Affichage des articles dont le libellé est excision. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est excision. Afficher tous les articles

vendredi 12 décembre 2008

Au risque des 1001 nuits de Camille Delnoy


Edouard Boubat

"La petite fille aux feuilles mortes" 1947

Frère regarde

Ce soir, les nuages qui longent

Les lèvres du Nil

Ne pourront plus être aimées;

Ce soir le ciel du Rub'al-khâli

A la bouche pleine de sable.

Dans un désert frère, mon frère

Les grandes pyramides se taisent

Du poids des siècles et des traditions

Sur les hurlements barbelés

D'une enfant qu'on excise

D'une fleur de femme qu'on infibule.

C'est la loi du silence, du désert

Et du droit de l'Homme

Sur l'entre-jambe.

Frère, écoute

Ce chuchotement lointain

Qui meurt au détour d'une main

De dune.

Camille Delnoy, Au risque des 1001 nuits, in Faits divers, poésie, La Longue Vue

Lu sur photoeurdetrouble

jeudi 18 septembre 2008

Non à l'excision - Tiken Jah Fakoly


3 millions de fillettes excisées chaque année
150 millions de femmes mutilées dans le monde
28 pays d'Afrique concernés par la pratique
Au Mali, plus de 90% de femmes concernées

Non à l'excision, Tiken Jah Fakoly - kewego

vu sur le féminin l'emporte le groupe ivoirien Tiken Jah Fakoly, présent lors de la fête de l'huma, dont Emelire nous invite à voir le clip, puisse son message être entendu pour que cesse enfin cette pratique.
Le respect de l'individu prévaut à l'observance de toutes traditions pour le moins barbares!


Non à l'excision, texte de Magyd Cherfi (Zebda),
musique de Geoffrey Oryema, tourné et réalisé au Mali par Jessy Nottola.

Avec le soutien de l'ONG belge RESPECT http://respect-ev.org

La fête de l'Humanité vient de se terminer. par Calamity Jack

La fête de l'Humanité vient de se terminer.

Chaleureuse, fraternelle, bigarée, pétillante, elle a rassemblée 600 000 personnes. C'est une fête à la Prévert, pleine d'inventivité, de générosité. C'est une fête du livre (il y en a partout) et des artistes. C'est une fête africaine, maghrébine, cubaine, viietnamienne.... un vrai village du monde brassant sourires et bonne humeur, d'Angela Davis aux potes à Mandela et à la palestine.Un moment de fraternité rare, unique par son ampleur. C'est un foisonnement festif de débats politiques, animés par des communistes, dans des confrontations et des échanges larges et ouverts, qui donne l'image exemplaire de ce que pourrait être une vraie démocratie. Et donc c'est une formidable espérance pour une vraie politique de gauche.
De cela, nos médias n'en disent rien, trop occupés à relayer l'homélie obscurantiste d'un pape menant croisade contre l'émancipation humaine et la liberté de pensée et à pourchasser ses chrétiens progressistes.
Trois images sur la fête, trois mots tirés de leur contexte qui ne veulent plus rien dire.
De ce foisonnement d'idées et d'échanges, rien.
Du discours de Marie-Georges Buffet, abordant l'augmentation des salaires, la casse du secteur public, la défense des sans papiers, la dénociation du fichier Edvige discriminant gays, personnes malades, syndicalistes, pacifistes,militants de gauche et des droits de l'homme, libres penseurs de toute sorte, vous ne saurez rien.
De ses positions pour défendre la palestine, la bolivie, le vénézuela ou pour le retrait des troupes d'Irak pas davantage.

Je vous invite donc, si cela vous chante, à en prendre connaissance pour mesurer la distance abyssale entre ce que disent les médias et la réalité des faits .
Assertion exagérée?
En langage journalistique, on appelle cela vérifier l'info en allant à la source. C'est la base de la démarche d'investigation. Ouvrez cette belle page d'Humanité sur : http://www.pcf.fr/ d'un clic sautez dans l'action pour exercer sa si précieuse liberté de pensée.et profitez-en également, si vous aimez le mouvement, pour visiter les allées de la fête car je sais que nombreux sont ceux qui souhaitaient s'y rendre ou ont la curiosité de la connaître.

Belle journée ensoleillée et musicale à tous.
Rabbi Jacot, c'est mon nom de code en résistance car je suis poursuivi par Edvige!

Calamity Jack

vendredi 21 mars 2008

Excision : L'OMS fait état de risques à l'accouchement

Excision : L'OMS fait état de risques à l'accouchement


Plus de 3 millions de fillettes sont excisées chaque année en Afrique, selon l'OMS.
Dans son rapport, publié à l’issue d’une enquête sur la pratique, l’OMS explique que les femmes qui ont subi l’excision ont de fortes chances d’accoucher par césarienne et le taux de mortalité est 50% plus élevé chez leurs enfants.
L’étude de l’OMS, qui a été publiée dans la très sérieuse revue médicale, "The Lancet", concerne plus de 28.000 femmes dans 6 pays de l’Afrique au sud du Sahara : le Burkina Faso, le Ghana, le Kenya, le Nigeria le Sénégal et le Soudan.

Les mutilations génitales féminines sont une pratique courante dans certaines régions d’Afrique, encouragées par des croyances et coutumes qui considèrent qu’elles protègent l’honneur des filles.

"Torture injustifiable"

Ce rapport est le premier du genre à faire un examen aussi approfondi sur les conséquences à long terme de l’excision.

L'OMS estime que rien ne peut justifier cette torture du corps des fillettes et lance un appelle pour mettre fin à toutes ses formes, même celles effectuées par le personnel médical.

Joy Phumaphi, directrice générale adjointe de l'OMS, pour la santé familiale et communautaire, a souligné qu’il est hors de question d’accepter une médicalisation des mutilations génitales féminines.

Pourtant, le médecin égyptien Munir Falsi, affirme que les types 1 et 2 (voire encadré) de mutilations génitales ne sont ni cruels ni dangereux.

Il soutient que ces formes d'excision ne posent aucune sorte de problème ni pendant la grossesse ni lors de l’accouchement. Il précise en outre que 90% des femmes égyptiennes sont excisées.

Selon le professeur Munir Falsi, la plupart des complications sont liées du type 3.

Des millions d'excisées

Le rapport de l’OMS estime que plus la mutilation est importante plus les risques sont sérieux, mais l'organisation souligne que toutes les formes sont dangereuses.

Selon les auteurs de l’enquête de l’OMS, le risque de césarienne est 30% plus élevé pour les femmes qui ont été excisées.

Par ailleurs, elles ont 66% de chance de donner naissance à un bébé qui aura besoin de soins intensifs pendant que 55% d’entre elles risquent de perdre leurs enfants avant ou après l'accouchement.

Joy Phumaphi de l’OMS a indiqué que cette étude apporte, pour la première fois, la preuve que les femmes excisées sont davantage exposées à des complications lors de l'accouchement.

Selon l’OMS, de nombreux pays africains ont adopté des lois pour lutter contre l’excision mais l'application de ces textes rencontre des problèmes sur le terrain.

Les mutilations génitales féminines sont pratiquées dans 28 pays, principalement en Afrique sub-saharienne, aussi bien dans les communautés musulmanes que chrétiennes.

L’OMS ne fournit pas de chiffres sur le nombre de morts provoquées par l’excision mais le docteur Heli Batchiya a déclaré à la BBC que la pratique touche chaque année 3 million de fillettes.

Au total, plus de 100 millions de femmes en ont été victimes dans le monde.

La situation varie fortement d’un pays à l’autre : de 20% de filles au Sénégal à 90% au Soudan.

Mais selon l'OMS, même au Sénégal, le taux peut atteindre 100% dans certaines zones, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes.

TYPES DE MUTILATIONS
Type 1 – Excision du prépuce, avec ou sans excision partielle ou totale du clitoris ;
Type 2 – Excision du clitoris, avec ablation partielle ou totale des petites lèvres ;
Type 3 – Excision partielle ou totale des organes génitaux externes et suture/rétrécissement de l’orifice vaginal (infibulation).

Source : OMS, http://www.who.int/fr/

mercredi 13 février 2008

Réparer l’excision, réparer les excisées

archives : http://www.archipelrouge.fr/spip.php?article1168

Réparer l’excision, réparer les excisées

sur http://www.sap-pos.org/txt-fr/2004/decembre/feminisme.htm

Par Virginie Godet

Cela fait quelques mois maintenant que l’on entend de ci de là parler de Pierre Foldes, surtout dans les émissions médicales. Alors, qu’a-t-il donc fait de si extraordinaire, ce monsieur ? D’un point de vue strictement technique, il a mis au point une nouvelle opération bénigne. D’un point de vue humain, il a rendu à un petit nombre de femmes (encore bien trop peu) leur intégrité physique, et leur a donné une nouvelle chance de s’épanouir. Pas mal, pour un seul homme...

Pour comprendre toute l’importance du travail du docteur Foldes, je voudrais que chacun d’entre vous tente d’imaginer la vie sexuelle d’une femme dépourvue de clitoris. Pour les femmes, ce sera certainement facile. Pour les hommes, pensez à une partenaire qui n’aurait sans doute aucun désir, pour qui faire l’amour relèverait du sacrifice, serait un moment de souffrance. Voilà, maintenant nous pouvons vraiment commencer...

Pierre Foldes est chirurgien urologue, un spécialiste de la verge. Depuis maintenant 25 ans, il donne un peu de son temps à Médecins du Monde. C’est au cours d’une mission au Burkina Faso qu’il a découvert les ravages causés par l’excision sous ses différentes formes, qui vont de la "simple" ablation du gland clitoridien(1) à ce que l’on appelle l’excision pharaonique, c’est à dire l’ablation du clitoris, des grandes et petites lèvres et leur infibulation - on les recoud en ne laissant qu’une ouverture pour l’écoulement des règles(2). Cette mutilation, destinée à reléguer la femme à son seul rôle de reproductrice, est à l’origine de nombreux problèmes sanitaires : infections, accouchements pénibles, voir mortels, cicatrices douloureuses.

Bien sûr, des lois sont promulguées contre cette pratique. En Afrique, on organise des campagnes de sensibilisation, surtout pour les mères. Trop souvent, les femmes reproduisent leur propre oppression(3), et ce sont elles qui insistent pour que leurs filles soient excisées. Des plans de réinsertion professionnelle sont prévus pour les exciseuses, pour qu’elles puissent continuer à gagner leur vie, tout en renonçant à cette activité (par ailleurs fort lucrative dans des pays où 95% de la population féminine est excisée). Tout cela est fort bien, mais c’est encore trop peu. Et pour les filles ayant subi l’excision, c’est trop tard.

C’est là qu’intervient le docteur Foldes et sa technique de réparation, si simple qu’on se demande pourquoi elle arrive seulement maintenant. Pour la petite histoire, on pratique des reconstructions de la verge depuis environ 150 ans. Par contre, le clitoris est peu ou pas étudié en faculté de médecine. Il ne sert à rien. Et le plaisir ? C’est un plus, mais ce n’est pas une fonction organique vitale. Tout restait donc à inventer.

Il faut savoir que le clitoris se prolonge sur plus de 10 cm le long de l’os pubien. Lors de l’excision, on en sectionne la partie apparente : le gland clitoridien. L’opération consiste à remettre à jour la partie enfouie, à libérer les ligaments qui la retiennent au pubis et à la remettre à sa place pour former un nouveau gland. Au bout de quelques mois, les nerfs sont à nouveau sensibles. L’opération dure 45 minutes, sous anesthésie générale, bien qu’elle soit tout à fait réalisable sous anesthésie régionale. On évite ainsi de générer un nouveau traumatisme. L’excision est, pour beaucoup de ses victimes, assimilée à un viol.

A présent, 15 femmes se font opérer chaque semaine. En France, l’opération est depuis peu prise en charge par la CNAM (caisse nationale d’assurance maladie). Auparavant, Pierre Foldes travaillait gratuitement. Il donne des formations sur cette technique dans des universités américaines et est en contact avec les gouvernements africains. Un tiers de son temps est consacré aux femmes mutilées. Et le prix Nobel de médecine vient d’atterrir sur des chercheurs étatsuniens étudiant l’olfaction !

Et chez nous ? Le déficit de la sécurité sociale serait-il irrémédiablement aggravé par le remboursement d’une opération dont on ne peut pas oser dire qu’elle relève du simple confort ? Les futurs gynécologues ne gagneraient-ils pas beaucoup à être formés à cette technique ? Les femmes excisées vivant en Belgique doivent-elles absolument se rendre en France pour recouvrer leur intégrité ? J’ai la désagréable impression que, comme c’est encore une histoire de bonnes femmes, les choses vont traîner en longueur. Comment voulez-vous parler du clitoris à la Chambre, alors que 30% des hommes ne savent même pas que ça existe !