]. De même 10,7 % des hommes pensent que, si une femme est maltraitée, c’est qu’elle l’a mérité [3]...
Le machisme reste très ancré dans la société espagnole et continue d’être transmis d’une génération à l’autre. Les femmes de 25-45 ans ont récupéré leur dignité, assument leur statut d’égale de l’homme et/ou luttent pour cela. En revanche, 50 % des hommes de la même tranche d’âge continuent d’avoir des attitudes machistes, et c’est dans leurs foyers que se produit le plus grand nombre d’homicides et de séparations.
La domination masculine est encore très forte en Espagne : rappelons que ce n’est que depuis 1999 que la femme est légalement libérée de l’obéissance à son mari ! [4]
Et en France ? c’est à peine mieux
Les chiffres sont à peu prés les mêmes en France : en 1999, 72 femmes ont été tuées volontairement par leur mari, sans compter celles qui sont décédées des suites de blessures. Au moins un foyer sur dix est le lieu de violences graves dont les victimes sont à 95 % des femmes et des enfants [5]. Parmi les femmes de 20 à 59 ans vivant en couple, une sur dix a déjà été victime de violences. Chaque année, 4 millions de femmes sont agressées par leur partenaire.
Pour dénoncer la violence qui s’exerce au sein du couple et de la famille, une coordination d’associations issues du mouvement des femmes a vu le jour dès la fin des années 70 pour devenir, en 1987, l’actuelle Fédération Nationale Solidarités Femmes [6]. Passant du constat alarmant, à la dénonciation et la critique, les féministes ont obligé à faire changer les lois [7].
Les violences conjugales ne sont reconnues comme telles et punies par la loi française que depuis 1994. Grâce aux féministes, la « qualité de conjoint ou concubin » est reconnue comme circonstance aggravante. Un homme qui bat sa femme est désormais passible d’une peine prononcée par le tribunal correctionnel. L’acte de violence sur une femme enceinte est jugé comme un facteur aggravant.
17 000 plaintes ont été déposées en 2000. Elles sont en constante augmentation. Mais le code pénal n’est pas toujours bien appliqué [8] ; très peu de condamnations interviennent et beaucoup trop de dossiers finissent en médiation [9]...
Actuellement en France, au moins 6 femmes meurent chaque mois sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. C’est d’ailleurs la première cause de mortalité des femmes de 16 à 44 ans.
Le ministre de la Justice Dominique Perben a souhaité, à l’occasion de la 22e journée internationale des femmes, que l’année 2004 soit consacrée en priorité aux victimes de violences conjugales et familiales.
Violences : leurs statistiques augmentent partout
L’augmentation des statistiques ne trahit pas nécessairement une augmentation des violences, mais de leur révélation. Cela veut simplement dire que de plus en plus de femmes osent en parler [10], ce qui est plutôt une bonne chose. D’autre part les enquêtes spécifiques sur les violences faites aux femmes sont relativement récentes [11]. Ce n’est que progressivement que les paroles se libèrent, et les statistiques commencent peu à peu à refléter la réalité. Nous en sommes encore à la prise de conscience.
Cette situation au sein des familles Espagnoles, Françaises, mais aussi Européennes [12], est tristement représentative d’un phénomène universel : un récent rapport de l’ONU assure qu’une femme sur trois dans le monde est victime de mauvais traitements ou d’abus de la part d’un proche. Selon l’Unifem, que ce soit dans les pays riches ou pauvres, les femmes vivent le même type de violence. Tandis qu’au Cambodge, 16 % des femmes disent être physiquement maltraitées par leurs maris, au Royaume-Uni, on en compte presque deux fois autant. À Sao Paulo, au Brésil, 13 % de femmes en âge de reproduire sont tuées et parmi elles, 60 % le sont par leurs maris ou concubins. Aux États-Unis, 7 millions de femmes sont violées ou sexuellement agressées chaque année, etc...
Bref, dans le monde, 70 % des femmes assassinées, le sont par leur partenaire masculin (OMS).
La violence contre les femmes à travers le monde est telle, qu’Amnesty International parle de scandale planétaire et tire la sonnette d’alarme en lançant une campagne exceptionnelle de deux ans : « Halte à la violence contre les femmes ».
Ce document a été rédigé à l’occasion d’une soirée cinéma entre féministes (réseau "Encore féministes !") pour voir : Ne dis rien (Te doy mis ojos) de l’espagnole Iciar Bollain. Ce film traite avec beaucoup de subtilité de la violence conjugale masculine. Vu ce lundi 2 août.
Les chiffres statistiques cités sont issus de différents articles de presse parus entre 2000 & 2004, qui se réfèrent notamment à l’enquête ENVEFF, et aux constats des associations "de terrain" (dont FNSF).
[1] La sentence du divorce d’Ana Orantes, par exemple, prévoyait qu’elle continue de partager le domicile conjugal, chacun à un étage, bien qu’elle ait dénoncé la violence de son mari. Quelque temps après, son mari la brûlait vive.
[2] Dans 70 % des cas, les femmes attendent au moins 5 ans avant d’oser en parler...
[3] Idée relayée par la blague populaire : « Il faut battre ta femme : si tu ne sais pas pourquoi tu la bats, elle, elle le sait. » ! ! !
[4] En France, le code Napoléon, qui imposait le devoir d’obéissance de la femme envers le mari, a été aboli en 1938.
[5] C’est aussi la 9ème bonne raison du manifeste "Encore féministes ! (co-signée par le journaliste Cavanna).
[6] Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) 32-34 rue des Envierges 75020 Paris - Tel : 01 40 33 80 90 - http://www.solidaritefemmes.asso.fr
[7] Jusqu’en 1975, le code pénal excusait le meurtre commis par un conjoint sur son épouse surprise en flagrant délit d’adultère au domicile conjugal.
[8] Le traitement des plaintes dépend du procureur : à Chambéry, par exemple, il n’y a aucune tolérance face à ces violences, mais à Bobigny, 65 % des dossiers finissent en médiation...
[9] Ce qui est absurde car cela met sur le même plan le coupable et la victime, comme s’il s’agissait de régler un simple malentendu. La femme se sent bafouée et la violence de l’homme redouble.
[10] "Bien trop de femmes dans bien trop de pays parlent la même langue : le silence." Anasua Sengupta, historienne indienne (extrait de Silence).
[11] L’enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF), réalisée en 1999, est la première (et la seule !) réalisée en France. Consulter le dossier de presse.
[12] En Europe, la violence domestique sur les femmes âgées de 16 à 44 ans est la principale cause de mort et d’invalidité, avant le cancer ou les accidents de la route.
mercredi 14 novembre 2007
La Journée internationale contre les violences faites aux femmes
Les 24 novembre et 6 décembre : nous manifesterons contre les violences faites aux femmes
Pour information à l’ensemble de La Meute contre la publicité sexiste :
à ce jour, nous sommes 6 044 membres (personnes et associations) dans 43 pays.
1. Le 25 novembre est la Journée internationale contre les violences faites aux femmes. De nombreuses manifestations auront lieu à travers le monde.
À Paris, le Collectif national droits des femmes (dont fait partie La Meute) organise, la veille, le samedi 24 novembre à 15h30, place Vendôme, un rassemblement avec pour principaux thèmes : violences conjugales, femmes immigrées, et solidarité internationale.
Une délégation sera reçue au Ministère de la Justice.
Si vous pouvez venir à Paris, rendez-vous à la jonction de la place Vendôme et de la rue de la Paix.
>Si vous pensez venir, merci de l’indiquer en réponse.<
Nos belles banderoles nécessitent de nombreuses mains pour les tenir.
Celle de La Meute : Non à la publicité sexiste !
Celle de "Encore féministes !", avec la phrase de Benoîte Groult : « Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours. » (vous pouvez l’admirer sur la page d’accueil du site http://encorefeministes.free.fr )
et celle des Chiennes de garde
Depuis quelques jours, me voici de nouveau à la tête des Chiennes de garde, le mouvement que j’ai lancé en 1999 contre les insultes sexistes publiques.
2. Paris-Montréal, 6 décembre
Comme chaque année, des membres du réseau "Encore féministes !" se rassembleront à Paris, le 6 décembre, à 19h, place du Québec, à Saint-Germain-des-Prés (au coin de la rue de Rennes et du bd St-Germain) pour commémorer le massacre anti-féministe qui eut lieu le 6 décembre 1989 à la Polytechnique de Montréal. (voir http://encorefeministes.free.fr/poly.php3).
Nous dirons notre refus de la haine et de la violence machistes.
>Si vous pouvez être à Paris ce jour-là, joignez-vous à nous !<
Des manifestations ont lieu dans d’autres villes du monde. Diffusez l’information autour de vous, afin qu’on n’oublie pas ces quatorze femmes, victimes de la violence antiféministe !
Adelphiquement*,
Florence Montreynaud
*Adelphiquement dérive de adelphité, mot qui désigne un sentiment entre fraternité et sororité. En français, sœur et frère proviennent de deux mots différents. Le mot adelphité est formé sur la racine grecque adelph- qui a donné les mots grecs signifiant sœur et frère.
La Meute contre la publicité sexiste
Maison des femmes, 163 rue de Charenton 75012 Paris
site : http://www.lameute.fr/index/
Pour vous joindre au réseau "Encore féministes !", qui organise des actions dans d’autres domaines, et dont le groupe parisien se réunit tous les mois, signez le Manifeste "Encore féministes !" sur le site http://encorefeministes.free.fr


