Affichage des articles dont le libellé est Film(s). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Film(s). Afficher tous les articles

lundi 19 janvier 2009

Au nom du Pére, du fils et du... sain d'esprit !

Religolo (Religulous)

Belle réalisation que cette affiche pour le documentaire "Religulous" de Bill Maher, l'impertinent, plus insolente que sa version américaine, à mon sens.

Oui, vraiment est-il sage de se taire, de faire la sourde oreille et de se voiler la face... je vous le demande?

Quand ce qui devrait relier les hommes entre eux, puisque l'amour de Dieu est tout puissant..et bien non! C'est même tout le contraire et depuis des siècles, et des siècles ...Amen!

Un film sur les religions, dont je n'ai vu que la bande annonce, sortant dans les salles ce mercredi 21 janvier.

" Mon but est de pointer les aberrations et les aspects ridicules de toutes les religions !" B. Maher
La religion a de quoi faire peur quand elle affirme que les urines des femmes prenant la pillule seraient la cause de l'infertilité des hommes et de la polution de la planète!
Illustré avec le sourire par Emelire
ou encore ici dans ses stigmates : La religion c'est l'pied

bande annonce ici : http://www.linternaute.com/cinema/bande-annonce/religolo/28062/177920/

semaphore

Résumé du film
Le maître de l’irrévérence américaine, Bill Maher, dresse un état des lieux de toutes les religions du monde en parcourant la planète et en interrogeant des spécialistes et des gens de la rue. Fascinant, instructif, décapant, hilarant, inquiétant et passionnant, Religolo est un instantané de la spiritualité humaine comme personne n’en a jamais vu...

mercredi 29 octobre 2008

Mille Milliards de Dollars film d'Henri Verneuil

..."une puissance aussi colossale concentrée dans les mains de si peu de personnes.. ça fait peur!"...
Paul Kerjean, journaliste (Patrick Dewaere)

Un extrait à revoir
...tellement d'actualité...

vendredi 12 septembre 2008

L'âge des possibles [extrait, reprise "Rêves secrets d'un Prince et d'une Princesse"]



Délicieuse reprise de cette chanson extraite de "Peau d'âne".

Des mouvances du coeur où toute la palette des émois amoureux se lisent, s'expriment, se devinent, se répondent, font ricocher, se déploient de la toile à notre intime, Pascale Ferran en signe ici le portrait tendre, délicat, tour à tour léger et poignant, sur le fil.

sémaphore

mardi 9 septembre 2008

Parle, c’est notre seul espoir...Le dictateur Charlie Chaplin

The Great Dictator USA, 1940

Schulz :

Parle, c’est notre seul espoir.

Le barbier :

Espoir... Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oublié.

L’envie a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l’abondance nous laissent dans l’insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d’intelligence, nous ne ressentons pas assez et nous pensons beaucoup trop. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d’humanité.

Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n’est plus que violence et tout est perdu.

Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l’être humain, que dans la fraternité, l’amitié et l’unité de tous les hommes.

En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants désespérés, victimes d’un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.

Je dis à tous ceux qui m’entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr. Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu’il faut faire et ce qu’il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail.

Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur.

Vous n’êtes pas des machines.

Vous n’êtes pas des esclaves.

Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur.

Vous n’avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n’est pas fait d’amour.

Soldats ne vous battez pas pour l’esclavage mais pour la liberté.

Il est écrit dans l’Evangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l’être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir, le pouvoir de créer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir, le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.

Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l’occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité.

Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n’ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s’affranchissent en prenant le pouvoir mais ils font un esclave du peuple.

Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l’avidité, avec la haine et l’intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous !

...

Hannah, est-ce que tu m’entends ? Où que tu sois, lève les yeux ! Lève les yeux, Hannah ! Les nuages se dissipent ! Le soleil perce ! Nous émergeons des ténèbres pour trouver la lumière ! Nous pénétrons dans un monde nouveau, un monde meilleur, où les hommes domineront leur cupidité, leur haine et leur brutalité. Lève les yeux, Hannah ! L’âme de l’homme a reçu des ailes et enfin elle commence à voler. Elle vole vers l’arc-en-ciel, vers la lumière de l’espoir. Lève les yeux, Hannah ! Lève les yeux !

dimanche 31 août 2008

De la politique et des moutons....



Parlez-moi de la pluie, Agnès Jaoui [extrait]
sortie le 17 septembre 08

mardi 3 juin 2008

dimanche 27 avril 2008

Un chant d'amour Jean Genet

"Le vent qui roule un cœur sur le pavé des cours,
Un ange qui sanglote accroché dans un arbre,
La colonne d’azur qu’entortille le marbre
Font ouvrir dans ma nuit des portes de secours"

Le Condamné à mort - Jean Genet



Un chant d'amour de Jean Genet

Censuré, ce film fut interdit pendant 25 ans!

ubu web film & vidéo :

Un chant d'amour, film de Jean Genet (1950), en téléchargement libre
sur UbuWeb (269 Mo, format AVI)

nota bene :
Les musiciennes Mansfield.Tya ont réalisé en 2005 un ciné-concert sur ce film qui n'avait jamais réellement pu avoir de bande originale. (wikipedia)

Un titre éponyme est sorti sur l'album Fuck, une musique poignante aux échos déchirants.

A découvrir de toute urgence, si vous ne les connaissez encore!

ps :
pour CalamityJack que les poings serrés sur les roses blesse.
Il faut être marteau pense-t-il sans faux cil...


Sémaphore

vendredi 25 avril 2008

L’amour existe de Maurice Pialat

Un film à revoir en regard des mesures prises par le gouvernement Sarkozy, ses ministres ne faisant office que de poltrons pantins, qui ne visent qu'un seul objectif celui de détruire la notion même de démocratie et de renforcer toutes inégalités sociales.

La construction d'une ghettoïsation généralisée de la société est en marche.

Les droits au logement, à la santé, à l'éducation, à la justice et ceux du travail seront réservés aux seuls voyageurs en première classe!

"On va jusqu’à supprimer les fenêtres puisqu’il n’y a rien à voir." écrivait Maurice Pialat.

Ne mous laissons pas emmurer vivants!

Sémaphore

L’amour existe (1960)


Nous publions ici le texte qui accompagne les images, les sons et la musique du film L’amour existe. Ces lignes écrites par Maurice Pialat ont une beauté littéraire presque autonome. Mais « presque » seulement. Car c’est aussi dans les plis, les froissements, les collisions des images qu’advient la définitive beauté des films de Pialat.

Longtemps j’ai habité la banlieue. Mon premier souvenir est un souvenir de banlieue. Aux confins de ma mémoire, un train de banlieue passe, comme dans un film. La mémoire et les films se remplissent d’objets qu’on ne pourra plus jamais appréhender.

Longuement j’ai habité ce quartier de Courbevoie. Les bombes démolirent les vieilles maisons, mais l’église épargnée fut ainsi dégagée. Je troque une victime contre ces pierres consacrées ; c’était un camarade d’école ; nous chantions dans la classe proche : « Mourir pour la patrie », « Un jour de gloire vaut cent ans de vie ».

Les cartes de géographie Vidal de Lablache éveillaient le désir des voyages lointains, mais entretenaient surtout leur illusion au sein même de nos paysages pauvres.

Un regard encore pur peut lire sans amertume ici où le mâchefer la poussière et la rouille sont comme un affleurement des couches géologiques profondes.

Palais, Palace, Eden, Magic, Lux, Kursaal… La plus belle nuit de la semaine naissait le jeudi après-midi. Entassés au premier rang, les meilleures places, les garçons et les filles acquittent pour quelques sous un règne de deux heures.

Parce que les donjons des Grands Moulins de Pantin sont un « Burg » dessiné par Hugo, le verre commun entassé au bord du canal de l’Ourcq scintille mieux que les pierreries.

A quinze ans, ce n’est rien de dépasser à vélo un trotteur à l’entraînement. Le vent d’hiver coupait le polygone du Bois de Vincennes ; moins sévère que le vent de l’hiver à venir qui verrait les Panzers répéter sur le terrain.

Promenades, premiers flirts au bord de la Marne, ombres sombres et bals muets, pas de danse pour les filles, les guinguettes fermeraient leurs volets. Les baignades de la Marne, Eldorado d’hier, vieillies, muettes et rares dorment devant la boue.

Soudain les rues sont lentes et silencieuses. Où seront les guinguettes, les fritures de Suresnes ? Paris ne s’accordera plus aux airs d’accordéon.

La banlieue entière s’est figée dans le décor préféré du film français. A Montreuil, le studio de Méliès est démoli. Ainsi merveilles et plaisirs s’en vont, sans bruit

« La banlieue triste qui s’ennuie, défile grise sous la pluie » chantait Piaf. La banlieue triste qui s’ennuie, défile grise sous la pluie. L’ennui est le principal agent d’érosion des paysages pauvres.

Les châteaux de l’enfance s’éloignent, des adultes reviennent dans la cour de leur école, comme à la récréation, puis des trains les emportent.

La banlieue grandit pour se morceler en petits terrains. La grande banlieue est la terre élue du P’tit pavillon. C’est la folie des p’titesses. Ma p’tite maison, mon p’tit jardin, mon p’tit boulot, une bonne p’tite vie bien tranquille.

Vie passée à attendre la paye. Vie pesée en heures de travail. Vie riche en heures supplémentaires. Vie pensée en termes d’assistance, de sécurité, de retraite, d’assurance. Vivants qui achètent tout au prix de détail et qui se vendent, eux, au prix de gros.

On vit dans la cuisine, c’est la plus petite pièce. En dehors des festivités, la salle à manger n’ouvre ses portes qu’aux heures du ménage. C’est la plus grande pièce : on y garde précieusement les choses précieuses.

Vies dont le futur a déjà un passé et le présent un éternel goût d’attente.

Le pavillon de banlieue peut être une expression mineure du manque d’hospitalité et de générosité du Français. Menacé il disparaîtra.

Pour être sourde la lutte n’en est pas pour autant silencieuse. Les téméraires construisent jusqu’aux avants-postes.

L’agglomération parisienne est la plus pauvre du mon-de en espaces verts. Cependant la destruction systémati-que des parcs an-ciens n’est pas achevée. Massacre au gré des spéculations qui sert la mode de la ré-sidence de faux luxe, cautionnée par des arbres centenaires.

Voici venu le temps des casernes civiles. Univers concentrationnaire payable à tempérament. Urbanisme pensé en termes de voirie. Matériaux pauvres dégradés avant la fin des travaux.

Le paysage étant généralement ingrat. On va jusqu’à supprimer les fenêtres puisqu’il n’y a rien à voir.

Les entrepreneurs entretiennent la nostalgie des travaux effectués pour le compte de l’organisation Todt.

Parachèvement de la ségrégation des classes. Introduc-tion de la ségrégation des âges : parents de même âge ayant le même nombre d’enfants du même âge. On ne choisit pas, on est choisi.

Enfants sages comme des images que les éducateurs désirent. Jeux troubles dans les caves démesurées. Contraintes des jeux préfabriqués ou évasion ? Quels seront leurs souvenirs ?

Le bonheur sera décidé dans les bureaux d’études. La ceinture rouge sera peinte en rose. Qui répète aujourd’hui du peuple français qu’il est indiscipliné. Toute une classe conditionnée de copropriétaires est prête à la relève. Classe qui fait les bonnes élections. Culture en toc dans construction en toc. De plus en plus la publicité prévaut contre la réalité.

Ils existent à trois kilomètres des Champs-Élysées. Constructions légères de planches et de cartons goudronnés qui s’enflamment très facilement. Des ustensiles à pétrole servent à la cuisine et à l’éclairage.

Nombre de microbes respirés dans un mètre cube d’air par une vendeuse de grands magasins : 4 millions

Nombre de frappes tapées dans une année par une dactylo : 15 millions

Déficit en terrain de jeux, en terrain de sport :75%

Déficit en jardin d’enfant : 99%

Nombre de lycées dans les communes de la Seine : 9. Dans Paris : 29

Fils d’ouvriers à l’Université : 3%. A l’Université de Paris : 1,5%

Fils d’ouvriers à l’école de médecine : 0,9%.

A la Faculté de lettres : 0,2%

Théâtre en-dehors de Paris : 0. Salle de concert : 0

La moitié de l’année, les heures de liberté sont dans la nuit. Mais tous les matins, c’est la hantise du retard.

Départ à la nuit noire. Course jusqu’à la station. Trajet aveugle et chaotique au sein d’une foule serrée et moite. Plongée dans le métro tiède. Interminable couloir de correspondance. Portillon automatique. Entassement dans les wagons surchargés. Second trajet en autobus. Le travail est une délivrance. Le soir, on remet ça : deux heures, trois heures, quatre heures de trajet chaque jour.

Cette eau grise ne remue que les matins et les soirs. Le gros de la troupe au front du travail, l’arrière tient. Le pays à ses heures de marée basse.

L’autobus, millionnaire en kilomètres, et le travailleur, millionnaire en geste de travail, se sont séparés une dernière fois, un soir, si discrètement qu’ils n’y ont pas pris garde.

D’un côté les vieux autobus à plate-forme n’ont pas le droit à la retraite, l’administration les revend, ils doivent recommencer une carrière.

De l’autre, les vieux travailleurs. Vieillesse qui doit, dans l’esprit de chaque salarié, indubitablement survenir. Vieillesse comme récompense, comme marché que chacun considère avoir passé. Ils ont payé pour ça. Payé pour être vieux. Le seul âge où l’on vous fout la paix. Mais quelle paix ? Le repos à neuf mille francs par mois. L’isolement dans les vieux quartiers. L’asile. Ils attendent l’heure lointaine qui revient du pays de leur enfance, l’heure où les bêtes rentrent. Collines gagnées par l’ombre. Aboiement des chiens. Odeur du bétail. Une voix connue très lointaine… Non. Ils pourraient tendre la main et palper la page du livre, le livre de leur première lecture.

Les squares n’ont pas remplacé les paysages de L’Ile de France qui venaient, hier encore, jusqu’à Paris, à la rencontre des peintres.

Le voyageur pressé ignore les banlieues. Ces rues plus offertes aux barricades qu’aux défilés gardent au plus secret des beautés impénétrables. Seul celui qui eût pu les dire se tait. Personne ne lui a appris à les lire. Enfant doué que l’adolescence trouve cloué et morne, définitivement. Il n’a pas fait bon de rester là, emprisonné, après y être né. Quelques kilomètres de trop à l’écart.

Des années et des années d’hôtels, de « garnis ». Des entassements à dix dans la même chambre. Des coups donnés, des coups reçus. Des oreilles fermées aux cris. Et la fin du travail à l’heure où ferment les musées. Aucune promotion, aucun plan, aucune dépense ne permettra la cautérisation. Il ne doit rien rester pour perpétrer la misère.

La leçon des ténèbres n’est jamais inscrite au flanc des monuments.

La main de la gloire qui ordonne et dirige, elle aussi peut implorer. Un simple changement d’angle y suffit.


mardi 22 avril 2008

Alphaville dialogues [extraits]





Alpha 5
: Quel est le privilege des morts ?
Lemmy Caution : Ne plus mourir.
Alpha 5: Savez vous ce qui transforme la nuit en lumière ?
Lemmy : La poésie.
Alpha 5 : Quel est votre religion ?
Lemmy : Je crois aux données immédiates de la conscience.
Alpha 5 : Est ce que vous faites une différence entre les principes mystérieux des lois de la connaissance et ceux de l'amour ?
Lemmy : A mon avis, en amour il n'y a justement pas de mystères.

Anna Karina Alphaville

(...)
Natacha Von Braun : Monsieur Johnson
Lemmy Caution : Oui
Natacha : Dès que je suis avec vous, j'ai peur... On m'avait donné l'ordre de ne plus vous revoir.
Lemmy : Qui ? Les ingénieurs de Alpha 60 ?
Natacha : Oui.
Lemmy : Vous avez peur de quoi ?
Natacha : J'ai peur parce que je connais ce mot sans l'avoir jamais vu ni lu.
Lemmy : Quel mot ?
Natacha : Le conscience.
Lemmy : La conscience.
Natacha : La ... conscience.



(...)
Natacha : Je voudrai partir avec vous dans les pays extérieurs. Mais j'ai peur. Depuis que je vous ai vu je ne suis plus normale. À quel moment j'ai dit pourquoi ?
Lemmy : Pourquoi ?
Natacha : Non. Parce que ... Vous le savez très bien monsieur Johnson.
Lemmy : Non je ne sais pas.
Natacha : À quel moment ? Dites moi.
Lemmy : Très souvent. Hier soir par exemple, dans le couloir.
Natacha : Cette fois-ci c'est vous qui mentez.
Lemmy : Non, quand je vous ai dit que je suis amoureux de vous.
Natacha : Amoureux ! Qu'est ce que c'est ?
Lemmy : Ça.
Natacha : Non, ça je sais ce que c'est, c'est la volupté.
Lemmy : Non, la volupté est une conséquence, elle n'existe pas sans l'amour.
Natacha : Alors l'amour c'est quoi ? ... Ta voix, tes yeux ... tes mains, tes lèvres ... nos silences, nos paroles ... la lumière qui s'en va, la lumière qui revient, un seul sourire pour nous deux. Par besoin de savoir, j'ai vu la nuit créer le jour, sans que nous changions d'apparence. Ô bien aimé de tous et bien aimé d'un seul. En silence, ta bouche a promis d'être heureuse. De loin en loin, dit la haine. De proche en proche, dit l'amour. Par la caresse nous sortons de notre enfance. Je vois de mieux en mieux la forme humaine comme un dialogue d'amour. Le cœur n'est qu'une seule bouche. Toutes les choses au hasard, tous les mots dits sans y penser, les sentiments à la dérive, les hommes tournent dans la ville, le regard, la parole, et le fait que je t'aime. Tout est en mouvement. Il suffit d'avancer pour vivre. D'aller droit devant soi, vers tous ceux que l'on aime. J'allais vers toi. J'allais sans fin vers la lumière. Si tu souris c'est pour mieux m'envahir. Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard.



(...)
Natacha : J'ai dormi longtemps ?
Lemmy : Non, l'espace d'un instant.
Natacha : Mais où on est ? Dans les pays extérieurs ?
Lemmy : Non, pas encore.
Natacha : Vous me regardez d'une drôle de façon.
Lemmy : Oui.
Natacha : J'ai le pressentiment que vous attendez que je vous dise quelque chose.
Lemmy : Oui.
Natacha : Je ne sais pas quoi dire.
C'est des mots que je ne connais pas.
On ne me les a jamais appris.
Aidez moi.
Lemmy : Impossible princesse.
Il faut y arriver toute seule.
Alors vous serez sauvée.
Si vous n'y arrivez pas vous êtes perdue comme les morts d'Alphaville.

source : http://iokanaan.net/blog/archives/2004_03.php

pour voir le film en ligne : alphaville-de-jean-luc-godard

mardi 1 avril 2008

Salo ou les 120 jours de Sodome - Pasolini avait du cœur. Et vous ?

Peinture du fascisme et du sadisme encore à ce jour inégalée. Pasolini sera torturé et assassiné trois jours après la sortie Salo ou les 120 jours de Sodome.

Lorsque Pasolini découvre la grande scène d’orgie nazie, et le massacre qui s’en suit, dans Les Damnés (1968) de son compatriote Luchino Visconti, il n’a qu’une idée en tête : réaliser un film dépeignant, du début à la fin, une orgie sadique et fasciste. Ce film sera Salo ou les 120 jours de Sodome.

Librement inspiré du divin marquis de Sade, Salo décrit en huis clos, dans un château, l’esclavage sexuel de neuf jeunes femmes et neuf jeunes hommes par quatre dirigeants fascistes en pleine République de Salo (proclamée par le Duce en 1943). Le film se (dé)compose en trois tableaux : "Le cercle des passions", "Le cercle de la merde" et "Le cercle du sang". Chaque partie surrenchérissant dans l’horreur.

"Cette dénonciation du fascisme donne un film dégradant, insupportable et dont chaque spectateur se sentira sali, quel que soit le talent évident du cinéaste." [1] La critique internationale en veut beaucoup au film et, bien souvent, à Pasolini lui-même. Personne ne sait comment prendre Salo. Par quel côté l’envisager en effet ?

Pour Roland Barthes et quelques autres, Sade ne devrait même pas être adapté au cinéma car selon lui : "Le fantasme s’écrit, il ne peut se décrire." [2] Les plus grands s’y perdent. Peut-on filmer, doit-on filmer, la scatologie, la torture ? Voir en plan serré une jeune femme forcée à manger des excréments, comporte-t-il un quelconque intérêt ? Où est l’éthique ? Le cinéma, et plus généralement l’art, doit-il s’imposer des limites à ne jamais franchir ?

La limite du cinéma ne résiderait-elle pas dans le corps et la cervelle des spectateurs ? La salle obscure comme terreau, l’écran comme soleil, l’âme comme océan, pourrait-on écrire. Salo de Pasolini est peut-être un "cri moral qui frôle le délire" [3], il reste en tout cas un film qui ne peut laisser indifférent. Cette indifférence à la base même du totalitarisme. Indifférence, mode des absentionnistes, monde de terreurs jamais avouées, trop rarement labourées.

Comment écouter et regarder jusqu’au bout Salo sans avoir le cœur au bord des lèvres ? Sans être transpercé par ce film en flèche ? Au fond, c’est bien d’amour dont nous parle l’ange Pasolini, appelant toutes nos fibres émotionnelles, reconvoquant notre cœur souvent trop occulté, réveillant notre conscience endormie, déliant nos langues par amour de la parole libérée et du cri de révolte, vital. Pasolini avait, lui, un cœur bien accroché à ses nerfs et à ses veines, un cœur de poète, ouvert, entier, intègre, foncièrement courageux, avec plus de sang bouillonnant que les autres mortels peut-être. Une chose est sûre : Pasolini avait du cœur. Et vous ?





[1] Le Monde, 25 novembre 1975

[2] Roland Barthes, "Sade-Pasolini", Le Monde, 16 juin 1976

[3] Marc Gervais, "Le dernier cri d’un cinéaste au bord de l’abîme", Cinéma/Québec (1976)

vendredi 7 mars 2008

Vivre sa vie - Jean-Luc Godard

Anna Karina & Brice Parain

Scene 11 - To watch the entire film, go to http://myspace.com/cinemafrancais
Vivre sa vie
C'est un film qu'il faut avoir vu!
Un film en douze tableaux, tel un chemin de croix, celui d'une femme qui entre dans le monde de la prostitution.
Jean-luc Godard dénonce avec un talent inégalé cette pratique admise par une société mercantile et misogyne, dénonce son hypocrite moralité!
Ce film introduit la relation à l'Autre par sa réflexivité.
Dans cette mise en abîme, J.-L. Godard utilise avec pertinence des citations, telle la figure emblématique de la Falconetti dans "La passion de Jeanne d'Arc" de Carl Theodor Dreyer, ou encore le nonpareil "Portrait ovale" d'Edgar Poe.
De surcroît, par la référence à une enquête sur la prostitution il bouleverse les conventions,le phénomène d'identification de la place du spectateur face à une fiction.
Le basculement ainsi opéré vers le documentaire est une immersion crue dans la violente réalité quotidienne des prostituées.
De l'émotion, de l'empathie, nous passons sans transition à l'énoncé froid, sans affect, journalistique, comme une mise en exergue tranchante de l'indignation du cinéaste.
Un film remarquable.
sémaphore

Vivre sa vie S1


" Il faut se prêter aux autres et se donner à soi-même "
Montaigne

Ainsi se clôt ce générique atypique. http://myspacetv.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=2729417
Un conseil, allez à
http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.viewVideos&channelid=113142644

mardi 19 février 2008

Sister remember your name...“Miss Celie’s Blues”





“Miss Celie’s Blues” (de Quincy Jones, Rod Temperton & Lionel Richie) chanté ici par Molly Johnson sur la bande originale du film.

"Miss Celie's blues" Chanson de la sororité par excellence, extraite du film de Steven Spielberg "La couleur pourpre" adaptation cinématographique d'un best-seller de la féministe américaine Alice Walker,qui avait obtenu le prix Pulitzer pour ce roman.
"The color purple" traite de la condition des femmes, de l'inceste, de l'horrifique tyrannie domestique quand la violence conjugale est subie.
Cette chanson est un hymne à la solidarité féminine, solidarité qui permettra à Miss Celie de trouver en elle les ressources pour se libérer du joug de son odieux mari. Remarquable interprétatation de Woopi Goldberg dont c'était une des premières apparitions à l'écran.
sémaphore

Woh woh ..........
Uhm uhm ..........
Uhm uhm ..........

Sister,
you've been on my mind
Sister, we're two of a kind
So sister,
I'm keepin' my eyes on you
I betcha think
I don't know nothin'
But singin' the blues
Oh sister, have I got news for you
I'm somethin'
I hope you think
that you're somethin' too

Oh, Scufflin',
I been up that lonesome road
And I seen a lot of suns goin' down
Oh, but trust me
No low life's gonna run me around

So let me tell you somethin' sister
Remember your name
No twister,
gonna steal your stuff away
My sister
We sho' ain't got a whole lot of time
So shake your shimmy,
Sister
'Cause honey the 'shug
is feelin' fine

Te doy mis ojos (Ne dis rien) film de Iciar Bollain


Iciar Bollain est réalisatrice, scénariste et actrice éspagnole. Elle a tourné avec Ken Loach et a publié un livre sur lui.
TE DOY MIS OJOS est son troisième long métrage.

Un film que je n'ai encore vu mais je compte combler cette lacune.
Sémaphore

Ce film a obtenu 7 Goyas (équivalent espagnol des Césars), notamment meilleur film, meilleure mise en scène, meilleur scénario, meilleur acteur, meilleure actrice...
Synopsis (source : allociné)
Par une nuit d'hiver, une jeune femme, Pilar, s'enfuit de chez elle en emmenant son fils. Antonio, son mari, la poursuit, veut la ramener à la maison, lui promet de changer, de ne plus être violent. Rien n'y fait, Pilar a pris sa décision. Il va alors tenter de la reconquérir et de maîtriser ses accès de colère qui immanquablement débouchent sur de la violence physique. Thérapie de groupe, retour sur soi, Antonio veut guérir. Mais pendant ce temps, Pilar va trouver loin de son époux un nouveau sens à sa vie.

Violences conjugales en France et en Espagne par Romy Duhem-Verdière

Violences conjugales en France et en Espagne

Quelques repères : chiffres, dates, lois

2 août 2004,
par Romy Duhem-Verdière

source : http://romy.tetue.net/spip.php?article104

À propos du film espagnol "Ne dis rien" qui traite de la violence conjugale, j’entends les unes et les autres s’apitoyer sur le sort de ces « pauvres femmes espagnoles », parce qu’en Espagne, ce serait « vraiment grave ». Ça m’agace toujours un peu cette façon de s’alarmer des horreurs qui se passent ailleurs en oubliant que ce n’est pas mieux ici. Les chiffres sont les mêmes pour les femmes françaises comme espagnoles : on meurt autant de part et d’autre des Pyrénées.

La seule différence, et elle n’est pas négligeable, c’est que l’Espagne est en pleine prise de conscience et commence seulement à lutter contre ce fléau, tandis qu’en France, les féministes luttent depuis plusieurs décennies déjà... ce que l’on ne cesse d’oublier.

État des lieux.
Espagne : comment en finir avec la violence conjugale ?

En 1997, 75 femmes sont mortes suite à une agression de leur mari.
La révision du code pénal espagnol en 1999 est capitale. Elle prévoit que la femme ne doive plus « entière obéissance à son mari ». La notion de « violence psychique » est reconnue. La récidive transforme la faute en délit. Enfin ! Mais cela ne suffit pas.
En 2000, 66 femmes meurent à nouveau sous les coups de leur conjoint. Dans l’enquête publiée en mars 2001, 640 000 femmes s’avouent victimes de mauvais traitements, et près de 2 millions d’entre elles le sont (soit plus d’une femme sur dix).

Le pacte du silence autour de la vie privée n’en finit pas de se briser : les plaintes augmentent d’au moins 10 % chaque année, jusqu’à atteindre (en 2001) plus de 20 000 par an. Cependant seules 5 % à 7 % des femmes violentées attentent une action en justice. Elles craignent les représailles, et savent que cela ne servira pas à grand chose : les décisions de justice sont souvent incohérentes [1] et 80 % des cas jugés pour violences bénéficient de l’impunité.

Depuis janvier 2004, plus d’une quinzaine de femmes ont succombé aux mauvais traitements de leur conjoint. Le gouvernement Zapatero a fait de l’éradication de ce fléau sa priorité absolue.

D’abord changer les mentalités : 21 % des hommes (et près de 9 % des femmes) interrogés estiment que les victimes de violences domestiques « aiment être maltraitées, ou bien sont idiotes, ou bien obtiennent quelque chose en échange », sinon elles quitteraient le domicile conjugal ou se sépareraient de leur conjoint [2]. De même 10,7 % des hommes pensent que, si une femme est maltraitée, c’est qu’elle l’a mérité [3]...

Le machisme reste très ancré dans la société espagnole et continue d’être transmis d’une génération à l’autre. Les femmes de 25-45 ans ont récupéré leur dignité, assument leur statut d’égale de l’homme et/ou luttent pour cela. En revanche, 50 % des hommes de la même tranche d’âge continuent d’avoir des attitudes machistes, et c’est dans leurs foyers que se produit le plus grand nombre d’homicides et de séparations.

La domination masculine est encore très forte en Espagne : rappelons que ce n’est que depuis 1999 que la femme est légalement libérée de l’obéissance à son mari ! [4]
Et en France ? c’est à peine mieux


Les chiffres sont à peu prés les mêmes en France : en 1999, 72 femmes ont été tuées volontairement par leur mari, sans compter celles qui sont décédées des suites de blessures. Au moins un foyer sur dix est le lieu de violences graves dont les victimes sont à 95 % des femmes et des enfants [5]. Parmi les femmes de 20 à 59 ans vivant en couple, une sur dix a déjà été victime de violences. Chaque année, 4 millions de femmes sont agressées par leur partenaire.

Pour dénoncer la violence qui s’exerce au sein du couple et de la famille, une coordination d’associations issues du mouvement des femmes a vu le jour dès la fin des années 70 pour devenir, en 1987, l’actuelle Fédération Nationale Solidarités Femmes [6]. Passant du constat alarmant, à la dénonciation et la critique, les féministes ont obligé à faire changer les lois [7].
Les violences conjugales ne sont reconnues comme telles et punies par la loi française que depuis 1994. Grâce aux féministes, la « qualité de conjoint ou concubin » est reconnue comme circonstance aggravante. Un homme qui bat sa femme est désormais passible d’une peine prononcée par le tribunal correctionnel. L’acte de violence sur une femme enceinte est jugé comme un facteur aggravant.
17 000 plaintes ont été déposées en 2000. Elles sont en constante augmentation. Mais le code pénal n’est pas toujours bien appliqué [8] ; très peu de condamnations interviennent et beaucoup trop de dossiers finissent en médiation [9]...

Actuellement en France, au moins 6 femmes meurent chaque mois sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. C’est d’ailleurs la première cause de mortalité des femmes de 16 à 44 ans.
Le ministre de la Justice Dominique Perben a souhaité, à l’occasion de la 22e journée internationale des femmes, que l’année 2004 soit consacrée en priorité aux victimes de violences conjugales et familiales.

Violences : leurs statistiques augmentent partout

L’augmentation des statistiques ne trahit pas nécessairement une augmentation des violences, mais de leur révélation. Cela veut simplement dire que de plus en plus de femmes osent en parler [10], ce qui est plutôt une bonne chose. D’autre part les enquêtes spécifiques sur les violences faites aux femmes sont relativement récentes [11]. Ce n’est que progressivement que les paroles se libèrent, et les statistiques commencent peu à peu à refléter la réalité. Nous en sommes encore à la prise de conscience.

Cette situation au sein des familles Espagnoles, Françaises, mais aussi Européennes [12], est tristement représentative d’un phénomène universel : un récent rapport de l’ONU assure qu’une femme sur trois dans le monde est victime de mauvais traitements ou d’abus de la part d’un proche. Selon l’Unifem, que ce soit dans les pays riches ou pauvres, les femmes vivent le même type de violence. Tandis qu’au Cambodge, 16 % des femmes disent être physiquement maltraitées par leurs maris, au Royaume-Uni, on en compte presque deux fois autant. À Sao Paulo, au Brésil, 13 % de femmes en âge de reproduire sont tuées et parmi elles, 60 % le sont par leurs maris ou concubins. Aux États-Unis, 7 millions de femmes sont violées ou sexuellement agressées chaque année, etc...
Bref, dans le monde, 70 % des femmes assassinées, le sont par leur partenaire masculin (OMS).

La violence contre les femmes à travers le monde est telle, qu’Amnesty International parle de scandale planétaire et tire la sonnette d’alarme en lançant une campagne exceptionnelle de deux ans : « Halte à la violence contre les femmes ».

Ce document a été rédigé à l’occasion d’une soirée cinéma entre féministes (réseau "Encore féministes !") pour voir : Ne dis rien (Te doy mis ojos) de l’espagnole Iciar Bollain. Ce film traite avec beaucoup de subtilité de la violence conjugale masculine. Vu ce lundi 2 août.

Les chiffres statistiques cités sont issus de différents articles de presse parus entre 2000 & 2004, qui se réfèrent notamment à l’enquête ENVEFF, et aux constats des associations "de terrain" (dont FNSF).

[1] La sentence du divorce d’Ana Orantes, par exemple, prévoyait qu’elle continue de partager le domicile conjugal, chacun à un étage, bien qu’elle ait dénoncé la violence de son mari. Quelque temps après, son mari la brûlait vive.

[2] Dans 70 % des cas, les femmes attendent au moins 5 ans avant d’oser en parler...

[3] Idée relayée par la blague populaire : « Il faut battre ta femme : si tu ne sais pas pourquoi tu la bats, elle, elle le sait. » ! ! !

[4] En France, le code Napoléon, qui imposait le devoir d’obéissance de la femme envers le mari, a été aboli en 1938.

[5] C’est aussi la 9ème bonne raison du manifeste "Encore féministes ! (co-signée par le journaliste Cavanna).

[6] Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) 32-34 rue des Envierges 75020 Paris - Tel : 01 40 33 80 90 - http://www.solidaritefemmes.asso.fr

[7] Jusqu’en 1975, le code pénal excusait le meurtre commis par un conjoint sur son épouse surprise en flagrant délit d’adultère au domicile conjugal.

[8] Le traitement des plaintes dépend du procureur : à Chambéry, par exemple, il n’y a aucune tolérance face à ces violences, mais à Bobigny, 65 % des dossiers finissent en médiation...

[9] Ce qui est absurde car cela met sur le même plan le coupable et la victime, comme s’il s’agissait de régler un simple malentendu. La femme se sent bafouée et la violence de l’homme redouble.

[10] "Bien trop de femmes dans bien trop de pays parlent la même langue : le silence." Anasua Sengupta, historienne indienne (extrait de Silence).

[11] L’enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF), réalisée en 1999, est la première (et la seule !) réalisée en France. Consulter le dossier de presse.

[12] En Europe, la violence domestique sur les femmes âgées de 16 à 44 ans est la principale cause de mort et d’invalidité, avant le cancer ou les accidents de la route.

mardi 29 janvier 2008

Sabine, la bien aimée billet signé Gérard Lefort



Sur les écrans ce mercredi 30 janvier 2008

Quinzaine des réalisateurs.
Dans «Elle s'appelle Sabine», Sandrine Bonnaire filme sa soeur devenue autiste avec amour mais sans pathos ni concession.

Sabine, la bien aimée

http://www.liberation.fr/culture/cinema/255986.FR.php

REUTERS
Par Gérard LEFORT
QUOTIDIEN : vendredi 25 mai 2007

Elle s'appelle Sabine documentaire de Sandrine Bonnaire (France). 1 h 25.

Sabine est un prénom qui commence comme Sandrine mais qui ne finit pas pareil. Sandrine est Sandrine Bonnaire, une actrice de grande notoriété. Sabine est Sabine Bonnaire, sa petite soeur de 38 ans, autiste. Sandrine a décidé de faire à «Sabine la folle» un cadeau magnifique avec les moyens qu'elle connaît le mieux, les moyens du cinéma. Un film qu'elle a tourné entre juin 2006 et janvier 2007, en Charente, dans un centre d'accueil médicalisé où Sabine vit depuis quelques années. Voilà Sabine, presque trop grosse pour tenir dans le cadre, trop hurlante, trop violente avec les éducateurs quand elle les attaque à la fourchette, trop méchante, surtout avec elle-même quand elle se mord les mains au sang. Sandrine ne détourne pas le regard dans ces moments-là. Mais elle dévisage sa soeur tout aussi longuement lorsqu'elle fait la sieste. Ce n'est plus du cinéma, c'est une caresse sur la joue, c'est un baiser sur le front. C'est incroyable qu'autant d'amour puisse passer dans des images aussi simples. Il y a quelqu'un derrière la caméra qui nous bouleverse parce qu'elle ne se laisse jamais aller, parce qu'elle se tient droite. Et s'il faut un signe de plus que Sandrine Bonnaire est une fille formidable, on voit que souvent son regard traverse sa soeur pour s'inquiéter du genre humain : hommage à l'armée des ombres des éducateurs, attention aux autres et notamment à Olivier, jeune épileptique qu'elle suit dans une promenade virant au calvaire.

Sandrine Bonnaire a mêlé aux images d'aujourd'hui des vidéos d'hier datant de l'époque où Sabine n'était pas encore une personne dépendante mais une gamine rieuse et fantasque, douée pour le piano, et ivre de joie quand sa soeur célèbre réalise son rêve : un voyage à New York, une virée de princesses en Amérique. On voit l'arrivée en Concorde, la belle maison au bord de la mer, les vagues sur la plage, les frangines qui comparent leurs bronzages. On regarde le vent dans les cheveux de Sabine et son bonheur incroyable. Ce qui trouble alors c'est la gémellité entre Sabine et Sandrine, le même soleil dans le sourire, le même voile sombre quand le regard se tourne vers la caméra.

Que s'est-il passé pour que le malheur s'abatte ? En voix off, d'une gravité telle qu'elle interdit les larmes, Sandrine raconte. Le choc quand le frère aîné décède, le départ en province avec sa mère, la dégradation rapide, la violence qui s'installe. Sabine est placée dans un hôpital psychiatrique, puis un autre. Elle y restera cinq ans. A la sortie, elle est irrémédiablement altérée. Depuis 2001, enfin placée dans un centre adapté, Sabine tente de remonter la pente qu'elle a dévalée.
Au coeur de se filme au coeur gros, il y a un soliloque de Sabine sous sa couette : «Tu n'es pas une pute, tu es ma soeur. Tu n'es pas une salope, tu es ma soeur.» Et ceci, qui revient comme une mélopée : «Quand je te quitterai et que tu partiras et que je pleurerai dans tes bras, tu diras que tu viendras me voir demain?» Oui, elle viendra Sandrine, elle viendra toujours... Et nous aussi, qui t'avons vue, Sabine, petite soeur bien aimée.

lundi 10 décembre 2007

Alphaville de Jean-Luc Godard : Poème cosmique...


Anna Karina
&
Eddie Constantine


Alphaville de Jean-Luc Godard : Poème cosmique...

Durée : 1h 40min.
Année de production : 1965

Visible sur Google dans son intégralité

Très pratique si votre lecteur DVD connaît des dérèglements...
Et puis pas de problème vis à vis de cette récente répression des fraudes
au service duquel le président de la Fnac vient d'être nommé par le président de la république...ami/e/s pirates je vous offre ce petit bijou, ce chef d'oeuvre cinématographique en toute légalité!

Inconditionnelle des répliques de ce film...je ne m'en lasse pas...

Il vous suffit de cliquer sur le lien, belle séance à vous...
http://video.google.com/videoplay?docid=-2648727779153972387
Sémaphore

glané sur Wikipédia :
Pendant son combat-dialogue contre Alpha 60, Lemmy Caution évoque Pascal « le silence de ces espaces infinis m'effraie » (Pensées), Nietzsche « Quel est le privilège des morts ? Ne plus mourir » (Le Gai Savoir), Bergson « je crois aux données immédiates de la conscience » (Essai sur les données immédiates de la conscience). Philosophie et poésie sont les deux formes de langue qui s'opposent au langage d’alpha 60. Ce combat est un combat de langage, deux langages s'affrontent. C'est la langue de la tradition contre la langue de la technique (Cf. la conférence Langue de tradition et langue technique, de Martin Heidegger).

Dans l’entretien avec le scientifique (Laslo Szabo), celui-ci dit qu'il est interdit de dire "pourquoi". Précisément parce que pourquoi, c'est le questionnement, c'est la liberté, c'est la philosophie et la poésie. Lorsque Lemmy Caution dit « Je suis un homme libre », le scientifique répond que cette réponse ne veut rien dire. Alpha 60 est la négation de la liberté. Alpha 60 ne dit pas "pourquoi", elle dit "parce que". "Parce que", c'est l'explication, la conséquence logique, c'est la nécessité, c'est la non-liberté ; "enregistrer, calculer, tirer des conséquences, c'est cela Alpha 60" explique le scientifique à Lemmy Caution. Pas de pourquoi : c’est aussi une allusion à Si c’est un homme de Primo Levi, dans lequel un SS affirme qu’ici (dans les camps d’extermination), il n’y a pas de pourquoi. Les allusions au système totalitaire nazi sont innombrables. Entre autres : lorsque Lemmy Caution prend l'ascenseur pour descendre au sous-sol où ceux qui ont exprimé des émotions sont exécutés, et appuie sur le bouton. Gros plan sur ce dernier affichant : "SS".

lundi 3 décembre 2007

Journal intime des affaires en cours (Philippe Harel, Denis Robert, 1997)-La dépénalisation du droit des affaires est INACCEPTABLE§




Un film à voir ou à revoir de toute urgence "Journal intime des affaires en cours" en ligne sur dailymotion visible plus bas.

La dépénalisation du droit des affaires est inacceptable !
Les financiers et les politiques seraient-ils au-dessus des lois?
C'est contraire à l'équité devant la loi en démocratie!

Alors que ce sont des criminels envers la société dans son ensemble, ils doivent pouvoir se retrouver en prison comme tout citoyen qui enfreind la loi, pourquoi y échaperaient-ils ?
Leurs crimes génèrent d’autres crimes perpétrés par ceux qu’ils nomment la racaille avec mépris et dont ils sont responsables eux qui se croient intouchables.
Ils sont à la racine du mal qui gangrène la société.

sémaphore


Michel LIEBGOTT, député de la moselle et maire de Fameck :

« je suis convaincu de l’impuissance du politique face à ces groupes économiques … Je constate qu’on ne décide quasiment de plus rien et que tout nous est imposé du sommet et que ces décisions viennent d’ailleurs…. Aujourd’hui c’est l’économie qui domine, le politique ne sert plus à grand-chose, il colmate, il bouche les trous, il fait du soupoudrage, en tout cas il n’est plus celui qui conçoit la société de demain »



Journal intime des affaires en cours (Philippe Harel, Denis Robert, 1997).
Apres avoir écrit "Pendant les affaires, les affaires continuent", Denis Robert, journaliste à "Libération" pendant douze ans, récidive, mais cette fois avec un film réalisé avec Philippe Harel qui est un prolongement de son livre. Sujet: les affaires et les gens qui s'en occupent, patrons, grands et petits, juges, avocats, hommes politiques et faux facturiers.

Denis Robert

l’essai « Pendant les affaires, les affaires continuent » le fera connaître du grand public en 1996.
Cette même année, Denis Robert réunit sept grands magistrats anti-corruption pour lancer l’Appel de Genève pour la création d’un espace judiciaire européen afin de lutter plus efficacement contre le crime financier. Cet appel fait l’objet d’un livre « La justice ou le chaos », paru la même année. Suivront une dizaine de romans et autant d’essais, dont ses enquêtes récentes sur la multinationale de la finance Clearstream, société avec qui il est en procès depuis 2001.
Parallèlement à ces livres, Denis Robert a réalisé ou co-réalisé cinq documentaires pour le cinéma avec le cinéaste Philippe Harel, « Journal intime des affaires en cours » (1998), pour la télévision ensuite : « Le cahier » (1999), « Les dissimulateurs » (2001), « Histoire clandestine » (2002), « L’affaire Clearstream racontée à un ouvrier de chez Daewoo » (2003).
http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/article.php?id_article=228&id_rubrique=98