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mardi 6 janvier 2009

le petit prince a dit...


“
Les grandes personnes aiment les chiffres.
Quand vous leur parlez d’un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l’essentiel.
Elles ne vous disent jamais :
« Quel est le son de sa voix ?

Quels sont les jeux qu’il préfère ?
Est-ce qu’il collectionne les papillons ? »
Elles vous demandent :
« Quel âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ?

Combien gagne son père ? »
Alors seulement elles croient le connaître.
Si vous dites aux grandes personnes :
« J’ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux fenêtres et des colombes sur le toit… » elles ne parviennent pas à s’imaginer cette maison.
Il faut leur dire : « J’ai vu une maison de cent mille francs. »
Alors elles s’écrient : « Comme c’est joli ! »
”

Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince


le businessman

mercredi 28 mai 2008

Ce mercredi en préambule à la Comédie du livre 2008 dédiée à la Russie, Conte de Babouchka, projection&Rencontre autour de "La correspondance à trois"

Rencontre autour de "La correspondance à trois" - 1926 - Rainer Maria Rilke, Boris Pasternak et Marina Tsvetaïeva", animée par François Szabo

source : Montpellier Agglomération

28 mai 2008 à 18h30 médiathèque centrale Emile Zola

En avant-première de la Comédie du Libre 2008

"La correspondance à trois - 1926 - Rainer Maria Rilke, Boris Pasternak et Marina Tsvetaïeva".

Animé par François Szabo.
Lecture d'extraits en français et en russe.
Accueil en musique avec des textes de Marina Tsvétaieva, mis en musique par Elena Frolova.

(Elena Frolova : concert d'ouverture de la comédie du livre 2008, le 29 mai http://www.comediedulivre.montpellier.fr/pages/?page=318)

Fait littéraire exceptionnel, cette correspondance entre trois des plus grands poètes de leur temps, démontre s'il le faut encore, que l'admiration, l'amitié extrême jusqu'à la passion d'un amour sans limites entre poètes qui ne se côtoient que par le truchement d'un lien épistolaire, peut vibrer entre personnes d'une identité formidable, d'une sensibilité exacerbée et d'une volonté d'absolu dans une résolution extrême qui rend capable ainsi de
sublimer l'existence quotidienne, de parvenir à des issues salutaires en un
temps de déroute totale : en soins en Suisse pour la leucémie dont souffre
RILKE, dans l'isolement d'une toute neuve Union Soviétique pour PASTERNAK, dans l'exil en France en Vendée dans des conditions d'une précarité effarante pour TSVETAÏEVA.

Mémoire historique, création littéraire et surtout témoignage humain d'une force sans pareille, la lecture de ces lettres en français accompagnée de quelques lectures en langue russe de cette correspondance immergera l'auditeur dans le monde singulier et intime de personnalités hors du commun.

François Szabó

Rilke fut sans doute le poète allemand le plus important de la première moitié du XXème siècle. Son oeuvre est une longue méditation sur les événement essentiels de l'existence humaine, et en particulier,la mort, qui lui semblait le point culminant auquel toute vie doit préparer.
Il nourrit des amitiés vivantes avec quelques-uns des créateurs les plus novateurs de son époque, en particulier,Auguste Rodin, dont il fut le secrétaire, et Marina Tsvetaeva, dont il décela le génie avant tout le monde
Il mourut (lui qui avait écrit un recueil en Français sur les jardins, Verger) du fait des suites d'une mauvaise piqûre de rose qui dégénéra en leucémie, et au seuil de la mort, refusa les soins thérapeutiques qui auraient pu lui éviter la souffrance, de peur de voir lui échapper «sa propre mort.»

Boris Pasternak (1890-1960), poète et écrivain russe est né dans une famille juive, fils d'un et d'une pianiste. Il passa sa jeunesse dans une atmosphère cosmopolite. Après des études en Allemagne, Il retourna à Moscou en 1914 où il publia cette même année son premier recueil de poésie puis un second qui n'eurent guère d'écho auprès du public.
Pasternak s'affirmera avec son recueil suivant, « Ma sœur la vie » (1917)
La Première Guerre mondiale lui donna la matière pour sa saga fameuse "Docteur Jivago" qu'il publie plusieurs années plus tard. Il tomba en disgrâce auprès des autorités soviétiques pendant les années 1930 : ses livres parlent du passé et non du présent, son style est poétique et non socialiste. La publication en 1957 du "Docteur Jivago" motive l'attribution du prix Nobel par l'Académie suédoise en 1958. Les autorités soviétiques, considérant l'auteur comme un « agent de l'Occident capitaliste, anti-communiste et anti-patriotique »le contraignent à décliner cette récompense, s'épargnant à lui ainsi qu'à ses proches de lourdes sanctions.
Il meurt deux ans plus tard des suites d'un cancer. Sur son lit de mort, il avait dit à sa femme: "La vie a été belle, très belle, mais il faut aussi mourir un jour. J'ai aimé la vie et toi." (extrait de "Le fantôme de Staline" de Vladimir Fédorovski).
Docteur Jivago ne paraîtra en URSS qu'en 1988 à la faveur de la perestroïka

Marina Ivanovna Tsvetaïeva (1892-1941)est une poètesse russe née à Moscou .
Elle est un des poètes les plus originaux de langue russe du XXe siècle. Son œuvre ne fut pas appréciée par Staline et le régime soviétique. Sa réhabilitation littéraire commence dans les années 60. La poésie de Tsvetaïeva vient du plus profond de sa personnalité, de son excentricité, et de son usage très précis de la langue.

Heure du conte : "Contes de Babouchka"

28 mai 2008 à 15h30

Médiathèque centrale Emile Zola à L'île aux contes..

par Evelyne Chadi (dès 5 ans).
Babouchka dans ton izba, raconte-nous des histoires! Des contes de princesses belles comme Vassilissa, ou de sorcières comme Baba Yaga...

Inscriptions le jour même, dès 10h, sur place, à la banque arts et littératures jeunesse au niveau 2, ou en téléphonant au 04 99 06 27 31.
Réservé aux enfants inscrits à la médiathèque.

Du 28 au 30 mai : "Comédie du livre : la littérature dans le cinéma soviétique des années 50"

"Le Tour du monde de Sadko",
d'Alexandre Ptouchko (d'après un conte russe), 1952, 90', VF.

28 mai 2008 médiathèque centrale Federico Fellini -16h salle Jean Vigo

connaissance du cinéma


source :
http://mediatheque.montpellier-agglo.com/

mardi 1 avril 2008

Le Cil du Loup Clarissa Pinkola Estes


Que voyez-vous ? par loupiotte
http://takadirlou.blogspot.com/

Le Cil du Loup

Si tu ne vas pas dans les bois,
jamais rien n'arrivera, jamais ta vie ne commencera.

- Ne vas pas dans les bois, disaient-ils, n'y va pas.
- Et pourquoi donc ? Pourquoi n'irais-je pas ce soir dans les bois ? demanda-t-elle.
- Dans les bois vit un grand loup, qui mange les humains comme toi. Ne va pas dans les bois, n'y va pas.
Bien sûr, elle y alla. Elle alla malgré tout dans les bois et bien sûr, comme ils avaient dit, elle rencontra le loup.
- On t'avait prévenue, fit le choeur.

- C'est ma vie, pauvres noix, rétorqua-t-elle. On n'est pas dans un conte de fées. Il faut que j'aille dans les bois.
Il faut que je rencontre le loup, sinon ma vie ne commencera jamais.

Mais le loup qu'elle rencontra était pris dans un piège. Dans un piège était prise la patte du loup.

- Viens à mon aide, viens à mon secours ! Aïe, aïe, aïe ! s'écria le loup.
Viens à mon aide, viens à mon secours et je te récompenserai comme il se doit.
Car ainsi font les loups dans ce type de contes.

- Et comment serais-je sûre que tu ne vas pas me faire mal ?
Interrogea-t-elle - c'était son rôle de poser des questions.
Comment serais-je sûre que tu ne vas pas me tuer et me réduire à un tas d'os ?


- La question n'est pas la bonne, dit ce loup-ci. Tu dois me croire sur parole.
Et il se remit à gémir et à crier

Oh, là, là ! aïe, aïe, aïe !
Belle dame
Il n'y a qu'une question qui vaille
Ououououououh
eheheheheheh
laaaaaaaaam ?

- C'est bien, le loup. Je prends le risque. Allons-y !
Et elle écarta les mâchoires du piège. Le loup retira sa patte, qu'elle pansa avec des herbes et des plantes.
- Oh, merci aimable dame, merci, dit le loup, soulagé.

Et, parce qu'elle avait lu trop de contes d'un certain type, le mauvais, elle s'exclama.:
- Allons, finissons-en. Tue-moi. Maintenant.

Mais ainsi le loup ne fit-il pas. Pas du tout. Il posa la patte sur son bras.
- Je suis un loup qui vient d'ailleurs, un loup qui vient d'un autre temps, dit-il.

Et il s'arracha un cil, puis le lui offrit en disant : - Sers-t'en avec discernement.


Désormais, tu sauras qui est bon et qui ne l'est guère ;
il te suffira de voir par mes yeux pour voir clair.
Tu m'as permis de vivre
Et pour cela
Je t'offre de vivre ta vie comme jamais tu ne le fis.
Souviens-toi, belle dame,
Il n'y a qu'une question qui vaille
Ououououououh
eheheheheh laaaaaaaaam


Ainsi revint-elle au village
Ravie d'être encore en vie
Et cette fois, quand ils disaient
" Reste ici, marions-nous "
Ou " Fais ce que je te dis "
Ou " Dis ce que je te dis de dire,
Surtout n'aie aucun avis "
Elle portait à son oeil le cil du loup
Et voyait à travers lui
Leurs véritables motivations
Comme elle ne l'avait jamais fait.

Alors quand le boucher
Posa la viande sur la balance
Elle vit qu'il pesait son pouce avec.
Et quand elle regarda son soupirant
Qui soupirait " Je suis parfait pour toi "
Elle vit que ce soupirant-là
N'était même pas bon à quoi que ce soit.
De sorte qu'elle fut à l'abri
Sinon de tous les malheurs du monde
Du moins d'une grande partie.

Plus encore : non seulement cette nouvelle façon de voir lui permit de distinguer le cruel et le sournois,
mais son coeur ne connut plus de limites,
car elle regardait tout un chacun et l'évaluait grâce au don du loup qu'elle avait sauvé.

Et elle vit les gens de bonté vraie
Et elle s'en approcha,
Elle trouva le compagnon
De sa vie et resta près de lui,
Elle distingua les êtres de courage
Et d'eux se rapprocha,
Elle connut les coeurs fidèles
Et se joignit à eux,
Elle vit la confusion sous la colère
Et se hâta de l'apaiser,
Elle vit l'amour briller dans les yeux des timides
Et tendit la main vers eux
Elle vit la souffrance des collets montés
Et courtisa leur sourire,
Elle vit le besoin chez l'homme sans parole
Et parla en son nom
Elle vit la foi luire au plus profond
De la femme qui la niait
Et la raviva à la flamme de la sienne.

Elle vit tout
Avec son cil de loup,
Tout ce qui était vrai,
Tout ce qui était faux,
Tout ce qui se retournait contre la vie
Et tout ce qui se tournait vers la vie,
Tout ce qui ne peut se voir
Qu'à travers le regard
Qui évalue le coeur avec le coeur
Et non à la seule aune de l'esprit.
C'est ainsi qu'elle apprit que ce que l'on dit est vrai, le loup est le plus avisé de tous.

Et si vous prêtez l'oreille, vous entendrez que le loup, lorsqu'il hurle,est toujours en train de poser la question la plus importante.

Non pas " Où est le prochain repas ? ",
ni " Où est le prochain combat ? ",
ni " Où est la prochaine danse ? "
mais la question la plus importante
pour voir à l'intérieur, pour voir derrière,
pour estimer la valeur de tout ce qui vit,

Ououououououh
eheheheheh
laaaaaaaaam ?
Ououououououh
eheheheheh laaaaaaaaam ?
Où est l'âme ? Où est l'âme ?


Va dans les bois, va.
Si tu ne vas pas dans les bois, jamais rien n'arrivera,
jamais ta vie ne commencera.
dans les bois, va
dans les bois, va
dans les bois, va.

.
Extrait de " The Wolf's Eyelash ", poème en prose original de C.P. Estès, (c) 1970, extrait de Rowing Songs for the Night Sea Journey, Contemporary Chants.
repris dans Femmes qui dansent avec les loups (ndlr : à lire...)

mardi 4 mars 2008

Le Prince Heureux Oscar Wilde


Illustrations Georges Lemoine

" Une petite hirondelle en route vers l'Egypte décide de passer la nuit à l'abri d'une statue dominant la ville.
Couverte de minces feuilles d'or, ses yeux faits de saphirs, un gros rubis ornant le pommeau de son épée, c'était la statue du Prince Heureux.
Le ciel était plein d'étoiles brillantes.
L'hirondelle allait s'endormir quand, soudain, une goutte d'eau glissa sur son aile : la statue pleurait !
Le Prince Heureux pleurait sur les misères de la ville... "

in Le Prince Heureux, Oscar Wilde

Qui a dit que les contes étaient seulement pour les enfants ?...
J'ai une affection toute particulière pour ce court récit, aussi je ne saurais que vous en recommander la lecture.
Un texte...à méditer.
sémaphore