Affichage des articles dont le libellé est Actualité internationale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Actualité internationale. Afficher tous les articles

mercredi 14 janvier 2009

Aujourd’hui Gaza, demain Massada ?

déliquescence, fractale© Sylvaine Vaucher
(cliquez pour agrandir)

Aujourd’hui Gaza, demain Massada ?

La pédagogie noire des leaders israéliens est suicidaire

par Rony Brauman médecin, il a été président de Médecins sans Frontière jusqu'en 1994.

source : http://www.causeur.fr/aujourdhui-gaza-demain-massada,1680

“Une fois admise la vertu des bottes de sept lieues, tout s’enchaîne avec une parfaite logique, l’essoufflement de l’ogre comme la célérité du Petit Poucet.” (G. Burdeau, La politique au pays des merveilles, PUF 1979.)

Qu’est-ce qu’une “riposte proportionnée”? Une action militaire à la mesure de l’attaque à laquelle elle répond. Le droit humanitaire proscrit les pratiques provoquant des victimes dans la population civile et des dommages aux biens civils excessifs par rapport à “l’avantage militaire concret et direct attendu”. Convenons d’emblée qu’on serait bien en peine de définir la limite au-delà de laquelle le principe de proportionnalité, qui vise à limiter les destructions et pertes humaines “inutiles”, est violé, que ce soit à Gaza ou ailleurs. La retenue dans la conduite de la guerre est un principe élémentaire d’humanité, mais il est vrai qu’une fois les hostilités engagées, la définition de la juste proportionnalité demeure une affaire pour le moins floue, sujette à des interprétations et à des paradoxes infinis. Reste que le rapport de un à cent entre les morts de chaque côté, sans même parler des blessés et des destructions, signale la démesure de l’opération “Plomb durci”. A défaut de savoir ce que serait une juste proportion, chacun peut constater ce qu’est une perte de tout sens de la mesure. La “troisième phase” qui débute au moment où ces lignes sont écrites ne devrait pas être moins cruelle que les deux premières. Mais peut-être le cabinet de sécurité israélien considérera-t-il, au vu des réactions internationales, que ses buts ont été atteints et mettra-t-il un terme à la boucherie plus tôt que prévu.

Boucherie. Le mot fâche les “amis” d’Israël qui rappellent volontiers qu’on n’a pas vu tant de manifestants ni de protestations pour d’autres conflits (Tchétchénie, Darfour, Congo, Tibet parmi les plus cités) ayant provoqué beaucoup plus de morts et que la compassion pour les victimes de l’armée israélienne est suspecte à force d’être sélective. Selon eux, la solidarité envers les Palestiniens ne serait qu’un prétexte pour s’en prendre aux Juifs et à leur État. On ne contestera pas qu’il s’agit là d’un registre bien établi dont témoignent notamment Dieudonné et ses émules. L’antisémitisme peut se travestir en antisionisme, l’affaire est entendue, mais prenons également acte que les principaux mouvements de solidarité avec les Palestiniens veillent attentivement au grain. Reste que la mortalité des quinze jours d’offensive sur Gaza se situe au niveau le plus haut constaté lors des différents conflits évoqués plus haut, dépassée seulement par les bombardements de Grozny, capitale de la Tchétchénie, en 1999. Et l’on reste pantois en entendant que l’armée israélienne attend d’être félicitée pour avoir averti par tract et par téléphone des dizaines de milliers de personnes de l’imminence de bombardements sur leur quartier. Les destinataires de ces appels “humanitaires” n’avaient bien entendu aucune possibilité de fuir pour s’abriter et ils ne pouvaient en déduire qu’une chose : restant sur place, ils devenaient des cibles légitimes, puisqu’informées. Trois cents enfants ont été tués en moins de deux semaines. Que cette tuerie soit comparable, par son intensité, à des violences extrêmes observées ailleurs, et qu’elle soit insidieusement ou activement justifiée par certains au nom du caractère démocratique d’Israël et de son droit à se défendre, voilà sans doute l’aspect le plus révoltant de la situation.

Le plus révoltant mais pas le plus inquiétant. Le plus inquiétant est que l’on retrouve intacts les thèmes les plus recuits du discours politique israélien, ceux qu’Israël sort de son chapeau, guerre après guerre, comme l’écrivait Tom Segev dans Ha’aretz dès le lendemain de l’offensive, en dépit de leur constante mise en échec. La synthèse en est simple : la paix passe par la liquidation des infrastructures et des chefs terroristes. Le terrorisme n’est pas pour Israël un enjeu politique, celui de l’occupation des territoires palestiniens et du pourrissement de la vie de ses habitants, mais un problème militaro-policier. Ce qui explique que le seul sujet de discussion avec Mahmoud Abbas soit le contrôle policier de la violence anti-israélienne dans les lambeaux de terre qui lui ont été confiés (et on regrettera qu’il ait accepté de jouer ce rôle de relais de l’occupation jusqu’au discrédit quasi total de son “autorité”), tandis que la colonisation se développe jour après jour en Cisjordanie. Cela explique également qu’aucune proposition de règlement du conflit sur la base de la ligne d’armistice de 1949 (la “ligne verte”) n’ait jamais reçu la moindre attention d’aucun gouvernement israélien bien qu’il s’agisse des accords internationalement reconnus (voir les résolutions 242 et 338 des Nations unies, toujours évoquées pour être aussitôt oubliées). On n’en veut pour exemples récents que l’interruption unilatérale par Ehud Barak des discussions de Taba en janvier 2001, l’appel du sommet de la Ligue arabe en 2002, les déclarations indirectes mais clairement orientées dans ce sens et récemment redites de la part du Hamas, pour ne retenir que quelques éléments récents. Il y a bien longtemps que la formule “les territoires contre la paix” n’est plus une option pour les Israéliens qui confondent méthodiquement (innocemment?) négociation et diktat. Il a fallu quarante ans pour que soit reconnu, avec la première Intifada, le fait national palestinien. Depuis lors, à l’exception notable de Rabin, les différents Premiers ministres se sont employés à démontrer qu’ils sont les seuls maîtres du calendrier politique.

La bien nommée opération “Plomb durci” répond, après bien d’autres, à cette volonté d’inculcation. L’offensive “nous a permis d’atteindre des objectifs dont personne n’aurait pu rêver il y a quinze jours. Concernant les coups portés au Hamas, ils n’en ont pas encore conscience. Ils comprendront quand ils sortiront de leur cachette. La décision du Conseil de sécurité ne nous a pas lié les mains”, se félicitait un haut-gradé.

Au-delà de toute considération morale sur l’effroyable gâchis humain dont nous sommes tous les témoins atterrés et impuissants, il faut se demander à quel moment les leaders israéliens vont prendre conscience des effets dévastateurs de cette pédagogie noire. Combien de vocations à l’attentat-suicide sont nées ces derniers jours ? L’”opération” ne pouvait être que sanglante et l’on sait bien que si elle se poursuit, d’autres massacres vont se produire car il ne peut en aller autrement. Puis il y aura un cessez-le-feu et d’autres attaques suivront, et d’autres encore, jusqu’au retournement du rapport de forces qui ne manquera pas de se produire. Israël deviendra alors, peut-être, un objet de compassion. L’exaltation grandissante du mythe de Samson et des martyrs de Massada prend dans ce contexte l’allure d’une prophétie en cours d’autoréalisation.

Les amis d’Israël sont ceux qui pointent cette perspective finale et poussent à un renversement des hypothèses fondamentales de la politique israélienne. Nous sommes de plus en plus nombreux à penser qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort pour les Israéliens.

L’analyse de l’enchaînement des tirs aveugles du Hamas sur le sud d’Israël et des inévitables ripostes de Tsahal est un exercice stérile. Les uns ripostaient au blocus, les autres ripostaient aux ripostes, on choisit sa version en fonction de son camp. Reste que ledit blocus est une décision israélienne et qu’aucun pays au monde ne peut tolérer d’être – à la lettre – mis intégralement en prison. Rappelons que c’est Israël qui a mis l’Autorité palestinienne hors jeu à Gaza. Dans quel but sinon d’avoir le Hamas au pouvoir et de poursuivre son éternelle leçon en faisant de ce territoire une prison autogérée, où se succèdent les opérations punitives ?

Les tirs de roquettes et de missiles sur Israël sont une source d’angoisse pour un nombre croissant d’Israéliens, et il n’est que juste de condamner le Hamas sur ce point. Mais prétendre que le Hamas représente une menace pour l’existence d’Israël n’est pas sérieux. Ehud Barak, lorsqu’il était premier ministre, attendait de ses interlocuteurs palestiniens qu’ils reconnaissent non seulement l’État israélien, mais sa légitimité en tant qu’État juif. Il leur demandait, en d’autres termes, de se faire sionistes s’ils voulaient devenir de véritables partenaires, pour se désoler ensuite de ne pas avoir de partenaire.

La détestable habitude des gouvernements israéliens successifs de choisir et d’écarter à leur guise les représentants de leurs adversaires tient tout entière dans leur conception exclusivement militaire de la sécurité. Ils ne sauraient, dès lors, la confier à d’autres et on les comprend. Mais ce sont les prémisses de ce raisonnement qu’il faut revoir. La résolution du conseil de sécurité appelant le 9 janvier à un cessez-le-feu immédiat et renvoyant les deux parties dos à dos est un revers diplomatique pour Israël car les États-Unis ont jugé qu’ils ne pouvaient pas s’y opposer. Souhaitons que cet échec soit compris comme une ébauche de signal et regrettons que ce soit le message inverse qui ait été jusqu’à présent toujours adressé à Israël, non seulement de la part de Washington, mais aussi depuis l’Europe. Ainsi, il est certain que la sécurité d’Israël doit être reconnue comme un impératif par l’Europe, mais pas plus ni moins que la sécurité de la Palestine sur son territoire. Cela va peut-être de soi, mais irait beaucoup mieux en le disant, ce qui n’est pas le cas. On repousse tout dialogue avec le Hamas au motif qu’il ne reconnaît pas les traités antérieurs, n’abandonne pas la violence et ne reconnaît pas Israël. Soit. Mais songe-t-on que le raisonnement s’applique de facto à l’identique en sens inverse ? Visiblement pas, puisque le Parlement européen vient, par exemple, de voter le rehaussement de l’accord d’association avec Israël, en faisant un quasi-membre de l’U.E. Des pétitions appelant à suspendre ces accords circulent, les lecteurs de Causeur, dont je suis, sont ici invités à signer et faire signer…

Engagés dans ce louable mouvement de rappel à une sagesse pratique et de condamnation de l’hubris militaro-technologique, allons un pas plus loin, et demandons le remplacement urgent de Tony Blair, actuel délégué du Quartet. Son prédécesseur, l’ancien président de la Banque mondiale James Wolfensohn, avait démissionné, en grande partie à cause des réticences d’Israël à se conformer aux accords obtenus sous l’égide des Etats-Unis. Tony Blair, l’homme qui a rendu possible la guerre en Irak (et qui, notons-le, semble exonéré de toute responsabilité dans le désastre qui a suivi), incarne la politique de “W” dans cette région. Il n’y a rien à en attendre, alors qu’un engagement international crédible est urgent. L’arme de destruction massive menaçant toute la région est le statu quo. Au-delà du cessez-le-feu, la levée du blocus et le rétablissement des liens entre Gaza et la Cisjordanie sont la première des réponses politiques à l’emprise du Hamas sur Gaza. La seconde sera de négocier sans préalable avec les représentants que les Palestiniens se seront donnés. Rappelons que depuis Rabin, personne n’a envisagé sérieusement cette option, dont l’alternative est la destruction mutuelle assurée.

lundi 12 janvier 2009

Micheline Calmy-Rey s'exprime sur la violation des conventions de Genève à Gaza


Micheline Calmy-Rey

Mise au Point émission de la TSR, télévision suisse romande, recevait ce 11 janvier Micheline Calmy-Rey, cheffe du DFAE, femme politique, féministe, membre du parti socialiste suisse, conseillère fédérale chargée des affaires étrangères, présidente de la confédération en 2007.
Elle s'exprime sur la violation des conventions
de Genève de la part du gouvernement israélien, mettant en exergue le désir d'extension de l'état hébreu qui cherche dans le Hamas une légitimité à une violation de territoire, à une expropriation manu militari, massacrant sans la moindre vergogne des centaines de civils!
Mais écoutez-la, il est possible d'évoquer la p
olitique étrangère sans langue de bois!
Vous voyez de qui je veux parler, je ne le nomme même
pas, il n'en vaut vraiment pas la peine!

L'émission c'est par ici :
http://www.tsr.ch/tsr/



dimanche 9 novembre 2008

We have a dream : a woman President !


C'est un homme de gauche qui vient d'être élu aux USA, un homme soucieux du peuple, soucieux des plus démunis, outre-atlantique être de gauche entraînera-t-il des réformes, des actes en adéquation avec les discours...

Parce qu'en France être de Gauche... Les définitions font dans l'éclectisme...et pour l'adéquation : elle n'a pas la simplicité des jouets éducatifs pour le premier âge !

Mais déjà plane l'annonce d'une ouverture faite aux républicains...

En outre, songer que des sommes colossales ont été remises aux différentes chaînes de télé aux seules fins d'être omniprésent...que d'offrandes à la déesse médiacratie pour que vos prières soient entendues!...Quand celles des miséreux restent sans réponses!

(J'espère qu'il n'a pas l'intention de remercier Sarah Palin de lui avoir fait bénéficier des voix des partisans d'Hilary Clinton!... Cynique moi?!...)

Les USA pays où la ségrégation raciale et sociale est toujours très vivace vit ce jour un moment historique.

Les mariages interraciaux étaient encore interdits quand Barack Obama voit le jour, il y a 47 ans.

Un rappel
1964 : le droit de vote des noirs aux USA, c'était hier!
"En 1964 est promulguée aux États-Unis la loi sur le vote des Noirs. Jusqu'à cette date, dans la plupart des États du sud des États-Unis, les Noirs devaient prouver l'ancienneté de leur appartenance à la nation américaine et être capables de commenter la Constitution de 1787."

Barack Obama élu 44ème président des États Unis brillant orateur a mentionné l'anecdote de cette femme noire de 106 ans qui est allée voter, soulignant toutes les évolutions sociales dont elle avait été le témoin, évoquant les droits âprement acquis, son investiture ne sera effective qu'en janvier 2009, rédigeant ceci je pense à la possibilité d'un attentat, passent les spectres des assassinats de John F. Kennedy et de Martin Luther King,... le pays où tout est possible nous rappelle Barack Obama dans son premier discours de président, Martin Luther King voit son rêve prendre forme....qu'il ne devienne une cible.

Un homme noir à la maison blanche c'est un puissant symbole pour cette nation esclavagiste, ségrégationniste ; une victoire que je tiens à souligner, cependant je ne peux oublier le sexisme de la campagne vis à vis d'Hilary Clinton, pourquoi toujours autant de réticences à voir un pays gouverné par une femme, là aussi les préjugés, les mentalités doivent évoluer.

Sa compagne Michelle , vice-présidente de l'hôpital universitaire de Chicago, issue d'un milieu modeste, pragmatique et forte d'une repartie qui ne donne jamais dans la langue de bois, fut sagement, savamment écartée par les conseillers en communication... ou comment même une future first lady est muselée quand la spontanéité n'est pas de bon aloi!

L'esclavage des femmes est tellement perçu comme une chose "naturelle" de part le monde!
Leur participation sur la scène politique, très souvent décriée, est si peu représentative de l'évidente réalité de la population!

Or le sexisme semble avoir de beaux jours devant lui quand les femmes doivent quémander l'acquisition de droits fondamentaux comme celui de voter, les femmes des citoyens de seconde zone, les femmes suspectée de ne pas être des adultes à part entière pouvant vivre autonomes sans la protection d'un homme.

Le mépris à l'encontre des femmes fait tellement partie du décors qu'il en devient invisible parfois aux yeux de ses premières victimes elles-mêmes!...

Un fait historique qui parle de lui-même sur ces petits mâles qui nous gouvernent car même si nous sommes au XXI siècle ce sont les mêmes qu'hier ceux qui décrétaient que le droit de vote des femmes pouvait attendre, d'abord l'accorder aux hommes noirs à partir de 1869 ; les femmes, elles devront attendre 1920 pour que ce droit qui leur attribue la faculté de discernement soit effectif dans tous les états ...

L'apartheid des femmes par la caste masculine est le mieux partagé étant donné qu'elle s'est octroyée le seul droit d'accéder aux postes décisionnels!

Sémaphore




lire cet article
http://mauvaiseherbe.etats-unis-plutot un noir qu'une-femme/

dimanche 7 septembre 2008

Condamnation unanime de la fatwa autorisant le mariage des filles à partir de 9 ans [Fatwa, définition]

Condamnation unanime de la fatwa autorisant le mariage des filles à partir de 9 ans

source: Aujourd'hui le Maroc

La fatwa autorisant le mariage des filles à partir de 9 ans suscite des réactions de réprobation, d’autant plus que cette fatwa édictée par le dénommé Al-Maghraoui véhicule une incitation déguisée à la pédophilie.

Un sentiment de colère, voire d’indignation, prend à la gorge de plus en plus de Marocains, après l’édiction d’une fatwa autorisant le mariage de la fille âgée de 9 ans. L’auteur de cet avis, un fervent disciple du courant wahhabite au Maroc, estime dans cette fatwa qu’ «une fille de neuf ans a les mêmes capacités sexuelles que les filles âgées de 20 ans et plus».

Cheïkh Mohamed Ibn Abderrahmane Al-Maghraoui, puisque c’est de lui qu’il s’agit, semblait avoir besoin d’une icône forte pour se donner bonne conscience et donner à sa fatwa un vernis de légitimité, il s’est alors permis de citer l’exemple du prophète Mohammed affirmant que ce dernier «s’est marié avec Aïcha à l’âge de neuf ans».

Le mufti paraît oublier que le Prophète s’est battu sa vie durant pour que les femmes héritent (au moins la moitié des hommes), que l’excision soit modérée, refusant surtout et catégoriquement que l’on marie une fille de force, sans son consentement. Le flamboyant Maghraoui semble également (et très dangereusement) vouloir se mesurer à une icône religieuse inégalable, l’utilisant comme un prétexte pour légitimer une pratique scandaleuse au regard de notre époque. «L’époque de notre Prophète est complètement différente de la nôtre. Les réalités sociales ne sont pas identiques. L’environnement de l’époque du Prophète favorisait et légitimait ce genre de mariage. De nos jours, un tel mariage serait une véritable injustice vis-à-vis de la fille», relève le député islamiste Abdelbari Zemzmi. Cet ancien prédicateur estime qu’une fille de neuf ans ne déchiffre pas le sens du mariage. «Comment peut-on donc l’obliger à assumer une responsabilité qui demeure inconnue pour elle ? », s’interroge-t-il. «C’est une véritable aberration. Cette fatwa relève d’un univers complètement absurde. Marier une fille de neuf ans, c’est plus que précoce. C’est une tragédie que toute famille refuserait de faire subir à son enfant», relève le député islamiste Abdelbari Zemzmi, indigné. Plus indignée encore, est la présidente de l’Association «Touche pas à mes enfants», Najia Adib. Réagissant à la fatwa en question, la militante associative a dit mettre au défi l’auteur même de la fatwa d’appliquer le même avis à sa propre progéniture. «C’est le monde qui avance à reculons !», s’exclame un observateur, bouleversé à l’idée que, après l’adoption du nouveau Code de la famille, l’on puisse entendre des débilités pareilles. «C’est une incitation déguisée à la pédophilie», se révolte-t-il. «La nouvelle Moudawana limite l’âge du mariage à 18 ans», précise l’ancien imam Abdelbari Zemzmi. «C’est une fatwa absurde dont le seul but pour son auteur est de se faire connaître», observe-t-il, relevant une grosse dérive du rôle même du prédicateur religieux. «Logiquement, le rôle du mufti dans une société est d’aider les individus à résoudre leurs problèmes quotidiens et non pas leur compliquer l’existence plus qu’elle ne l’est déjà», affirme M. Zemzmi. Derrière le marketing médiatique recherché, il y a l’intox d’un mufti qui s’est nourri aux mamelles du wahhabisme, avec ce que cela implique en termes d’extrémisme. Il suffit de rappeler que le dénommé Al-Maghraoui fut accrédité, et très encouragé, en Arabie Saoudite qui est le terreau du wahhabisme. Il n’est donc pas étonnant de voir ce Monsieur Maghraoui, - comme on en a vu des dizaines bien avant lui -, tenir des sornettes pareilles. Mais cela exige de la société marocaine une grande vigilance.

Une mobilisation tous azimuts doit être lancée pour barrer la route devant les visées obscurantistes et intégristes. Car, ces deux maux se nourrissent du silence, qui peut être interprété comme un consentement. D’autant plus que l’hérésie de M. Maghraoui est puisée dans un registre étranger et donc étrange à la tradition marocaine, portée par la lucidité et la tolérance.

ajout :

Fatwa


(Par Eric Timmermans)


Fatwa : Ou Fatawa, Fetva (turc).

Jugement legal, avis religieux qui a force d'orientation légale, sans être lui-même une loi.

La fatwa est généralement délivrée par l'érudit (religieux) du rang le plus élevé (ayatollah, imâm, cadi, etc…), soit du pays, soit du rite auquel il se rattache. On appelle généralement Moufti ou Mufti celui qui émet cet arrêté.

Seules les autorités compétentes peuvent donc émettre des fatwa mais dans les conditions suivantes :

  • 1)D'agir à la suite d'une demande.

  • 2)D'être en conformité avec l'esprit de l'islam.

  • 3)De confronter son opinion avec celle des pairs.

  • 4)D'argumenter.

  • 5)De la formuler clairement.

  • 6)De s'y maintenir, une fois la fatwa prise.
La fatwa exige en outre :
  • 1)Un respect total des conditions de similarité avec des situations vécues par le prophète Muhammad.

  • 2)Une compatibilité totale avec des prédécesseurs connus.
Son champ d'application est normalement limité.

Mais progressivement, des juristes musulmans, voire leurs disciples, ont émis des fatwa, alors que celle-ci peut être autorisée suite à une sollicitation du pouvoir politique mais sans être pour autant légitime au regard de la loi religieuse.

La valeur juridique d'une fatwa peut, comme on le voit, être sujette à nombre d'interprétations.

C'est pourquoi, les fatwas intempestives auraient été condamnées par Muhammad lui-même.

La fatwa la plus célèbre est évidemment la sentence de mort décrétée le 23 février 1989 par Khomeyni contre Salman Rushdie dont le seul crime est d'avoir écrit le livre intitulé "Les Versets Sataniques".


Voir la page d'accueil sur l'Islam



Références
  • L1 : Dictionnaire des symboles musulmans. Rites, mystique et civilisation. Malek Chebel. Albin Michel, 2001.
  • R1 : Revue : Islamisme , peut-on arrêter la contagion ? Le Figaro Magazine, No1193, Sep.2003.


dimanche 13 juillet 2008

Une campagne très machiste par Alex Vicente...et cela continue!!!

Leurs railleries sexistes n'ont de cesse de sévir, cette volonté de ternir la réputation de Ségolène Royal, de ridiculiser sa légitimité sur la scène politique est bien pitoyable!

Lire à titre d'exemple les minables propos de Laurent Wauquiez, alors que la réalité de l'existence d'un cabinet noir à l'Elysée est corroborré par Leila Bouachera qui en a fait les frais, toute UMPiste qu'elle est! Son appartement a lui aussi été visité, elle qui n'hésitait pas à dire pendant la campagne présidentielle combien Nicolas Sarkozy représentait « un réel danger pour la démocratie ». (ndlr : je poserai l'article)

Leur tentative d'intimidation n'ayant eu pour effet de museler ses désirs de propositions politiques et de dénonciation du système sarkozyste, ils la font taire en noyant sa juste vindicte par leur imbuvable soupe médiatique

Mais les convictions qui l'animent lui donnent la force de rester la tête haute, le panier de crabe est par ses soins décortiqué.

De conserve leurs insultes seront réduites en miettes!

Leur fourberie passée à la moulinette!

Puissent-ils être les arroseurs arrosés aux yeux de l'opinion enfin dessillés!

Le courage de cette femme n'est plus à démontrer, tous les Poltrons Sexistes de son propre parti n'exhibent que leur jalousie en mal d'ambitions personnelles.

Sémaphore




C'était ce matin sur France-Info et sur i-télé.

Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi a ironisé sur les récentes déclarations de Ségolène Royal au sujet du cambriolage de son appartement:

"Je trouve que Ségolène Royal, ça devient un peu de plus en plus "Les Malheurs de Sophie". Un coup elle se plaint d'être cambriolée, un coup d'être écoutée..."

Et Laurent Wauquiez d'enfoncer le clou:

"Elle parle d'elle-même, elle ne parle pas de son projet pour les Français, je l'entends sur son appartement, son téléphone portable, son emploi du temps..."
Dites, vous avez déjà lu, "Les Malheurs de Sophie"?
source: Le Figaro

________________________________


Une campagne très machiste

nb : mes remerciements @ je voudrais vivre libre et égale pour cette contribution

source : Nos voisins nous ont à l'œil

Est-ce que les Français sont prêts à élire une femme présidente ? Probablement pas, vu que les derniers propos de Nicolas Sarkozy sur Ségolène Royal n’ont suscité aucune polémique dans l’opinion. La vive riposte de sa rivale aux attaques qu’il dirigeait contre elle serait «une forme d’hystérie», a-t-il affirmé. Un choix sémantique qui n’est pas hasardeux : jusqu’au XIXe siècle, on croyait que c’était le déplacement de l’hystera (l’utérus, en grec classique) qui provoquait les symptômes de cette névrose extrême et, bien entendu, exclusivement féminine.

Pour le candidat portant virilement le costume du chef de tribu, parler d’hystérie devient un moyen de mettre en évidence l’incompétence de son adversaire, car son instabilité la rendrait inéligible à la présidence, cette fonction réservée aux hommes providentiels.

Une geste si peu subtil ne devrait pas passer inaperçu. Et pourtant, personne n’en parle. Même pas Royal, peut-être parce qu’on continue à considérer qu’analyser ce sexisme au quotidien est très exagéré. Bref, une autre forme d’hystérie. Voici un des principaux facteurs qui aident à fortifier les inégalités : ne pas en parler, se convaincre que tout est déjà réglé. Même si l’occasion est unique pour le dénoncer, de rares articles sont consacrés à ce problème. Où sont Julia Kristeva ou Hélène Cixous quand on en a besoin?

Jeserai Souvent, pour une femme politique, la stratégie pour imposer le respect était d’effacer sa féminité, à la manière de Margaret Thatcher, d’Angela Merkel ou de Condoleeza Rice. Ou bien de s’associer aux segments de pouvoir exclusivement masculins, comme Michèle Alliot-Marie ou (précédemment) la présidente chilienne Michelle Bachelet, attachées à la Défense.

Royal a choisi un autre chemin, étant certaine que les Français sont prêts à lui emboîter le pas. J’en doute. Si Bayrou entend le bruit d’une ambulance, se perd dans son discours, s’excuse puis recommence, comme il l’a fait la semaine dernière à Nîmes, c’est seulement de la fatigue, ou un lapsus. Si c’est Royal, c’est le symptôme de sa profonde incompétence. Si Sarkozy se trompe quand il prononce un discours qu’il n’a pas lu avant, c’est tout à fait normal. Si c’est Royal, c’est clair qu’elle «récite des fiches cuisine», dixit DSK. D’ailleurs, aurait-elle la même légitimité naturelle que M. Bayrou si elle possédait deux tracteurs et affichait son origine campagnarde en permanence ?

Rassurez-vous : ceci n’est pas une critique destructrice faite aux Français, comme celles qui ont provoqué dans ce blog des réactions du genre «Tapez à votre porte». En Espagne, les choses ne sont pas mieux. L’année dernière, la vice-présidente Teresa Fernández de la Vega a été ridiculisée par le porte-parole parlementaire de la droite, qui rigolait parce qu’elle s’était habillée avec une robe traditionnelle africaine lors d’une visite officielle en Mozambique. «Vous aimez bien de vous déguiser», a-t-il dit. Elle a choisi de quitter la salle. Un erreur : face aux insultes, il aurait fallu tenir bon. Ségolène tiendra-t-elle?

• Alex Vicente •

http://europeens.blogs.liberation.fr/voisins/2007/04/une_campagne_tr.html

lundi 5 mai 2008

Grèce : interdire aux homosexuelles de se dire lesbiennes...

Des habitants de l'île de Lesbos revendiquent l'usage exclusif de "lesbienne"


Des habitants de l'île de Lesbos, patrie de la poétesse antique Sappho, ont annoncé mardi qu'ils revendiquaient en justice l'usage exclusif du terme lesbienne, "usurpé" selon eux par les homosexuelles.

Les plaignants, deux habitantes et un militant d'un groupuscule nationaliste païen, Dimitris Lambrou, demandent à la justice d'interdire à l'Union grecque des homosexuels et lesbiennes (Olke) de continuer à porter ce nom.

Selon M. Lambrou, l'affaire doit être jugée début juin à Athènes.

Dans un texte intitulé "Du malheur d'être Lesbien(ne)", M. Lambrou juge sur son site que les habitants de l'île sont victimes d'un "viol psychique et moral" du fait de la "confiscation" par les homosexuelles d'un qualificatif au départ géographique.

"Cette affaire est totalement ridicule. Cela dit si nous sommes convoqués par la justice nous nous ferons entendre", a commenté l'une des responsables de l'Olke, Evangélia Vlami.

Située au nord-est de l'Egée, la patrie de Sappho, figure tutélaire de l'homosexualité féminine, est souvent appelée en Grèce du nom de Mytilène.

L'île abrite notamment la petite station balnéaire d'Eressos, haut lieu du tourisme lesbien international, qui ne jouit toutefois pas de la notoriété de l'île de Mykonos, grande destination gay du pays.

Dépêche de l'AFP du 29 Avril 2008.

source : http://www.sortirentrefilles.com/index.php?r1=0&r2=0

lundi 21 avril 2008

Du nord au sud, quand se nourrir devient inabordable : Le manque à distribuer des Nations unies et des ONG


Le manque à distribuer des Nations unies et des ONG par Caroline Stevan

source : http://www.letemps.ch/

«Au lieu de donner un bol de céréales à un gamin qui a faim, on ne lui en donne que la moitié!» L'image est abrupte, mais significative. Christiane Berthiaume, porte-parole du Programme alimentaire mondial, résume ainsi la diminution des capacités de distribution du PAM, engendrée par la hausse des prix des vivres et du pétrole couplée à la baisse du dollar. «Nos coûts ont augmenté de 55% depuis juin 2007. Soit nous parvenons à lever plus de fonds, soit nous aiderons moitié moins de gens que l'année passée», déplore la représentante du PAM.

Le schéma est le même pour toutes les ONG œuvrant dans le secteur de l'aide alimentaire. La semaine passée, 14 d'entre elles, dont Care et Oxfam international, ont lancé un appel aux donateurs concernant le Darfour. «Outre le coût d'achat des produits, l'acheminement de la nourriture par les airs est devenu tellement cher que nous risquons de revoir le nombre de bénéficiaires à la baisse. 2 millions de personnes pourraient être concernées rien qu'au Soudan», regrette Olivier Braunsteffer, directeur des programmes de Care France.

Alors que les distributeurs de colis alimentaires sont de plus en plus sollicités, ils voient leur pouvoir d'achat diminuer. «Nous voulons le plus de nourriture possible avec un dollar, mais nous souhaitons aussi que nos acquisitions aident le pays et ses petits fermiers, souligne Christiane Berthiaume. Nous devons en outre être vigilants à ne pas aggraver l'inflation car nous achetons en grande quantité.»

Si la faim gagne de plus en plus de foyers à travers le globe, elle tend également à changer de visage. Elle se fait plus urbaine et plus vicieuse; autrefois on avait faim parce qu'il n'y avait pas à manger, aujourd'hui on a faim parce qu'on ne peut plus se payer de quoi manger.

Et loin de se cantonner au Sud, le problème touche aussi nos contrées. «Entre la flambée du prix des pâtes, du riz... et l'augmentation du nombre de personnes dans le besoin - nous avons maintenant des retraités, des travailleurs précaires ou des étudiants qui fréquentent nos centres -, il va nous manquer 5-6 millions de repas à distribuer dans l'Hexagone en 2008. Nous en avions offert 30 millions l'année passée», note Didier Piard, directeur de l'action sociale à la Croix-Rouge française.

jeudi 10 avril 2008

Canada : trafic humain

Des centaines de personnes auraient été victimes du trafic humain au pays


source : corusnouvelles.com (Québec)

Mercredi 09 avr 2008


LA PRESSE CANADIENNE

MONTREAL - Des défenseurs des droits de la personne affirment que des trafiquants d'êtres humains vendent des jeunes filles en tant qu'esclaves sexuelles pour aussi peu que 2000 $ au Canada, une situation que les gens n'imaginent pour la plupart possible qu'à l'étranger.

Joy Smith, députée du Parti conservateur qui milite contre le trafic humain, a indiqué mercredi que l'augmentation de ce genre d'activité au pays était passée largement inaperçue parce que les Canadiens croient que les jeunes filles choisissent elles-mêmes de devenir travailleuses du sexe.

Mme Smith a avancé que certaines filles étaient vendues pour 2000 $ à Montréal.

Des observateurs internationaux ont décrit le trafic humain comme étant l'un des crimes connaissant la croissance la plus forte au monde. Le Canada n'échappe pas au phénomène.

Mme Smith a affirmé qu'il s'agissait-là du secret le mieux gardé au Canada, ajoutant que ce secret était honteux.

La députée conservatrice doit prononcer une allocution à ce sujet, à Montréal, dans le cadre d'une conférence sur le trafic humain d'une durée de quatre jours devant débuter ce jeudi.

L'ONU estime que 2,5 millions de personnes en provenance de 127 pays ont été déplacés à travers le monde sous une forme ou une autre de servitude, incluant le travail forcé ou l'ablation d'organes à des fins de trafic.

Ces activités rapporteraient des milliards de dollars.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) dit croire que de 800 à 1200 personnes ont été victimes du trafic humain au pays. Certains défenseurs des droits de la personne croient cependant que ce chiffre atteint 1500.

dimanche 30 mars 2008

L'impunité du viol - Hongrie. Aucune justice pour les femmes violées par leur compagnon

L'impunité du viol

Vous noterez comme moi combien il est révélateur du peu de cas que les sociétés patriarcales tiennent envers le viol pour ne statuer sur sa reconnaissance en tant qu'acte criminel que très tardivement, ici en Hongrie seulement depuis 1997 et encore faut-il que la victime prouve qu'elle se soit débattue,...Révoltant!...

Ainsi la loi se fait-elle la complice de l'agresseur!...
Car c'est oublier, comme l'a souligné très justement Emelire dans son commentaire, la tétanie engendrée par l'effroi, l'état de terreur insurpassable figeant toutes réactions :

-> de toutes façons en cas d'agression, il y a un état de "sidération" puis de "sortie de soi" (ça c'est moi qui l'appelle ainsi, c'est comme si on était à l'extérieur de soi) c'est quelque chose qui paralyse complètement, ils devraient, ils doivent le savoir ... ils l'ignorent sciemment.(Emelire)

Dans d"autres pays la déclaration de viol doit s'accompagner de témoins attestant de l'agression, ainsi au Pakistan quatre témoins masculins doivent confirmer la plainte de la victime, comment les hommes peuvent-ils faire preuve d'autant d'inconcéquences dans la rédaction d'une loi, qu'elle est donc leur définition de la justice ?...

Interrogeons l'absurde!
Pourquoi quatre?
Pourquoi des hommes exclusivement ?
Pourquoi ne seraient-ils pas punis à leur tour pour non assistance à personne en danger, pour lâcheté, pour indifférence, pour complicité tacite ?
Toute l'odieuse monstriosité du patriarcat montre son visage dans de telle législation.

Quand nous apprennons que la notion de "devoir conjugal" a été supprimée de la juridiction concernant le mariage seulement en 1990 en France et que le viol conjugal n'a été reconnu comme fait aggravant qu'en 1992, nous avons des raisons de nous sentir offensées, dénigrées, méprisées en tant que femmes citoyennes d'une nation dite civilisée!

Combien de femmes subissent encore le joug de cet abject "devoir conjugal" ?
Ce viol qui n'a pas de nom, ne se dit pas, ne s'avoue pas, ne se dénonce pas, surtout!

Si l'avancé en matière de droit est lente que dire de l'évolution des consciences, de l'évolution de l'homme, de son humanité face à un tel crime : le viol.

Sémaphore

Hongrie. Aucune justice pour les femmes violées par leur compagnon

le 10 mai 2007


site : http://www.amnesty.org

«La différence entre le viol dans les films et le viol chez nous, c'est que nous ne pouvons pas crier, car cela risquerait de réveiller nos enfants qui dorment dans la chambre d'à côté – ou qui sont juste à côté de nous, le visage déformé par la terreur. Une autre distinction, c'est que nous aimions celui qui nous fait subir cela, nous avions confiance en lui, bien plus qu'en n'importe qui d'autre. Et il y a une autre différence : les autres disent que nous avons inventé toute cette histoire…»
Une femme violée par son compagnon

«…Au moins 85 p. cent d'entre elles sont des putains. Elles voulaient avoir des relations sexuelles, et puis ne sont pas parvenues à un accord. Ce sont des prostituées, ouvertement ou secrètement…»
Un policier, conseiller sur les questions de viol

En Hongrie, deux tiers des crimes sexuels sont perpétrés par des personnes qui connaissent la victime. Pourtant, rares sont les auteurs qui sont traduits en justice pour ces infractions, a déclaré Amnesty International ce jeudi 10 mai 2007.

Les préjugés, l'inaction du gouvernement et les déficiences de la justice pénale constituent parfois des obstacles insurmontables pour les femmes dans leur quête de justice et de réparation. C'est ce que dénonce le dernier rapport publié par Amnesty International, Hungary: Cries unheard: The failure to protect women from rape and sexual violence in the home.
«Dans l'intimité de la famille, le viol est l'une des nombreuses formes de violence que subissent les femmes – et ce parfois de manière répétée", a indiqué Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

«Le viol perpétré dans le cadre d'une relation intime est un crime. La réprobation sociale et les railleries de l'entourage, pas plus que le manque de confiance dans le système pénal et les fonctionnaires des services de santé, ne doivent empêcher les victimes d'obtenir justice.»

En 1997, le viol au sein du mariage a été érigé en infraction dans le Code pénal hongrois. Toutefois, la définition du viol est loin d'y être satisfaisante, notamment parce que les femmes doivent prouver qu'elles ont opposé une résistance physique, quel que soit le niveau de menace ou de violence auquel elles étaient confrontées. Aussi des milliers de femmes ne sont-elles pas protégées dans le cadre de leurs relations intimes.

Bien des affaires ne vont pas jusqu'au tribunal ou ne débouchent pas sur des condamnations pénales. Le crime n'est pas toujours dénoncé, ou la police n'identifie pas l'agresseur et conclut à une «fausse déclaration». Il arrive aussi que la victime ou des témoins refusent de porter plainte ou reviennent sur leurs déclarations sous la contrainte.

Les femmes hésitent à dénoncer le viol, craignant d'être une nouvelle fois agressées – le responsable étant le plus souvent leur mari ou un ancien compagnon. La procédure est humiliante et peut décourager les victimes d'engager des poursuites judiciaires. D'autre part, les enquêtes menées par les policiers sont rarement satisfaisantes : les victimes et les auteurs présumés ne sont pas interrogés et les éléments d'expertise médicolégale ne sont pas dûment recueillis. En outre, ces enquêtes sont fréquemment entachées de préjugés.

Devant les tribunaux, en présence de leur agresseur, les femmes doivent revivre à maintes reprises l'horreur de l'agression sexuelle qu'elles ont subie et prouver leur innocence. Elles doivent battre en brèche les opinions très répandues selon lesquelles un mari peut forcer sa femme à avoir des rapports sexuels et la femme est celle qui provoque le viol. En raison de cet état d'esprit, une juge hongroise a déclaré à Amnesty International qu'elle-même ne serait pas prête à porter plainte pour viol.

Par ailleurs, le viol au sein de la famille est rarement évoqué en public. On entend rarement les victimes parler de leurs blessures physiques et psychologiques. Le nombre d'études menées sur cette question est infime. Soixante-deux pour cent des personnes interrogées dans le cadre d'un sondage d'opinion réalisé en 2006 ont répondu qu'elles ne savaient pas que le viol conjugal était un crime.

«Le gouvernement doit prendre l'initiative et lever la chape de silence et de déni pesant sur cette violation des droits humains qui fait tant de dégâts dans la vie des femmes», a conclu Nicola Duckworth.

Amnesty International demande au gouvernement hongrois de :

– veiller à ce que la législation soit modifiée pour garantir l'accès à la justice ;

– mettre en place des normes et des formations destinées aux personnes travaillant avec les victimes de crimes sexuels ;

– mettre en place des services d'aide aux victimes de violences sexuelles ;

– mener des recherches et rassembler les données qui permettront d'élaborer des politiques dans ce domaine ;

– lutter activement contre les préjugés au sein de la société par le biais d'une sensibilisation du public.

Voir :
Hungary: Cries unheard: The failure to protect women from rape and sexual violence in the home, (index AI : EUR 27/002/2007 ; http://web.amnesty.org/library/index/engeur270022007).
Ce rapport est publié dans le cadre de la campagne d'Amnesty International Halte à la violence contre les femmes.

lundi 24 mars 2008

Tibet: Pierre Moscovici dénonce le "silence assourdissant" de Nicolas Sarkozy


Tibet: Pierre Moscovici dénonce le "silence assourdissant" de Nicolas Sarkozy

AP - Dimanche 23 mars

PARIS - Pierre Moscovici dénonce dans un entretien au "Journal du Dimanche" le "silence assourdissant" du président de la République Nicolas Sarkozy sur la situation au Tibet, disant attendre de "la France, mais aussi de la communauté internationale, des paroles extrêmement fermes à l'égard de la Chine".

Pour l'ancien ministre socialiste, il faut "d'abord lui tenir un langage qui demande l'arrêt de la violence, le respect des engagements pris en matière des droits de l'Homme, l'ouverture d'une concertation sur l'avenir du Tibet". "Il faut l'exprimer avec force", estime Pierre Moscovici, qui ajoute que le ministre des Affaires étrangères "Bernard Kouchner l'a fait avec sa sensibilité".

Mais, "on ne sait pas si elle engage tout à fait les autorités françaises", souligne-t-il, jugeant que le "président de la République est d'un silence assourdissant". "Comme il l'avait été lors de son voyage en Chine, en prenant soin, grand soin même, de ne pas inviter la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme (Rama Yade) et en pratiquant une diplomatie du carnet de chèques", accuse-t-il.

Quant à un éventuel boycott des Jeux Olympiques, Pierre Moscovici estime que c'est "une arme à manier avec prudence et en dernier ressort" mais se dit "en revanche très partisan de l'action symbolique". "Je crois que si la cérémonie d'ouverture était boycottée par les démocraties, cela manifesterait que le coeur n'y est pas, que la fête n'y est pas, qu'il n'y a aucune forme d'approbation au régime".

"Les JO sont une formidable opération de relations publiques pour la Chine. Alors raison de plus pour maintenir la pression", conclut-il, sans prôner toutefois leur boycott: "les boycotts ont rarement prouvé leur efficacité, qu'ils soient économiques ou politiques".

dimanche 23 mars 2008

Les régions rebelles reprises en main par Pékin

Les régions rebelles reprises en main par Pékin

Chine . Arrestations et renforts militaires rapportés par des témoignages. Ambiguïté sur un appel au dialogue et dissensions au sein de la communauté tibétaine en exil.

Ce sont des propos d’une rare violence qu’a prononcés, hier, Zhang Qingli, le responsable du Parti communiste chinois au Tibet, confirmant la dureté de la reprise en main des régions frappées par le mouvement de contestation de la semaine dernière. Appelant les responsables locaux à ne pas relâcher la pression, Zhang a martelé que Pékin menait « une lutte à la mort (…), une lutte intense de sang et de feu (contre) la clique du dalaï-lama ». Rapportées par le Quotidien du Tibet, les déclarations décrivent le dalaï-lama comme un « loup enveloppé dans une bure de moine » et un « monstre à face humaine, mais au coeur d’animal ». Une diatribe qui rappelle les heures les plus sombres de la révolution culturelle et tend à laisser peu d’espoir à un processus d’apaisement.

arrestations sommaires

Sentiment confirmé par le déploiement d’importants effectifs militaires dans les régions où ont eu lieu les troubles ; particulièrement dans la province du Sichuan, qui borde le Tibet et compte plusieurs districts peuplés de Tibétains. Dans toutes ces zones, plusieurs ONG de défense des droits de l’homme évoquent l’arrestation sommaire de centaines de personnes. La directrice du Mouvement des étudiants pour un Tibet libre, citée par l’AFP, va jusqu’à parler de « milliers » d’interpellations. Mais les autorités tibétaines en exil n’ont fait aucun commentaire ; Pékin s’en tenait hier à la reddition de 105 personnes contre une promesse de clémence à l’issue de l’ultimatum que les autorités avaient donné aux manifestants impliqués dans les violences et qui a expiré mardi à 23 heures.

L’organisation américaine Human Rights Watch (HRW) a demandé aux autorités chinoises de publier les noms des personnes placées en détention et d’autoriser l’accès au Tibet à des observateurs internationaux. « Compte tenu des pratiques de torture des activistes politiques par les forces de sécurité chinoises, anciennes et décrites de façon détaillée, il y a tout lieu de redouter pour la sécurité des personnes récemment placées en détention », rappelle HRW. Le Club de la presse étrangère en Chine a fait état de 30 incidents recensés entre les autorités chinoises et les journalistes étrangers qui tentent de couvrir les événements liés à la crise au Tibet.

Or, si sur le terrain la situation est tendue, le climat répressif et le verbe martial, dans les coulisses quelques signes positifs se profilent. Le dalaï-lama s’est déclaré pour une reprise du dialogue avec le gouvernement chinois. « Nous restons engagés dans la poursuite du processus de dialogue afin de trouver une solution à la question tibétaine qui bénéficie aux deux parties », écrit-il dans un communiqué, se disant persuadé que la question tibétaine ne se résoudra pas par la violence d’un côté et par l’envoi de troupes de l’autre. Une position qui fait écho aux déclarations de la veille du premir ministre chinois, Wen Jiabao, qui, après avoir accusé le dalaï-lama d’avoir fomenté les troubles, l’invitait à des négociations à deux conditions qu’il a déjà remplies : qu’il ne soutienne pas l’indépendance totale du Tibet et qu’il renonce à la violence. Le premier ministre britannique, Gordon Brown, qui a eu hier un entretien téléphonique avec son homologue chinois, faisait aussi état de cette proposition de Pékin. Ce qui est assez loin des propos provocants de Zhang Qingli et du déploiement de troupes.

appel au calme du dalaï-lama

De l’autre côté, à Dharamsala, en Inde, lieu de son exil, le dalaï-lama a tenté de calmer le jeu au sein de ses propres rangs lors d’une rencontre avec les responsables de cinq organisations tibétaines radicales, dont le leader du Congrès de la jeunesse tibétaine (TYC), Tsewang Rigzin. Les dissensions persistent entre la jeunesse et la vieille garde des Tibétains en exil. Le Congrès de la jeunesse tibétaine (TYC) a fustigé lundi la position traditionnellement modérée du chef spirituel du bouddhisme tibétain, réclamant la poursuite des manifestations au Tibet jusqu’à l’indépendance et jugeant que la Chine ne « méritait pas » les jeux Olympiques.

Dominique Bari

source : L'Humanité.fr

http://www.humanite.fr/2008-03-20_International_Les-regions-rebelles-reprises-en-main-par-Pekin

samedi 22 mars 2008

China, get out of Tibet - Solidarité avec le peuple Tibétain. Soutenez le Dalai Lama



Pour un Tibet libre - Free Tibet !


all petitions



Un drapeau pour le Tibet

http://www.tibet-info.org/Agir/drapeau/campdrap.html

Le problème tibétain

Pendant des siècles, le Tibet a exercé une influence culturelle et religieuse considérable sur les empires mongol et chinois.

En 1913, doté de tous les critères lui donnant le statut d’Etat (frontières reconnues, administration, monnaie), le Tibet déclare son indépendance.

En 1950, la Chine communiste envahit le Tibet. Dans sa vision expansionniste, Mao veut étendre son influence géostratégique jusqu’aux frontières de l’Inde et du Népal.

Depuis lors, la Chine n’a eu de cesse de vouloir supprimer définitivement l’identité tibétaine.

Chaque révolte du peuple tibétain (10 mars 1959, 1987, 1989) a été écrasée dans le sang. On estime que l’occupation chinoise a provoqué la mort violente de 1200000 Tibétains (1/6 de la population initiale du Tibet). Une commission internationale de juristes a qualifié la situation au Tibet de "génocide".

En 1989, le Dalaï Lama, dirigeant spirituel du Tibet exilé en Inde depuis 1959, a reçu le Prix Nobel de la Paix pour sa lutte pacifique en faveur de la reconnaissance des droits du peuple tibétain.

liberté bafouée

Encore aujourd’hui, toute revendication de liberté est sévèrement condamnée. Des centaines de prisonniers politiques sont emprisonnés, parfois pendant plusieurs dizaines d’années, dans des conditions extrêmes pour avoir osé revendiquer publiquement leurs droits. La peine de mort, la torture et les travaux forcés sont largement utilisés par l’appareil répressif chinois.

En 1995, le Panchen Lama, seconde autorité religieuse du pays, a été enlevé par les autorités chinoises à l’âge de 6 ans. On est toujours sans nouvelle de lui.

génocide culturel

Après les effroyables répressions physiques ayant fait plus d’un million de victimes, la Chine s’est lancée dans l’éradication totale de la culture tibétaine. Le patrimoine culturel a déjà largement disparu. On estime que, pendant la "Révolution Culturelle" (1966—1976), plus de 6000 temples et monastères ont été détruits.

Aujourd’hui, la langue chinoise est imposée à l’école et dans l’administration. Une colonisation massive par l’ethnie chinoise Han rend déjà les Tibétains minoritaires dans leur pays. L’identité culturelle tibétaine se dissout inexorablement.

l’environnement, un problème majeur

Déforestation, entreposage massif de déchets nucléaires, rejet dans les rivières de déchets toxiques générés par la surexploitation des richesses minières. Le fragile écosystème du plateau tibétain est en train de subir des dommages irréversibles dont l’Asie entière subit déjà les conséquences.

Dans sa soif d’expansion, la Chine a entrepris le pillage des ressources naturelles du Tibet au mépris des contraintes imposées par un environnement unique au monde.

Solidarité avec le peuple Tibétain. Soutenez le Dalai Lama

Depuis des décennies de répression, les tibétains réclament au monde un changement.
Les leaders de la Chine sont en ce moment même en train de faire un choix crucial entre l'escalade de la brutalité ou le dialogue, ce qui pourrait déterminer le futur du Tibet et de la Chine. Nous pouvons avoir un impact sur ce choix historique. La Chine tient à sa réputation internationale. Mais il faudra une avalanche de pouvoir populaire mondial pour obtenir l'attention du gouvernement.
Le leader spirituel des tibétains,
le Dalai Lama, a appelé à la mesure et au dialogue: il a besoin que les peuples du monde le soutienne.

Pétition au Président Hu Jintao:

pour signer : http://www.avaaz.org/fr/tibet_end_the_violence/

En tant que citoyens du monde entier, nous vous demandons de montrer de la mesure et du respect pour les droits de l'Homme dans votre réponse aux protestations au Tibet, et de prendre en considération les préoccupations de tous les tibétains en ouvrant un dialogue pertinent avec le Dalai Lama. Seul le dialogue et la réforme apporteront une stabilité durable. Le futur le plus lumineux de la Chine et ses relations les plus positives avec le monde sont liés à un développement harmonieux, au dialogue et au respect.


jeudi 20 mars 2008

La Russie réinstaure la torture psychologique

La Russie réinstaure la torture psychologique
03/10/2007

source : les pénélopes
http://www.penelopes.org/

Alors que l'on croyait cette pratique au rebut, le pouvoir russe a remis au goût du jour la détention forcée en hôpital psychiatrique comme moyen de faire taire ses opposants.
La journaliste et activiste Larissa Arap en est un exemple flagrant. Alors qu'elle se rendait chez un médecin pour obtenir un certificat pour renouveler son permis de conduire, celui-ci lui a demandé si elle était bien l'auteur d'un article dénonçant les mauvais traitements sur des enfants dans les hôpitaux psychiatriques. Devant la réponse affirmative de Larissa, la police a été appelée et Larissa Arap a été emmenée de force dans un hôpital psychiatrique, début juillet dernier.
Elle y est resté près de 5 semaines durant lesquelles elle a été torturée et a subi des injections massives de médicaments. Depuis sa sortie, elle souffre de troubles de la mémoire, a perdu la notion du temps et peut à peine se rappeler ce qu'on lui a fait subir.
Ce n'est malheureusement qu'un cas parmi de nombreux autres et ces pratiques inquiètent au plus haut point les associations de défense des droits humains.

Sources : The Sunday Times, The Moscow Times



Une journaliste russe internée de force dans un hôpital psychiatrique


source : 20 minutes
30/07/2007

«Un retour à l'ère des répressions staliniennes.» Le Front Civil Uni a dénoncé samedi l’internement de force d’une journaliste et militante d'opposition en Russie.

Examen médical obligatoire

Larissa Arap a été arrêtée le 6 juillet à Mourmansk (nord), alors qu'elle attendait dans une clinique les résultats d'un examen médical obligatoire pour obtenir le permis de conduire, a déclaré à l'AFP Elena Vassilieva, présidente de la cellule de Mourmansk du Front Civil Uni, un mouvement d’opposition de l'ancien champion d'échecs Garry Kasparov.

«Le docteur lui a dit d'attendre dans le couloir, et tout à coup la police est arrivée avec une ambulance et ils l'ont emmenée de force», a-t-elle déclaré. Après avoir été détenue dans une clinique quelque temps, Larissa Arap a été transférée jeudi dernier dans un hôpital psychiatrique fermé à 150 km de la ville, a précisé Elena Vassilieva.

Article sur des mauvais traitements

La journaliste Arap avait publié le 8 juin un article sur les mauvais traitements à l'encontre d'enfants dans les hôpitaux psychiatriques. Elle y dénonçait, selon «Le Figaro», l'usage par les médecins d'électrochocs sur les jeunes patients. Elle s’était par ailleurs exprimée lors d’une manifestation du Front Civil Uni en juin.

«Nous ne considérons pas qu'elle est malade. Elle a peut-être une forme de névrose, mais elle n'a jamais perdu le contrôle ou été une menace pour qui que ce soit», a affirmé Elena Vassilieva.

2 millions de personnes internées

«J'exclus complètement l'idée que ce puisse être un cas de répression politique», a commenté pour sa part un porte-parole du gouverneur de la région de Mourmansk, en précisant qu'il n'était pas au courant du cas de Larissa Arap. «Il n'y a aucune persécution d'opposants. Chacun a la possibilité d'exprimer son point de vue. C'est absurde.»

Officiellement, Mikhaïl Gorbatchev a mis fin aux internements psychiatriques politiques il y a plus de vingt ans - deux millions de personnes auraient connu l'asile sous le régime communiste -. Une enquête du «Los Angeles Times» datant du printemps 2006 citait pourtant plusieurs témoignages attestant que l’internement politique est toujours de rigueur dans la Russie de Poutine.

lundi 10 mars 2008

Le PSOE de Zapatero remporte les élections espagnoles

Le PSOE de Zapatero remporte les élections espagnoles

AP | 09.03.2008 | 23:24

Belle victoire pour les socialistes espagnols, et clair regain de légitimité pour le président du gouvernement sortant José Luis Rodriguez Zapatero. Le PSOE a remporté les élections parlementaires de dimanche, alors que son rival le parti populaire gagne aussi des sièges, signe d'une bipolarisation croissante de la vie politique espagnole.

Avec 78,27% des votes dépouillés, le Parti socialiste ouvrier espagnol obtenait 44,17% des voix et 168 sièges à la chambre basse (contre 164), avec une marge confortable devant le Parti populaire (PP, conservateur), à 39,88% et 154 sièges (contre 148). Le PSOE ne semblait donc pas pouvoir atteindre la majorité absolue, à 176 sièges de la chambre basse.

Juste après avoir reçu un appel de féliciations de son rival malheureux Mariano Rajoy, Zapatero a prononcé devant une foule de partisans en joie qui brandissaient une mer de drapeaux du PSOE un discours de victoire aux allures de programme pour la "nouvelle ère" des quatre années à venir.

Remerciant les Espagnols pour cette "claire victoire", il a dit souhaiter "ouvrir une nouvelle étape", "sans crispation" et un "nouveau temps", consacré à corriger les erreurs faites en quatre ans et à poursuivre les chemins à succès.

Répétant "je gouvernerai" à plusieurs reprises, il a précisé qu'il le ferait avec "la main ferme, et la main tendue", à la tête d'une Espagne qu'il veut "unie et diverse", "libre et tolérante", et en "pensant à tous mais avant tout à ceux qui n'ont pas tout".

Le PSOE avait revendiqué la victoire un peu plus tôt dans la soirée, après le dépouillement de 50% des votes. Zapatero "est en meilleure position pour gouverner ces quatre prochaines années et entamer une nouvelle période de changement et de progrès avec un gouvernement socialiste", c'est une grande victoire", a lancé le porte-parole du PSOE José Blanco, sous les vivats des militants socialistes réunis au siège du parti à Madrid.

Juste après les premiers sondages sortie des urnes, peu après 20h, le porte-parole avait surtout évoqué la famille d'Isaïas Carrasco, l'ancien conseiller municipal socialiste assassiné à l'avant-dernier jour de campagne au pays basque, crime attribué aux séparatistes d'ETA, et toutes les victimes du terrorisme: "le premier gagnant est la démocratie", a ajouté Blanco.

Samedi, peu avant les funérailles de son père, la fille aînée d'Isaïas Carrasco, Sandra avait lancé un vibrant appel aux Espagnols, les exhortant à se rendre en masse dans les bureaux de vote en signe de défi à ETA.

A son tour, la première vice-présidente du gouvernement Maria Teresa Fernandez de la Vega, intervenant vers 22h30, a rendu un hommage ému à l'ex-édile assassiné, lançant: "nous n'oublierons jamais Isaïas", avant de s'engager à "ne jamais plier devant la violence".

En début de soirée, le porte-parole du PP Pio Garcia Escudero ne renonçait pas à l'optimisme, estimant que seuls les résultats définitifs comptaient et que le PP ferait "un magnifique résultat". Plus tard, il a reconnu la victoire du PSOE, tout en se félicitant effectivement du gain en sièges de son parti.

Car la bipolarisation de la vie politique espagnole se confirme et se renforce également, à l'issue d'une campagne électorale tendue: les deux grands partis gagnent en sièges, alors que les petits partis tirent fort mal leur épingle du jeu, hormis les nationalistes catalans modérés de Convergencia I Unio (CiU), qui se maintiennent à dix sièges, et les nationalistes basques du PNV (qui perd un siège, à 6).

Les autres petites formations sont laminées, IU (Izquierda unida, qui passe de 5 sièges à 3) et surtout ERC, les indépendantistes de Catalogne, grande perdante du scrutin, qui glisse de 8 sièges dans l'assemblée sortante à 3.

Le chef de IU, Gaspar Llamazares, a reconnu le "mauvais résultat" de son parti, et déploré le "tsunami bipartisan", dangereux selon lui pour la représentation des idées et "injuste" en raison du système électoral basé sur les provinces, qui pénalise particulièrement IU.

La victoire du PSOE qui vient conforter le bilan des quatre années de gouvernement Zapatero, entamées sur un autre drame sanglant, celui des attentats du 11 mars dans le métro de Madrid, et sur le retrait des troupes espagnoles d'Irak. C'est un satisfecit pour les réformes sociales radicales qu'il a menées en quatre ans, mais aussi une défaite personnelle pour Mariano Rajoy, rival de Zapatero déjà en 2004, qui, malgré sa ligne dure sur la question d'ETA et ses critiques, enregistre là son deuxième échec face au socialiste. AP

samedi 8 mars 2008

Etre activiste des droits des femmes en Iran : un engagement risqué (pétition)

Comme vous le savez, Amnesty International est très préoccupé par la situation des défenseurs pacifiques des droits humains en Iran. Les défenseurs des droits de la femme qui défendent les droits politiques et sociaux des femmes et qui mettent en avant les lois discriminatoires vis-à-vis de la femme sont tout particulièrement inquiétés par les autorités iraniennes.

Ces personnes, des femmes principalement, sont arrêtées, détenues arbitrairement, maltraitées, en toute impunité par les forces de sécurité officielles. Elles n’ont la plupart du temps pas accès aux services d’un avocat ou aux visites des membres de leur famille.

Au lieu de profiter du travail de terrain de ces associations et de reconnaître l’importance de leurs contributions, l’État iranien a augmenté graduellement la répression, tandis que la discrimination à l’encontre des femmes s’accentue chaque jour d’avantage.


Etre activiste des droits des femmes en Iran : un engagement risqué


Le 4 mars 2007, alors qu’elles protestaient lors du procès de cinq militantes des droits des femmes accusées d’avoir organisé une manifestation en juin 2006, 33 femmes militantes des droits fondamentaux des femmes en Iran ont été arrêtées et mises à l’isolement.

Travailleuse sociale, Shahla Entesari, une militante renommée, a participé à la Campagne pour l’égalité visant à recueillir un million de signatures sur une pétition demandant l’égalité entre les femmes et les hommes dans le droit iranien. Elle était une de ces cinq accusées, elle risque une peine d’emprisonnement.

Mahboubeh Abbasgholizadeh, journaliste, écrivaine, rédactrice en chef, militante de la société civile et défenseure des droits des femmes manifestait pour soutenir Shahla et les autres. Elle est menacée d’emprisonnement.

Hana Abdi, étudiante en psychologie à l’université Payame Noor de Bijar. Kurde iranienne, a participé également activement à la Campagne pour l’égalité, qui vise à mettre un terme à la discrimination à l’égard des femmes dans le droit iranien. En décembre, elle a été arrêtée « parce qu’elle avait porté atteinte à la sécurité nationale » en dispensant des cours d’alphabétisation pour les femmes illettrées des villages proches de la province du Kurdistan. Amnesty International la considère comme une prisonnière d’opinion et demande sa libération immédiate et inconditionnelle.

Amir Yaghoub Ali, étudiant âgé de vingt ans, est membre du Comité des hommes de la Campagne pour l’égalité. Il risque des poursuites et une peine d’emprisonnement pour avoir pacifiquement recueilli des signatures sur la pétition demandant l’égalité entre les femmes et les hommes devant la loi, ce qui constitue une activité illégale en Iran.

Ronak Safarzadeh, Sussan Tahmasebi, Maryam Hosseinkhah, Noushin Ahmadi Khorassani, Jelveh Javaheri, Parvin Ardalan, Shadi Sadr, Delaram Ali sont également en danger. Et malgré les graves mesures de répression prises à leur encontre, elles clament avec conviction qu’ « … une force irrépressible est en train de naître ; une force qui non seulement conforte le mouvement de défense des femmes, mais aussi qui s’enracine un peu plus profondément chaque jour, rendant encore plus vivants les espoirs et les rêves que nous entretenons depuis un siècle. »

Avec Amnesty, vous pouvez leur apporter votre soutien.

Pour demander leur libération, signez ici :

http://www.isavelives.be/fr/node/982

dimanche 10 février 2008

Une importante revue iranienne féministe interdite



Une photographe du magazine iranien Zanan


Une importante revue iranienne féministe interdite
28 janvier

TEHERAN (AFP) - La revue Zanan (femmes), un important mensuel défendant le droit des femmes, a été suspendue par les autorités iraniennes, a rapporté lundi l'agence semi-officielle Fars proche des conservateurs.

"La licence de la revue Zanan, dirigée par Shahla Sherkat, a été annulée car le mensuel publiait des informations affectant la tranquillité psychologique dans la société en faisant croire qu'il n'y a pas de sécurité pour les femmes dans la République islamique",
a déclaré un responsable ayant requis l'anonymat.

Interrogée par l'AFP, Mme Sherkat a affirmé que "la décision de la commission de la surveillance de la presse", dépendant du ministère de la Culture ne lui avait "pas encore été signifiée".

Le mensuel faisait notamment chaque mois un bilan des crimes commis contre les femmes (viol, meurtre, etc) ou par des femmes.

Les conservateurs ont toujours dénoncé le mensuel Zanan comme une revue propageant les idées féministes.

De nombreux journaux réformateurs et modérés se sont créés après l'élection du président Mohammad Khatami (1997-2005), dont bon nombre ont été ensuite suspendus ou interdits.

Les interdictions se sont poursuivies sous la présidence du conservateur Mahmoud Ahmadinejad, élu en 2005.

Malgré ces mesures, la presse modérée et réformatrice reste très active avec les journaux Etemad Melli (Confiance nationale), Etemad (Confiance) ou encore le quotidien économique Sarmayeh (Capital).

samedi 9 février 2008

Turquie: le Parlement légalise le port du voile à l'université, le pays reste divisé


Nur Serter,femme politique turque, parlementaire CHP : "Le voile divise le pays (...) il (le foulard) réduit les femmes en citoyens de deuxième classe"

Turquie: le Parlement légalise le port du voile à l'université, le pays reste divisé



ANKARA (AFP) — Le Parlement turc a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi un amendement constitutionnel autorisant le port du voile dans les universités, une mesure qui divise la Turquie musulmane mais strictement laïque.

Le nouveau président de la Cour de cassation turque a appelé jeudi le Parlement à ne pas éroder le régime laïc en place en Turquie.

"Bien sûr, faire des amendements légaux et constitutionnels est une des fonctions primaires et naturelles du Parlement, mais cette autorité ne doit pas être utilisée pour affaiblir la laïcité", a déclaré à la presse Hasan Gerçeker, nouvellement élu à la tête de la Cour, lors de sa cérémonie d'investiture.

Au terme d'une série de vote sur des amendements proposés, ceux-ci ont largement obtenu la majorité des deux-tiers des voix requise pour une modification de la Constitution.

L'article clé du projet déclare notamment que "personne ne peut être privé de son droit à l'éducation supérieure", allusion aux jeunes femmes voilées.

Un deuxième tour de vote est prévu samedi pour finaliser l'ensemble de la révision proposée par le parti issu du mouvement islamiste au pouvoir AKP et un parti d'opposition nationaliste MHP.

Le projet a soulevé une levée de boucliers des milieux laïcs et de l'opposition social-démocrate qui affirment qu'il érode les principes laïcs de la Turquie et qu'il risque d'entraîner l'accès des femmes voilées à la fonction publique et aux écoles, strictement interdite actuellement.


Le gouvernement du Parti de la Justice et du développement (AKP) assure défendre la liberté individuelle des étudiantes musulmanes et estime que cette réforme s'inscrit dans le processus d'adhésion à l'Union européenne. La révision devrait mettre fin à une jurisprudence obligeant les étudiantes à se dévoiler.

Le camp pro-laïc - l'armée, la magistrature et l'administration universitaire - perçoit le foulard comme le symbole de l'islam politique, dans ce pays au régime laïque mais dont la population est musulmane à 99%.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, un ancien islamiste, a voulu dissiper les craintes, assurant que le projet ne visait qu'à permettre "aux filles de ne plus attendre devant les portes des universités".

Les orateurs de sa formation ont soutenu lors des discussions que le projet allait dans la voie du caractère séculier du régime en atténuant les discriminations dont font l'objet, selon eux, les étudiantes portant le hijab.

Les épouses et les filles de la plupart des dirigeants de l'AKP sont voilées. L'amendement doit encore être approuvé par le chef de l'Etat, Abdullah Gül, un ancien poids lourd de l'AKP, dont la femme se couvre également la tête, et qui avait milité en faveur de l'abolition de cette interdiction.

Le parti d'opposition CHP (Parti républicain du peuple), pour qui "le projet défie la République laïque", a annoncé qu'il saisira la Cour constitutionnelle pour le stopper, après sa ratification par M. Gül.

"L'objectif, c'est d'éroder la laïcité", a lancé devant les députés Kemal Anadol, vice-président du groupe parlementaire du CHP.

Pour les laïcs, l'acceptation du foulard sur le campus risque d'accentuer la pression des religieux sur les femmes. Ils redoutent ainsi que "la pression du quartier" ne pousse les étudiantes non voilées à se couvrir.

Nur Serter, parlementaire CHP, a accusé l'AKP de vouloir "exploiter" les sentiments religieux pour des visées électorales, notamment lors des élections municipales prévues en 2009 et de faire de la Turquie "un Etat islamique".

"Le voile divise le pays (...) il (le foulard) réduit les femmes en citoyens de deuxième classe", a-t-elle encore dit.

Samedi, une vaste manifestation s'était tenue à Ankara contre la révision.

Les recteurs d'universités se sont aussi élevés contre le projet. Celui-ci ne satisfait pas davantage les milieux religieux car les critères sur le type de foulard autorisé (le fichu traditionnel noué sous le menton, et non le foulard enveloppant la tête et couvrant le cou, le "turban"), impliquent l'exclusion des femmes qui ne porteront pas celui préconisé.