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vendredi 23 janvier 2009

Empreintes - Françoise Heritier [documentaire]


A ne ratez sous aucun prétexte!
"Françoise Héritier, la pensée de la différence"

Un formidable document sur Françoise Héritier, je vous invite vivement à le visionner, ayant été diffusé le 16 janvier dernier sur arte, peut-être est-ce le dernier jour où il vous sera encore possible de le voir, je ne sais... sa dernière diffusion télé était le 18 janvier, alors peut-être aurez- vous jusqu'au 25 prochain?...

Ne le rater pas!
Au delà de l'ethnologue c'est un documentaire émouvant, attachant sur une vie de femme, une femme engagée dans ses recherches dans son combat pour la parité entre les sexes, auprès des malades du sida, des femmes en prison, des prostituées.

Des moments de grâce, d'humanité quand elle chante en duo avec le professeur qui la suit "un p'tit coquelicot", quand elle offre des photos à Marc Augé, son ancien mari, l'estime mutuelle qu'ils se portent l'un l'autre, au delà de la séparation.

Les évocations de la vieillesse, de la maladie qui handicape et transforme le corps, celle de devoir se séparer d'un lieu investi de souvenirs, du temps qui passe et des combats des enthousiasmes qui perdurent.

L'histoire d'une vie, d'un parcours singulier, de l'importance des rencontres, celle de Claude Lévi-Strauss : une leçon de vie, de féminisme et d'espoir.

Voir ici :

Empreintes - Françoise Heritier



Sémaphore

Actives, pas seulement héritier-es !

sur http://parite-fanchon.blogspot.com

Participer à la vie de la cité implique des choix, des obligations - souvent autant de profits humains, sociaux, politiques, intelligents. Dans l’absolu, quand fanchon s’est rendue dans une mairie pour la cérémonie rituelle des vœux de nouvelle année, elle rencontrait ce vendredi d’autres humain-e-s, des réseaux sociaux : par exemple des responsables d’associations de toutes sortes, des personnalités culturelles comme un poète fêlé ; bref elle a passé une bonne soirée. Ce qui était, dans l’absolu, bien préférable au choix de rester devant sa télé.
Si elle avait jeté ne serait-ce qu’un œil sur Télérama, le choix eût été une épreuve. Dans l’émission Empreintes, Annick Cojean (belle promesse déjà) proposait dès 20h(35 bien sûr) un documentaire sur Françoise Héritier. Merveilles manquées !
Il a fallu ce dimanche matin pour tomber sur une rediffusion, et le site de France 5 permet de voir la video pendant la semaine qui vient : à consommer sans aucune modération !

“Celui qui écoute un témoin le devient déjà”, dit Annick Cojean. Il est donc important de ne pas manquer, et de ne pas oublier un document pareil.

On y voit une grande figure de ce siècle passé, “fille” choisie de Claude Lévi-Strauss et lui succédant, avec tous les titres portés par d’autres (plus souvent au masculin) : ethnologue, anthropologue, professeur émérite au Collège de France(où elle fut la seule femme, la deuxième). Le document évoque évidemment sa carrière et ses domaines de recherche. Mais elle se présente comme “anthropologue dans la cité” ; une femme. Et elle en dit et montre toute l’originalité - qu’on voit bien rarement avec des hommes scientifiques de ce niveau. Tout de son travail est en lien avec ce qui pourrait paraître anecdotique dans une vie quotidienne.

Comment ne pas retenir pour nos engagements ces phrases que F. Héritier prononce à dessein ?
“La connaissance rend sceptique et rend critique”
“Ce que l’esprit humain a créé, l’esprit humain peut le remplacer”

À retenir comme encouragement à combattre la primitivité intellectuelle et la brutalité des affirmations politiques simplistes de notre temps !

Voilà une femme comme de nombreuses femmes de son âge, atteinte par la maladie, qui accepte de se montrer changée physiquement, sur ses cannes, en train de vider une vieille maison de ses souvenirs dans des cartons. Qui ne connaît ?… Mais une femme épluchant des légumes devant une caméra, même non scientifique honoraire, c’est rare ! Enfin, amoureuse de chanson, on la voit sur un banc avec son médecin complice, évoquer Henri Salvador et les paroles de “ton père n’est pas ton père…”, non incongrues en ethnologie.

Si des personnalités s’engagent dans la vie de la cité avec leur expérience et leur notoriété, c’est généralement pour le faire savoir. Mais on découvre, 20 ans plus tard, que F. Héritier avait été nommée présidente du Conseil national du Sida créé par F. Mitterrand. Bien loin d’un titre purement formel, cette fonction a permis à l’anthropologue féministe d’enquêter et d’agir.

Le bilan qu’elle en tire avec l’historienne Michelle Perrot est édifiant : le CNS a obtenu (entre autres) que la médecine pénitentiaire, dépendant du ministère de l’Intérieur, soit rattachée à la Santé (ministère, pas prison !). C’était la victoire du droit au secret de la vie privée, dont elles avaient découvert l’absolue nécessité après avoir rencontré des prostituées, des femmes détenues. Toutes deux soulignant que la plus forte privation de liberté a toujours été celle des femmes.

Voilà des universitaires-femmes qui ont mis leur savoir, leur expérience, leur autorité, au service d’un engagement féministe. C’est-à-dire au service, solidaire, des femmes dont elles font partie. Toutes deux soulignent que ce 20e siècle avec la contraception a permis aux femmes, si longtemps soumises, de devenir sujets agissantes de leurs vies.

Françoise Héritier, comme beaucoup de femmes, a porté des noms différents selon le cours de sa vie : et elle s’est fait ces noms-là successivement, sous lesquels nous l’avons connue au fil de sa carrière : Françoise Izard, puis Héritier-Augé, puis simplement SON nom : Héritier (un masculin ! mais ça n’empêche rien). Quels hommes célèbres ont eu à garder une notoriété avec des noms successifs, qui sont simplement d’usage ? (On avait déjà connu le cas d’Alice Picard, première “recteur”, devenue Alice Saunier-Seïté, ministre)
Si elle avait gardé son nom sans porter celui de ses maris, on en aurait perçu toute la symbolique aussi, dans son domaine de recherche sur les filiations. Mais on la voit justement avec son ex et collègue, mais mieux que beaucoup de couples, retracer un bilan et parler avec intelligence.

Tous ces petits détails abordés en moins d’une heure ne marquent pas un grand écart entre une carrière professionnelle exceptionnelle et une vie de femme comme d’autres. Au contraire l’expérience de la chercheure nous incite à nous prendre en main, comme elle a utilisé son savoir pour aider les autres femmes.
Un détail parmi d’autres : elle n’hésite pas à faire remarquer que tout au long de sa leçon inaugurale au Collège de France, il y a 25 ans, elle libérait son angoisse et son trac en manipulant un mouchoir en boule… Même à ce niveau, une femme seule devant un auditoire d’hommes connaît la même expérience que les autres. Trivialité hors de propos ? non. Elle-même l’assume et nous invite à bouger.

Cette femme du commun et hors du commun a tenu à laisser une filiation et un lien pour l’action future : les associations de femmes gardent le souvenir ébloui - et amical - des interventions de Françoise Héritier pour les inciter à continuer, mettant son savoir à leur disposition comme outil de réflexion.

On l’avait retrouvée aussi parmi 200 intellectuels appelant à soutenir la candidate Ségolène Royal et démolissant, il y a deux ans dans Le Monde, les arguments misogynes.

AInsi n’y a t-il aucune excuse pour le genre qui chipote “oh non, JE ne suis pas féministe”. Ah bon ? et JE veux tout quand même ? S’il n’y avait pas eu de féministes, comment aurais-JE eu la contraception et mille petites libertés acquises difficilement ? Comment pourrais-JE espérer - un jour ?! - un poste, un salaire, une retraite, les conditions de vie que je mérite ?

Ces grandes universitaires si discrètes montrent l’exemple et nous incitent à “garder espoir dans la capacité humaine de changer” le monde.


Françoise Héritier souligne la nécessité d’abolir la hiérarchie homme-femme millénaire et en tous lieux : moyen de “rendre le monde meilleur, car c’est la première hiérarchie” et son abolition entraînera les autres progrès.
Elle nous invite à “l’espoir pour ce siècle”, “une époque formidable”.

Optimiste en plus, par les temps qui courent… Il y a des femmes formidables ! à nous de les mériter. Engageons-nous ; et les filles, faites des études !

Voir ici :

Empreintes - Françoise Heritier

samedi 17 janvier 2009

Performances et lectures à Sauve (Gard)

Un jour d'été au milieu de l'hiver... pour reprendre le communiqué de cet anniversaire de l'art, cela ne saurait se refuser!

Je souligne la présence d'Edith Azam dont les lectures sont des performances en soi, à ne rater sous aucun prétexte.

Pour vous, donner la mesure de cette intensité à dire toutes ces pelotes qui nous nouent, cette densité sensible, juste, poignante, écoutez-la, ici accompagnée par Eric Diot.

Belle osmose syncopée, à vous couper le souffle.

...et rendez-vous à Sauve... qui peut!...bah!

Sémaphore

Bon...Faut attendre...30s avant démarrage.

1 000 046ème ANNIVERSAIRE DE L'ART

SAUVE (Gard), le 17 janvier 2009

Plan33


















(un clic pour aggrandir)

14h- Temple : Inauguration, intervention Julien Blaine/AntoineSimon (performances)
15h- Château de Roquevaire : SébastienLespinasse (poésie sonore) Pierre Guéry (lectureperformative, sous réserve) Guy Ibanez (performance)
16h- Maison des Comtes : MartialBettencourt (lecture d' Artaud), Cart Brainich (guitare), EricMc Coulet (?), RahimSeligman (flûte traversière)
17h- Poussière d'étoiles :Exposition Filliou, Delphine Desyeux (lit « L'histoirechuchotée de l'art » de Filliou), ClaudieLenzi (lecture performative), Pierre Tilman (lecture, dédicace de « Nationalité Poète »,biographie de Robert Filliou).
18h- La Traversière : vin chaud, Nadine Agostini et André Gache (lectures performatives)
19h- Temple : EdithAzam et Frédérique Guetat-Liviani (lectures poésie directe), CharlesDreyfus (performance, sous réserve))
19h30/45- Repas

21h/22h-Temple : participation de tous les intervenants...

lundi 12 janvier 2009

Micheline Calmy-Rey s'exprime sur la violation des conventions de Genève à Gaza


Micheline Calmy-Rey

Mise au Point émission de la TSR, télévision suisse romande, recevait ce 11 janvier Micheline Calmy-Rey, cheffe du DFAE, femme politique, féministe, membre du parti socialiste suisse, conseillère fédérale chargée des affaires étrangères, présidente de la confédération en 2007.
Elle s'exprime sur la violation des conventions
de Genève de la part du gouvernement israélien, mettant en exergue le désir d'extension de l'état hébreu qui cherche dans le Hamas une légitimité à une violation de territoire, à une expropriation manu militari, massacrant sans la moindre vergogne des centaines de civils!
Mais écoutez-la, il est possible d'évoquer la p
olitique étrangère sans langue de bois!
Vous voyez de qui je veux parler, je ne le nomme même
pas, il n'en vaut vraiment pas la peine!

L'émission c'est par ici :
http://www.tsr.ch/tsr/



jeudi 18 septembre 2008

« Je suis dans le poing et dans la plaie... Claude Cahun



« Je suis dans le poing et dans la plaie ;
je me reconnais ici, là et partout. »
Claude Cahun


Soit une définition du féminisme!
Humaine et Rebelle
Mais ce serait réduire la diversité des lectures...
Sémaphore

dimanche 15 juin 2008

Flamme forte, Thérèse Clerc

Flamme forte
par JACKY DURAND
Libération, mercredi 11 juin 2008

nb : remerciements @ Anne pour cette contribution

Thérèse Clerc. A 80 ans passés, cette flamboyante figure du féminisme poursuit le combat avec un projet de maison de retraite autogéré.

Aboyez chiennes de gardes, applaudissez suffragettes. Cet après-midi, au Palais Bourbon, une grande dame du féminisme sera faite chevalière de la Légion d’honneur en la personne de Thérèse Clerc, 80 ans, fondatrice de la Maison des femmes de Montreuil (Seine-Saint-Denis) et de la Maison des Babayagas, projet de maison de retraite pour femmes autogérée.

La première fois qu’on lui avait proposé la rosette, «il y a cinq, six ans», Thérèse l’avait refusée mais cette fois elle a accepté d’être décorée par l’historienne du féminisme Michèle Perrot, en présence de Simone Veil. Pour que la postérité des femmes ne soit pas uniquement «dans des chansons, des recettes de cuisine».

«Mes amies historiennes me disent qu’il n’y a pas assez de documents sur l’histoire des femmes. Là, au moins, il y aura mon nom sur un registre.»De toute façon, ce n’est pas une médaille qui changera Thérèse, contre-exemple féminin de la maxime de Napoléon Bonaparte : «On prétend que la Légion d’honneur est un hochet. Eh bien, c’est avec des hochets que l’on mène les hommes.»

Qui mène Thérèse ? Ni homme, ni maître. Des maîtresses, pour sûr oui… Il y en a eu jusque tard dans «ce très bel âge qu’est la vieillesse» où s’épanouit la vraie sexualité, selon Thérèse, celle «où il n’y a pas de pouvoir, ni la dictature de l’érection. Les femmes ne sont plus dans la procréation, ni les hommes dans leur sacro-sainte virilité. Avec ses mains et sa bouche, on peut faire des miracles. Je dis aux hommes : "Vous savez ce qu’il vous reste à faire"». Il y a deux ans, Thérèse a vécu «une passion». «C’est comme ça que j’ai acheté cette saloperie», dit-elle en désignant son téléphone portable. Thérèse a été amoureuse d’une femme. «La dernière probablement.»

Thérèse n’a pas toujours été cette délicieuse grand-mère indigne (quatre enfants, quatorze petits-enfants, un arrière-petit-fils) qui narre les bonheurs du clitoris comme un conte pour jeunes filles en fleurs avant d’enchaîner en militante de la décroissance sur le philosophe André Gorz et de revenir sur ses années de lutte pure et dure au sein du Mouvement de libération de l’avortement et de la contraception (Mlac), fondé en 1973.

La grand-mère de Thérèse, née en 1863, avait participé à la dernière revue du 14 juillet de Napoléon III. Eduquée parmi les demoiselles de la Légion d’honneur, une de ses amies s’appelait «Mademoiselle de Mac Mahon». Thérèse soupçonne sa grand-mère d’avoir aimé les femmes. «Elle avait laissé des lettres que mon père disait "scandaleuses". Il les a brûlées.» C’est un souvenir précis de l’enfance qui fixe, à ses yeux, «le couple heureux» qu’ étaient ses parents : «J’étais dans ma chambre à Bagnolet, un matin d’été. J’entendais mes parents rire dans la chambre d’à côté. La porte se fermait. Puis mon père ressortait en sifflotant. Ce jour-là, on avait des croissants au petit-déjeuner. Avec des souvenirs comme ça, un enfant est heureux.» Le père de Thérèse, poilu de 14-18, travaillait dans les bureaux du Pari mutuel urbain (PMU). De sa fille, Mme Clerc, mère au foyer, disait : «Elle est jolie, on la mariera». «Ils voulaient que je sois gentille, vierge. Idiote ou pas, ça, ils s’en foutaient», se souvient Thérèse qui apprit le métier de modiste en chapellerie avant de se marier à 20 ans et demi avec un petit entrepreneur en nettoyage industriel. A l’époque, dit-elle, le coup de foudre, ce n’était pas compliqué. «Le premier chien coiffé qui passait, c’était le bon. On ne connaissait rien au sexe. Au début du mariage, c’était du plaisir à moitié. L’époux mettait six mois à oser demander une fellation.»

Le couple s’installe dans le XIe arrondissement à Paris. Un appartement sur cour avec le robinet d’eau sur le palier et deux WC pour trente-deux personnes. Thérèse met au monde quatre enfants, lave les couches dans une grosse lessiveuse en fer-blanc qu’elle rince à la fontaine dans la cour. «Ma conscience politique est née là.» La jeune femme fréquente les cercles d’action catholique animés par des prêtres-ouvriers. «Ils nous parlaient beaucoup de l’exploitation des hommes, faisaient l’apologie de Marx. Mais quand je leur disais : "Et les femmes ?", ils répondaient: "La femme est la gardienne de la paix, de l’amour". J’ai compris que l’Eglise était en train de nous baiser.» A la confession, le vieux curé lui rappelait «qu’il fallait qu’[elle] soit soumise». Dieu reste aujourd’hui pour Thérèse «une interrogation car il n’est pas démontrable. Dieu n’est crédible que dans le doute, ça m’amuse.»

Elle vend Témoignage chrétien sur le boulevard Saint-Michel en tailleur et talons quand survient Mai 68. Le déclic: «Ça a été comme des vannes qui s’ouvraient. J’allais aux réunions à Jussieu. J’entendais parler de plaisirs, de violences, d’injustices. C’est la première fois que j’ai entendu le mot "patriarcat". On parlait aussi des avortements clandestins qui étaient à l’époque la première cause de mortalité des femmes entre 18 et 50 ans. Elles subissaient l’aiguille à tricoter, le curetage à vif, parfois la septicémie.» Elle divorce en 1969. Vendeuse dans un grand magasin, Thérèse est désormais une femme que «Mai 68 a habituée à une très grande liberté collective. J’ai pu user de cette liberté avec le corps et la sagesse de mes 40 ans. Les amours étaient fastueux. En 1969, le lesbianisme, c’était un acte politique. Le plaisir sans coït, ça a été la révolution.» Pilier du Mlac, elle pratique des interruptions de grossesse clandestines sur la table de son salon à Montreuil avec un aspirateur mu par «un moteur de frigo acheté 85 francs et bricolé par des copains gauchistes. On se formait les unes les autres. Il fallait d’abord dilater le col de l’utérus, puis passer une sonde.» Thérèse est convaincue que les Renseignements généraux étaient au courant mais «qu’ils avaient deviné que la société était mûre pour la légalisation de l’avortement». La loi Veil est promulguée en 1975.

Vingt ans plus tard, Thérèse ancre son féminisme dans «l’art de bien vieillir» avec les Babayagas, du nom des sorcières des légendes russes : un projet de maison de retraite autogérée, inventée entre femmes pour des femmes «âgées, autonomes, solidaires et citoyennes». Avec deux copines, elle invente «une utopie réaliste», soit un ensemble de dix-neuf logements pour «vivre et vieillir en citoyenneté». La première pierre de la Maison des Babayagas aurait dû être posée en 2007 mais au dernier moment, le conseil général du 93 a fait défection, estimant que le projet était discriminant car réservé aux femmes. «Les vieux hommes trouvent toujours des femmes. Nous, on ne veut pas d’hommes, on les a assez torchés comme ça durant notre vie», rétorque Thérèse en rappelant que dans son projet, les 200 m2 du rez-de-chaussée accueilleront indifféremment hommes et femmes pour travailler l’usage du corps et de la mémoire. «On a perdu une bataille, pas la guerre», sourit Thérèse, attablée à un vaste plateau de bois qui lui tient lieu de bureau à la Maison des femmes de Montreuil. Thérèse va aussi dans les lycées dire aux filles : «Quand vous aventurez votre corps, soyez responsable. Ne l’emmenez pas n’importe où, avec n’importe qui.»

Elle s’insurge contre cette affaire de mariage annulé pour cause de non-virginité.«Il y a trente ans, on serait descendues tout de suite dans la rue. Vous savez, j’ai encore de belles fureurs à vivre à 80 ans passés».

Maman a tort au pays des Babayagas! [Emission de radio]

Ca y est ! L’émission est en écoute ici !

Interview de Thérèse Clerc, militante féministe de 81 ans, présidente de la Maison des femmes de Montreuil et créatrice de la Maison des Babayagas.

Mais qu’est-ce que c’est que ça ??
La Maison des Babayagas est un projet de lieu de vie qui doit ouvrir ses portes en 2010 à Montreuil et dont toute l’originalité est d’être non seulement réservé aux femmes âgées (pas d’hommes donc !), mais aussi autogéré, solidaire, citoyen et écologique. Tout un programme !!

Thérèse Clerc nous fait part de son expérience, nous livre les détails de ce projet novateur et ambitieux et nous dit comment et pourquoi la veillesse, ce sujet presque tabou en France, n’est pas un naufrage, mais un bel âge.

Et toujours en fin d’émission, l’agenda des bons plans vachement bien !

vendredi 6 juin 2008

L’art de rester debout Milena Jesenska


"... Cette force, l’individu ne l’a qu’aussi longtemps qu’il ne sépare pas son destin de celui des autres, qu’il ne perd pas de vue l’essentiel, qu’il a la conscience profonde d’appartenir à une communauté.

Dès qu’il n’est plus qu’une conscience isolée, il cherche dans son âme un prétexte pour s’évader.

La solitude est, peut-être, la plus grande malédiction qui existe sur terre..."

Milena Jesenska 1896- morte en camp de concentration à Ravensbrück le 17 mai 1944

Dans “L’art de rester debout”, Pritomnost, 5 avril 1939.

Militante pro-européenne :

“Je pensais à La Grande Illusion : viendra-t-il vraiment ce jour où nous pourrons vivre côte à côte, Allemands, Tchèques, Français, Russes, Anglais - sans nous faire de mal, sans être obligés de nous haïr, sans nous faire de tort les uns aux autres ?

Un jour, les États se comprendront-ils comme se comprennent les individus ?

Verra-t-on tomber les frontières entre pays, comme elles tombent lorsque se rencontrent les gens ?

Comme il serait beau de voir ce jour !”

(1939)

mardi 15 avril 2008

Petite fille veut le monde par Sapho



Petite fille veut le monde

La petite fille veut le monde
Mais son avenir est tout tracé

On prépare un ami pour elle

Une maison pour l'encercler

Lui il ira voir les filles
Et puis boira du Mescal

Elle préparera les quezadilles

Et puis ce qu'il mange en général

O la petite fille veut le monde
O c'est trop

Ca les filles elles sont très libres
Mais on les regarde de travers

Elles ont que leurs fesses pour vivre

Elles n'ont plus ni père ni mère

Leurs familles ne veulent plus d'elles
Elles rient des hommes dans les bars

Mais personne personne qui les aime

C'est une autre misère noire

La petite fille veut le monde
Mais son avenir est tout tracé

Sa mère va faire les ménages

Chez les touristes francais

Elle revient avec de la viande
Et des récits très luxueux

La senora est un peu folle

Elle fait rien elle dessine un peu

La petite fille veut le monde
Elle regarde la senora

Elle qui a l'air de l'avoir le monde

Elle est née ailleurs, c'est pour ça.

La petite fille veut le monde
Son avenir est-il tout tracé ?

On prépare une maison pour elle

Où son temps sera encerclé.

Sapho

in EL SOL Y LA LUNA, 1987, EPM

vendredi 28 mars 2008

jeudi 13 mars 2008

Femmouzes T - Olympe universelle....

Femmouzes T - 06 - Olympe de Gouges

Femmouzes T - 06 - Olympe de Gouges

Olympe au naturel
Fille de Pompignan
Olympe universelle
et fille de Montauban (bis)

Olympe tu as 200 ans
et toujours pas démodée
ils sont nombreux les prétendants
à récupérer tes idées
Pourvu que de notre vivant
on les voit se réaliser


Olympe au naturel...

Tu luttes contre les vents, l'éventail des idées
Préconçues ou éventées et sûr que tu as géné
les nantis, les négriers, tes voisins et le clergé

Olympe au naturel...

Olympe de Gouges

Olympe au naturel...


Olympe à droite, Olpympe à gauche, Olympe politisée
(ndlr : d'autre entendront ô l'impolitisée, alors que c'est pour ses idées qu'elle a été guillotinée, des "sangliers" voilant des statues à Annecy, Genève, Paris, Perpignan... au nom de la laïcité, ne sont eux que des xenophobes, j'y reviendrais...sémavox)
Olympe au centre de l'idée
Qu'il était tant désormais
d'accorder même au féminin
les droits du citoyen

Olympe au naturel...

O l'impatiente, ô l'impulsive, ô l'impardonnée
O l'impétueuse, ô l'intrépide, ta tête ils l'ont coupée
Olympe, ô l'impératrice de toutes libertés

la fille de Pompignan
Olympe universelle...

mardi 11 mars 2008

"Homme, es-tu capable d'être juste ?..." Olympe de Gouges


OLYMPE DE GOUGES

guillotinée

1748 - 1793

Perçue comme hérétique


Olympe de Gouges auteure notamment de la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, en 1791.

"Homme, es-tu capable d'être juste ?

C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit.

Dis - moi ? Qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ? Observe le créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne - moi, si tu l'oses, l'exemple de cet empire tyrannique. Remonte aux animaux, consulte les éléments, étudie les végétaux, jette enfin un coup d'œil sur toutes les modifications de la matière organisée ; et rends - toi à l'évidence quand je t'en offre les moyens ; cherche, fouille et distingue, si tu peux, les sexes dans l'administration de la nature. Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef d'œuvre immortel.

L'homme seul s'est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle lumières et de sagacité, dans l'ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles ; il prétend jouir de la révolution, et réclamer ses droits à l'égalité, pour ne rien dire de plus."

La déclaration des droits de la femme et de la citoyenne :
http://www.effet-freudien.com/effetfreudien/Femmes/droits.htm

samedi 1 mars 2008

Une opération de réduction...Monique Wittig


« La catégorie de sexe est une catégorie qui régit l’esclavage des femmes et elle opère très précisément grâce à une opération de réduction, comme pour les esclaves noirs, en prenant la partie pour le tout, une partie (la couleur, le sexe) au travers de laquelle un groupe humain tout entier doit passer comme à travers un filtre. »
M.Wittig
,
La pensée straight. (2001) Paris : Balland, p49

vendredi 29 février 2008

samedi 23 février 2008

Ségolène Royal à Montpellier, journal de France 3, inclus : reportage sur la "chasse" aux arrêts maladie, Vendredi 22/02/2008


Vidéo de Ségolène Royal à Montpellier

Cliquez sur le lien suivant pour visionner
la video de France 3 Languedoc-Roussillon
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=c34b_1920

Inclus dans ce journal un reportage sur la mise en place d'un dispositif dans le Gard et l'Aude sur la chasse aux arrêts de travail abusif, la question soulevée et non des moindres concerne la partialité des organismes de contrôle, rétribués par le patronat lui-même.
La sécurité sociale tendrait-elle à se privatiser ?
Alors que l'argent perçu par ces médecins externes à la CPAM pourrait lui être attribuée directement pour augmenter ses effectifs, non?...
De nouvelles mesures qui nous disent, une fois de plus, comment marcher sur la tête!!!

Sémaphore

ndlr : Remerciements à Kévin pour le lien vidéo http://segolenepour2007.over-blog.com/

vendredi 15 février 2008

Sauvegardons la laïcité de la République : signez la pétition



Sauvegardons la laïcité de la République

55 832 signatures à la date du 14/02/08

Les organisations et personnalités signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République.

La mise en cause de ce principe constitutionnel indispensable à la paix civile est inacceptable.

Depuis 1905, grâce à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, la République assure à chaque citoyen la liberté de conscience, garantit sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix, de n’en pratiquer aucun ou de pouvoir en changer. Elle permet ainsi de vivre ensemble, dans le respect de chacun, quels que soient ses origines, ses choix philosophiques ou ses convictions religieuses.

Dans notre République et notre société multiculturelle, la diversité doit être richesse et non source de conflit. Pour cela, la laïcité, assurant l’égalité en droit des citoyens dans le respect des lois de la République, permet à la fois l’expression du pluralisme des convictions et la recherche de valeurs communes pour construire une communauté de destin.

Dans un monde aujourd’hui global et de plus en plus complexe, où se multiplient les voies d’accès à l’information et aux connaissances, et où explose la médiatisation des événements et de la pluralité des représentations du monde, seule la laïcité permet l’émancipation de tous en favorisant le libre accès au savoir et à la culture et le discernement de chacun pour un libre choix de vie, par une démarche rationnelle et critique faisant toute leur place au doute, à l’imagination et à la créativité.

C’est pourquoi, les organisations et personnalités signataires s’opposeront à toute tentative qui mettrait, de fait, en cause la laïcité par une modification du contenu de la loi de 1905. A l’heure où nos concitoyens éprouvent des difficultés et des inquiétudes croissantes, elles les appellent à promouvoir la laïcité comme une exigence partagée avec la ferme volonté de bâtir ensemble une société où la justice sociale assurera, quotidiennement, pour toutes et pour tous, la liberté, l’égalité et la fraternité.


Signer la pétition ici


Mentions légales
source : http://www.appel-laique.org/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1
Ce site est déclaré à la CNIL sous le numéro : 1275958. Les éléments collectés pour cette pétition ne feront l'objet d'aucune autre utilisation.
Il est administré et modéré par Marie-Sophie Thiroux et Sophie Makowski

mardi 29 janvier 2008

Sabine, la bien aimée billet signé Gérard Lefort



Sur les écrans ce mercredi 30 janvier 2008

Quinzaine des réalisateurs.
Dans «Elle s'appelle Sabine», Sandrine Bonnaire filme sa soeur devenue autiste avec amour mais sans pathos ni concession.

Sabine, la bien aimée

http://www.liberation.fr/culture/cinema/255986.FR.php

REUTERS
Par Gérard LEFORT
QUOTIDIEN : vendredi 25 mai 2007

Elle s'appelle Sabine documentaire de Sandrine Bonnaire (France). 1 h 25.

Sabine est un prénom qui commence comme Sandrine mais qui ne finit pas pareil. Sandrine est Sandrine Bonnaire, une actrice de grande notoriété. Sabine est Sabine Bonnaire, sa petite soeur de 38 ans, autiste. Sandrine a décidé de faire à «Sabine la folle» un cadeau magnifique avec les moyens qu'elle connaît le mieux, les moyens du cinéma. Un film qu'elle a tourné entre juin 2006 et janvier 2007, en Charente, dans un centre d'accueil médicalisé où Sabine vit depuis quelques années. Voilà Sabine, presque trop grosse pour tenir dans le cadre, trop hurlante, trop violente avec les éducateurs quand elle les attaque à la fourchette, trop méchante, surtout avec elle-même quand elle se mord les mains au sang. Sandrine ne détourne pas le regard dans ces moments-là. Mais elle dévisage sa soeur tout aussi longuement lorsqu'elle fait la sieste. Ce n'est plus du cinéma, c'est une caresse sur la joue, c'est un baiser sur le front. C'est incroyable qu'autant d'amour puisse passer dans des images aussi simples. Il y a quelqu'un derrière la caméra qui nous bouleverse parce qu'elle ne se laisse jamais aller, parce qu'elle se tient droite. Et s'il faut un signe de plus que Sandrine Bonnaire est une fille formidable, on voit que souvent son regard traverse sa soeur pour s'inquiéter du genre humain : hommage à l'armée des ombres des éducateurs, attention aux autres et notamment à Olivier, jeune épileptique qu'elle suit dans une promenade virant au calvaire.

Sandrine Bonnaire a mêlé aux images d'aujourd'hui des vidéos d'hier datant de l'époque où Sabine n'était pas encore une personne dépendante mais une gamine rieuse et fantasque, douée pour le piano, et ivre de joie quand sa soeur célèbre réalise son rêve : un voyage à New York, une virée de princesses en Amérique. On voit l'arrivée en Concorde, la belle maison au bord de la mer, les vagues sur la plage, les frangines qui comparent leurs bronzages. On regarde le vent dans les cheveux de Sabine et son bonheur incroyable. Ce qui trouble alors c'est la gémellité entre Sabine et Sandrine, le même soleil dans le sourire, le même voile sombre quand le regard se tourne vers la caméra.

Que s'est-il passé pour que le malheur s'abatte ? En voix off, d'une gravité telle qu'elle interdit les larmes, Sandrine raconte. Le choc quand le frère aîné décède, le départ en province avec sa mère, la dégradation rapide, la violence qui s'installe. Sabine est placée dans un hôpital psychiatrique, puis un autre. Elle y restera cinq ans. A la sortie, elle est irrémédiablement altérée. Depuis 2001, enfin placée dans un centre adapté, Sabine tente de remonter la pente qu'elle a dévalée.
Au coeur de se filme au coeur gros, il y a un soliloque de Sabine sous sa couette : «Tu n'es pas une pute, tu es ma soeur. Tu n'es pas une salope, tu es ma soeur.» Et ceci, qui revient comme une mélopée : «Quand je te quitterai et que tu partiras et que je pleurerai dans tes bras, tu diras que tu viendras me voir demain?» Oui, elle viendra Sandrine, elle viendra toujours... Et nous aussi, qui t'avons vue, Sabine, petite soeur bien aimée.

dimanche 20 janvier 2008

Extrait : " Ecrits sur le génocide " Pier Paolo Pasolini



Extrait : " Ecrits sur le génocide " Pier Paolo Pasolini
Publié le 16 juin 2007 in http://www.archipelrouge.fr/
par dandi alias mauvaise herbe http://mauvaiseherbe.wordpress.com/

" C’est l’angoisse d’un homme de ma génération, qui a vu la guerre, les nazis, les SS, et qui en a gardé un traumatisme profond. Quand je vois alentour des jeunes, qui perdent les antiques valeurs populaires et assimilent les nouveaux modèles imposés par le capitalisme, risquer ainsi une forme de déshumanisation, une forme d’aphasie atroce, une brutale absence de capacité critique, une passivité générale, je me rappelle que c’étaient là les caractéristiques des SS. [...] Ma vision est apocalyptique, c’est sûr. Mais s’il n’y avait pas, à côté d’elle et de l’angoisse qui la produit, un élément d’optimisme - la conviction que l’on peut lutter contre cette dérive - , je ne serais tout simplement pas là, parmi vous, à parler."

Pier Paolo Pasolini

Extrait : " Ecrits sur le génocide " Pier Paolo Pasolini
17 juin 2007, par Sémaphore


« Quand nous lisons, nous ne cherchons pas des idées neuves, mais des idées déjà pensées par nous, à qui la page imprimée donne le sceau d’une confirmation. Les paroles des autres qui nous frappent sont celles qui résonnent dans une zone déjà nôtre – que nous vivons déjà – et la faisant vibrer nous permettent de saisir de nouveaux points de départ au dedans de nous. »


Cesare Pavese
le 3 décembre 1938 dans son journal intime Le métier de vivre
Les mots de Pasolini résonnent en moi, merci de les avoir souligniés pour nous Dandi.

dimanche 16 décembre 2007

Grégoire Debailly, portrait



Grégoire Debailly

vendredi 14 décembre 2007

samedi 8 décembre 2007