Affichage des articles dont le libellé est Droit à la santé. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Droit à la santé. Afficher tous les articles

lundi 27 octobre 2008

Infiltré en maison de retraite : mon analyse

Infiltré en maison de retraite : mon analyse


vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=ve0wXMdSsVk&feature=related

Par William Rejault

J'ai regardé le documentaire "Les Infiltrés" sur le "scandale des maisons de retraite". Je travaille dans le milieu médical depuis 1995, auprès de personnes dépendantes depuis 2002 (handicap ou vieillesse) et je n'ai rien vu de surprenant dans ce reportage.

Oui, il y a deux personnes non-qualifiées pour 36 résidents, à nettoyer en moins de trois heures. Pourquoi non qualifiées? Elles coûtent moins cher, tiennent plus à leur poste et, en conséquence, obéissent plus aux ordres ubuesques que du personnel diplômé. Double avantage d'embaucher une auxiliaire de vie à la place d'une aide-soignante: on économise plus de cent euros par mois et elle reste plus longtemps en place, sans trop se plaindre.

Pourquoi seulement deux personnes pour 36 résidents ? Mais parce que la loi le permet, parce que le marché l'impose parfois (d'importants groupes privés possèdent des maisons de retraite qui rapportent plus que la bourse...et sont considérées comme un placement sûr! Forcément, elles ne vont ni disparaître, ni dégringoler) ou, plus grave, parce qu'on ne trouve personne pour faire le boulot! Qui veut aller passer dix heures par jour, en semaine comme en week-end (le dimanche n'est pas payé double chez les soignants, pour info), jour férié ou pas, à travailler vite et mal, en fermant les yeux pour ne pas voir l'abandon, en se bouchant les oreilles pour ignorer les suppliques (trop nombreuses pour y répondre), les mains dans la merde, la souffrance ou les escarres, pour 900 euros par mois? Qui voudrait de ce travail?

Oui, les aides-soignants font le travail de l'infirmière: ils assument des pansements d'escarre parfois complexes (et potentiellement dangereux pour la personne atteinte), distribuent des médicaments sans vérifier leur prise ou connaître leur toxicité. Pourquoi et comment laisse-t-on faire? On laisse faire car il n'y a plus assez d'infirmières en France. Elles n'ont pas été formées en nombre dans les années 90 et, malgré l'ouverture en grand des écoles (nommées IFSI) récemment, les candidats ne se bousculent pas pour s'asseoir sur les bancs. La raison? Le salaire, bien évidemment, non valorisé depuis des années (Roselyne Bachelot a avoué qu'une augmentation des infirmières coûterait plus de 3 milliards à l'Etat et s'est contentée de louer...leur dévotion), la non-reconnaissance du diplôme (39 mois d'études reconnus Bac+2), l'effroyable explosion des responsabilités, liées au manque de médecin... mais surtout les conditions de travail, se dégradant lentement depuis une vingtaine d'années, de façon méthodique et organisée, si vous voulez mon avis. On pousse les gens à payer pour avoir du soin privé de qualité, en laissant se dégrader le soin public. C'est un choix politique. Comme aux Etats-Unis, en France, désormais et dans l'avenir, il y aura deux façons de se soigner: en sortant la carte bleue ou en sortant la carte Vitale.

Oui, on laisse "croupir" (pour reprendre le terme d'une dame dans le reportage) les vieux dans les maisons de retraite, mais pas dans toutes. Je ne vais pas vous mentir, cependant, 80% des vieux que j'ai croisés en 13 ans de pratique sont laissés seuls, livrés à eux-même pendant la journée. Ils se chient dessus (mais ils ont une couche, changée de façon plus ou moins régulière), meurent de faim (avec un plateau abandonné devant eux mais personne pour porter une cuillère à leur bouche) et contemplent la télé ou des murs écaillés, attendant la mort. Rarement on leur parle, rarement on les stimule. Pas le temps, pas le personnel, pas l'argent pour embaucher une animatrice, une ergothérapeute. Je noircis le tableau? Vous le pensez sincèrement? Le reportage des "Infiltrés" a le mérite de raconter comment la France gère et va gérer de plus en plus ses vieux: comme elle le peut ou comme elle le souhaite, en détournant le regard.

Une dernière réflexion: un reportage de M6, l'an passé, montrait une maison de retraite, en plein Paris, illégale et clairement maltraitante, plus de cent vieux, enfermés à l'intérieur, attendaient la mort en subissant les soins (?) quotidiens. La DDASS avait demandé la fermeture administrative et l'avait obtenue...mais personne n'était venu fermer la résidence, qui est encore ouverte. Qu'allait-on faire de cent vieux, une fois fermé le mouroir? Où les mettre? A qui refiler le bébé?

Coluche disait avec beaucoup de justesse qu'il aurait mieux aimé "mourir de son vivant". Pour tous ceux qui crèvent à petit feu, sans la moindre dignité, pour vos parents et pour vous, aussi, un jour, je vous souhaite de mourir surtout sans votre conscience ou toute votre tête: ce qu'il reste après la perte d'autonomie n'est franchement pas beau à voir.

vendredi 3 octobre 2008

FMO : Fédération des maladies orpheline>pétition contre la suppression du plan maladies rares

Fin du Plan maladies rares : les raisons de notre inquiétude

Nous: malades, enfants, parents, amis, sœurs, frères, proches, maris, femmes, compagnons, professionnels de santé, voulons marquer notre inquiétude. Inquiètes et inquiets, nous le sommes de la fin programmée par le gouvernement du Plan Maladies Rares.

Dramatique, le désengagement de l’Etat transformerait chaque jour de l’année 2008 en un pas de plus vers le retour à l’invisibilité meurtrière. Refusant cette fatalité, nous nous mobilisons en demandant solennellement au gouvernement de ne pas oublier les 4 millions de malades porteurs de maladies orphelines.

Nous avons reçu un mot de la FMO (fédération
des maladies orphelines). Roselyne Bachelot veut mettre un terme au
plan maladies rares, et le seul moyen de faire changer les choses c'est d'obtenir au mois 100 000 signatures. Cela ne marche que par internet.
Il faut aller sur le site, et signer, c'est gratuit et ça prend une
minute seulement.
Il reste peu de temps et nous avons seulement 45 000 signatures pour le
moment. Un grand Merci de bien vouloir nous aider, et faire circuler ce
message à un maximum de personnes.

Pétitions : http://www.fmo.fr/petition/

dimanche 13 avril 2008

Les franchises médicales : une mesure obscène, Manif du 12 avril (video)



les franchises médicales
..."cette mesure elle est stupide, elle est injuste, elle est immorale, je dirai même qu'elle est obscène et ils l'ont prise les yeux ouverts"...
Dr Christian LEHMANN

Urgences en état de choc

Cette enquête menée par le journal l’Express en Juillet 2002 auprès des urgentistes est très significative du malaise généralisé autour de la santé publique et les symptômes ici diagnostiqués n’ont toujours pas bénéficié d’un traitement approprié ; c’est le moins que l’on puisse dire ! Et « rien ne serait pire que de vouloir régler la situation à coups de restrictions budgétaires. »

sémaphore

Urgences en état de choc

source : L’Express.fr

par Vincent Olivier

Manque de lits, pénurie de médecins, malaise face aux 35 heures... Rien ne va plus dans ces services hospitaliers sensibles, où l’on se démène avec les moyens du bord. Et où l’on se demande si, en définitive, ce n’est pas tout le système de santé qui est malade

« Bon Dieu ! Il est où, l’extraterrestre ? » Personne ne sait. L’extraterrestre a disparu. Il était arrivé tout seul, en pleine nuit, à l’hôpital Saint-Antoine (Paris). Il affirmait qu’il ne connaissait pas son nom et que des voix lui parlaient. Puis il s’est envolé. Le Dr Patrick Pelloux s’inquiète : « Il faut le retrouver. Même si ce type-là n’est pas forcément dangereux, mieux vaut l’examiner. » Deux aides-soignants se lancent à sa poursuite dans l’établissement. Et reviennent bredouilles, dix minutes plus tard. Pas le temps de chercher davantage, les pompiers viennent de déposer un patient.

C’est cela, les urgences. Un lieu où tout le monde peut venir, pas seulement le Samu ou les ambulances. Un concentré de la « vraie vie ». Avec des dingues et des gens normaux. Des doux et des violents. Des patients désemparés et d’autres qui rigolent, peut-être soulagés d’avoir échappé au pire. Avec aussi des accidents de la route, des crises cardiaques, des malades qu’il faut sauver en quelques minutes. Avant de les hospitaliser. Et c’est là que les choses se corsent. « C’est devenu un sport national : passer des heures au téléphone à essayer de trouver un lit pour un patient », constate Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf). Certains restent deux jours sur un brancard, baladés de couloir en couloir. Ou une semaine dans un « lit-porte », prévu en principe pour 24 heures. Et se retrouvent finalement à 30, voire 70 kilomètres de leur domicile. Exceptionnel ? Plus vraiment. Au point que le ministre de la Santé, Jean-François Mattei, a demandé aux directeurs d’hôpital de rendre régulièrement des comptes à partir du 5 juillet.

Un conseil : cet été, mieux vaut éviter les services d’urgence. Oh ! on ne risque pas d’y mourir faute de soins ; en cas de nécessité vitale, la prise en charge se fera correctement. Mais pour le reste... Préparez-vous à attendre des heures, à souffrir et à faire preuve de patience. Bref, réfléchissez à deux fois avant d’y aller. Car la situation sera « pire que difficile », prévoit Jean-Louis Pourriat, de l’Hôtel-Dieu, à Paris. « Plus exacerbée que jamais », selon Jean-Marc Gelly, du centre hospitalier de Salon-de-Provence. « On voit déjà des cancéreux débarquer parce qu’ils en ont marre d’attendre une chimiothérapie sans cesse repoussée. C’est le merdier partout », résume sans ambages Patrick Pelloux.

Un personnel épuisé, écœuré

Des exemples ? Deux médecins seulement pour assurer jusqu’à la fin d’août, 24 heures sur 24, la permanence des soins à Tourcoing, comme à Mâcon. Trois praticiens à Cannes et à Salon-de-Provence, dont l’un doit pouvoir partir à tout moment en ambulance. Aucune permanence sur l’île d’Oléron. Et ça ne va pas s’améliorer : l’hôpital est comme un sablier dont les urgences constitueraient le goulet d’étranglement. En amont, les généralistes n’ont plus le temps d’assurer leur rôle de médecins de famille. Ils n’acceptent d’ailleurs plus de gardes depuis la mi-novembre ; certains y ont pris goût et n’entendent pas faire d’efforts particuliers cet été. En aval, pour une hospitalisation éventuelle, les lits se libèrent au compte-gouttes. Au milieu, c’est-à-dire aux urgences, les patients sont reçus par un personnel épuisé, écœuré de telles conditions de travail.

Pis, lorsqu’un établissement veut embaucher, ce sont les médecins qui manquent. A Saint-Malo, par exemple, malgré une moyenne journalière de 100 patients - avec des pointes à 160 - aux urgences, l’hôpital va fermer cet été le service de chirurgie viscérale, ainsi qu’une dizaine de lits en médecine. Du coup, la direction avait prévu, et budgété, cinq semaines de remplacement. Peine perdue : « J’ai déniché un médecin pour les quinze premiers jours, mais pour la suite on ne trouve pas. Je suis dégoûté », confie le chef de service Yann Sablé. Car, dès 1997, l’hôpital de Dinard, situé à une dizaine de kilomètres, avait prévu de fermer définitivement ses urgences le 31 décembre 2001. On avait alors demandé à ce praticien de proposer une solution concrète. « Mon projet - une antenne médicale permanente à Dinard - avait été accepté par les autorités sanitaires, se souvient-il. Mais, quand j’ai demandé des moyens supplémentaires, personne n’a eu le courage ni même la politesse de me répondre. Conclusion : une activité en hausse de 15% depuis le début de l’année et un été qui s’annonce catastrophique. »

A l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), qui concentre le tiers des urgences en Ile-de-France et la quasi-totalité à Paris, on reconnaît aussi que la situation sera difficile. Mais on espère limiter la casse. « Aucune structure d’accueil ne sera fermée, et la capacité en lits d’urgence sera assurée à 91%. Dans les autres services, nous visons à maintenir le potentiel qui réponde à notre capacité d’offre de soins », assure Patrick Camphin, chargé de mission sur ce thème à l’AP-HP. Traduction concrète de ce jargon administratif : les services concernés (orthopédie, chirurgie, réanimation...) devraient être « globalement ouverts à 78% durant l’été ».

Un chiffre qui fait hurler les médecins concernés. D’abord, parce qu’en août ce taux officiel tombe à 73%, avec des écarts importants selon les établissements et les services. Rien d’impossible, donc, à ce que ponctuellement on en arrive à 60%, voire 50%... Mais, surtout, les prévisions optimistes de M. Camphin ne convainquent personne. « Moi, je ne choisis pas mes malades, je prends ce qui vient. Et, contrairement à ce qu’affirme la direction, il n’y a pas de baisse de la fréquentation des urgences en juillet. Parfois même elle augmente », constate Patrick Werner, responsable du service d’anesthésie-réanimation à l’hôpital Beaujon (Clichy). Sans doute, mais le problème ne vient pas de nous, répond en substance Patrick Camphin. Il vient des autres, de tous les établissements de court et moyen séjour (hors AP-HP) qui sont déjà débordés, notamment en raison des vacances et des 35 heures.

Ah ! les 35 heures : depuis plusieurs mois, elles alimentent toutes les conversations à l’hôpital. Rarement en bien. C’est « une catastrophe qui a fait disparaître la culture du travail », lance Daniel Loisance, chef du service de chirurgie à l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil (Val-de-Marne). « Une fracture instaurée entre les permanents et les autres », nuance Patrick Pelloux. « Une aggravation de phénomènes antérieurs », ajoute M. Gotzman, directeur des relations humaines (DRH) à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. Dans cet établissement, par exemple, la mise en place des 35 heures va générer 87 emplois supplémentaires d’ici à 2005 pour le personnel paramédical. Pour l’ensemble de la fonction publique hospitalière, cela signifie 45 000 embauches en trois ans, dont 10 000 dans le champ médico-social. « Cela a provoqué un énorme appel d’air : tout le monde recrute, on s’arrache les gens. Jamais le turnover n’a été si important. Chez nous, il a même doublé depuis le début de l’année », constate M. Gotzman.

Budget irréaliste

Seuls ceux qui ont anticipé très en amont s’en sortent. Ainsi, à Caen, la clinique de la Générale de santé (premier groupe privé européen) a-t-elle signé un protocole d’accord dès juin 1999. Et effectué les premières embauches l’année suivante, « à une époque où la pénurie d’infirmières n’était pas encore trop criante, remarque Hugo Vuillaume, DRH de l’établissement. Car, en mars 2000, le marché de l’emploi s’est brusquement renversé, et, aujourd’hui, il n’y a presque plus de personnel disponible ». Ce n’est pas l’AP-HP qui dira le contraire. Selon M. Gonin, responsable adjoint du personnel, il manque aujourd’hui 150 infirmières de bloc opératoire, sur un total de 760 !

En cause : le « budget global », une enveloppe financière fixée à l’avance pour chaque établissement et soumise à des hausses annuelles irréalistes (+ 1,5% par exemple, quand les dépenses de santé augmentent dans le même temps globalement de 6 à 7%). Une enveloppe, surtout, qui ne prend en compte ni les progrès thérapeutiques, toujours plus coûteux, ni le vieillissement naturel de la population. A cela viennent s’ajouter des normes de sécurité de plus en plus drastiques (matériel, salles de réveil, présence de personnel...). Difficile de conserver le même volume d’activité quand, de surcroît, le nombre de médecins ne cesse de baisser en France.

En ce sens, les 35 heures ne font que cristalliser un malaise beaucoup plus profond. Chez les urgentistes d’abord, qui se battent actuellement pour ne pas dépasser... 48 heures par semaine, puisque, malgré un accord signé l’automne dernier avec Bernard Kouchner, les décrets d’application ne sont toujours pas parus. D’où une grève des gardes envisagée, si le paiement des heures supplémentaires (300 euros par tranche de 12 heures effectuées) n’est pas accepté : « On part pour un combat très dur, mais on ne cédera pas », prévient Patrick Pelloux, pour qui ce n’est même pas une question d’argent. « Ma fille aînée a 10 ans. Depuis sa naissance j’ai effectué plus de 600 nuits de garde. Faites le calcul : cela représente deux années entières sans la voir. »

C’est un même sentiment de lassitude et d’incompréhension qui domine chez les infirmiers et les aides-soignants. « La direction nous parle flux, régulation ou redéploiement d’effectifs. Pendant ce temps, nous, on se fait insulter, parfois même cracher à la figure », dit l’un d’eux, en poste depuis douze ans. « On frôle régulièrement l’émeute », ajoute un autre, qui avoue « comprendre l’exaspération de ceux qui attendent des heures ». D’où, sans doute, ce constat de M. Gotzman : « En fait, les 35 heures n’ont suscité ni espoir ni attente. Juste une revendication : des emplois ! »

Hospitalisation pirate

Car il faut bien répondre à l’attente des patients, « toujours plus nombreux à pratiquer le système TTM : Tout de suite, Tout le temps, pour Moi », constate le Dr Bruno Mangola, chef de service à Mâcon. Comme ce père qui débarque en hurlant que son fils est gravement blessé, alors que le bleu à la jambe aura disparu le temps qu’il soit pris en charge. Ou encore cette anecdote rapportée par un médecin du Samu : « Un homme appelle, paniqué parce que, nous dit-il, sa femme a commencé à accoucher. Quand nous arrivons, nous apercevons madame sur le pas de la porte, une valise à la main. Et monsieur nous explique que sa voiture est en panne. Ils en étaient à leur neuvième enfant et n’habitaient qu’à un kilomètre de la maternité... »

Des histoires comme celles-là, les urgences en regorgent. Elles ne sauraient toutefois justifier à elles seules les dérives de notre système de santé. Est-il normal, par exemple, que certains services utilisent autant de personnel étranger, taillable et corvéable à merci, bref qu’ils aillent « piquer des médecins polonais ou autres pour les faire bosser à bas prix » ? s’interroge Patrick Pelloux. Est-il acceptable qu’un médecin se présente aux urgences de Saint-Malo parce qu’il n’a trouvé aucun généraliste pour faire un point de suture sur le crâne de son fils ? Est-il légitime de développer « un système extrêmement pervers, selon Patrick Werner : faute de lits, on laisse le malade sur un brancard une journée, voire 24 heures. Conséquence, cette hospitalisation pirate n’est pas facturée. En cinq mois, cela s’est déjà produit 500 fois à l’hôpital Beaujon ».

Plus inquiétante encore, cette histoire survenue dans le sud de la France : il y a quelque temps, un urgentiste se voit imposer une garde de 72 heures consécutives. Pour se dégager d’une éventuelle responsabilité ultérieure, il exige un papier officiel. Qu’il obtient dans la demi-heure, signé sans états d’âme par le directeur. Alors, devant de tels dérapages, la tentation est grande de recourir à des formes d’action plus dures. A Saint-Malo, par exemple, l’ensemble des 25 chefs de service ont abandonné leurs fonctions officielles au sein de l’établissement. A Salon-de-Provence, le Dr Gelly vient d’envoyer une lettre à la direction pour lui annoncer qu’il allait appliquer unilatéralement les accords signés par Bernard Kouchner. « Cela ne m’a valu qu’un haussement d’épaules, se désole-t-il. Comme d’habitude, on se fera réquisitionner... »

Il existe pourtant des alternatives au séjour à l’hôpital. Encore faudrait-il les valoriser. « On en est loin, constate le Pr Pourriat : un bon service d’orientation suppose qu’on y reste le moins de temps possible. Or, si je gère bien mon service, je suis pénalisé financièrement. Il faut revoir cette logique. » Il faut aussi mieux expliquer aux patients ce qu’est une urgence vitale. Rappeler également que, malgré une idée tenace, l’hôpital n’est pas gratuit, même aux urgences, même après 20 heures. Ainsi, une nuit d’ivresse qui se finit sur un brancard avec une étroite surveillance est facturée 920 euros. Dont près de 130 resteront à la charge du patient.

Sans doute tout cela passe-t-il par une éducation du public, afin de le faire sortir de ce « consumérisme médical. Mais cela ne suffira pas. Il faut aussi faire évoluer la mentalité des praticiens libéraux », note fort justement le Dr Mangola. Et il évoque cette situation paradoxale qui n’est malheureusement pas propre à Mâcon : des médecins réquisitionnés par le préfet pour assurer les astreintes de garde, qui renvoient vers les urgences les pathologies bénignes, préférant se réserver les cas les plus intéressants !

La solution ? Ce pourraient être les maisons médicales d’urgence, des structures plus légères, installées au sein même de l’hôpital ou juste à côté. Encore à l’état d’expérimentation, elles effectuent une première sélection. Les entorses de la cheville, par exemple, constituent le premier motif de passage aux urgences. Or, normalement, la marche à suivre devrait être celle-ci : une consultation chez un généraliste, suivie d’un rendez-vous chez le radiologue, avec retour chez le généraliste. Ensuite, si besoin, pose d’une attelle, accompagnée d’un arrêt de travail. Sauf que cela prend de trois à cinq jours, alors que tout peut être réglé en quelques heures aux urgences. Cherchez l’erreur. Il faudra bien, en la matière, faire un jour ou l’autre des choix, politiques autant que financiers. Il faudra aussi les assumer et les expliquer clairement. Rien ne serait pire que de vouloir régler la situation à coups de restrictions budgétaires. Ou de choisir arbitrairement les « bons » patients. 20% seulement des entrants aux urgences sont hospitalisés : c’est bien la preuve qu’un tri est effectué. Quant aux autres, ils ne sont pas là « pour rien », comme certains voudraient le faire croire. Tous les jours, le Dr Pelloux voit arriver à Saint-Antoine des patients âgés, « dénutris, parfois déments, avec 15 médicaments quotidiens, sans aucun suivi digne de ce nom. Certes, il ne s’agit pas d’une urgence vitale. Et alors ? Est-ce une raison pour les renvoyer chez eux ? ». Telle est aujourd’hui la réalité en France : les urgences assurent une mission que plus personne ne veut remplir, une prise en charge à la fois sociale, humaine et médicale. Y compris pour les extraterrestres, s’ils le souhaitent.

vendredi 11 avril 2008

Serment d'Hypocrite



illustration : Stéphane Bourez

Santé : le dépeçage continue... samedi 12 avril : Manifestons!

Contre les franchises médicales, samedi 12 avril : Manifestons!

Santé : le dépeçage continue...

Selon une dépêche AFP du 25 mars :
« Le président de la République a annoncé en septembre 2007 sa volonté d’engager "un grand débat sur le financement de la santé".
"Qu’est-ce qui doit être financé par la solidarité nationale, qu’est-ce qui doit relever de la
responsabilité individuelle à travers une couverture complémentaire ? Ce débat, qui a déjà eu lieu chez tous nos voisins, je demande au gouvernement de l’organiser", a alors indiqué le chef de l’Etat.

Le gouvernement mène une réflexion sur la prise en charge des soins par l’assurance maladie qui
pourrait déboucher sur une loi au "premier semestre 2009", a indiqué mardi la ministre de la Santé Roselyne Bachelot.

Ce texte, pourrait redéfinir les soins qui relèvent de l’assurance maladie et ceux qui relèvent
de la responsabilité individuelle, »
Malgré l’emploi du conditionnel, les choses se précisent. Et le mouvement s’accélère.
Dans la réalité quotidienne des malades, sans concertation, sans communication, sans information, des décisions sont déjà prises. Et appliquées.

C’est le cas des franchises sur les soins, appliquées avec un tel zèle que certaines caisses de Sécurité Sociale continuent de les prélever au-delà du plafond de 50€, tandis que des patients renoncent à certains soins, amenant les communicants de la Sécu à vanter cet « effet franchise » qui améliorerait fictivement les comptes... en dégradant l’accès aux soins...
Et pendant ce temps, une nouvelle vague de déremboursements est décidée et appliquée dans la plus grande discrétion, tandis que l’on étudie sérieusement la restriction du cadre des Affections de Longue Durée, évoquant sans honte ni crainte du ridicule l’hypothèse de ne prendre en charge le diabète ou les maladies cardio-vasculaires qu’au stade des complications avérées ( tout en pérorant sur la nécessité de mieux impliquer les médecins dans la prévention !).

La suite se profile derrière les arguments comptables déshumanisés du gouvernement et les
formules creuses censées nous faire croire qu’il réfléchit, consulte, dialogue, « modernise ».
« Moderniser » serait-il le nouveau synonyme, politiquement correct, de « privatiser » ? Car, sous le pudique euphémisme de « redéfinir les soins qui relèvent de l’assurance maladie et ceux qui relèvent de la responsabilité individuelle », c’est la privatisation qui avance, même plus masquée. Et elle avance vite, espérant prendre le citoyen par surprise.

Dans ce contexte, la mobilisation contre les franchises est emblématique. Elle porte en elle la colère des malades, des professionnels, des citoyens qui refusent le sacrifice de la santé, de notre santé, sur l’autel de la Bourse et du profit.

Le gouvernement nous martèle que le trou de la Sécu est un gouffre insondable...
Mais depuis quand l’actionnariat privé volerait-il au secours d’une action publique qui s’écroule ???

La vérité, c’est que le secteur de la santé est rentable. Extrêmement attractif. Mais pour que les
Français, attachés à leur système d’assurance-maladie solidaire, acceptent la privatisation, il faut
leur faire croire que celui-ci est à bout de souffle . Il faut aussi qu’il dysfonctionne, en particulier au niveau des remboursements. Et il faut surtout que le citoyen, de lui-même, se tourne vers les
assurances privées.

Rien de tel, pour faire accepter une réforme inacceptable, que de la déguiser, aux yeux des citoyens, en réforme nécessaire, de faire en sorte qu’ils y viennent eux-mêmes...

L’instauration des franchises marque, à ce titre, la bascule dans un système de pensée pervers, qui fait porter sur les malades la « responsabilité » du financement de la maladie. L’étape suivante, le « tri » des malades, ou des pathologies, n’est qu’un pas de plus vers le système du « chacun pour soi ».

Nous ne voulons pas de ce système !

Nous ne voulons pas de ces franchises, qui, au bout de 3 mois, font chaque jour la preuve qu’elles sont un obstacle dans le parcours de soins des malades, des personnes âgées, des personnes à faibles revenus.

Nous appelons à une journée d’actions contre les franchises, le samedi 12 avril, à Paris devant le ministère de la Santé, et en Province devant les préfectures.

Nous invitons tous les malades à y déposer, symboliquement, leurs boîtes de médicaments vides.

Nous appelons tous les citoyens, malades, professionnels de la santé, bien-portants, invalides et
valides, à être solidaires et déterminés, et à se mobiliser, nombreux :

Le samedi 12 avril, à 14h00 devant le ministère de la Santé à Paris.

Dr Christian LEHMANN
Bruno-Pascal CHEVALIER

source : http://www.coordination-nationale.org/index.htm

DÉFENSE DES HÔPITAUX ET MATERNITÉS DE PROXIMITÉ

COORDINATION NATIONALE des COMITÉS DE DÉFENSE DES HÔPITAUX ET MATERNITÉS DE PROXIMITÉ

Siège social : Hôtel de Ville – 12400 ST AFFRIQUE

Site : http://www.coordination-nationale.org
Contact : postmaster@coordination-nationale.org


APPEL POUR UNE POLITIQUE DE SANTÉ RESPECTANT
TOUTES LES CITOYENNES ET TOUS LES CITOYENS

Nous, signataires de cet appel, refusons que notre système de santé, laminé depuis des années par une logique économique essentiellement comptable, laisse de plus en plus de citoyens sur le bord du chemin et accentue les difficultés des personnels médicaux et paramédicaux.
Nous sommes totalement solidaires avec ces personnels soumis de plus en plus à des pressions et des conditions de travail scandaleuses.

Nous refusons de considérer la santé comme une simple marchandise. La santé doit au contraire être un service public pour toutes et pour tous, et proposée de manière égalitaire sur tout le territoire.
Nous réaffirmons donc comme un élément essentiel de notre société le droit à la santé et l’égal accès aux soins pour toutes et tous, quelque soit le milieu social, l’ethnie ou le sexe, le lieu et l’âge…, dans un système réellement solidaire.

C’est pourquoi nous refusons la disparition ou la réduction des hôpitaux et maternités de proximité. Nous condamnons des fusions qui ne sont souvent que des absorptions.
Au contraire, nous réaffirmons le rôle indispensable des SITES HOSPITALIERS TERRITORIAUX DE PROXIMITÉ, car ils sont au service des citoyens, répondent au besoin des populations locales, en ville comme dans le monde rural, et assurent un rôle vital pour la prévention et les premières urgences.

NOUS EXIGEONS :
- une véritable démocratie sanitaire donnant toute sa place au citoyen- usager,
- les moyens humains et financiers nécessaires aux structures sanitaires pour un fonctionnement à la hauteur des besoins,
- le développement de la formation et la revalorisation des professions de santé,
- la transparence dans la répartition des budgets et dans les choix administratifs opérés à tout niveau,
- le retrait du plan Hôpital 2007 et des Schémas Régionaux d’Hospitalisation,
- le versement des sommes dues à la Sécurité Sociale par l’État et les entreprises,
- l’arrêt immédiat des fermetures saisonnières ou définitives des services ou des hôpitaux qui engendrent dans le monde rural des déserts sanitaires et qui provoquent des catastrophes type « canicule » dans les zones urbaines,
- la réouverture de services, maternités et hôpitaux fermés, autour de services indispensables, comme les plateaux techniques et les urgences.

Nous luttons également pour la création de vrais réseaux (démocratiques et complémentaires) entre les sites sanitaires, et pour une meilleure répartition territoriale des personnels de santé, afin d’éviter les scandaleux déséquilibres actuels.

Ce n’est qu’en regroupant toutes nos forces que la France conservera et améliorera son système de santé.
Notre action prendra fin lorsque nous aurons obtenu l’égal accès aux soins de proximité, de qualité et de sécurité pour toutes et tous.
Nous appelons tous les citoyen(ne)s qui refusent le démantèlement de notre système de soins à rentrer en Résistance, où qu’ils soient, et à se fédérer en Comités de Défense.


Signer la pétition

Copyleft solution à consommer...sans modération

© comme criminels - l'industrie pharmaceutique

© comme criminels

Industrie pharmaceutique et logique de profit :

non-assistance à populations en danger

source: www.indesens.org/article.php?id_article=82.
février 2004

par Matthieu Plantet Lanez
Directeur de publication

et Sophie Lecanu

L’industrie pharmaceutique est à l’heure actuelle l’industrie la plus rentable du monde, avec un taux de profit de l’ordre de 20% [1]. Selon les grands pontes de la pharmacie ces profits sans cesse croissants sont la condition de survie des entreprises, voire de l’humanité. En effet, les coûts de la recherche sont particulièrement élevés dans ce secteur. Pour compenser ces investissements, les entreprises s’arrogent des monopoles sur les médicaments. Les brevets déposés permettent des profits considérables affirmés comme nécessaires pour la recherche et l’innovation, pour le Progrès médical. Cependant, les orientations actuelles de la recherche ont largement de quoi nous faire douter sur le bénéfice que peut tirer l’humanité des profits générés par le médicament. Les firmes pharmaceutiques se concentrent en effet sur certaines maladies typiques des sociétés occidentales, mettant de côté les maladies propres au Tiers-Monde, ainsi que leur responsabilité morale.



Tout comme n’importe quelle industrie, celle du médicament est à la recherche d’une clientèle ayant les moyens de consommer. Or, la très grande majorité des dépenses de santé se font dans les pays du Nord donc la majorité des dépenses de recherche se font pour ces derniers : les 4/5èmes des dépenses de santé dans le monde ne profitent alors qu’à 15% de la population [2]. Les conséquences en terme de traitement des maladies sont dramatiques : selon Médecins sans Frontières, sur les 1233 médicaments produits entre 1975 et 1997, seulement 13 concernent des maladies tropicales. Et sur ces 13 médicaments, seulement 4 proviennent de la recherche privée [3] !


Maladies ou populations négligées ?

Ce désengagement de l’industrie pharmaceutique envers les malades les plus pauvres s’est réalisé pratiquement parallèlement à la décolonisation tout comme la recherche sur les maladies tropicales s’était développée avec la colonisation. C’est durant l’entre-deux-guerres que se sont établies les bases de la pharmacopée tropicale. Cette recherche répondait au double souci de la santé des expatriés mais aussi des populations locales, afin de préserver une main-d’œuvre utile et « d’honorer la mission civilisatrice » de la métropole. Une partie des laboratoires pharmaceutiques ont même fondé leur notoriété sur cette origine de spécialiste des maladies tropicales [4]. Mais l’industrie pharmaceutique s’est depuis considérablement transformée. Entreprises familiales dirigées par des médecins et des pharmaciens à l’origine, elles sont de plus en plus dirigées par des financiers qui ne connaissent pour logique que celle des actionnaires. Du coup, le tiers des médicaments essentiels employés aujourd’hui contre les maladies tropicales sont issus de cette période où l’Occident avait encore un intérêt direct dans la survie des populations du Sud.

Le cas des traitements contre la maladie du sommeil [5] est parfaitement révélateur de cette dangereuse logique de rentabilité. Le traitement existant, issu de la recherche coloniale des années 30, est devenu inefficace pour un tiers des patients, la maladie étant de plus en plus résistante [6]. En 1985, la firme Merrel-Dow, qui travaillait sur les propriétés anticancéreuses de l’eflornithine, a découvert par hasard les effets spectaculaires de cette molécule sur le parasite de la maladie du sommeil. Mais lors de sa fusion avec le laboratoire Hoescht, en 1993, il a été décidé d’arrêter la production de l’eflornithine, pas assez rentable puisque vendue à prix coûtant à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et ayant des propriétés anticancéreuses nulles. Sans perspective de marché au Nord, la firme ne voyait pas l’intérêt de produire cette molécule salvatrice pour les 60 millions de personnes exposées à cette maladie mortelle. Les stocks s’amenuisaient dangereusement quand Bristol-Myers-Squibb reprit la production de l’eflornithine en 2001. Ce n’est évidemment pas la prise en compte des malades africains qui a guidé cette décision : l’eflornithine était utilisée par la firme pour la fabrication de sa crème Vaniqa®, agissant contre les poils disgracieux. Sous la pression de l’OMS et de Médecins sans Frontières, la firme accepta de reprendre la production du traitement à base d’eflornithine en quantité suffisante pour couvrir les besoins mondiaux.... mais à condition que l’OMS et MSF garantissent l’achat de la totalité de la production ! Il n’en reste pas moins que, sans l’existence des problèmes pileux des Occidentaux, nombre d’Africains n’auraient actuellement que peu d’espoir de guérison.

L’exemple de la maladie du sommeil est fréquemment cité pour illustrer le concept de maladie négligée car il est parfaitement révélateur du cynisme du secteur pharmaceutique [7]. Mais il existe bien évidemment d’autres maladies oubliées, et pas des moindres. Le paludisme tout d’abord touche 500 000 personnes par an dans le monde dont 90% d’Africains. Alors que depuis les années 70 le nombre de cas a doublé dans le monde, seuls quelques nouveaux médicaments sont apparus durant la même période. En 1993, le budget mondial global pour la recherche contre le paludisme atteignait 84 millions de dollars, soit presque 30 fois moins que pour le cancer. Autre fléau en extension, la tuberculose provoque 2 millions de décès par an, dont 98% recensés dans les pays pauvres. Tout comme le paludisme, la recherche s’en désintéresse et le traitement actuellement utilisé a été conçu il y a 40 ans. Des représentants de l’industrie pharmaceutique avancent une froide justification, dans une étude de l’OMS : « le marché est énorme en terme de patients, mais petit en terme de patients qui ont les moyens de payer. Si la tuberculose était un problème dans les pays occidentaux, alors on investirait » [8].


Médicaments inutiles et confort de vie occidental

Fréquemment portées au pilori pour ces « négligences », les firmes pharmaceutiques avancent l’idée de la nécessité de se concentrer sur des produits rentables, de faire du profit pour sauvegarder l’innovation et donc le Progrès de la recherche. En tenant compte des dépenses sur les thérapies infructueuses, le coût pour introduire un nouveau médicament sur le marché serait de 500 millions de dollars et pourrait atteindre 1 à 1,5 milliard [9]. Pourtant, on observe une certaine panne de l’innovation dans le secteur. En effet, de 33 médicaments innovants commercialisés dans le monde en 1980, on passe à 15 en 1990 [10]. Cette progression n’est pas étonnante vu l’importance financière accordée au marketing : dans les grands groupes, les sommes qui lui sont allouées représentent généralement le double de celles destinées au secteur de la recherche et du développement [11]. Et une grande partie des budgets est vouée à la recherche de blockbusters, médicaments vedettes générant au moins un milliard de dollars de chiffre d’affaire la première année de leur commercialisation, garantissant ainsi la confiance des actionnaires. Pour que ce médicament soit vedette, il est nécessaire qu’il soigne une "maladie" très répandue dans les pays riches. C’est pourquoi la recherche se concentre surtout sur les maladies chroniques : hypertension, anti-allergie, cancer, antiulcéreux, médications de conforts (pilules amaigrissantes, lotion de repousse des cheveux, stimulants sexuels...). Pfizer a ainsi consacré des millions pour le développement du Viagra®, qu’elle considère être un « médicament pour l’histoire » [12] ! D’ailleurs, Igor Landau, d’Aventis Pharma, avouait sans honte lors d’une interview au journal Mieux vivre votre argent : « Notre stratégie n’est pas basée sur des classes thérapeutiques en particulier, mais sur des produits pharmaceutiques stratégiques à forte marge qui disposent d’un fort potentiel de croissance » [13]. La panne d’innovation, liée à la recherche obsessionnelle des blockbusters, entraîne de même les firmes à présenter certains médicaments comme des innovations thérapeutiques alors que ne sont que des gadgets marketing, validés par une autorisation de mise sur le marché. Couramment appelée des « me toos » - sous entendu « moi aussi je veux ma part de marché » - ont une structure chimique connue et n’entraînent aucune amélioration thérapeutique [14]. Entre 1975 et 2000, les me-toos ont représenté 56 % des nouveaux médicaments [15].

La propriété intellectuelle privatisée

Les profits engrangés par les laboratoires pharmaceutiques reposent donc principalement sur quelques médicaments, blockbusters et me toos à forte rentabilité, dont ils détiennent le monopole de la commercialisation. Ce monopole repose sur le système de la propriété intellectuelle, qui accorde à tout inventeur d’un produit un brevet d’exploitation lui accordant l’exclusivité des profits pour quelques années (généralement 20 ans). Mis en place dans les pays industrialisés, le brevet est valable seulement dans l’Etat où l’invention est déposée ; inversement il n’est pas applicable dans les pays où il n’y a la propriété intellectuelle n’est pas reconnue par la loi. Face à la mondialisation des réseaux commerciaux, les industries cherchèrent à généraliser ce système : en 1967, sous l’égide de l’ONU, est créée l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), financée en partie par des groupes industriels. Cette organisation, ne prévoyant pas de sanction pour les Etats qui contreviendraient au respect de la "propriété intellectuelle", n’est alors pas suffisante aux yeux des industriels qui s’adressèrent alors à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) pour défendre leurs profits.

Aux dires des firmes pharmaceutiques, le brevet se justifie par le besoin de récupérer l’argent dépensé dans la Recherche et le Développement. Pourtant, une fois soustraites les subventions publiques, on s’aperçoit que les industriels dépensent beaucoup moins qu’ils l’affirment, et que c’est davantage le marketing qui plombe leur budget. Le brevet permet alors surtout à toute firme, par le monopole accordé, d’imposer un prix bien supérieur au coût de production, assurant ainsi des bénéfices juteux sur un produit qui, nécessaire, ne peut être boycotté. Pourtant, le système est menacé : d’une part, les génériques - copies équivalentes de médicaments - se multiplient, devant la crise des innovations pharmaceutiques : aux Etats-Unis, la part des génériques dans le commerce intérieur des médicaments est passée en vingt ans de 20% à 50% [16]. D’après l’OMS, sur les 270 médicaments déclarés indispensables par l’organisation [17], 265 sont d’ores et déjà généricables. D’autre part, l’industrialisation toujours plus poussée de certains pays "sous-développés" permet de créer des laboratoires particulièrement concurrentiels.

La réponse des industries pharmaceutiques, suite à la création de l’OMC en 1994, fut d’instituer l’Accord sur les Droits de la Propriété Intellectuelle relatifs au Commerce (ADPIC) qui prévoit de sanctionner tout Etat adhérant à l’OMC ne respectant pas le monopole de 20 ans induits par le dépôt du brevet [18]. L’accord fut mis en place le 1er janvier 1996 pour les pays les plus riches, mais ne sera effectif qu’en 2005 pour les pays n’ayant pas de législation antérieure sur les brevets, et en 2016 pour les pays les moins avancés. Il s’agit ici de défendre les produits brevetés contre les génériques, pour le bonheur des actionnaires des firmes pharmaceutiques et de leurs gouvernements. En effet, les liens entre la grosse pharmacie et les Etats ne sont plus à démontrer : par exemple, les industries pharmaceutiques donnèrent en 1999-2000 pour la campagne présidentielle états-unienne 10 millions de dollars. En échange, le gouvernement Bush - composé de l’ancien président du laboratoire Searle, M. Rumsfeld (secrétaire à la défense) et d’un ancien "senior vice-président" de la firme Eli Lilly, M. Daniels (secrétaire du budget) [19] - refuse de baisser le prix des médicaments à l’intérieur du pays [20].

Les plus pauvres laissés pour compte

Dans le contexte des privatisations des services publics encouragées par le FMI depuis les Plans d’Ajustement Structurels jusqu’à l’AGCS actuellement débattu [21], l’ADPIC défend donc les droits des plus riches, aux dépens de l’état de santé des populations pauvres. La situation sanitaire mondiale est pourtant préoccupante, depuis la recrudescence des maladies infectieuses. Mis en relief à partir de 1981, le sida [22] a bouleversé notre foi dans le Progrès inébranlable de la médecine. Aucun remède n’existe pour cette maladie, et l’on recherche encore un vaccin. On peut toutefois limiter la pandémie : l’AZT, utilisé dès 1987, permet, administré à des femmes enceintes, de réduire jusqu’au tiers le risque de transmission du virus au nouveau-né. A partir de 1995, les trithérapies permirent, par la prolongation de l’inactivité du virus chez les séropositifs, et par le ralentissement des maladies opportunes chez les sidéens, une baisse de 85% de la mortalité due au sida. Contre ce fléau mondial, la recherche est alors financée par les institutions publiques, qui y consacrent un budget toujours croissant. Les recherches sur la stavudine - un antirétroviral mis au point par l’université de Yale en 1988 et concédée pour l’exploitation à la firme états-unienne Bristol-Myers-Squibb en 1994 -, ont ainsi été subventionnées à 80% par le National Institute of Healt, organe public fédéral [23]. Le médicament permit pourtant au géant pharmaceutique de toucher plus de 2,3 millards de dollars à la fin du XXe siècle. Dans le Tiers Monde, malgré de "généreuses" baisses de prix, ce médicament, comme tant d’autres, est inaccessible à l’ensemble de la population. Considérant le coût d’ensemble d’une trithérapie, il faudrait que l’Afrique du Sud dépense cinq fois son budget national dans ces médicaments pour prendre en charge l’ensemble des séropositifs du pays [24]. En somme, 5% des malades peuvent avoir accès aux trithérapies (cf. ci-dessous).

L’industrie pharmaceutique, face à cela, n’a pas honte de défendre toujours et encore ses bénéfices. Accusant le manque d’infrastructures, les groupes industriels soutenus par l’OMC maintiennent leurs prix forts, et surtout leur monopole. Face à la situation catastrophique de leurs pays, et contre les brevets, des Etats, ainsi que des associations, se battent pour la production, ou l’importation, de ces médicaments produits de manière générique. Ceci est d’ailleurs prévu par l’ADPIC reconnaissant qu’il est possible à un Etat d’acquérir une licence pour la protection de la santé publique, lorsqu’il n’y a pas de médicaments en quantité suffisante, si la qualité ne convient pas, ou si le prix est excessif (art. 31). Cette licence doit être négociée avec le détenteur du brevet, sauf si il y a urgence nationale, utilisation publique et non commerciale (on parle alors de licence obligatoire). C’est ainsi sous la menace de recourir aux génériques via une licence obligatoire que le gouvernement états-unien a réussi à faire baisser de moitié le prix de l’antibiotique breveté utilisé contre le bacille du charbon (lors de la psychose de l’Anthrax).

Plus conséquent, le Brésil, qui a les capacités industrielles de produire des médicaments, s’est réservé le droit de recourir aux « licences obligatoires » dès que le ministère de la santé juge abusif le prix d’un médicament sur le marché intérieur. Ainsi, dans le cadre de sa politique de distribution gratuite des soins pour les malades du sida, huit antirétroviraux sont fabriqués sous licence obligatoire. Mais, à terme, le Brésil ne souhaite pas reproduire tous les médicaments vendus à prix abusif. Son but est plutôt d’utiliser la copie comme moyen de pression pour que les firmes baissent leurs prix. Cette politique a rapidement porté ses fruits, celles-ci préférant perdre de leur marge plutôt qu’un marché entier. Les réductions sont parfois si importantes que le prix réactualisé peut être inférieur au prix du générique produit sur place ! Ainsi, Merck a baissé de 59% le prix de son antirétroviral Efavirenz® et de 65% celui de l’Indivanir® [25]. En terme de santé, la politique brésilienne s’est avérée de plus très efficace. Entre 1997 et 2000, le nombre de décès liés au sida a baissé de 50%, voire de 70% dans des métropoles comme Sao Paulo. Les hospitalisations à la suite de maladies opportunes ont quant à elle chutées de 80%. Le gouvernement estime ainsi avoir économisé 677 millions de dollars de frais d’hospitalisation [26].

C’est dans le même but que l’Afrique du Sud, en octobre 1997, se dota d’une législation préconisant de faciliter le recours systématique aux génériques. Mais les défenseurs des brevets ne purent le supporter, et le gouvernement de Nelson Mandela se retrouva le 18 février 1998 avec une plainte portée par 39 firmes pharmaceutiques. C’est que ces défenseurs de la propriété jugent le brevet - et donc leurs profits - menacé par ce pays qui ne représente que 1,3% du marché mondial du médicament : « si nous cédons en Afrique du Sud, cela peut s’étendre au niveau mondial », affirme le porte-parole de Bayer [27]. Le procès s’ouvrit le 5 mars 2001 - entre temps, la loi était suspendue, et 400 000 personnes étaient mortes du sida [28]. Le contexte avait alors changé : le sida était devenu une préoccupation mondiale, et les médias s’emparèrent de cette plainte contre le prix Nobel de la paix, vainqueur de l’Apartheid. L’image de marque des firmes pharmaceutiques était alors en jeu, surtout qu’une firme indienne, Cipla, proposait des versions génériques des trithérapies à 374 dollars par patient et par an à l’association MSF, au lieu de plus de 10 000 dollars proposé par le complexe pharmaceutique (la stavumine perd plus de 97% de sa valeur). Dans ce contexte, et alors que la Haute-Cour de Prétoria demandait aux firmes pharmaceutiques de clarifier leurs comptes quant à la production des médicaments, les 39 firmes retirèrent leur plainte le 19 avril 2001.

Face à la concurrence, les grandes et riches industries baissèrent leurs prix, quitte à faire leurs propres génériques à partir des médicaments qu’ils avaient déjà sous brevet, conservant ainsi, même à moindre profit, la mainmise sur le marché pharmaceutique. Mais plus encore, la conférence interministérielle de Doha (Qatar) en novembre 2001 a affirmé dans une déclaration "ADPIC et santé publique", que « chaque membre [de l’OMC] a le droit d’accorder des licences obligatoires et la liberté de déterminer les motifs pour lesquels de telles licences sont accordées » (art. 5b). Toutefois, il s’agit ici de la production de médicaments, car pour les importations les ministres repoussèrent à fin 2002 toute décision.

Au cœur des préoccupations des firmes craignant l’envahissement du marché des pays riches par les génériques, les importations paraissent pourtant à l’heure actuelle nécessaires pour un certain nombre de pays dont la pauvreté interdit tout espoir de développement industriel rapide. Victime de ces enjeux, l’accord sur les importations fut signé avec huit mois de retard, le 30 août 2003, la vieille de la réunion internationale de Cancun. Certes, malgré le souhait des Etats-Unis de limiter le droit aux importations pour les seules grandes épidémies (paludisme, tuberculose, sida), l’accord prévoit l’importation de médicaments pour toute maladie (il est clair que le diabète, les cancers touchent les pays du Tiers Monde aujourd’hui). Mais l’accord instaure alors tout un dispositif d’obstacles administratifs, légaux, économiques et politiques à l’exportation de génériques, qui risque de le rendre l’accord inapplicable : il multiplie des opportunités pour les industries pharmaceutiques et les Etats qui les soutiennent de faire appel à l’OMC pour bloquer les importations. Reste donc à voir comment il sera intégré à l’ADPIC, sûrement pour le réformer bientôt...

La politique agressive de l’OMC

La mise en place de l’ADPIC rend de plus en plus difficile la structuration d’une industrie fleurissante au sein des Etats pauvres. Elle permet au complexe médico-industriel [29] d’avoir une politique agressive. Outre la production de leurs propres génériques, certaines firmes n’ont pas peur de faire des procès aux fabricants de génériques, procès perdus d’avance mais qui sont autant de temps gagné pour la pérennité des brevets. Par ce biais, la durée moyenne de couverture réelle d’un médicament par le brevet est passé de 8 ans dans les années 1980 à 14 ou 15 ans au XXIe siècle [30]. Par ailleurs, les Etats riches essayent de conclure des accords bilatéraux favorables à leur industrie, pour limiter drastiquement les licences obligatoires. De même, révisant le statut de la propriété intellectuelle dans seize pays francophones d’Afrique, les nouveaux accords de Bangui, ratifiés le 28 février 2002, ne mentionnent aucune disposition spéciale pour les licences obligatoires et les importations parallèles [31]. Une autre forme de pression, utilisée par les Etats-Unis, consiste à ne pas divulguer les acquis des firmes détentrices du brevet : tout fabricant de génériques doit alors refaire des expériences pourtant déjà faites.

Les pays pauvres sont aujourd’hui laissés hors du droit à la santé, reconnu pourtant dans la déclaration des Droits de l’Homme de 1948 (qui n’est pas, hélas, ratifiée par tous les Etats). Malgré l’action d’associations, malgré les pressions de certaines ONG qui font le travail laissé vacant par les Etats faibles et pauvres, les firmes pharmaceutiques, soutenues par leurs gouvernements de tutelle, ne cherchent qu’à conserver leurs profits éhontés. Le brevet et la propriété intellectuelle, en protégeant le commerce des plus riches, exclut les plus pauvres de tout soin et permet, dans une coutumière indifférence, la mortalité due au sida mais aussi à d’autres maladies curables de progresser sans cesse dans les marges les plus pauvres de la planète. Peut-on, du haut de notre richesse occidentale, tolérer sans tristesse et permettre sans révolte ce cynisme vis-à-vis de populations qu’il est coutumier de voir déshumanisées, méprisées, mourantes?

[1] En 2000, selon le Ministère de l’économie et des finances, son chiffre d’affaire atteignait 36 milliards d’euros, soit un tiers du chiffre d’affaire de l’industrie des biens de consommation. (Source : SUD Chimie, Le médicament n’est pas une marchandise, avril 2003, p. 3).

[2] SUD Chimie, op. cit., p. 4.

[3] SUD Chimie, Ibid., p. 4 et Patrice Trouiller, « Médicaments indigents », in R. Brauman et al., Utopies sanitaires, Le Pommier / Médecins sans Frontières, Paris, 2000, p. 200.

[4] P. Trouiller, Ibid., p. 199.

[5] Ou trypanosomiase, de son nom scientifique.

[6] R. Brauman, « Maladies négligées et maladies oubliées : De l’essor de la recherche et de la production de médicaments à la mainmise des financiers », Médecine et Hygiène, vol. 61, 2003, p. 889.

[7] Voir au sujet de la maladie du sommeil le numéro très complet de la revue Maladies Tropicales (2003, n°63, p. 219-235).

[8] Citation en ligne sur le site de Médecins Sans Frontières, le 5 janvier 2004. Ce site contient aussi des informations utiles sur les maladies oubliées par les laboratoires.

[9] L’industrie pharmaceutique en mutation, La Documentation Française, 2002.

[10] P. Pignare, Le grand secret de l’industrie pharmaceutique, p. 35.

[11] Sud Chimie, op. cit., p. 16.

[12] Sandrine CABUT, « Viagra : un anniversaire plein de vigueur ! », Libération, 28 novembre 2002.

[13] Cité dans Sud Chimie, op. cit., p. 4. Cette interview date d’avril 2001, Igor Landau était alors président du conseil de surveillance d’Aventis Pharma.

[14] R. Brauman, op. cit.

[15] L’industrie pharmaceutique en mutation, La Documentation Française, 2002.

[16] P. Pignarre, op.cit., p. 27.

[17] Le décompte, excluant les trithérapies - mises au point récemment et globalement non généricables - pour des causes économiques, est contesté, mais traduit les inquiétudes des grosses industries.

[18] Le dépôt du brevet, devant être effectué avant la fin des recherches, est de 20 ans ; le temps des essais cliniques et des mises au point définitives du médicament font que celui-ci n’est protégé que 8 ans en moyenne.

[19] Sud Chimie, Travailleurs solidaires unitaires et démocratiques, La santé n’est pas une marchandise, 2003, p. 14.

[20] Supérieur de 30 à 40% au prix moyen des pays industrialisés, le prix du médicament était un enjeu de la campagne présidentielle.

[21] En autre exemple, ces plans ont entraîné l’arrêt, au Vietnam, de la diffusion de produits anti-moustiques sur les habitations dans les régions touchées par le paludisme en 1989 ou encore l’augmentation des frais de santé pour le "recouvrement des coûts" (à Maputo, au Mozambique, une consultation à l’hôpital coûte maintenant 13% du salaire moyen mensuel d’après l’UNICEF).

[22] Syndrome de l’immunodéficience acquise ; en 1981, il porte le nom de Gay-Related Immune Deficiency, révélant les préjugés à l’encontre des homosexuels qui accompagnèrent longtempsnotre connaissance du sida (cf. Bernard Seytre, Histoire de la recherche sur le sida, QSJ, 1995).

[23] Philippe Demenet, "Ces profiteurs du sida",in Le Monde diplomatique, février 2002.

[24] Sud Chimie, op. cit., p. 8.

[25] Sud Chimie, op. cit., p. 12-13.

[26] M. Faure, « Le Brésil montre la voie », L’Express, 3 mai 2001.

[27] AFP, le 7 mars 2001 ; repris dans P. Benkimoum, p. 142.

[28] D’après le présent de l’association sud-africaine Treatment Action Campaign (TAC), très active dans la lutte pour l’accès aux traitements contre le sida et notamment au sein du procès.

[29] Pour reprendre le titre du livre de Jean-Claude Salomon (ATTAC), paru aux éditions des Mille et une nuits.

[30] Chiffre de P. Pignarre, op. cit., p. 146.

[31] Le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad, le Togo sont concernés par ces accords. Cf. P. Benkimoum, op. cit. et M. Gelher, Un continent se meurt. La tragédie du sida en Afrique, Stock, 2000.

[32] « Les laboratoires indiens exploitent les failles des brevets américains », Courrier International, 30 avril-6 mai 2003.

vendredi 21 mars 2008

L'eau, ressource vitale

Le manque d’eau tue un enfant toutes les 15 secondes

Le manque d’eau tue un enfant toutes les 15 secondes

mercredi 22 mars 2006

400 millions d’enfants réclament de l’eau pour leur survie

Selon une dépêche de l’AFP (Agence France Presse du 21 mars 2006), l’absence d’eau ou d’installations sanitaires adéquates tue un enfant toutes les 15 secondes dans le monde et affecte la scolarité des autres, leur laissant peu de chance de sortir de la misère, prévient l’Unicef à la veille de la Journée mondiale de l’eau.

"Les enfants paient le plus chèrement l’absence d’hygiène" rappelle l’organisation des Nations unies pour l’enfance qui estime qu’ils sont 400 millions dans cette situation, selon un communiqué publié mardi à Mexico, où s’achève le 22 mars le 4e Forum mondial de l’eau.

"Les diarrhées ordinaires affectent les moins de 5 ans plus que toute autre maladie, tuant chaque jour 4.500 enfants (...) Les maladies liées à l’eau sapent leur énergie et leurs capacités d’apprentissage", poursuit l’Unicef.

Chaque jour, explique-t-elle, de nombreux enfants des pays en développement manquent l’école parce qu’ils sont malades et les jeunes filles pubères cessent de la fréquenter en l’absence d’installations sanitaires adéquates.

"Dans ces conditions, les enfants ont peu de chance d’échapper à la misère. Le sous-développement chronique est inévitable", ajoute l’Unicef.

QUELQUES DONNÉES CHIFFRÉES

1,1 milliard de personnes dans le monde n’a pas accès à l’eau potable

2,6 milliards de personnes manquent d’installations sanitaires décentes.

Chaque minute, quinze personnes meurent d’une maladie liée à l’eau - choléra, diarrhée, typhoïde - soit 8 millions de personnes par an.

En Europe, plus de 40 millions de personnes n’ont pas un accès satisfaisant à l’eau potable. Un nombre plus important encore ne bénéficie pas de raccordement à un réseau public d’eau potable.

Consommation journalière en eau par habitant, dans les zones résidentielles : 350 litres en Amérique du Nord, 200 litres en Europe, 10 à 20 litres en Afrique noire.

source : Etre(s) en Alerte, http://eea.ouvaton.org/breve.php3?id_breve=7

Excision : L'OMS fait état de risques à l'accouchement

Excision : L'OMS fait état de risques à l'accouchement


Plus de 3 millions de fillettes sont excisées chaque année en Afrique, selon l'OMS.
Dans son rapport, publié à l’issue d’une enquête sur la pratique, l’OMS explique que les femmes qui ont subi l’excision ont de fortes chances d’accoucher par césarienne et le taux de mortalité est 50% plus élevé chez leurs enfants.
L’étude de l’OMS, qui a été publiée dans la très sérieuse revue médicale, "The Lancet", concerne plus de 28.000 femmes dans 6 pays de l’Afrique au sud du Sahara : le Burkina Faso, le Ghana, le Kenya, le Nigeria le Sénégal et le Soudan.

Les mutilations génitales féminines sont une pratique courante dans certaines régions d’Afrique, encouragées par des croyances et coutumes qui considèrent qu’elles protègent l’honneur des filles.

"Torture injustifiable"

Ce rapport est le premier du genre à faire un examen aussi approfondi sur les conséquences à long terme de l’excision.

L'OMS estime que rien ne peut justifier cette torture du corps des fillettes et lance un appelle pour mettre fin à toutes ses formes, même celles effectuées par le personnel médical.

Joy Phumaphi, directrice générale adjointe de l'OMS, pour la santé familiale et communautaire, a souligné qu’il est hors de question d’accepter une médicalisation des mutilations génitales féminines.

Pourtant, le médecin égyptien Munir Falsi, affirme que les types 1 et 2 (voire encadré) de mutilations génitales ne sont ni cruels ni dangereux.

Il soutient que ces formes d'excision ne posent aucune sorte de problème ni pendant la grossesse ni lors de l’accouchement. Il précise en outre que 90% des femmes égyptiennes sont excisées.

Selon le professeur Munir Falsi, la plupart des complications sont liées du type 3.

Des millions d'excisées

Le rapport de l’OMS estime que plus la mutilation est importante plus les risques sont sérieux, mais l'organisation souligne que toutes les formes sont dangereuses.

Selon les auteurs de l’enquête de l’OMS, le risque de césarienne est 30% plus élevé pour les femmes qui ont été excisées.

Par ailleurs, elles ont 66% de chance de donner naissance à un bébé qui aura besoin de soins intensifs pendant que 55% d’entre elles risquent de perdre leurs enfants avant ou après l'accouchement.

Joy Phumaphi de l’OMS a indiqué que cette étude apporte, pour la première fois, la preuve que les femmes excisées sont davantage exposées à des complications lors de l'accouchement.

Selon l’OMS, de nombreux pays africains ont adopté des lois pour lutter contre l’excision mais l'application de ces textes rencontre des problèmes sur le terrain.

Les mutilations génitales féminines sont pratiquées dans 28 pays, principalement en Afrique sub-saharienne, aussi bien dans les communautés musulmanes que chrétiennes.

L’OMS ne fournit pas de chiffres sur le nombre de morts provoquées par l’excision mais le docteur Heli Batchiya a déclaré à la BBC que la pratique touche chaque année 3 million de fillettes.

Au total, plus de 100 millions de femmes en ont été victimes dans le monde.

La situation varie fortement d’un pays à l’autre : de 20% de filles au Sénégal à 90% au Soudan.

Mais selon l'OMS, même au Sénégal, le taux peut atteindre 100% dans certaines zones, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes.

TYPES DE MUTILATIONS
Type 1 – Excision du prépuce, avec ou sans excision partielle ou totale du clitoris ;
Type 2 – Excision du clitoris, avec ablation partielle ou totale des petites lèvres ;
Type 3 – Excision partielle ou totale des organes génitaux externes et suture/rétrécissement de l’orifice vaginal (infibulation).

Source : OMS, http://www.who.int/fr/

mercredi 27 février 2008

LES FRANCHISES SUR LES SOINS NE SONT PAS UNE FATALITE


Appel contre la franchise Sarkozy - Signez!
http://www.appelcontrelafranchise.org/signer.php


LES FRANCHISES SUR LES SOINS NE SONT PAS UNE FATALITE

Les franchises sur les soins sont entrées en application le 1er janvier 2008.

Malgré l’appel lancé sur Internet dès le mois de Mars 2007, malgré le relai pris par un collectif d’organisations contre les franchises*, malgré le travail militant pour expliquer et dénoncer cette mesure, les franchises sur les soins que Nicolas Sarkozy appelait de ses vœux depuis de nombreuses années sont entrées en vigueur après que le principe en ait été voté le 26 octobre à l’Assemblée par les députés UMP, qui choisirent ainsi de « responsabiliser » les cancéreux, les dialysés, les diabétiques et les accidentés du travail.

Tout juste notera t’on que le projet initial de franchise sèche sur les 50 ou 100 premiers euros de dépenses annuelles, qui aurait exclu de tout remboursement 27% des assurés sociaux ( les plus jeunes, les moins malades ) avait été finalement abandonné par Nicolas Sarkozy, au grand dam des assureurs privés** qui attendaient ce signal pour fragiliser encore vis-à-vis de ce public le système solidaire.

Le principe des franchises : une retenue de 50 centimes d’euros sur chaque boîte de médicaments, sur chaque acte infirmier ou de kinésithérapie, sur chaque prise de sang, et une retenue de 2 euros sur chaque transport sanitaire, à concurrence de 50 euros par an, pour l’instant***. ( en supplément des forfaits de 50 euros par an sur les consultations médicales, déjà en vigueur depuis la réforme Douste-Blazy de 2005)

Au prétexte de « responsabiliser » les malades, puis de financer l’Alzheimer ( en taxant en priorité les patients les plus fragiles et dépendants), le gouvernement a choisi de mettre à mal encore une fois le principe d’assurance-maladie solidaire hérité du pacte de 1945.

Pourtant, au moment où cette mesure entre en application, le réel se rappelle au bon souvenir du Président. Des patients fragilisés découvrent au jour le jour la réalité des franchises. Contrairement à ce qui a longtemps été claironné par le Ministère de la Santé, les pauvres paient les franchises sur les soins.

Le seuil de pauvreté en France est de 817 euros, et seuls sont exemptés ( hormis les femmes enceintes et les enfants), les personnes subsistant avec moins de 610 euros par mois.

Dans ce contexte de détresse et de colère, la grève de soins de Bruno-Pascal Chevalier****, travailleur social de 45 ans, atteint du SIDA, représente hélas l’aboutissement inéluctable d’une logique purement financière, d’une lubie présidentielle. Les médias se tournent alors vers lui en masse, s’intéressent à la question des franchises, certains pour la première fois. Et de nombreux Français découvrent aujourd’hui, bien tardivement, la question des franchises sur les soins, qui met en difficulté de nombreuses personnes âgées, invalides, atteintes d'affections de longue durée, mais aussi de plus en plus de personnes et de familles à faibles revenus qui ne peuvent déjà plus faire face aux dépenses de santé et ne se soignent plus qu'en repoussant à plus tard leurs démarches de soins.


L’appel contre la franchise a ainsi engrangé au courant du mois de Janvier plus de 5000 signatures en une après-midi après un sujet au Journal télévisé de France 2, pour atteindre 116.000 signatures sur le site, et 36.000 signatures papier récoltées par Bruno-Pascal Chevalier.

L’appel contre la franchise, ainsi que les initiatives locales et nationales, restent d’actualité. Signez la pétition, faites la signer.

Les franchises sur les soins ne sont pas une fatalité.

Inutiles économiquement, dangereuses médicalement, injustes moralement, elles témoignent d’une étrange politique de civilisation, qu’il nous revient de combattre, et de sanctionner.


Christian Lehmann
Pétition ici :
www.appelcontrelafranchise.org

* Un collectif national regroupant partis politiques, associations, syndicats, s’est créé pour amplifier le mouvement initié par la pétition, à l’adresse : www.contre-les-franchises.org
** « Sarkozy a tué l’idée de mettre en place une vraie franchise, qui aurait consisté à ne pas prendre en charge du tout les 50 ou 100 premiers euros de dépense, puis à faire varier ce seuil en fonction des besoins de financement de la Sécu. A présent, la grogne est telle que cette mesure ne verra jamais le jour » soupire un courageux expert anonyme, artisan de ces réformes. L’Expansion, Novembre 2007, Stéphanie Benz.
*** Seul le principe des franchises a été voté par les parlementaires. Le montant en a été fixé par décret, et peut être révisé à tout moment par le fait du Prince. Comme le disait Nicolas Sarkozy en Juin 2006 : « Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait alors augmenter le montant de la franchise. »

**** www.grevedesoins.fr

NOTE IMPORTANTE AU NIVEAU DES LISTES DE SIGNATAIRES ET DES PETITIONS PAPIER :

1-Toutes les signatures sont comptabilisées. Beaucoup aimeraient pouvoir retrouver facilement leur nom sur la liste mais le nombre de signataires rend ceci très difficile.
2-Sur ce site, vous trouverez un modèle de pétition papier à signer. Il n’existe pas d’adresse postale où envoyer cette liste… pour une bonne raison. Nous n’avons pas les moyens matériels d’entrer à la main des milliers de signatures. Nous vous demandons donc d’aller au bout de votre geste militant et d’intégrer ces signatures à la liste, en notant éventuellement *.* si vous n’avez pas l’adresse mail du signataire. Vous pouvez aussi adresser les pétitions papier à :
Bruno-Pascal CHEVALIER
17 Résidence Bois-Pommier
91390 Morsang-sur-Orge

Pour les initiateurs de l’Appel contre la Franchise
Christian Lehmann et Martin Winckler

samedi 2 février 2008

Le petit diabète qui monte, qui monte....

Le petit diabète qui monte, qui monte....

Par Miammiam,
jeudi 31 janv 2008 à 05:35
dans Coup de gueule d'une nutritionniste

source : http://miammiam.mabulle.com/index.php/2008/01

L'OMS nous alerte depuis plusieurs années, mais apparemment, ça n'émeut personne.
Le diabète, et en particulier le diabète de type II, est une pathologie dont l'incidence augmente, augmente, augmente... au point que les experts omsiens prévoient qu'elle sera la pathologie la plus importante en 2020 et la plus répandue.

Doit-on la considérer comme une conséquence logique à l'épidémie d'obésité ?


Pas forcément. Dans nombre de pays en développement, le diabète fait des émules, notamment sur des sujets qui ne sont pas obèses.


Serait-ce la consommation massive de sombres boissons gazeuses riches en sirop de glucose ?
Certains Nutritionnistes épidémiologistes notamment américains présentent des preuves scientifiques... mais le signal d'alarme reste muet.
Lorsqu'on met une population en contact avec un nouvel aliment, personne n'en peut prédire les conséquences.
Les Américains étaient-ils adaptés au Coca cola ?
Les enfants brésiliens ou mexicains sont-ils adaptés au sirop de glucose ?
Apparememnt, non. Ils sont parmi les populations les plus touchées par l'obésité infantile.


Tout comme les pigmées d'Afrique centrale n'étaient pas adaptés du tout à nous rencontrer, nous et nos virus meurtriers que sont la rougeole. Et avec notre whisky si dangereusement assassin....

Alors le diabète ? Maladie du siècle !

Mais tout le monde s'en fout !

Médecin des pauvres, un métier éreintant

source : BASTA !
http://www.bastamag.org/journal/article.php3?id_article=231

vendredi 1er février 2008.
Droit à la santé

Médecin des pauvres, un métier éreintant

Une généraliste d’un quartier populaire raconte son combat pour que les pauvres aient accès aux soins. Un combat qui n’a pas résisté au démantèlement du système de santé public, aux pressions de l’administration et au flicage des patients.


Calé au rez-de-chaussée d’une des tours de la cité populaire de Verneau, à Angers, le cabinet médical du quartier se fond dans le paysage. Les boîtes aux lettres sont défoncées, la porte d’entrée de la cage d’escalier ne vaut guère mieux. Au sol, gisent des tas de pubs jamais, ou rarement, ramassés. Sylvie Cognard Er Rhaimini, médecin généraliste, a tout juste 26 ans quand elle s’y installe, en 1980, invitée par un collègue qui, depuis, s’est suicidé... . « Nous voulions nous rapprocher des plus démunis, de ceux qui souffrent le plus. Des collègues nous ont dit que nous étions fous, et le conseil de l’ordre des médecins avait du mal à accepter notre contrat d’association. Les travailleurs sociaux, en revanche, nous ont accueillis à bras ouverts. » Convaincus et passionnés, les deux généralistes hésitent, au début, à se faire payer, et sont restés smicards pendant deux ans !

Serment d’Hippocrate

Ils défendent
« une médecine proche des gens, qui prend en compte leur totalité physique, psychique et sociale »
et pratiquent une médecine lente, qui laisse une grande part à l’écoute. « Cela permet de révéler les liens qui existent entre maladies et parcours de vie », souligne Sylvie. Les parcours de ses patients sont le plus souvent chaotiques. « 40% d’entre eux sont à la CMU. Ils sont 30% à être en ALD (affection longue durée, ndlr). J’ai 75% de paiements indirects », précise-t-elle. « Ça étonne certains médecins conseils, que j’ai autant de patients en ALD. Pourtant, tout le monde sait bien qu’au sein des populations défavorisées, on est plus malade qu’ailleurs. L’argent ne fait pas le bonheur mais il semble qu’il favorise un meilleur état de santé ».

Plutôt accommodante, Sylvie Cognard Er Rhaimini antidate parfois les ordonnances, pour que ses patients puissent bénéficier encore un peu de leur CMU, qui vient de se terminer... ou pour leur éviter de venir plusieurs fois de suite au cabinet. Ces petites entorses à l’ordre administratif ne lui ont jamais posé de problèmes de conscience. Elle estime être là dans le « prendre soin », tout simplement, et dans le plus pur respect du serment d’Hippocrate. Les instances de contrôle des médecins, qui se multiplient au fur et à mesure que se réforme la sécurité sociale, ne l’entendant évidemment pas de cette oreille, et la docteure a été rappelée à l’ordre et sanctionnée à plusieurs reprises. « L’exercice de la médecine générale auprès d’une population défavorisée devient mission impossible », tempête-t-elle.

Grenelle de la santé

Le « médecin pauvrologue », comme elle se définit elle même, a donc décidé de dévisser sa plaque. Elle a quitté le quartier en décembre dernier. Epuisée de s’être tellement engagée, effrayée par la disparition programmée de la sécurité sociale, révoltée par la criminalisation des patients. « Le système s’est durci. Le climat est devenu suspicieux, entre les gens et entre les médecins. Mais que croit-on ? Que cela fait plaisir aux gens de tomber malade ? Qu’ils le font exprès ? Quand je prescris un arrêt de travail à une personne que je connais depuis 20 ans, on me demande maintenant un compte rendu de psychiatre. Je sens là que l’on ne reconnaît plus ma compétence et ça je le vis très mal. »

Elle est aussi lassée de protester contre le paiement à l’acte, « ce mode de rémunération qui fait que plus on travaille vite et mal plus on gagne d’argent ».

Plutôt pessimiste sur l’avenir de la santé publique, Sylvie Cognard Er Rhaimini a malgré tout la grande satisfaction de ne pas laisser le cabinet du quartier Verneau vide. Trois jeunes généralistes ont pris la relève. Ils ont 33, 36 et 37 ans. Désolée de leur laisser « une discipline non reconnue et des collègues trop peu nombreux et épuisés », elle les invite à provoquer « un Grenelle de la santé où on assiérait ensemble les gestionnaires, les patients, les médecins ainsi que quelques philosophes pour repenser totalement le système, et en inventer un qui soit plus cohérent. »

Nolwenn Weiler

A lire : Toubib de cité, malade du régime, l’honneur de la désertion. Publié en avril 2007 par les éditions du Petit Pavé, cet ouvrage est un plaidoyer passionné en faveur de la médecine générale. D’une écriture alerte et spontanée, Sylvie Cognard Er Rhaimini raconte son quotidien de médecin et les réflexions qu’il lui inspire, expliquant pourquoi elle continue de l’aimer, éperdument. Et pourquoi elle s’inquiète. Pour l’avenir de ses patients, peu fortunés, et pour celui du métier, tellement dévalorisé.