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samedi 7 février 2009

La perte politique - Marguerite Duras

La perte politique

Pour beaucoup de gens la véritable perte du sens politique c’est de rejoindre une formation de parti, subir sa règle, sa loi.

Pour beaucoup de gens aussi quand ils parlent d’apolitisme, ils parlent avant tout d’une perte ou d’un manque idéologique. Je ne sais pas pour vous ce que vous en pensez.

Pour moi la perte politique c´est avant tout la perte de soi, la perte de sa colère autant que celle de sa douceur, la perte de sa haine, de sa faculté de haine autant que celle de sa faculté d´aimer, la perte de son imprudence autant que celle de sa modération, la perte d’ un excès autant que la perte d’une mesure, la perte de sa folie, de sa naïveté, la perte de son courage comme celle de sa lâcheté, que celle de son épouvante devant toute chose autant que celle de sa confiance, la perte de ses pleurs comme celle de sa joie. C’est ce que je pense moi.

Marguerite Duras. Les yeux verts. Cahiers du cinéma. Juin 1980

vendredi 23 janvier 2009

Empreintes - Françoise Heritier [documentaire]


A ne ratez sous aucun prétexte!
"Françoise Héritier, la pensée de la différence"

Un formidable document sur Françoise Héritier, je vous invite vivement à le visionner, ayant été diffusé le 16 janvier dernier sur arte, peut-être est-ce le dernier jour où il vous sera encore possible de le voir, je ne sais... sa dernière diffusion télé était le 18 janvier, alors peut-être aurez- vous jusqu'au 25 prochain?...

Ne le rater pas!
Au delà de l'ethnologue c'est un documentaire émouvant, attachant sur une vie de femme, une femme engagée dans ses recherches dans son combat pour la parité entre les sexes, auprès des malades du sida, des femmes en prison, des prostituées.

Des moments de grâce, d'humanité quand elle chante en duo avec le professeur qui la suit "un p'tit coquelicot", quand elle offre des photos à Marc Augé, son ancien mari, l'estime mutuelle qu'ils se portent l'un l'autre, au delà de la séparation.

Les évocations de la vieillesse, de la maladie qui handicape et transforme le corps, celle de devoir se séparer d'un lieu investi de souvenirs, du temps qui passe et des combats des enthousiasmes qui perdurent.

L'histoire d'une vie, d'un parcours singulier, de l'importance des rencontres, celle de Claude Lévi-Strauss : une leçon de vie, de féminisme et d'espoir.

Voir ici :

Empreintes - Françoise Heritier



Sémaphore

Actives, pas seulement héritier-es !

sur http://parite-fanchon.blogspot.com

Participer à la vie de la cité implique des choix, des obligations - souvent autant de profits humains, sociaux, politiques, intelligents. Dans l’absolu, quand fanchon s’est rendue dans une mairie pour la cérémonie rituelle des vœux de nouvelle année, elle rencontrait ce vendredi d’autres humain-e-s, des réseaux sociaux : par exemple des responsables d’associations de toutes sortes, des personnalités culturelles comme un poète fêlé ; bref elle a passé une bonne soirée. Ce qui était, dans l’absolu, bien préférable au choix de rester devant sa télé.
Si elle avait jeté ne serait-ce qu’un œil sur Télérama, le choix eût été une épreuve. Dans l’émission Empreintes, Annick Cojean (belle promesse déjà) proposait dès 20h(35 bien sûr) un documentaire sur Françoise Héritier. Merveilles manquées !
Il a fallu ce dimanche matin pour tomber sur une rediffusion, et le site de France 5 permet de voir la video pendant la semaine qui vient : à consommer sans aucune modération !

“Celui qui écoute un témoin le devient déjà”, dit Annick Cojean. Il est donc important de ne pas manquer, et de ne pas oublier un document pareil.

On y voit une grande figure de ce siècle passé, “fille” choisie de Claude Lévi-Strauss et lui succédant, avec tous les titres portés par d’autres (plus souvent au masculin) : ethnologue, anthropologue, professeur émérite au Collège de France(où elle fut la seule femme, la deuxième). Le document évoque évidemment sa carrière et ses domaines de recherche. Mais elle se présente comme “anthropologue dans la cité” ; une femme. Et elle en dit et montre toute l’originalité - qu’on voit bien rarement avec des hommes scientifiques de ce niveau. Tout de son travail est en lien avec ce qui pourrait paraître anecdotique dans une vie quotidienne.

Comment ne pas retenir pour nos engagements ces phrases que F. Héritier prononce à dessein ?
“La connaissance rend sceptique et rend critique”
“Ce que l’esprit humain a créé, l’esprit humain peut le remplacer”

À retenir comme encouragement à combattre la primitivité intellectuelle et la brutalité des affirmations politiques simplistes de notre temps !

Voilà une femme comme de nombreuses femmes de son âge, atteinte par la maladie, qui accepte de se montrer changée physiquement, sur ses cannes, en train de vider une vieille maison de ses souvenirs dans des cartons. Qui ne connaît ?… Mais une femme épluchant des légumes devant une caméra, même non scientifique honoraire, c’est rare ! Enfin, amoureuse de chanson, on la voit sur un banc avec son médecin complice, évoquer Henri Salvador et les paroles de “ton père n’est pas ton père…”, non incongrues en ethnologie.

Si des personnalités s’engagent dans la vie de la cité avec leur expérience et leur notoriété, c’est généralement pour le faire savoir. Mais on découvre, 20 ans plus tard, que F. Héritier avait été nommée présidente du Conseil national du Sida créé par F. Mitterrand. Bien loin d’un titre purement formel, cette fonction a permis à l’anthropologue féministe d’enquêter et d’agir.

Le bilan qu’elle en tire avec l’historienne Michelle Perrot est édifiant : le CNS a obtenu (entre autres) que la médecine pénitentiaire, dépendant du ministère de l’Intérieur, soit rattachée à la Santé (ministère, pas prison !). C’était la victoire du droit au secret de la vie privée, dont elles avaient découvert l’absolue nécessité après avoir rencontré des prostituées, des femmes détenues. Toutes deux soulignant que la plus forte privation de liberté a toujours été celle des femmes.

Voilà des universitaires-femmes qui ont mis leur savoir, leur expérience, leur autorité, au service d’un engagement féministe. C’est-à-dire au service, solidaire, des femmes dont elles font partie. Toutes deux soulignent que ce 20e siècle avec la contraception a permis aux femmes, si longtemps soumises, de devenir sujets agissantes de leurs vies.

Françoise Héritier, comme beaucoup de femmes, a porté des noms différents selon le cours de sa vie : et elle s’est fait ces noms-là successivement, sous lesquels nous l’avons connue au fil de sa carrière : Françoise Izard, puis Héritier-Augé, puis simplement SON nom : Héritier (un masculin ! mais ça n’empêche rien). Quels hommes célèbres ont eu à garder une notoriété avec des noms successifs, qui sont simplement d’usage ? (On avait déjà connu le cas d’Alice Picard, première “recteur”, devenue Alice Saunier-Seïté, ministre)
Si elle avait gardé son nom sans porter celui de ses maris, on en aurait perçu toute la symbolique aussi, dans son domaine de recherche sur les filiations. Mais on la voit justement avec son ex et collègue, mais mieux que beaucoup de couples, retracer un bilan et parler avec intelligence.

Tous ces petits détails abordés en moins d’une heure ne marquent pas un grand écart entre une carrière professionnelle exceptionnelle et une vie de femme comme d’autres. Au contraire l’expérience de la chercheure nous incite à nous prendre en main, comme elle a utilisé son savoir pour aider les autres femmes.
Un détail parmi d’autres : elle n’hésite pas à faire remarquer que tout au long de sa leçon inaugurale au Collège de France, il y a 25 ans, elle libérait son angoisse et son trac en manipulant un mouchoir en boule… Même à ce niveau, une femme seule devant un auditoire d’hommes connaît la même expérience que les autres. Trivialité hors de propos ? non. Elle-même l’assume et nous invite à bouger.

Cette femme du commun et hors du commun a tenu à laisser une filiation et un lien pour l’action future : les associations de femmes gardent le souvenir ébloui - et amical - des interventions de Françoise Héritier pour les inciter à continuer, mettant son savoir à leur disposition comme outil de réflexion.

On l’avait retrouvée aussi parmi 200 intellectuels appelant à soutenir la candidate Ségolène Royal et démolissant, il y a deux ans dans Le Monde, les arguments misogynes.

AInsi n’y a t-il aucune excuse pour le genre qui chipote “oh non, JE ne suis pas féministe”. Ah bon ? et JE veux tout quand même ? S’il n’y avait pas eu de féministes, comment aurais-JE eu la contraception et mille petites libertés acquises difficilement ? Comment pourrais-JE espérer - un jour ?! - un poste, un salaire, une retraite, les conditions de vie que je mérite ?

Ces grandes universitaires si discrètes montrent l’exemple et nous incitent à “garder espoir dans la capacité humaine de changer” le monde.


Françoise Héritier souligne la nécessité d’abolir la hiérarchie homme-femme millénaire et en tous lieux : moyen de “rendre le monde meilleur, car c’est la première hiérarchie” et son abolition entraînera les autres progrès.
Elle nous invite à “l’espoir pour ce siècle”, “une époque formidable”.

Optimiste en plus, par les temps qui courent… Il y a des femmes formidables ! à nous de les mériter. Engageons-nous ; et les filles, faites des études !

Voir ici :

Empreintes - Françoise Heritier

samedi 17 janvier 2009

Performances et lectures à Sauve (Gard)

Un jour d'été au milieu de l'hiver... pour reprendre le communiqué de cet anniversaire de l'art, cela ne saurait se refuser!

Je souligne la présence d'Edith Azam dont les lectures sont des performances en soi, à ne rater sous aucun prétexte.

Pour vous, donner la mesure de cette intensité à dire toutes ces pelotes qui nous nouent, cette densité sensible, juste, poignante, écoutez-la, ici accompagnée par Eric Diot.

Belle osmose syncopée, à vous couper le souffle.

...et rendez-vous à Sauve... qui peut!...bah!

Sémaphore

Bon...Faut attendre...30s avant démarrage.

1 000 046ème ANNIVERSAIRE DE L'ART

SAUVE (Gard), le 17 janvier 2009

Plan33


















(un clic pour aggrandir)

14h- Temple : Inauguration, intervention Julien Blaine/AntoineSimon (performances)
15h- Château de Roquevaire : SébastienLespinasse (poésie sonore) Pierre Guéry (lectureperformative, sous réserve) Guy Ibanez (performance)
16h- Maison des Comtes : MartialBettencourt (lecture d' Artaud), Cart Brainich (guitare), EricMc Coulet (?), RahimSeligman (flûte traversière)
17h- Poussière d'étoiles :Exposition Filliou, Delphine Desyeux (lit « L'histoirechuchotée de l'art » de Filliou), ClaudieLenzi (lecture performative), Pierre Tilman (lecture, dédicace de « Nationalité Poète »,biographie de Robert Filliou).
18h- La Traversière : vin chaud, Nadine Agostini et André Gache (lectures performatives)
19h- Temple : EdithAzam et Frédérique Guetat-Liviani (lectures poésie directe), CharlesDreyfus (performance, sous réserve))
19h30/45- Repas

21h/22h-Temple : participation de tous les intervenants...

jeudi 8 janvier 2009

En perdre son latin sans Y grec!

"Dès fois quand je m'endors
je sais plus qui je suis"

"Si je t'aime, si j'ai tort,
A quoi je sers
Juste, serre-moi fort"

Mademoiselle K

Un belle idée que celle de s'adresser à ces fans de la part de Mademoiselle K pour la réalisation de ce clip, ce sont 211 vidéos qui ont ainsi été récoltées, 74 ont été retenues et montées.
Une réalisation étonnante, émouvante, tour à tour souriante, touchante, tout autant que la diversité intime de chacun.
L'abandon, l'amour, les repères, la question des origines, les interrogations sur le genre, sur l'orientation sexuelle, une chanson existentielle...

Il me revient, citée par Gilles Deleuze cette formule de Lacan "celui qui n'est dupe, erre"
Jacques a dit!
Naît du père et du saint esprit, amen!

n.b. : bienvenue à vos associations d'idées...

Semaphore




Maman XY

X, Y, X, Y
On peut naître sous X
Et se sentir Y
Y, Y, Y, Y
Et moi maman, maman
Sur une échelle de X à Y
Qui je suis ?
Oublie l’échelle à Richter
Il a abandonné
Et ma terre elle tremble dans tous les sens
Sauf celui qui connait

X, X, X, X, X,

J’ai coupé mon corps en deux
Fallait que je comprenne avec mes yeux
Tout ce que j’ai vu
Je suis pas possible à trier
X, X, X, X fois je me suis perdu dans des super marchés
A chercher quoi ? A chercher quoi ?
Juste moi

X ,X, X, X, X,

Si tu peux pas t’appuyer
Si tu peux pas t’appuyer dans un bordel pas possible a trier
Alors à quoi je sers? A quoi je sers?

Si tu m’aimes, si j’ai tort
A quoi je sers, serre-moi fort

Si tu m’aimes, si j’ai tort
A quoi je sers, serre-moi fort

Si tu m’aimes, si j’ai tort
A quoi je sers, serre-moi fort

Maman, maman,
Des fois quand je m’endors
Je sais plus qui je suis

X, Y,
On peut naître sous X
Se sentir Y
Mais moi maman, moi
Sur une échelle de X à Y
Qui je suis ?
Maman,
Des fois quand je m’endors
Je sais plus qui je suis
Oublie l’échelle à Richter
Il a abandonné
Et papa il a abandonné
Maman ? Papa il a abandonné
XXXX fois et XXXX fois
XXXX fois papa il a abandonné

Si tu m’aimes, si j’ai tort
A quoi je sers, serre-moi fort

Si tu m’aimes, si j’ai tort
A quoi je sers, serre-moi fort

Si tu m’aimes, si j’ai tort
A quoi je sers, serre-moi fort

Si tu m’aimes,
Quand je m’endors
Je sais plus qui je suis
Et à quoi je sers
Alors si tu m’aimes si j’ai tort
A quoi je sers juste, serre-moi fort


dimanche 14 décembre 2008

Qui en veut à la seuneuceufeu?

Si les vaches ne voient plus passer de train que va-t-il se passer?...
Elles risquent de se mettre en grève, elles aussi!..Fini plus de lait UHT, pour le petit déjeuner, et les crêpes Suzette.
Un très dangereux réseau d'activistes vient d'être repéré par nos services, très enraciné et déployé sur tout le territoire, aux méthodes kamikazes, ils se laissent tomber sur les voies.
Aussi je suggère au gouvernement Sarkozy de proposer un dépistage génétique précoce de tout ce qui ressemble de près ou de loin à ces silhouettes apparemment immobiles qui longent les voies de chemin de fer.
Oui! Les arbres attaquent!
Après avoir été suspectés de se jeter sur les automobilistes, souvenez-vous le gang des platanes!...
Quelle sera la riposte de ce gouvernement qui a une solution dans chaque case son cerveau, à n'en pas douter!
Je bois déjà la réponse comme du petit lait...

Sémaphore

n.b. : Les terroriste sont partout!..à gauche, d'ailleurs ne se sabordent-ils eux-mêmes, si ce n'est pas une preuve ça : ces camps d'entraînement en interne!
C'est vôtre gouvernement ultra libéral qui vous en avertit.
Nos services ont repéré ce dangereux individu qui ose chanter en pleine crise,
la parisienne libérée, en liberté surveillée disons plutôt!
Elle est même passée chez Daniel Mermet, dans "là-bas si j''y suis"( France inter de 15h à 16h) ...Comment cette émission sévit encore!... Bah, le futur directeur nommé par vôtre gouvernement saura quoi faire...



pour EN SAVOIR PLUS


vidéo : la Parisienne Libérée, featuring JBB

...
Ca fait des mois qu'on te suit
Toi et ton groupuscule
On sait tout sur ta vie
Et celle de ta cellule

Tu t'intéresses aux trains
Tu flânes près des chemins de fer
Si j'en crois les témoins
T'as même pris les horaires?

Dans ta bibliothèque
Parait qu'ya des bouquins
Et d'après notre enquête
T'en as mêm' lu certains


UHT
Ultime Hyper Totale gauche
A gauch' de la gauch' de la gauch'
De l'extrême gauche
Ultime Hyper Totale gauche
Bien pire que la gauche de la gauche
De toutes les gauches
...

mardi 11 novembre 2008

Orly Chap' : détournement d'A...d'avion? Non, détournement d'aveux ; " L'amour avec un gros tas "

Extrait de son nouvel album "Ma Lueur Clown",
sorti en octobre dernier

Orly,signifie « lumière » en hébreu

Un titre provocateur pour une délicieuse surprise!


lundi 13 octobre 2008

Isabelle Affolter, auteure de : Accueillir des femmes en détresse Le quotidien d'un centre d'hébergement, rencontre ce Mardi 14 octobre 08

«Il pleut des hommes» (extrait)

Paperasserie, courriers administratifs, cahiers de comptes, bref, bureau encombré. L. frappe et entre, s'assied en face de moi, le regard sur ses pieds ; elle tire ses mèches de cheveux devant ses yeux et s'agite.
J'ai toujours laissé les femmes de l'appartement thérapeutique entrer dans mon bureau, sauf pendant les entretiens bien évidemment, circulation appa­remment aléatoire, angoisse à dire ou à montrer, sta­tion rituelle dans des trajets.
Ces apparitions me rappellent pourquoi je me coltine à toute cette gestion qui encombre mon bureau et parfois ma tête ; une institution ça se gère, mais les murs servent à abriter des humains.
L. tripote ses cheveux et dit : «Et en plus les Algériens nous ont déclaré la guerre.»
Je continue mes écritures en pensant que cette phrase n'est pas dans le registre habituel du délire de L. Elle est en général poursuivie par des membres de sa famille dont elle ne sait plus s'ils sont vivants ou morts, elle trébuche sur l'identité de ses compagnes d'appartement qu'elle prend l'une pour sa mère, l'autre pour sa soeur, pense avoir été violée par le fils d'un rocker vieillissant, mais n'est pas très préoccupée par les événements politiques ; elle mène une autre guerre avec la part d'elle, qui l'assaille en voix.
«Et en plus il pleut des hommes.»
Je lève la tête, moi qui me pique d'entendre ce qu'elle tente d'articuler dans son délire pour soutenir son existence, je ne comprends pas ce qu'elle raconte... il pleut des hommes...
Le téléphone sonne, un collègue parti faire un accompagnement en voiture et qui écoute la radio m'informe que des avions viennent de s'écraser sur des tours à New York.
L. et moi, nous nous retrouvons devant la télévision de l'appartement qui marche quasi non-stop et je vois une pluie d'hommes qui tombent.
11 septembre 2001 ; qui délire ?

Mardi 14 octobre de 17h à 19h à l'amphi Y. Barat de l'IRTS Montpellier


l'IRTS, Psychasoc et les éditions Erès organisent un débat
Travail social : les enjeux cliniques, institutionnels, politiques
•Isabelle Affolter, auteure de : Accueillir des femmes en détresse Le quotidien d'un centre d'hébergement, présentera son ouvrage et son expérience de direction
•Jean-François Gomez fera une exploration de ses différents ouvrages et travaux en questionnant plus particulièrement l'écriture professionnelle, non seulement comme espace d'élaboration et de transmission de la pratique, mais aussi comme condition incontournable de la reconnaissance des travailleurs sociaux.
•Les deux intervention seront suivies d'un débat plus large sur les enjeux du travail social aujourd'hui.
•Joseph Rouzel, animera cette rencontre, en présence de représentants de l'IRTS et des CEMEA.

samedi 11 octobre 2008

Jacqueline Julien, Le Feu [extrait]




(…)
“Très tôt nous nous sommes regardées. Mon premier regard a été pour ce regard de plomb brillant qui m’a cinglée, aigu, agile, perspicace.
Je crois savoir que je ne l’ai pas vue, mais regardée. Elle m’a vue aussi sans doute,
Mais elle m’a regardée, surtout. Nous avons fait comme si nous ne faisions que nous voir,
mais je sais qu’il y a eu le regard surtout, de chacune sur l’autre.
(…)
Il y a ainsi beaucoup de choses que je ne suis pas sûre d’avoir vues, parce que je la regardais.
Je n’ai pas vu sa carrure, qu’il aurait fallu dire d’athlète, je n’ai pas vu, je n’ai pas vu ses flancs.
Ni ses jambes. Ni ses hanches. Je l’ai regardée dans ce qui émanait de sa forme.
J’ai regardé ses mouvements, cette buée électrique que j’avais cette furie d’atteindre, de pénétrer.

Parce que ce regard plus fort que voir et être vue, j’ai su directement du dessous de ma peau
l’atteindre sous la peau. Il y avait les vêtements à enlever et sa peau à traverser.
Je ne voyais pas sa forme. Ce désir n’était pas que pour sa forme. “
(…)

Jacqueline Julien, Le Feu

lu ici :

Est-ce qu'on naît lesbienne ou est-ce qu'on le devient ?

in Bagdam Espace lesbien, Toulouse.

samedi 4 octobre 2008

Light is calling [Edith Azam sur France Culture]


Découvert sur mon phasme d'Edith Azam, je vous recommande l'écoute de son passage sur France Culture.

Ecoutez-la!
Je suis certaine que vous partagerez mon enthousiasme,
elle ne peut vous laisser indifférent!

Elle sait le tumulte intérieur,
les mots qui se bousculent, vous atteignent,
achoppent, ricochent, bégayent, martèlent, s'entêtent, s'obstinent, virevoltent, volte-face ;
la valse, le tourbillon, les tempêtes, les eccueils, tout ce qui vous serre la gorge, le coeur, les tripes.


Là où réside ce qui vous constitue,
vous aussi vous serez remuéE.
Laissez-vous
surprendre!

Comment faire parler ce qui n'arrive à se dire?
Edith Azam vous offre sa réponse et quelle réponse!
L'émission " ça rime à quoi" lui étant consacrée est en écoute sur son site :
http://phasme.grosquick.net/_28

Sémaphore

« faut voir et entendre Edith Azam lire ses textes pour saisir tout ce qu’il y a de juste dans son approche absolument naturelle du texte, de la voix et du corps, une seule personne, une totale unité, le révélateur de soi-même à soi sans fin, personne devient cette personne, celle-là, toute de fragilité, apeurée mais rapide comme un écureuil, légère comme un oiseau, solide comme la mer qui jamais ne s’arrête, comme une fille qui n’aime pas qu’on lui coupe la parole ».

Claude Chambard, préface à « Létika Klinic », éd. Dernier télégramme

ça rime à quoi
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/carimeaquoi/

jeudi 18 septembre 2008

« Je suis dans le poing et dans la plaie... Claude Cahun



« Je suis dans le poing et dans la plaie ;
je me reconnais ici, là et partout. »
Claude Cahun


Soit une définition du féminisme!
Humaine et Rebelle
Mais ce serait réduire la diversité des lectures...
Sémaphore

vendredi 12 septembre 2008

L'âge des possibles [extrait, reprise "Rêves secrets d'un Prince et d'une Princesse"]



Délicieuse reprise de cette chanson extraite de "Peau d'âne".

Des mouvances du coeur où toute la palette des émois amoureux se lisent, s'expriment, se devinent, se répondent, font ricocher, se déploient de la toile à notre intime, Pascale Ferran en signe ici le portrait tendre, délicat, tour à tour léger et poignant, sur le fil.

sémaphore

dimanche 7 septembre 2008

Cojienda flores

Concha Benedito, "Cojienda flores " 1999

Our Darkness



Anne Clark - Our Darkness

Through these city nightmares you'd walk with me

And we'd talk of it with idealistic assurance

That it wouldn't tear us apart

We'd keep our heads above the blackened water

But there's no room for ideals in this mechanical place

And you're gone now



Through a grimy window that I can't keep clean

Through billowing smoke that's swallowed the sun

You're nowhere to be seen



Do you think our desires still burn

I guess it was desires that tore us apart

There has to be passion

A passion for living, surviving

And that means detachment

Every-body has a weapon to fight you with

To beat you with when you are down

There were too many defence between us

Doubting all the time

Fearinf all the time

Doubting all the time

Fearinf all the time

That like these urban nightmares

We'd blacken each other skies



When we passed the subway we tried to ignore our fate there

Of written threats on endless walls

Unjustified crimes carried on stifled calls

Would you walk with me now through this pouring rain

It used to mingle with our tears then dry with the hopes

That we left behind

It rains even harder now .

samedi 6 septembre 2008

Reconnaissance tardive de la femme compositrice par Pascale François


Sancta Cecilia, Guido Reni

Ne fréquente pas la femme musicienne,
de peur que tu ne sois pris dans ses rets.

(L'Ecclésiastique, IX, 4 ; IIe siècle avant J.-C.)

Aujourd'hui, les femmes occupent dans la vie musicale une place qu'on ne peut plus ni passer sous silence, ni minimiser, ni juger dilettante ou énigmatique. Elles font, en ce début de XXIe siècle, tout naturellement partie prenante des concerts d'avant-garde. Il suffit pour s'en persuader de remarquer la présence lors d'un festival de musique contemporaine comme Ars Musica de Betsy Jolas, Sofia Goubaïdulina, Kaija Saariaho,... Il est un fait que de nombreuses créations, considérées comme révolutionnaires et innovatrices dans la nouvelle musique, sont l'oeuvre de femmes ! Il n'en a pas toujours été de même, loin s'en faut.

Alors que les femmes de lettres, les poétesses sont connues depuis les temps les plus reculés, les compositrices, à de rares exceptions près et pas nécessairement à ce titre là (femmes troubadours, Hildegard von Bingen, Alma Mahler...) restent dans l'ombre. En effet, tout le monde connaît Madame de Sévigné. Qui connaît Elisabeth Jacquet de la Guerre, compositrice hardie qu'applaudissait le Roi Louis XIV ? Toutes deux ont évolué et brillé au même siècle.

L'absence des femmes se vérifie, en général, dans le monde artistique et scientifique : que ce soit en musique, en sculpture (Camille Claudel mise à part), en architecture, en philosophie, en biologie, en physique (hormis Marie Curie), en médecine, ou encore, dans l'histoire des découvertes géographiques, de l'exploration, des inventions... Mais revenons au sujet qui nous occupe.

Pourquoi cette division sexiste du travail musical ?

Pourquoi avoir réservé aux hommes la création, la composition et la direction d'orchestre et avoir cantonné les femmes dans le rôle de "servantes" de la musique, qu'elles soient joueuses d'épinette en famille, cantatrices ou "demoiselles" professeurs de piano ?

La compositrice passe pour une exception, une erreur de la nature, d'où cette citation du Dr Johnson Samuel, linguiste anglais du XVIIIe siècle :

"Une femme qui compose, c'est un peu comme un chien qui marche sur ses pattes de derrière. Ce qu'il fait n'est pas bien fait, mais vous êtes surpris de le voir faire".

Pascale François

source : http://www.lamediatheque.be/travers_sons/fc_02.htm

Femmes, le génie interdit ? Festival d'Ambronay

Festival d'Ambronay, (Ain)

Du 18 septembre au 15 octobre 2008

Vidéo : visionner notre entretien vidéo avec Alain Brunet, directeur du Festival d'Ambronay qui présente enjeux et perspectives de la thématique 2008 du festival : "Femmes, le génie interdit"...

Rencontre internationale
« Musique, femme et interdits »
les 3 et 4 octobre 2008.
la programmation des interventions :
http://www.ambronay.org/fr/Recherche/seminaires.html

Pourquoi associer musique et femme ? Pourquoi leur adjoindre la notion d’interdits ? Présent de la « Dame du Ciel » chez les Égyptiens, incarnée par la lyre d’Apollon chez les Grecs, « feu qui brûle le coeur et l’âme » en Inde, la musique, tantôt femme tantôt homme dans son origine mythique, est cependant toujours associée au féminin... Cette Rencontre Internationale réunit, sous la direction scientifique d’Aline Tauzin (CNRS), anthropologues, musicologues, historiens, ethnologues, acteurs des politiques publiques, musiciens...
Des conférences et des débats ouverts à tous !

Télécharger la brochure du colloque ici !

Conférences :

Etre compositrice à l’époque baroque,

Catherine Cessac › SAMEDI 20/09 › 17h00 ›entrée libre

Quelle était la place des compositrices italiennes au début du xviie siècle ? Qu’en était -il en France ? Questions posées autour de la personnalité d’Élisabeth Jacquet de la Guerre.

Fanny Mendelssohn

Catherine Cessac › SAMEDI 27/09 › 15h00 ›entrée libre

« La musique deviendra peut-être pour [Félix] son métier, alors que pour toi elle doit seulement rester un agrément mais jamais la base de ton existence et de tes actes. [...] ta joie sincère devant les louanges qu’il reçoit prouve que tu en aurais mérité tout autant à sa place. Demeure fidèle à ces sentiments et à cette ligne de conduite, ils sont féminins et seulement ce qui est féminin est un ornement pour ton sexe »

Fanny Mendelssohn (1805-1847) a quinze ans quand elle reçoit cet avertissement de son père.

Les ospedali

Olivier Foures ›SAMEDI 11/10 › 17h00 ›entrée libre

Dans les ospedali de Venise, les orphelines, à l’abri des regards, sont éduquées « à exceller dans la musique…».

Sélections de concerts


Renseignements :

Centre Culturel de Rencontre
Place de l'abbaye
Tél. : 00 33 (0)4 74 38 74 04

dimanche 31 août 2008

De la politique et des moutons....



Parlez-moi de la pluie, Agnès Jaoui [extrait]
sortie le 17 septembre 08

samedi 30 août 2008

No kid, Corinne Maier [extrait]

« Nous vivons dans une société de fourmis, où travailler et pouponner modèle l'horizon ultime de la condition humaine. Le travail est l'opium du peuple, les enfants seraient-ils sa consolation ? Une société pour laquelle la vie se limite à gagner son pain et à se reproduire est une société sans avenir et sans rêves. Avoir un enfant est le meilleur moyen d'éviter de se poser la question du sens de la vie, puisque tout tourne autour de lui : il est un merveilleux bouche-trou à la quête existentielle. Mon fils, ma bataille, comme le chantait Daniel Balavoine ; c'est bien joli, mais si vous n'avez pas d'autres batailles, votre vie se réduit à pas grand-chose. (...) Répondre à la question du sens de la vie en se reproduisant, c'est transférer la question à la génération suivante. S'abstenir d'y répondre, ou au moins d'essayer, n'est-ce pas la pire des lâchetés ? »

No kid, Corinne Maier
lu sur http://chaminou.blogg.org/

"Que l'enfant soit la fin suprême de la femme, c'est là une affirmation qui a tout juste la valeur d'un slogan publicitaire".
Simone de Beauvoir

lire d'autres extraits ici : http://perrinesexprime.canalblog.com/archives/_feminisme/index.html

"C'est joli, la poussière..."


Rodney Graham

«
C'est joli, la poussière,
c'est la poudre de riz des choses.»
Natalie Clifford Barney

vendredi 29 août 2008

Les introuvables lesbiens


Romaine Brooks, self-portrait, 1923


Un site où je vous invite à musarder, vous y découvrirez des oeuvres qui ne sont plus éditées et des auteures passées sous silence.

Fort belle initiative!
Je laisse la parole à sa conceptrice.

semaphore

UN BLOG POUR ELLES

source : http://romanslesbiens.canalblog.com/archives/01__accueil/index.html

Pourquoi ce blog ?
Parce que je ne veux pas que la mémoire se perde !!!
Je vous ouvre ma bibliothèque, car ces ouvrages sont quasiment impossibles à trouver en librairie, et difficilement en bibliothèque publique.
Pourtant le corpus littéraire lesbien est un état des lieux tout à fait éloquent de la perception de l'homosexualité féminine à travers les siècles. A ce titre, poésie, théâtre, roman... font partie de notre histoire. Ils révèlent le difficile passage de l'invisibilité à la visibilité. Parfois, ce n'est même plus de la sociologie c'est quasiment de l'ethnologie !

Les ouvrages lesbiens du XVIIe au XXe siècle naissant - O ironie ! O paradoxe ! - sont majoritairement écrits par des hommes. Pourquoi ? mais parce que seuls les hommes avaient droit à la parole, les femmes étant muselées (voire lobotomisées) par le patriarcat dominant.

Jusqu'au XXe siècle largement entamé, les seules qui ont vécu leur homosexualité à visage découvert et qui se sont exprimées en toute liberté n'ont pu le faire QUE parce qu'elles étaient financièrement indépendantes. Ainsi, les auteures lesbiennes (jusqu'au début des années 1930) sont soit de riches héritières (Renée Vivien ou Nathalie Barney) soit des actrices ou des "cocottes" (Liane de Pougy, Emilienne d'Alençon...).

Les auteur-e-s
Il faut donc lire ces ouvrages avec beaucoup d'humour et de distance. Bref,
un régal de énième degré !!!... Mais c'est de la mémoire, vous dis-je :
• mémoire d'une perception toujours diabolisée du lesbianisme par une hétérosexualité sûre de son bon droit et toujours prête à condamner la différence ;
• mémoire de celles qui signent leur oeuvre d'un nom d'homme pour vaincre l'ostracisme, ou de celles qui transposent une histoire d'amour tribadique en une histoire hétéro pur jus ;
• mémoire de celles qui ne se cachent pas, mais qui restent marquées dans leur tête par la culpabilité judéo-chrétienne ;
• mémoire de celles qui non seulement ne se cachent pas mais revendiquent, à la manière Fin de siècle, leur sapphisme...

Cela dit, ces ouvrages prouvent au moins une chose : à la fin du XIXe, l'identité lesbienne commence à exister. Un "statut" - bien qu'essentialiste - lui est reconnu. La lesbienne n'est pas une erreur ponctuelle de la nature, elle se reproduit...

Comment fonctionne le blog ?

• Régulièrement, j'ajouterai des oeuvres extraites de ma bibliothèque et saisies de mes blanches mains. En règle générale, j'arrive à intégrer un livre par mois.

• [presque] Tous les ouvrages proposés en pdf sont dans le domaine public (pour ceux qui ne le sont pas, je vais attendre de me faire taper sur les doigts pour les supprimer de ce blog !).

mardi 26 août 2008

L'enfant et la mouche - Françoise Mallet-Joris/Marie-Paule Belle






L'enfant et la mouche

Seul il joue au jardin
Il est insouciant
Ce n'est qu'un enfant
Il s'élance en courant
Referme la main
La mouche est dedans
Il joue il rit
La mouche est à lui
Et il lui arrache les ailes
Il est si petit

Toi qui lis les journaux
Qui a des idées
Sais-tu regarder
Ces choses qui sont si naturelles
Qu'on oublie souvent qu'elles sont cruelles

Dans le grand camion noir
Les chevaux finis ont déjà compris
C'est vers les abattoirs
Que l'homme insouciant les mène ce soir
C'est son métier
Il n'est pas méchant
Mais il frappe il crie
En les poussant dans la nuit

Toi qui veux la justice
Et qu'elle se bâtisse
Dans tous les pays
Ces choses qui sont si naturelles
Vois-tu seulement combien c'est pareil

Le chômeur humilié
Et qu'on ne plaint pas
Tant qu'il peut manger
Le prisonnier perdu
Par des mots savants
Qu'il ne comprend plus
On a pitié on en parle un peu
Et ça nous rassure
On veut croire que ça va mieux

Ce cri d'enfant battu
On l'a entendu
Mais on n'a rien dit
Ce vieux dans un couloir
Sur de vieux journaux
Qui a peur du noir
Ils sont si près
Qu'on ne les voit pas
Et on s'en va
Pour pleurer au cinéma

C'est une même guerre
Une même misère
On les voit partout
Ces choses qui sont si naturelles
Qu'on oublie souvent qu'elles sont cruelles

Seul il joue au jardin
Il est insouciant
Ce n'est qu'un enfant
Il s'élance en courant
Referme la main
La mouche est dedans
Il joue il rit
La mouche est à lui
Et il lui arrache les ailes
il est si petit

Françoise Mallet-Joris