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mercredi 10 décembre 2008

La désobéissance civile première leçon

Cette nuit c'était la nuit des écoles, écoles occupées après les cours, rencontre avec les parents d'élèves, tout le monde se mobilise autour de l'éducation.
Cette fédération autour des instituteurs, des enseignants, permet l'expression d'un malaise profond face aux diverses mesures du gouvernement Fillon.
Pardon! De la pseudo République Sarkozy...

Que fera le futur directeur de l'audiovisuel d'Etat désigné par le chef,
(bon, je ne vais pas répéter de l'Etat,quand on est le chef, on est le chef, un point c'est tout! Ne me contrariez pas!)
face à des individus comme Stéphane Guillon officiant sur l'antenne de France Inter de 7h55 à 7h59, et il ne travaille pas même tous les jours!
Seulement du lundi au mercredi, mais il est rediffusé tout d' même!...
J'ai envie de vous faire partager son ironie matinale, ça fait du bien aux zygomatiques, par temps maussade.

Stéphane Guillon le mardi 9 décembre 2008

de "La prison à 12 ans ! " au Fichier Base Elèves!

http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/lhumeurde/index.php?id=74171

Cours de morale du jour :

"Qui aime bien, châtie bien."

Bah, la violence trouve toujours de quoi appuyer son impunité!
Tout est une question de point de vue...de regard...
"châtier bien" peut aller jusqu'à la pire des justifications, notamment celles des châtiments corporels alors que c'est les notions d'équité, de justice, de respect, d'attention qui sont convoquées, mais chacun détourne comme il l'entend!

Enfin...ce matin AG à 9h30 au belvédère du Corum sur l'esplanade, à Montpellier,
à Montpellier sur la Terre, la Terre qui tourne autour du Soleil, avec ses trains qui font des infidélités aux vaches, la Terre avec ses vaches et leur lait qui tournent, avec ceux qui ont leur café au lait et ceux qui quittent des hébergements d'urgence à 7h du matin, la Terre qui tourne avec ceux qui ne se réveilleront plus et ceux qui courent dans la première neige, pour la première fois.

La désobéissance civile, les instits nous offrent une belle leçon par l'exemple, ils refusent d'obéir, ils refusent d'appliquer des réformes, un programme qui est contraire à la conception d'une école digne de ce nom, ils envisagent d'écrire individuellement leur lettre de désobéissance.
Ecrivons-nous aussi notre refus des lois qui seront votées!

Ne devrions-nous tous écrire une lettre de désobéissance civile, l'insurrection est le premier droit et devoir quand les principes mêmes de la démocratie sont en danger!

Où que vous soyez, participez au mouvement!

Bon, je file!

La colère est notre combat!

Entend-t-on en Grèce...mais quand le grec, l'histoire, la philosophie ne seront plus enseignés, il sera grand temps de se révolter!

...ça veut dire quoi se révolter?!...


Lire la lettre de Bastien Cazals à Nicolas Sarkozy, qui se voit sanctionné pour avoir manifesté sa contestation sans passer par la voie hiérarchique, sanctionné pour ne pas appliquer des mesures qui sont en contradiction avec les convictions pédagogiques qui sont les siennes face à des mesures qui veulent nous apprendre qu'une récession est une évolution positive!

La révision du dictionnaire selon Darcos

http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com/

Sémaphore


10 décembre 2008 : rassemblements dans l’Hérault

A 17 h place de la Mairie à Béziers,

à 17 h place de la Comédie à Montpellier

Assemblée générale à 9h30 au salon du Belvédère, au Corum, Montpellier

Premier rendez-vous : 16 h 30 au Peyrou départ de la manifestation : via rue Foch, place des Martyrs de la résistance, rue de la loge, rassemblement prévu à 17 h à côté du sapin place de la Comédie.

Vers 17 h 45 / 18 h : chemin inverse depuis la Comédie, la rue de la loge vers la place des martyrs de la résistance où une demande d’audience au Préfet est demandée pour 18 h avec une délégation (1 par organisation et élus)

mardi 30 septembre 2008

Xavier Darcos, ministre du gouvernement Fillon

source : http://jevoudraisvivrelibreetegale.wordpress.com/



Même si changer des couches n’est pas un signe d’inaptitude au reste et que Bac + 5 ne signifie pas grand chose en soi, on ne change pas les couches en maternelle en théorie.

Une internaute a écrit “il a bac + combien lui pour dire autant de conneries?”

En fait Xavier Darcos est apparemment agrégé de lettres classiques et a obtenu un doctorat de troisième cycle en lettres et sciences humaines option mépris? et un doctorat de 3ème cycle en études latines.

Olympe du blog plafond de verre a écrit : “Certes, pour changer des couches ou faire faire la sieste à un enfant il n’y a peut être pas besoin d’avoir un bac+5 mais cela nécessite un savoir-être fait de patience, d’intuition, de contrôle de soi, de souci de l’autre. Il est clair que tout cela n’était pas aux programmes des grandes écoles qu’à faites Mr Darcos.”

Quant aux suppressions de postes, selon cette dépêche, “le nombre des non-renouvellements des postes en raison des départs en retraite sera de 13.500 à la rentrée prochaine, après 11.200 cette année, selon le projet de budget 2009 dévoilé vendredi.”

De nombreux postes seront supprimés, d’autres crées à moins forte échelle dans des sections souvent plus difficiles pour faire avaler la pillule? car si 600 postes seront créés dans les lycées les plus difficiles ainsi que des auxiliaires de vie scolaire concernant la création de 200 nouvelles unités pédagogiques d’intégration, cela restera une goutte d’eau.
Il devrait y avoir 22.000 élèves en moins dans les collèges et lycées à la rentrée 2009 (motif invoqué apparemment), mais sur une classe de 22, cela justifierait seulement 1000 postes supprimés.

Imaginons 800 créations de postes et 1000 suppressions légitimées, cela justifierait alors 1800 postes supprimés et non 13500 ajoutés aux 11200 cette année.

A moins que vraiment les professeur e s aient été en surnombre flagrant mais il semblerait que le chiffre souvent brandi de “32 000 profs qui ne sont pas devant les élèves” soit largement biaisé, beaucoup de ces professeur e s s’occupant de “maintenance informatique, d’animation d’activités sportives le mercredi après-midi, de la gestion des laboratoires de chimie, etc. “

Par ailleurs selon l’article “en compensation, le gouvernement réfléchit à la suppression d’heures de cours” ce qui signifierait d’une part que la suppression de postes ne serait pas justifiée par le nombre de professeur e s “inutilisé e s” et d’autre part qu’il pourrait y avoir une suppression de choix d’options, de matières jugées non “rentables” niveau effectif comme peut-être à terme la philosophie, une matière poussant peut-être à un peu d’esprit critique…

On nous mentirait ?^^
Certain e s au lycée Voltaire semblent dire en tous cas que Mr Darcos ne nous dirait pas toujours la stricte vérité…
http://www.youtube.com/watch?v=QDyGThytN6g
ndlr : le gouvernement vous ment

jeudi 11 septembre 2008

Je me marierai avec Anna ou Mère contre fille par Blandine Longre

...ou ne pas se soumettre aux désirs qui ne sont les nôtres ! semaphore

Mère contre fille par B. Longre


source : http://www.sitartmag.com/thierrylenain.htm

L'enfance, terrain de prédilection de Thierry Lenain, n'est pas seulement un thème en soi et reste aussi un tremplin pour mieux comprendre ou explorer certains tabous ou non-dits ; ainsi, ses albums ou ses récits sont destinés d'abord aux enfants mais aussi aux adultes qui les entourent. Après un ouvrage peu banal publié par les éditions Sarbacane (H.B., 2003) et dans la collection Première lune, Bouboule rêve (Nathan, 2003), une histoire qui osait aborder un sujet délicat (l'obésité d'un enfant), l'auteur met en scène un mini drame familial, un tournoi verbal et affectif qui se déroule entre Cora, une petite fille entêtée, rêveuse et pragmatique tout à la fois, et ses parents, un peu déstabilisés par les projets maritaux hors normes de leur fille...

La mère de Cora ne cesse de la taquiner, sans délicatesse, au sujet de celui qu'elle croit être l'amoureux de sa fille : Bastien, un petit binoclard, "un nul, c'est un garçon" décrète Cora ; "mignon, bien élevé et tout le reste, en un mot : parfait." de l'avis de la maman — dont l'attitude, certes gentiment moqueuse, révèle cependant une volonté oppressante de soumettre sa petite fille à ses propres désirs de mère. Une tentative qui échoue quand Cora affirme son désir à elle et rejette le "moule" proposé par sa maman ; à la question "Quand tu seras grande, avec qui te marieras-tu ?" Cora réplique : "Je me marierai avec Anna". Après un moment de stupéfaction, la mère de Cora répond par le rire ("mais Anna est une fille !"), puis passe de l'exaspération à la colère, mêlant alors le papa à cette discussion tendue. Ce dernier entreprend de raisonner sans se fâcher et, terre à terre, explique à sa fille qu'elle ne pourra pas avoir de bébé si elle choisit de vivre avec une autre fille... Mais Cora, qui veut avoir le dernier mot, explique de façon encore plus pragmatique : "Je ferai un bébé toute seule. Anna aussi. On habitera la même maison et..." La réaction violente, primaire mais sincère de ses parents la surprend et elle est priée de "filer" dans sa chambre... Les illustrations d'Aurélie Guillerey, aux tons pastels, très douces, s'accordent bien au texte et les divers sentiments qui traversent les personnages s'affichent subtilement sur les visages.

Ce récit, ponctué des commentaires de la jeune narratrice marqués au coin du bon sens, n'est pas une apologie de l'homosexualité (même si la décision de la petite semble inébranlable, on sait qu'elle a le temps de changer d'idée... ou non ! et l'auteur ni ne condamne ni ne fait l'éloge de ce choix), mais la "morale" va bien au-delà de la simple révélation que fait Cora à ses parents : Thierry Lenain nous plonge dans les complexités du désir humain et les tensions qui régissent les relations entre parents et enfants. La figure maternelle esquissée ici est assez dérangeante ; mais les préjugés du personnage sont contrebalancés par la forte volonté d'une petite fille qui n'a pas l'intention de se soumettre à des désirs qui ne sont pas les siens.

À travers cette petite histoire, l'auteur montre comment les parents cherchent (inconsciemment ou non) à parfois imposer leurs propres rêves à leurs enfants, souhaitant naturellement les modeler à leur image ; mais il décrit aussi comment les enfants échappent à leurs géniteurs, en construisant d'autres projets, parfois bien éloignés de ce que leurs parents ont prévu à leur place...
Chacun des personnages reste sur sa position initiale et le récit n'apporte aucune solution toute faite, une façon de laisser le choix au lecteur tout en l'obligeant à réfléchir et à s'impliquer ; mais au moins, un grand pas a été fait : les choses ont été formulées par les deux parties adverses, le conflit est passé par le crible salvateur du langage et inscrit dans un ouvrage destiné à être lu, approfondi, et partagé.

Blandine Longre (avril 2004)

Je me marierai avec Anna de Thierry Lenain & Mireille Vautier

illustrations Aurélie Guillerey, collection Première Lune, Nathan 2004

pour les 5-7 ans

[Ajout : autre critique par Lionel Labosse sur altersexualité.com/HomoEdu]

Un album pionnier

lundi 30 avril 2007, par Lionel Labosse

Un des premiers albums à évoquer la perspective, pour une petite fille, de faire autre chose de sa vie que de se marier avec un garçon.

Voir en ligne : Site de Thierry Lenain

Résumé

La mère de Cora veut toujours savoir si elle a un amoureux. Elle veut lui flanquer le fameux Bastien, pour la simple raison qu’elle est amie avec sa mère. « Un jour, pour qu’elle arrête de m’énerver, je lui ai dit la vérité. […] — Quand je serai grande, je me marierai avec Anna. »

Lire la suite ici http://homoedu.free.fr/spip.php?article176

Les mains devraient protéger pas frapper [pétition]


Pétition :
http://www.coe.int/t/transversalprojects/children%5CSignatureOnline/form_fr.asp

Dans la plupart des pays européens, la société tolère, et même approuve, certaines formes courantes de violence à l’égard des enfants, notamment celles infligées dans le cadre familial.

Toutefois, aucune religion, croyance, situation économique ou méthode «éducative» ne saurait justifier coups, gifles, fessées, mutilations, mauvais traitements, humiliations ou toute autre pratique portant atteinte à la dignité de l’enfant. Les instruments internationaux des droits de l’homme reconnaissent aux enfants le droit à une protection contre toutes les formes de violence, notamment les châtiments corporels, et ceci dans tous les environnements (maison, école, établissements pénitentiaires, structures d’accueil alternatives).

Châtiment corporel ...

Rien ne peut justifier la violence à l'égard des enfants




"Je suis contre la violence hypocritement appelée éducative. C’est donner un signal social que la violence physique au sens large est légitime en famille, cela rejaillit sur la réalité : les enfants sont les premières victimes de la violence familiale ..."
Emelire


La Protection de l'enfance Tél : 119

Allô Enfance Maltraitée a été créé par une loi relative à la protection de l'enfance.
Mais au fait, qu'est-ce que la protection de l'enfance ? Est-ce que les enfants sont vraiment protégés ?

Pour en savoir plus, nous proposons de partir à la découverte de ce dispositif.
Pour cela, il suffit de sélectionner la rubrique qui vous intéresse.

La convention internationale des droits de l'enfant

La protection de l'enfance, c'est quoi ?

Adresses d'associations pour en savoir plus

En danger, un numéro pour en parler le 119

dimanche 31 août 2008

Bonne rentrée colère ! [Honoré Daumier]


Honoré Daumier

Publié dans Le Charivari, le 20 mars 1846.

- Comme quoi l'emprisonnement cellulaire ne produit pas toujours d'excellens résultats. -


vu sur Missive aux Ouhlalas : http://www.altersexualite.com/spip.php?article447

vendredi 30 mai 2008

Les différences en maths entre filles et garçons moins grandes dans les pays adeptes de l'égalité homme-femme

Les différences en maths entre filles et garçons moins grandes dans les pays adeptes de l'égalité homme-femme

AP - Vendredi 30 mai

WASHINGTON - Les garçons obtiennent de meilleurs résultats que les filles à des tests de mathématiques passés par des élèves du monde entier, mais la différence est moins marquée dans les pays où les hommes et les femmes ont des droits et des opportunités similaires, selon une étude américaine.

En général, dans ce type de société "les filles sont aussi bonnes que les garçons en mathématiques", souligne Paola Sapienza, qui a dirigé l'étude.

La question des différences de résultats en maths selon le sexe suscite un vif débat, certains suggérant que des facteurs biologiques pourraient expliquer les scores plus élevés obtenus par les garçons à certains tests et d'autres mettant en avant des facteurs culturels et environnementaux.

Mme Sapienza, professeur à l'université Northwestern aux Etats-Unis, a étudié les résultats des garçons et des filles ayant participé au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), un test passé par des élèves de 15 ans dans le monde tous les trois ans.

L'Islande est le seul pays étudié où les filles ont obtenu de meilleurs résultats que les garçons en maths. Dans une dizaine d'autres pays, les deux sexes enregistrent des scores similaires. Dans nombre de ces nations, dont l'Islande, les hommes et les femmes ont des droits et des opportunités similaires, note l'étude, publiée jeudi dans la revue "Science". Au total, 40 pays ont été étudiés. AP

Sur Internet and in english : Culture, Gender and Math

http://www.sciencemag.org/cgi/content/short/320/5880/1164

Science: http://www.sciencemag.org/

Remerciements à Massi13 pour ce signalement

dimanche 27 avril 2008

Pédagogie des opprimés de Paulo Freire

Article posé suite à un message de Luna box new group sur Second Life (que je continue de recevoir même si je n'y suis plus retournée depuis fort longtemps)


Ce message m'a permis de découvrir Paolo Freire, une belle initiative riche de réflexions visant à éveiller les consciences, une philosophie de la libération par une éducation solidaire, une éducation de la coopération, une éducation fondée sur le dialogue pour en finir avec les systèmes de domination, pour briser la structure dualiste opprimés/oppresseurs.

Sémaphore


Pédagogie des opprimés de Paulo Freire

Des principes d’action transposables pour le Réseau des écoles des citoyens.

Résumé et commentaires établis par Anne Minot

Janvier 2003

Ce livre a été rédigé en 1969. L’auteur y expose les principes d’une méthode de « conscientisation » qu’il expérimenta de1962 à1964, au Brésil, où il fut chargé d’un vaste programme d’alphabétisation par le ministère de l’éducation et le de la culture et qui toucha près de deux millions d’hommes et de femmes analphabètes, puis au Chili, de 1964 à1967, sous le gouvernement d’Eduardo Frei.

Paulo Freire s’inscrit dans une optique de lutte pour la libération des populations opprimées. Sa pratique d’alphabétisation l’amène à comprendre la place primordiale de la conscientisation comme préalable à toute action transformatrice.

Il s’efforce donc de préciser les attitudes mentales et relationnelles qui obscurcissent ou qui éclairent la conscience personnelle et collective. Il appuie sa réflexion sur l’analyse marxiste des rapports de force entre les groupes humains et une éthique humaniste de l’action humaine.

Cet ouvrage s’adresse aux leaders révolutionnaires, c’est à dire à ceux qui accompagnent les populations opprimées dans un processus de conscientisation et de libération.

Bien que situés historiquement et géographiquement, les analyses des rapports humains et les principes d’action pédagogiques exposés dans ce livre me semblent transposables à notre époque et dans nos pays développés.

Ce qu’on y perçoit, ce n’est pas d’abord une page d’histoire, mais une parole forte sur les fondements de relation humaines constructrices et non destructrices, qu’elles se situent au niveau interpersonnel ou collectif ; une parole pour nous, aujourd'hui, dans un pays riche, où opprimés et oppresseurs se trouvent dans des situations différentes des paysans chiliens ou brésiliens des années 60..

L’auteur n’expose pas ici une méthode au sens opérationnel du terme mais plutôt les fondements d'une action de transformation des relations humaines. Ces principes ont semblé précieux à réentendre dans le cadre de la réflexion sur la pédagogie à RECIT

En effet, son analyse peut fortement éclairer un projet d'éducation citoyenne, aujourd’hui.

La réflexion se développe suivant 4 axes de questionnement :

I Pourquoi une pédagogie des opprimés?

• Qu'est-ce que la situation d'oppression et comment s'exprime-t-elle dans la contradiction opprimé/oppresseur?

• Peut-on sortir de cette contradiction ? A quelles conditions ?

II Pourquoi l'éducation traditionnelle ne peut être libératrice?

• Analyse de la conception "bancaire" de l'éducation et de ce qu'elle met en jeu en terme de relation entre éducateur et éduqué, mais aussi en terme de conception du savoir et de la réalité.

III Pourquoi le dialogue est au cœur d’un processus d’éducation qui a pour but la libération de l’homme ?

IV Quelles sont les caractéristiques d’une action « dialogique » ou « antidialogique » dans l’acte éducatif et l'acte révolutionnaire.

I Pourquoi une pédagogie des opprimés ?

La situation d'oppression est une situation qui déshumanise oppresseurs et opprimés.

Cette déshumanisation n'est pas une fatalité, ni une donnée d'ordre ontologique; elle est le résultat d'un ordre injuste qui engendre la violence et le « moins-être ». C'est un processus qui peut et doit être inversé.

Mais un travail pédagogique est nécessaire pour éclairer les déformations de l’analyse du monde et de soi-même que la situation d'oppression entraîne et libérer les forces de transformation.

En effet, opprimé et oppresseur sont dans des modes d'être et des visions du monde et d'eux-mêmes dont ils n'ont pas forcément conscience. Ils sont "immergés" dans la situation et la vivent comme incontournable et inchangeable.

La prise de conscience de cette immersion , de cette "adhérence" à l’ordre injuste établi est le premier pas vers une libération et une transformation possibles. Elle nécessite un cheminement et un accompagnement.

Ce cheminement est le premier acte de libération. C’est pourquoi pédagogie et transformation de la réalité sont intimement liées.

Aucune méthode pédagogique n'est neutre mais reflète un certain style de rapport humain .

La pratique de l'éducation en elle-même est porteuse de libération ou d'aliénation non par le contenu des idées qu'elle transmet, mais d'abord par la relation éducateur/ éduqué qu'elle instaure.

Qui est l'opprimé? En quoi est-il aliéné ?

Paulo Freire analyse l'opprimé comme un être double. Il accueille en lui l'oppresseur, du fait de sa situation objective ; il est donc à la fois lui-même et l'autre.

L'opprimé est attiré fortement par la personne de l'oppresseur et son mode de vie. Il voudrait accéder à ce mode de vie et à « l'être » de l'oppresseur.

Il pense comme l’oppresseur, il fait sienne sa vision du monde.

Dans le même mouvement, l'opprimé se déprécie ; intériorisant le jugement de l'oppresseur, il se croit incapable.

L'opprimé a peur de la liberté, peur de courir le risque d'autre chose, de l'autonomie. Il a plutôt tendance à s'adapter, à faire comme les autres sans pour autant arriver à une solidarité authentique.

L'opprimé veut être mais a peur d'être.

Il est immergé dans l'ordre établi par l'oppresseur à son profit et n'en voit pas la réalité.

Tant qu'il n'a pas localisé en lui-même la présence de l'oppresseur et tant qu'il n'a pas acquis sa propre conscience, il aura des attitudes fatalistes face à sa propre situation.

Pire, quelquefois, recevant la violence de la situation, il la renvoie horizontalement sur ses camarades ou sa famille. Mais, en réagissant ainsi à l’oppression, il devient lui-même oppresseur.

Qui est l'oppresseur?

La situation de confort de celui qui opprime repose sur l’injustice imposée à celui qui est opprimé.

Toute personne, située par sa classe sociale et son niveau de vie du côté des oppresseurs, a, de fait, intérêt à ce que cette situation d’injustice demeure pour continuer à avoir ce qu'il a. Il est, de fait complice de l’oppression faite à l’opprimé, qu’il soit ou non conscient, qu’il soit ou non personnellement responsable.

L'application du droit pour tous représente pour l'oppresseur une grande violence à son droit personnel et des restrictions importantes à ce qu'il considère comme son plus-être et sa liberté.

En effet, l'oppresseur, immergé dans le système de l’oppression et sa logique, ne peut se concevoir lui-même en dehors de la possession et de la domination directe, concrète, matérielle, du monde et des hommes.

- Il transforme tout en objet de domination

- Il voit tout en terme de profit, car l'argent est pour lui la mesure de toute chose.

Par ailleurs, l'oppresseur a tendance à penser qu’il a atteint un degré d’humanité plus élevé et que cela lui est réservé. Celle des autres est même, dans des cas extrêmes considérée comme une subversion

- Il doute des capacités du peuple.

- Il a tendance, consciemment ou pas à «chosifier l'autre », c’est à dire à le nier en tant que sujet libre et conscient, à ne pas lui accorder les mêmes capacités.

- Il pourra même agir généreusement pour le bien des gens, en donnant un peu de son surplus mais en gardant les personnes ainsi assistées dans l’état d’infériorité dont il a besoin pour maintenir sa situation de dominant. C’est ainsi que Paulo Freire analyse avec sévérité l’action humanitaire qu’il distingue nettement d’une action « humaniste ».

Paulo Freire n’analyse pas ici des comportements psychologiques conscients et volontaires, mais des relations objectives dans lesquelles les uns et les autres sont pris, de fait.

Le dépassement de la situation d'oppression.

Il ne s’agit pas d’inverser la situation d’oppression, mais de la dépasser, de transformer les relations oppresseurs/opprimés qui sont si naturellement inscrites dans notre quotidien. Une action de libération ne peut donc utiliser les mêmes procédés que l'action d'oppression, même avec un but contraire. Si c’est le cas, elle ne libère personne. Il n'y a de transformation ou de dépassement de la situation d'oppression que par le passage d'une relation de domination/dépendance à une relation de dialogue.(Paulo Freire appelle cette relation « dialogique »).

Ce passage se réalise à travers une prise de conscience personnelle et une analyse critique de la réalité et de sa propre situation dans cette réalité ; ce que Paulo Freire appelle un travail d’ « insertion critique dans la réalité", qui permet une compréhension à la fois subjective et objective de cette réalité:

subjective parce que c'est un sujet qui comprend et agit,

objective parce qu'il comprend et agit sur une réalité qui n'est pas lui.

(attitude qu'il oppose à deux déformations, qu’il appelle le subjectivisme et la rationalisation).

En conséquence, l’acte pédagogique doit partir de la réalité de « l’éduqué », et le mener, par la formation, à une analyse et un engagement personnel.

Enfin, une relation ne se transforme vraiment que par un changement d’attitude des deux côtés. La transformation ne peut être menée à bien par un seul des antagonistes. Elle demande la participation active , personnelle et libre de l'opprimé. On ne peut libérer les hommes sans eux. Elle demande aussi une transformation d’attitude de celui qui accompagne l’opprimé.

"Personne ne libère autrui, personne ne se libère seul, les hommes se libèrent ensemble."

- Dans la situation d'oppression, ce n'est pas l'injustice qui est le plus grave mais c'est le type de relation sur laquelle elle repose car c'est elle qui déshumanise.

La lutte pour supprimer l'injustice qui nous apparaît comme une nécessité , si elle ne tend qu’à inverser les rapports de force, ne résoudra pas les choses: elle les inversera peut-être, mais ce qui importe c'est de modifier le type de relation que nous entretenons tous (opprimés comme oppresseurs) avec l'autre et avec le monde

II La conception « bancaire » de l'éducation et l’éducation libératrice

La conception bancaire

Dans le chapitre II, Paulo Freire analyse les attitudes qui sous-tendent l'acte pédagogique dans les pédagogies pratiquées par le groupe dominant dans une situation d'oppression.

Il définit la conception pédagogique traditionnelle comme une"conception bancaire" de l’éducation parce qu'il analyse l'acte pédagogique pratiqué comme un acte de dépôt d'une matière inerte et prédéfinie dans un contenant vide prêt à recevoir et à mémoriser.

La situation éducateur/éduqué est une situation inégale et à sens unique où il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ;ceux qui parlent et ceux qui écoutent ; ceux qui déposent et ceux qui sont censés archiver puis mémoriser.

L’enseignement s’adresse à un homme abstrait qui, objectivement, n’existe pas, puisque n’existent que des hommes concrets.

La réalité qui est ainsi transmise est une réalité figée, compartimentée, prévisible, coupée de la réalité existentielle et globale qui pourrait lui donner sens.

Cette dichotomie rend passif, ne tient pas compte de la personne éduquée comme sujet, ne développe pas la conscience critique ; pire, elle entretient la situation d'oppression en l'aggravant, car elle justifie l'ordre établi et l'adaptation de l’opprimé à cet ordre.

Elle rend impossible un savoir constructeur de la personne.

Paulo Freire conclut alors :

« Il n'y a alors, ni créativité, ni transformation, ni savoir. »

L'éducation libératrice

Celle-ci établit un autre type de relation : celle de deux sujets qui s’éduquent mutuellement dans l’analyse de la réalité. Il n’y a plus deux entités opposées : éducateur/éduqué: chacun devient les deux simultanément.

"Personne n'est l'éducateur de quiconque, personne ne s'éduque lui-même,

seuls les hommes s'éduquent ensemble, par l'intermédiaire du monde."

L'objet de connaissance n'est plus le but de l'acte cognitif, il n'est plus la propriété de l'éducateur, mais un objet de médiation, l'intermédiaire entre plusieurs sujets connaissant.

III Le dialogue, essence de l’éducation vue comme pratique de la liberté.

Dans ce chapitre Paulo Freire s’efforce d’abord de développer les fondements philosophiques de la place centrale qu’il accorde au dialogue dans l’éducation et dans l’organisation des relations humaines.

Si l’homme se définit par la relation, le dialogue est l’expression essentielle de cette relation.

Si l’homme se définit par la parole, le dialogue permet l’échange de cette parole. (la parole est prise ici comme une parole transformatrice, créatrice, à la fois langage et action)

Prononcer une parole authentique, c’est déjà transformer le monde. La parole a deux dimensions, d’action et de réflexion. Si elle n’est que discours, elle est verbiage. Si elle n’est qu’action, elle est activisme.

Or, « personne ne peut prononcer une parole véritable tout seul, et personne ne peut imposer aux autres sa parole en refusant la leur. »

Le dialogue est donc pour ces raisons une nécessité existentielle.

Il analyse ensuite les attitudes humaines que cela exige et entraîne : l’humilité, l’espérance, la confiance, l’amour…

Dans un deuxième temps, il explore la place du dialogue dans la conception d’une pédagogie libératrice des potentialités de l’homme.

Dans une telle pédagogie,

- la réalité concrète de l’homme éduqué est première, avant même le contenu à enseigner ou la réalité à transformer.

- ce qui éduque, ce n’est pas d’abord ni seulement le contenu du programme , mais le type de relation que l’on établit avec celui qu’on éduque à l’occasion de l’échange provoqué par le sujet abordé.

Le dialogue doit donc commencer dès l’élaboration du programme éducatif.

- Il permet de comprendre et de prendre en compte les situations concrètes de vie des personnes « formées »

- Il permet ensuite de connaître la conscience qu’elles en ont, leurs divers niveaux de perception, d’eux-mêmes et du monde dans lequel ils vivent. C’est à travers le dialogue que l’on peut saisir les conditions structurelles dans lesquelles le langage et la pensée de l’autre prend forme. Le formateur doit rechercher à travers la « pensée langage » de la personne formée, qu’il met en relation avec la réalité, le niveau de perception et la vision du monde de celui à qui il s’adresse.

Il développe longuement à ce propos ce qu’il appelle dans sa méthode pédagogique la recherche de l’univers thématique du peuple ou des « thèmes générateurs » qui sont le point de départ à partir desquels se construisent les contenus..

Le dialogue rentre ensuite en jeu dans le processus même de formation.

C’est à travers le dialogue, en effet, qu’une situation concrète cesse d’être subie comme inévitable et peut commencer à s’analyser comme un problème à résoudre, un défi adressé à l’homme pour créer quelque chose de nouveau.

IV Action dialogique et antidialogique.

Dans le quatrième chapitre, Paulo Freire élargit son analyse critique à ce qu’il appelle l’action culturelle globale (l’accompagnement des opprimés par les leaders révolutionnaires).

Il détaille les caractéristiques d’une action « antidialogique » telle qu’elle est pratiquée dans une situation d’oppression et, à l’opposé, celles d’une action « dialogique » qui fonde toute action culturelle visant la libération et le dépassement de la situation d’oppression.

L'action antidialogique.

L’action menée par les oppresseurs est une action antidialogique qui nie, bafoue ou se méfie du dialogue comme mode d’action. Elle s’appuie en effet sur:

- une attitude de conquête

L’attitude de conquête consiste à dépouiller l’autre de sa parole, de ses moyens d’expression, de sa culture.

Conquête ou « invasion culturelle » où le dominant envahit le contexte culturel de l'autre avec ses modèles de valeurs. Le dominé, subissant cette invasion depuis l’enfance (par l’éducation et les médias),est immergé dans la culture du dominant, la pense comme naturelle ou liée à la modernité et donc meilleure que la sienne, croit à son infériorité et auto censure sa propre créativité. Il finit par se voir lui-même et la situation dans laquelle il vit avec les yeux des dominants et non les siens.

L’auteur fait à ce propos la critique des institutions officielles de formation (foyers familiaux, écoles primaires et secondaires, universités) « qui n'échappent pas aux influences des conditions objectives de la structure environnante et fonctionnent généralement comme des agences de formation de futurs envahisseurs". Il observe ce même phénomène à l'intérieur des familles.

Pour détruire la vision du monde de l'autre, l'oppresseur lui propose

- un monde d'illusions. La mythification est une des armes culturelles de l'oppression : (le mythe selon lequel l’ordre de l’oppresseur est un ordre de liberté, où chacun est libre de choisir son lieu de travail ; le mythe du droit de tous à l’éducation ; le mythe de l’égalité entre tous ; le mythe de la propriété comme fondement du développement de la personne humaine ; le mythe de l’ardeur au travail des oppresseurs et de la paresse des opprimés…).Le messianisme est une autre de ces illusions: (quelqu'un qui vient apporter un salut de l'extérieur pour lequel on n'a qu'à suivre les instructions)

- .un monde figé, statique , auquel il faut s'adapter car on ne peut rien faire d'autre. (le contraire d'un problème à résoudre ou d'un défi adressé à l'homme);

- la pratique de la division. « Diviser pour régner » est la règle de tous les oppresseurs. Celle-ci facilite le maintien de la domination.

Diviser, isoler, maintenir dans une vision parcellaire des problèmes. Pour l’auteur, la mise en valeur hypocrite des revendications communautaristes relève chez certains dirigeants de cette pratique de division.

- la manipulation. Manipuler, c'est chercher à conformer l'autre à ses objectifs propres en captant son adhésion par des moyens pervers .Quand l'autre est faible, il se laisse manipuler plus facilement. On peut manipuler par des mythes, par des pactes, par des promesses.

La manipulation cherche à anesthésier, à empêcher l'autre de penser seul, à l’amener sournoisement à adopter sa propre pensée.

L'action dialogique

Celle-ci se présente comme l'antithèse de la précédente:

Là où l’oppresseur pratique la conquête, le leader révolutionnaire et le peuple rechercheront des pratiques de coopération .Celle-ci repose sur la rencontre de deux sujets, sur la participation active de chacun à sa libération .

Là où l’oppresseur instaure la division, l'action dialogique cherchera à établir l'union .

Loin de manipuler le peuple, les leader l’inciteront à s’organiser pour une tâche commune.

Là où il y avait invasion culturelle, on trouvera une autre attitude culturelle où ceux qui atteignent l’univers populaire, viennent pour découvrir le monde avec le peuple et non pour l’enseigner, pour découvrir les différences et s’appuyer sur elles, pour créer ensemble une culture nouvelle sans aucune imposition de part ou d’autre, arriver à ce que l’auteur appelle la « synthèse culturelle ».

Paulo Freire s’attardent longuement aux responsabilités de ceux qui éduquent le peuple. Il met en garde ceux-ci sur le fait que l’action dialogique n’est pas naturelle. Elle nécessite une transformation profonde de nos modes d'action habituels, l’abandon des mythes dont nous sommes nourris dès l’enfance et qui sont très ancrés à l'intérieur de nous mêmes - ce qui ne se fait pas si facilement que cela-. Il faut, en effet, "cesser d'être "au dessus" ou "à l'intérieur" comme des étrangers, pour être "avec" comme des compagnons".

Il insiste aussi .sur le risque d'être pris par la peur de la liberté, du nouveau, du risque.

Conclusions provisoires

Pour conclure, quels principes peut-on retenir comme fondateurs de cette pédagogie ?

- considérer l’autre comme un sujet au même titre que soi : cela suppose de tenir compte de ses connaissances, de son expérience et de sa vision du monde Le dialogue est le fondement de toute pédagogie libératrice, depuis l’élaboration jusqu’à la mise en œuvre ;

- Avoir conscience de soi, de sa propre situation objective, de sa culture, de ses tendances dans une relation.

Il n'y a pas de solidarité réelle avec l'opprimé sans une transformation profonde chez l'oppresseur:dans son mode d'être au monde, dans sa relation à son propre épanouissement, dans son regard sur l'autre (et en particulier l'étranger, le pauvre...)

- Si nous, riches du monde riche, nous voulons vraiment travailler à établir un autre monde possible, la première exigence est une prise de conscience de nous-mêmes, de notre situation objective dans le monde et une analyse sans complaisance de la vision de nous-même et du monde qu’elle entraîne .

- L’acte pédagogique est d’abord un acte de relation et de dialogue. Les contenus d’éducation ne peuvent se concevoir indépendamment de cette relation. Les méthodes de transmission révèlent leur sens aux contenus.

On ne peut apprendre qu’en étant acteur de son apprentissage. Il ne s’agit pas de consommer des idées, mais d’en produire et de les transformer grâce à l’action et au dialogue. Il n’y a pas un transmetteur, un récepteur et un contenu extérieur qu’il s’agirait de déposer. Il y a des sujets qui s’éduquent mutuellement et qui transforment leur conscience par l’intermédiaire de la démarche de compréhension du monde.

- « Je ne peux penser pour les autres ni par les autres ni sans les autres. »

source : http://www.recit.net/spip.php?article260

RéCit : réseau des écoles de citoyens

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mardi 29 janvier 2008

lundi 28 janvier 2008

Le droit au savoir - Historique de l'enseignement féminin

source : femmes-égalité
http://www.femmes-egalite.gouv.fr/se_documenter/operations_de_communication/datecles_4.pdf

Au XVIIIe siècle, la plupart des hommes estiment encore que les femmes doivent
être "éduquées" et non "instruites".


En 1836, l’enseignement primaire public pour les filles est autorisé. Mais l’enseignement féminin est surtout assuré par des institutions religieuses
soucieuses de former des épouses et des mères chrétiennes.

En 1880, lorsque les collèges de filles sont créés,
les matières "nobles" sont exclues de leurs
programmes (grec, latin, philosophie,
mathématiques…). Il faut attendre le XXe siècle
pour que de réels progrès aient lieu : l’accès au
baccalauréat en 1919 et l’unification des
programmes scolaires pour les filles et les garçons,
en 1924. La question de la mixité dans les
établissements scolaires se pose à partir des années
soixante mais sa mise en place se fera très
lentement.

Depuis vingt ans, les efforts portent sur
l’orientation des jeunes filles : elles réussissent
mieux leurs études que les garçons, pourtant elles
sont encore peu nombreuses dans les filières
scientifiques et technologiques qui sont porteuses
en matière d’emploi.
Favoriser aujourd’hui l’égalité entre les filles
et les garçons à l’école, c’est travailler contre
les inégalités professionnelles de demain
et pour une citoyenneté partagée.


1808 Les filles et les femmes sont interdites dans l’enceinte des lycées, nouvellement créés.

1836 L’ordonnance du 23 juin organise l’enseignement primaire pour les filles.

1838 Création de la première école normale d’institutrices.

1850 La loi Falloux oblige les communes de plus de 800 habitants à avoir une école primaire de filles (15 mars).

1861 Après avoir bataillé plusieurs années, l’institutrice Julie Daubié
est la première femme autorisée à se présenter au baccalauréat, qu’elle
obtient en l’ayant préparé seule.

1862 Création de l’enseignement professionnel féminin public et laïque par la
pédagogue Elisa Lemonnier.

1867 La loi Victor Duruy, par extension de la loi Falloux, crée des cours secondaires
publics pour les filles (10 avril).

1879 La loi Paul Bert rend obligatoire l’entretien par chaque département d’une
école normale d’institutrices (9 août).

1880 La loi Camille Sée organise l’enseignement secondaire féminin mais celui-ci
n’est pas sanctionné par le baccalauréat (21 décembre).

1881 Création de l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres.

1882 La loi Jules Ferry (28 mars) institue l’obligation d’instruction et la laïcité de l’enseignement primaire, pour les filles comme pour les garçons (cet enseignement était gratuit depuis juin 1881).

1900 La loi du 1er décembre ouvre le barreau aux
femmes : Jeanne Chauvin devient la première avocate.

1903 Marie Curie est la première femme à recevoir un prix Nobel, avec son mari, pour
leur découverte de la radioactivité. Après ce prix de physique, elle recevra, en 1911, le prix Nobel de chimie, et reste à ce jour la seule femme ayant reçu deux fois le prix Nobel.

1912 Création de l’École normale supérieure mixte pour l’enseignement technique, à Cachan.

1924 Les programmes de l’enseignement secondaire ainsi que le baccalauréat deviennent identiques pour les filles et les garçons(décret du 25 mars).

1930 Pour la première fois, une femme est admise à l’École centrale.

1937 Les femmes sont autorisées à enseigner le latin, le grec et la philosophie.

1938 Suppression de l’incapacité civile : les femmes peuvent s’inscrire à l’université sans l’autorisation de leur mari (loi du 18 février).

1972 L’École polytechnique devient mixte : huit femmes sont reçues et
l’une d’entre elles (Anne Chopinet) sera major de promotion.

1975 La loi Haby et ses décrets d’application organisent l’obligation de mixité dans
tous les établissements publics d’enseignement.

1984 Le secrétariat d’État chargé des Droits des femmes et le secrétariat d’État chargé de l’Enseignement technique signent une convention qui fait de l’orientation des jeunes filles vers les formations industrielles un de leurs objectifs prioritaires. En 1989, une seconde convention viendra renforcer leur collaboration.

1989 La loi d’orientation sur l’éducation rappelle la mission d’égalité de l’enseignement. Les établissements scolaires "contribuent à favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes".

1997 Le Rapport parlementaire au Premier ministre sur la représentation des femmes dans les livres scolaires souligne la persistance des stéréotypes et d’une présentation surannée des activités féminines.

2000 : Une convention interministérielle (entre le ministère de l'Emploi et de la
Solidarité, le ministère de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, le ministère de l'Agriculture et de la Pêche et le secrétariat d'État aux Droits des femmes et à la Formation professionnelle) est signée le 25 février afin de mettre en oeuvre une politique globale d'égalité des chances entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif.

Cette convention comporte trois séries de mesures :

• améliorer l’orientation scolaire et professionnelle des filles afin d’élargir leurs choix professionnels ;
• lutter contre les représentations stéréotypées des femmes et des hommes, en
intégrant la question du sexisme et la réflexion sur leurs rôles sociaux respectifs
dans les programmes scolaires ;
• promouvoir l’égalité, notamment à travers les matières obligatoires dans les
instituts de formation des maîtres (IUFM), et valoriser le rôle des femmes dans
l’enseignement et la recherche universitaire, ainsi que dans les programmes.

dimanche 30 décembre 2007

Les parents sont plus attentifs à la scolarité des garçons Par Chloé Leprince

Les parents sont plus attentifs à la scolarité des garçons
Par Chloé Leprince

source : Rue89 http://rue89.com/2007/10/30/les-parents-sont-plus-attentifs-a-la-scolarite-des-garcons


Bleu ou rose? Foot ou dessin? Anglais ou italien? Les parents s'impliquent différemment dans la scolarité des filles et dans celle des garçons. Même si les filles ont de meilleurs résultats, les parents investissent davantage d'espoir dans le cursus de leur fils.


L'Insee se penche depuis quinze ans sur la question. Et deux études, l'une de 1992, l'autre de 2003, montrent que l'ambition parentale pour les filles n'a pas vraiment gagné du terrain. Les critères? Pas tant le fait d'avoir (ou pas) le bac: les chiffres, assez proches à partir du collège, placent même les filles en tête. Mais plutôt l'orientation.

Les parents suivent en effet de plus près les devoirs des garçons, et plus encore leur orientation. Et privilégient notamment soit des filières plus élitistes, soit des cursus réputés offrir de meilleurs débouchés, quitte à ce qu'ils soient plus courts. Des "études plus rentables", dit l'enquête Insee.


Les filles "moins poussées" et plus autonomes dans leurs choix


Au niveau du bac, on encourage davantage les garçons vers un bac scientifique -"la filière la plus rentable des filières générales sur le marché du travail", selon l'Insee-, "alors que les filles sont justement meilleures en maths", précise Marie Gouyon, qui signe avec Sophie Guérin la dernière enquête. Au bac, on retrouve à l'inverse 80% de filles dans les filières littéraires.

Autre signe: une implication moindre des parents dans le choix des langues pour les filles, qui décident davantage elles-mêmes. Au final, c'est plutôt espagnol pour les filles, et allemand pour les garçons, pour la deuxième langue.

Les deux chercheuses constatent que les filles sont "moins poussées" et laissées davantage autonomes sur les choix qu'elles font durant leur scolarité. Or, en laissant les filles s'orienter en faveur de leurs matières de prédilection, les parents font "un arbitrage au profit des garçons, en comptant sur l’autonomie des filles", selon Marie Gouyon et Sophie Gérin. Ces dernières tombent dans ce que l'Insee appelle "un mécanisme d'auto-élimination". Une forme d'autocensure entretenue par la représentation qu'on se fait de la réussite, à la maison mais aussi à l'école


En classe aussi, des critères d'évaluation différents


En classe, les études montrent que l'on prend d'ailleurs moins en charge les filles. Avec une attente plus forte de la part des professeurs sur des questions de présentation des devoirs et de travail individuel, là où ce sont plutôt les interventions et "la richesse des idées" qui seront valorisées chez les garçons.

Du côté de l'Education nationale, on reconnaît qu'il reste du chemin d'ici une égalité scolaire effective. "Dès l'école primaire, les filles obtiennent de meilleurs résultats scolaires que les garçons et elles redoublent moins", précise le ministère, qui cherche à valoriser une orientation plus balancée:

"Moins soucieuses que les garçons des débouchés professionnels, elles hésitent encore à s'engager dans les filières sélectives: un quart de filles seulement en classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques. Malgré leurs bonnes performances scolaires, les filles ne diversifient pas assez leur choix d'orientation.

"Ce constat met en évidence la persistance des préjugés et des stéréotypes dans la société et sans doute aussi dans l'école. L'insertion professionnelle des filles pâtit ensuite de l'étroitesse de ces choix de départ."

Depuis deux ans, l'objectif du gouvernement est de rehausser de 20% la proportion de filles dans les rangs des classes scientifiques d'ici 2010. Avec, en ligne de mire, une meilleure insertion des femmes sur le marché du travail.

Pour l'heure, elles sont plus nombreuses à être au chômage ou à vivre d'un emploi précaire.