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samedi 7 février 2009

La perte politique - Marguerite Duras

La perte politique

Pour beaucoup de gens la véritable perte du sens politique c’est de rejoindre une formation de parti, subir sa règle, sa loi.

Pour beaucoup de gens aussi quand ils parlent d’apolitisme, ils parlent avant tout d’une perte ou d’un manque idéologique. Je ne sais pas pour vous ce que vous en pensez.

Pour moi la perte politique c´est avant tout la perte de soi, la perte de sa colère autant que celle de sa douceur, la perte de sa haine, de sa faculté de haine autant que celle de sa faculté d´aimer, la perte de son imprudence autant que celle de sa modération, la perte d’ un excès autant que la perte d’une mesure, la perte de sa folie, de sa naïveté, la perte de son courage comme celle de sa lâcheté, que celle de son épouvante devant toute chose autant que celle de sa confiance, la perte de ses pleurs comme celle de sa joie. C’est ce que je pense moi.

Marguerite Duras. Les yeux verts. Cahiers du cinéma. Juin 1980

samedi 4 octobre 2008

Light is calling [Edith Azam sur France Culture]


Découvert sur mon phasme d'Edith Azam, je vous recommande l'écoute de son passage sur France Culture.

Ecoutez-la!
Je suis certaine que vous partagerez mon enthousiasme,
elle ne peut vous laisser indifférent!

Elle sait le tumulte intérieur,
les mots qui se bousculent, vous atteignent,
achoppent, ricochent, bégayent, martèlent, s'entêtent, s'obstinent, virevoltent, volte-face ;
la valse, le tourbillon, les tempêtes, les eccueils, tout ce qui vous serre la gorge, le coeur, les tripes.


Là où réside ce qui vous constitue,
vous aussi vous serez remuéE.
Laissez-vous
surprendre!

Comment faire parler ce qui n'arrive à se dire?
Edith Azam vous offre sa réponse et quelle réponse!
L'émission " ça rime à quoi" lui étant consacrée est en écoute sur son site :
http://phasme.grosquick.net/_28

Sémaphore

« faut voir et entendre Edith Azam lire ses textes pour saisir tout ce qu’il y a de juste dans son approche absolument naturelle du texte, de la voix et du corps, une seule personne, une totale unité, le révélateur de soi-même à soi sans fin, personne devient cette personne, celle-là, toute de fragilité, apeurée mais rapide comme un écureuil, légère comme un oiseau, solide comme la mer qui jamais ne s’arrête, comme une fille qui n’aime pas qu’on lui coupe la parole ».

Claude Chambard, préface à « Létika Klinic », éd. Dernier télégramme

ça rime à quoi
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/carimeaquoi/

jeudi 3 avril 2008

Laisse aboyer les chiens vidéocréation par Mauvaise herbe


source : Mauvaiseherbe

source : Mauvaise herbe

"Tu connaissais pas la consigne mon ange"....

Superbe montage photographique, où l'utilisation d'un procédé en apparence simple et répétitif renforce le caractère lancinant et pathétique de cette chanson signée Benjamin Biolay.

Il fait revivre l'instant figé comme en nos mémoires les instants tragiques gardent la prégnance d'une réalité présente.

De surcroît, l’emploi récurent du zoom donne corps au leitmotiv du refrain :
« On s’approche plus, on s’avance ».

D'une fluidité n'excluant ni effets de surprise, ni ruptures,
rien n’est fortuit.

Le résultat donne force et pertinence au message de sa conceptrice,
il est saisissant!

"Laisse aboyer les chiens" : riposte féministe aux fléaux de la misogynie répandue.

sémaphore

"Tu n'as pas suivi la consigne,mon ange
tu gis sans vie dans la cuisine orange
vêtu d'un t-shirt et d'un jean à frange"

Benjamin Biolay