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dimanche 7 septembre 2008

Condamnation unanime de la fatwa autorisant le mariage des filles à partir de 9 ans [Fatwa, définition]

Condamnation unanime de la fatwa autorisant le mariage des filles à partir de 9 ans

source: Aujourd'hui le Maroc

La fatwa autorisant le mariage des filles à partir de 9 ans suscite des réactions de réprobation, d’autant plus que cette fatwa édictée par le dénommé Al-Maghraoui véhicule une incitation déguisée à la pédophilie.

Un sentiment de colère, voire d’indignation, prend à la gorge de plus en plus de Marocains, après l’édiction d’une fatwa autorisant le mariage de la fille âgée de 9 ans. L’auteur de cet avis, un fervent disciple du courant wahhabite au Maroc, estime dans cette fatwa qu’ «une fille de neuf ans a les mêmes capacités sexuelles que les filles âgées de 20 ans et plus».

Cheïkh Mohamed Ibn Abderrahmane Al-Maghraoui, puisque c’est de lui qu’il s’agit, semblait avoir besoin d’une icône forte pour se donner bonne conscience et donner à sa fatwa un vernis de légitimité, il s’est alors permis de citer l’exemple du prophète Mohammed affirmant que ce dernier «s’est marié avec Aïcha à l’âge de neuf ans».

Le mufti paraît oublier que le Prophète s’est battu sa vie durant pour que les femmes héritent (au moins la moitié des hommes), que l’excision soit modérée, refusant surtout et catégoriquement que l’on marie une fille de force, sans son consentement. Le flamboyant Maghraoui semble également (et très dangereusement) vouloir se mesurer à une icône religieuse inégalable, l’utilisant comme un prétexte pour légitimer une pratique scandaleuse au regard de notre époque. «L’époque de notre Prophète est complètement différente de la nôtre. Les réalités sociales ne sont pas identiques. L’environnement de l’époque du Prophète favorisait et légitimait ce genre de mariage. De nos jours, un tel mariage serait une véritable injustice vis-à-vis de la fille», relève le député islamiste Abdelbari Zemzmi. Cet ancien prédicateur estime qu’une fille de neuf ans ne déchiffre pas le sens du mariage. «Comment peut-on donc l’obliger à assumer une responsabilité qui demeure inconnue pour elle ? », s’interroge-t-il. «C’est une véritable aberration. Cette fatwa relève d’un univers complètement absurde. Marier une fille de neuf ans, c’est plus que précoce. C’est une tragédie que toute famille refuserait de faire subir à son enfant», relève le député islamiste Abdelbari Zemzmi, indigné. Plus indignée encore, est la présidente de l’Association «Touche pas à mes enfants», Najia Adib. Réagissant à la fatwa en question, la militante associative a dit mettre au défi l’auteur même de la fatwa d’appliquer le même avis à sa propre progéniture. «C’est le monde qui avance à reculons !», s’exclame un observateur, bouleversé à l’idée que, après l’adoption du nouveau Code de la famille, l’on puisse entendre des débilités pareilles. «C’est une incitation déguisée à la pédophilie», se révolte-t-il. «La nouvelle Moudawana limite l’âge du mariage à 18 ans», précise l’ancien imam Abdelbari Zemzmi. «C’est une fatwa absurde dont le seul but pour son auteur est de se faire connaître», observe-t-il, relevant une grosse dérive du rôle même du prédicateur religieux. «Logiquement, le rôle du mufti dans une société est d’aider les individus à résoudre leurs problèmes quotidiens et non pas leur compliquer l’existence plus qu’elle ne l’est déjà», affirme M. Zemzmi. Derrière le marketing médiatique recherché, il y a l’intox d’un mufti qui s’est nourri aux mamelles du wahhabisme, avec ce que cela implique en termes d’extrémisme. Il suffit de rappeler que le dénommé Al-Maghraoui fut accrédité, et très encouragé, en Arabie Saoudite qui est le terreau du wahhabisme. Il n’est donc pas étonnant de voir ce Monsieur Maghraoui, - comme on en a vu des dizaines bien avant lui -, tenir des sornettes pareilles. Mais cela exige de la société marocaine une grande vigilance.

Une mobilisation tous azimuts doit être lancée pour barrer la route devant les visées obscurantistes et intégristes. Car, ces deux maux se nourrissent du silence, qui peut être interprété comme un consentement. D’autant plus que l’hérésie de M. Maghraoui est puisée dans un registre étranger et donc étrange à la tradition marocaine, portée par la lucidité et la tolérance.

ajout :

Fatwa


(Par Eric Timmermans)


Fatwa : Ou Fatawa, Fetva (turc).

Jugement legal, avis religieux qui a force d'orientation légale, sans être lui-même une loi.

La fatwa est généralement délivrée par l'érudit (religieux) du rang le plus élevé (ayatollah, imâm, cadi, etc…), soit du pays, soit du rite auquel il se rattache. On appelle généralement Moufti ou Mufti celui qui émet cet arrêté.

Seules les autorités compétentes peuvent donc émettre des fatwa mais dans les conditions suivantes :

  • 1)D'agir à la suite d'une demande.

  • 2)D'être en conformité avec l'esprit de l'islam.

  • 3)De confronter son opinion avec celle des pairs.

  • 4)D'argumenter.

  • 5)De la formuler clairement.

  • 6)De s'y maintenir, une fois la fatwa prise.
La fatwa exige en outre :
  • 1)Un respect total des conditions de similarité avec des situations vécues par le prophète Muhammad.

  • 2)Une compatibilité totale avec des prédécesseurs connus.
Son champ d'application est normalement limité.

Mais progressivement, des juristes musulmans, voire leurs disciples, ont émis des fatwa, alors que celle-ci peut être autorisée suite à une sollicitation du pouvoir politique mais sans être pour autant légitime au regard de la loi religieuse.

La valeur juridique d'une fatwa peut, comme on le voit, être sujette à nombre d'interprétations.

C'est pourquoi, les fatwas intempestives auraient été condamnées par Muhammad lui-même.

La fatwa la plus célèbre est évidemment la sentence de mort décrétée le 23 février 1989 par Khomeyni contre Salman Rushdie dont le seul crime est d'avoir écrit le livre intitulé "Les Versets Sataniques".


Voir la page d'accueil sur l'Islam



Références
  • L1 : Dictionnaire des symboles musulmans. Rites, mystique et civilisation. Malek Chebel. Albin Michel, 2001.
  • R1 : Revue : Islamisme , peut-on arrêter la contagion ? Le Figaro Magazine, No1193, Sep.2003.


vendredi 13 juin 2008

Dieu ce sont les hommes... Mouron

"Dieu ce sont les hommes
Et un jour, ils le sauront..."


Mouron
envoyé par a_blondel

Je vous invite à découvrir Mouron artiste que l'on entend trop peu sur les ondes, une formidable interprète dont la voix et les mots vous saisisent le coeur et l'âme au plus profond.

Vous vous devez d'aller la voir en concert, ce moment de partage restera gravé dans votre mémoire car il est de ces intants qui ne sont pas solubles dans le sablier des jours passant.

Elle sera sur la scène du théâtre "Le petit Louvre" les 18 & 19 juillet pendant le festival d'Avignon ; puis en octobre à Marseille au théâtre de l'oeuvre et à Paris le 10 novembre au"vingtième théâtre", notez-le dans votre agenda!

Il ne faut pas rater ce rdv là!

Toutes ses dates de concerts ICI :http://mouron.free.fr/htfr/dates.html

Allez musarder sur son site si vous ne la connaissez encore :

(gravissime lacune!)

http://www.mouron.net/


jeudi 28 février 2008

L'oeil de Dieu par Emelire




l'oeil de ‘Dieu’ ...

source : http://femininlemporte.canalblog.com/

220208«Quand la Cour de cassation décide de légitimer l'inscription d'un fœtus comme membre de la famille, cela signifie bien que ce fœtus a un statut. La position de l'Église est que l'on doit agir comme si l'embryon était une personne» extrait de l'article “l'archevêque de Paris veut un statut pour l'embryon” dans le Figaro du 19/02)

ben si c'est pas une preuve de plus que nos droits sont franchement menacés ça ! ...
Emelire
_________________

L'archevêque de Paris veut un statut pour l'embryon
source : Le Figaro
par Agnès Leclair et Delphine de Mallevoüe
19/02/2008
.
Mgr André Vingt-Trois a réaffirmé la position de l'Église après la décision de la Cour de cassation autorisant l'inscription d'un enfant mort-né à l'état civil.

Alors que les débats sur le statut du fœtus viennent d'être ravivés par la Cour de cassation qui a autorisé l'inscription d'un enfant mort-né à l'état civil, les évêques de France ont engagé hier une réflexion sur «les débuts de la vie humaine». La thématique de ce rassemblement annuel a attiré une soixantaine d'évêques.

À l'occasion de ce travail doctrinal de trois jours à Rennes, Mgr André Vingt-Trois, l'archevêque de Paris, a appelé à la définition d'un statut de l'embryon et du fœtus. «Quand la Cour de cassation décide de légitimer l'inscription d'un fœtus comme membre de la famille, cela signifie bien que ce fœtus a un statut. La position de l'Église est que l'on doit agir comme si l'embryon était une personne», a-t-il déclaré dans une interview à Ouest France. Pour l'Église catholique, le début de la vie humaine commence dès la conception.

La plus haute juridiction s'est appuyée sur l'article 79-1 du Code civil pour en conclure qu'un fœtus, même s'il a moins de 22 semaines et pèse moins de 500 grammes critères retenus par l'OMS peut trouver sa place sur un livret de famille. Si elle n'a pas reconnu le fœtus comme une personne, cette décision a entraîné de nombreuses prises de position parmi les défenseurs de l'avortement comme chez les anti-IVG.

En France, l'Église catholique, même si elle condamne l'avortement, semble rester en retrait sur la question. Les évêques, qui dénoncent la «chosification» du fœtus et de l'embryon, soulignent que la Cour de cassation va dans leur sens. «Il y a une continuité entre la première cellule et un être humain de 80 ans. Ne devient pas humain ce qui n'a pas été humain», estime M gr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes et président du groupe de travail sur la bioéthique à la conférence des évêques de France. «La loi française dit bien que l'avortement n'est pas légalisé mais dépénalisé. Le principe de la loi de Simone Veil était d'aider les femmes en situation de détresse. Maintenant, il nous faut à la fois venir au secours du fœtus et de la mère, membres de la même famille, en privilégiant des solutions telles que l'adoption», précise-t-il.

«Si l'Église s'est montrée timide voire gênée ces dernières années dans ce débat, on se sent plus soutenu par elle aujourd'hui», dit Paul Ginoux Desermon, président de Trente ans ça suffit, une association militant contre la loi Veil. Selon ce dernier, six évêques ont rejoint la marche organisée en janvier alors qu'ils n'étaient que quelques-uns les années précédentes.

Les débuts de la vie humaine

«Cette question n'est pas au centre du discours de l'Église, contrairement aux évangélistes américains qui en ont fait leur cheval de bataille. Même si les dé­cisions de la Cour de cassation pourraient donner aux autorités ca­tholiques des arguments pour reprendre leur combat contre la loi Veil, je ne pense pas que ce soit leur volonté. Pas plus que je ne pronostique un revirement de la législation sur l'IVG», analyse, pour sa part, le Pr Axel Kahn qui a exposé hier aux évêques de France les dernières avancées en matière de génétique.

Également invité, le Dr Dominique Le Lannou, directeur du Cecos à Rennes, a fait part d'un point de vue scientifique sur les débuts de la vie humaine. Ces éclairages permettront aux évêques de se préparer en vue de la révision, en 2009, des lois de bioéthique.

«L'Église a sa place dans ce débat, affirme Axel Kahn. Elle fait partie de l'opinion publique, représente une classe importante de citoyens et peut faire faire valoir son analyse.» Mgr Pierre d'Ornellas ajoute : «Il faut aider la science à garder raison. Nous voulons par exemple encourager la recherche sur les cellules souches adultes, qui a d'ores et déjà donné des résultats.» Pourquoi se concentrer sur les cellules souches de l'embryon, a également relevé Mgr André Vingt-Trois : «On fait rêver le grand public en lui promettant la guérison des maladies de Parkinson et d'Alzheimer ?» Mais, après des années de recherche, assure-t-il, il n'y a pas de progrès notables.

vendredi 15 février 2008

Sauvegardons la laïcité de la République : signez la pétition



Sauvegardons la laïcité de la République

55 832 signatures à la date du 14/02/08

Les organisations et personnalités signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République.

La mise en cause de ce principe constitutionnel indispensable à la paix civile est inacceptable.

Depuis 1905, grâce à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, la République assure à chaque citoyen la liberté de conscience, garantit sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix, de n’en pratiquer aucun ou de pouvoir en changer. Elle permet ainsi de vivre ensemble, dans le respect de chacun, quels que soient ses origines, ses choix philosophiques ou ses convictions religieuses.

Dans notre République et notre société multiculturelle, la diversité doit être richesse et non source de conflit. Pour cela, la laïcité, assurant l’égalité en droit des citoyens dans le respect des lois de la République, permet à la fois l’expression du pluralisme des convictions et la recherche de valeurs communes pour construire une communauté de destin.

Dans un monde aujourd’hui global et de plus en plus complexe, où se multiplient les voies d’accès à l’information et aux connaissances, et où explose la médiatisation des événements et de la pluralité des représentations du monde, seule la laïcité permet l’émancipation de tous en favorisant le libre accès au savoir et à la culture et le discernement de chacun pour un libre choix de vie, par une démarche rationnelle et critique faisant toute leur place au doute, à l’imagination et à la créativité.

C’est pourquoi, les organisations et personnalités signataires s’opposeront à toute tentative qui mettrait, de fait, en cause la laïcité par une modification du contenu de la loi de 1905. A l’heure où nos concitoyens éprouvent des difficultés et des inquiétudes croissantes, elles les appellent à promouvoir la laïcité comme une exigence partagée avec la ferme volonté de bâtir ensemble une société où la justice sociale assurera, quotidiennement, pour toutes et pour tous, la liberté, l’égalité et la fraternité.


Signer la pétition ici


Mentions légales
source : http://www.appel-laique.org/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1
Ce site est déclaré à la CNIL sous le numéro : 1275958. Les éléments collectés pour cette pétition ne feront l'objet d'aucune autre utilisation.
Il est administré et modéré par Marie-Sophie Thiroux et Sophie Makowski

mardi 12 février 2008

A Bagnols-sur-cèze,(30,Gard) une affiche de théâtre privée d'affichage

voir l'affiche ici :
http://archipelrouge.blogspot.com/2008/02/cachez-ce-balcon-que-je-ne-saurai-voir.html

Source : Midi Libre

Édition du mardi 5 février 2008


A Bagnols, une affiche de théâtre privée d'affichage



Théâtre / Polémique L'affiche que la mairie a fait interdire Jacques Pouradier- Duteil estime être dans son rôle d'élu laïque en prenant cette décision« L'affiche est une continuité artistique »

Est-il opportun d'interdire dans les emplacements municipaux une affiche qui annonce Le Balcon, une pièce de théâtre de Jean Genet, auteur quelque peu sulfureux ? « Oui » répond Jacques Pouradier Duteil, l'adjoint à la culture de Bagnols-sur-Cèze, qui estime être dans son rôle d'élu laïque en prenant cette décision. Selon lui, « cette affiche peut blesser une partie de mes concitoyens ».

L'affiche litigieuse, décrite par Fred Tournaire, son auteur et metteur en scène de la pièce, comme « une continuité artistique », et qui évoque « un fantasme », présente en avant-plan
un homme habillé en mariée portant un autre homme évoquant le Christ. « C'est une provocation volontaire », rétorque l'élu qui se défend de tout électoralisme, étant en effet candidat UMP aux cantonales sur Bagnols. « J'aurais fait la même chose l'an dernier. » Le metteur en scène, lui, s'étonne et n'entend pas choquer. « Il n'y a rien de pervers là-dedans. » La pièce, créée en novembre dernier, a déjà été jouée quatorze fois dans l'Hérault, les PO et la Lozère, sans que l'affiche ait été interdite.

F. G.

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Polémique : L'affaire du "Balcon" provoque de vives réactions

Édition du jeudi 7 février 2008




Polémique Quand l'affiche interdite devient électorale La liste d'union de la gauche appelle la population à venir soutenir la pièce ce soirThêatre : le rideau se baisse sur l'affaire du "Balcon"


La mairie de Bagnols a fait interdire l'affiche d'une pièce de théâtre jugée provocante


Comme coup de pub, on pouvait difficilement faire mieux. "Le Balcon" de Jean Genet, du moins la version proposée demain soir au centre culturel (lire ci-contre) par la compagnie montpelliéraine "Pourquoi pas les Thélémites", aura eu droit à une première partie des plus polémiques signée Jacques Pouradier Duteil. L'interdiction d'affichage sur les espaces municipaux, annoncée par l'adjoint au maire délégué à la culture et au patrimoine, et présentée comme la décision d'un « élu laïque »,
souhaitant faire en sorte « que chacun soit respecté dans sa foi et ses convictions », a fait réagir plusieurs lecteurs de Midi Libre.


Pour l'interdiction.


Charles de Taxis du Poet : « L'affiche annonçant "Le balcon" a un fort caractère publicitaire de très mauvais goût. Elle exprime une dominante de bêtises avec ce mélange de drogue, de passion ou autre collage de parapluies... Son regard sur la religion est tellement déplacé et farfelu qu'il en devient honteux et ridicule. Cette affiche n'est pas belle, elle n'attire pas vers le haut et le vers mieux. Ces symboles grotesques n'ont rien à faire dans un affichage municipal. L'interdiction me semble adaptée à l'aspect négatif de l'affiche. »

Contre l'interdiction.


Bernard Rouil : « M. Pouradier Duteil se dit peut-être laïque, mais il n'est pas démocratique en interdisant cette affiche, tel est mon point de vue. »

Vincent Causse et Pierrette Pasquini Houille :

« Si Jacques Pouradier Duteil estime être dans son rôle d'élu laïque en prenant la décision d'interdire une affiche qui pourrait heurter les convictions de certains de ses concitoyens, il se trompe : la laïcité n'a pas vocation à créer une censure religieuse, bien au contraire. Elle a justement pour essence de combattre cette censure. Cela relève de l'ineptie »

« La séparation des églises et de l'État permet une libre expression indépendante de toute pression philosophe ou religieuse. L'Etat ne reconnaît pas les notions de "sacré" ou de "blasphématoire". La liberté de conscience respecte les droits de croyance et de non-croyance, mais n'interdit pas de critiquer ces croyances , précisent ces deux représentants de l'amicale Laïque de Bagnols Ufal Bagnols , c'est ce que n'avait pas compris M. Roubaud quand il voulait rétablir le "délit de blasphème". Cette tentative liberticide heureusement avortée réapparaît aujourd'hui déguisée par M. Pouradier au nom d'un prétendu "respect mutuel" et d'une conception du principe de laïcité qui relève de l'ignorance.

Que M. Pouradier ait fait le choix d'interdire une affiche illustrant un spectacle qu'il avait lui-même programmé est déjà une incohérence. Qu'il le fasse au nom d'une bienséance contestable en faisant fi de la liberté de création artistique en est une autre. Qu'il invoque pour justifier son choix la laïcité est tout à fait choquant et dénote une méconnaissance totale d'un principe universel qui est celui de la liberté de conscience et de la libre expression dans la sphère publique. »
« Chacun a le droit de ne pas aimer une affiche, de la louer ou de la critiquer mais la soustraire aux regards sous des prétextes de bienséance relève d'une conception obscurantiste, ajoutent ces deux lecteurs bagnolais, M. Pouradier a fait son choix, qu'il l'assume pour ce qu'il est : une censure et qu'il ne se permette pas d'invoquer la laïcité pour le justifier. »

De nombreuses personnalités politiques montent actuellement au créneau dans cette affaire.

samedi 9 février 2008

Turquie: le Parlement légalise le port du voile à l'université, le pays reste divisé


Nur Serter,femme politique turque, parlementaire CHP : "Le voile divise le pays (...) il (le foulard) réduit les femmes en citoyens de deuxième classe"

Turquie: le Parlement légalise le port du voile à l'université, le pays reste divisé



ANKARA (AFP) — Le Parlement turc a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi un amendement constitutionnel autorisant le port du voile dans les universités, une mesure qui divise la Turquie musulmane mais strictement laïque.

Le nouveau président de la Cour de cassation turque a appelé jeudi le Parlement à ne pas éroder le régime laïc en place en Turquie.

"Bien sûr, faire des amendements légaux et constitutionnels est une des fonctions primaires et naturelles du Parlement, mais cette autorité ne doit pas être utilisée pour affaiblir la laïcité", a déclaré à la presse Hasan Gerçeker, nouvellement élu à la tête de la Cour, lors de sa cérémonie d'investiture.

Au terme d'une série de vote sur des amendements proposés, ceux-ci ont largement obtenu la majorité des deux-tiers des voix requise pour une modification de la Constitution.

L'article clé du projet déclare notamment que "personne ne peut être privé de son droit à l'éducation supérieure", allusion aux jeunes femmes voilées.

Un deuxième tour de vote est prévu samedi pour finaliser l'ensemble de la révision proposée par le parti issu du mouvement islamiste au pouvoir AKP et un parti d'opposition nationaliste MHP.

Le projet a soulevé une levée de boucliers des milieux laïcs et de l'opposition social-démocrate qui affirment qu'il érode les principes laïcs de la Turquie et qu'il risque d'entraîner l'accès des femmes voilées à la fonction publique et aux écoles, strictement interdite actuellement.


Le gouvernement du Parti de la Justice et du développement (AKP) assure défendre la liberté individuelle des étudiantes musulmanes et estime que cette réforme s'inscrit dans le processus d'adhésion à l'Union européenne. La révision devrait mettre fin à une jurisprudence obligeant les étudiantes à se dévoiler.

Le camp pro-laïc - l'armée, la magistrature et l'administration universitaire - perçoit le foulard comme le symbole de l'islam politique, dans ce pays au régime laïque mais dont la population est musulmane à 99%.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, un ancien islamiste, a voulu dissiper les craintes, assurant que le projet ne visait qu'à permettre "aux filles de ne plus attendre devant les portes des universités".

Les orateurs de sa formation ont soutenu lors des discussions que le projet allait dans la voie du caractère séculier du régime en atténuant les discriminations dont font l'objet, selon eux, les étudiantes portant le hijab.

Les épouses et les filles de la plupart des dirigeants de l'AKP sont voilées. L'amendement doit encore être approuvé par le chef de l'Etat, Abdullah Gül, un ancien poids lourd de l'AKP, dont la femme se couvre également la tête, et qui avait milité en faveur de l'abolition de cette interdiction.

Le parti d'opposition CHP (Parti républicain du peuple), pour qui "le projet défie la République laïque", a annoncé qu'il saisira la Cour constitutionnelle pour le stopper, après sa ratification par M. Gül.

"L'objectif, c'est d'éroder la laïcité", a lancé devant les députés Kemal Anadol, vice-président du groupe parlementaire du CHP.

Pour les laïcs, l'acceptation du foulard sur le campus risque d'accentuer la pression des religieux sur les femmes. Ils redoutent ainsi que "la pression du quartier" ne pousse les étudiantes non voilées à se couvrir.

Nur Serter, parlementaire CHP, a accusé l'AKP de vouloir "exploiter" les sentiments religieux pour des visées électorales, notamment lors des élections municipales prévues en 2009 et de faire de la Turquie "un Etat islamique".

"Le voile divise le pays (...) il (le foulard) réduit les femmes en citoyens de deuxième classe", a-t-elle encore dit.

Samedi, une vaste manifestation s'était tenue à Ankara contre la révision.

Les recteurs d'universités se sont aussi élevés contre le projet. Celui-ci ne satisfait pas davantage les milieux religieux car les critères sur le type de foulard autorisé (le fichu traditionnel noué sous le menton, et non le foulard enveloppant la tête et couvrant le cou, le "turban"), impliquent l'exclusion des femmes qui ne porteront pas celui préconisé.