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mercredi 14 janvier 2009

Aujourd’hui Gaza, demain Massada ?

déliquescence, fractale© Sylvaine Vaucher
(cliquez pour agrandir)

Aujourd’hui Gaza, demain Massada ?

La pédagogie noire des leaders israéliens est suicidaire

par Rony Brauman médecin, il a été président de Médecins sans Frontière jusqu'en 1994.

source : http://www.causeur.fr/aujourdhui-gaza-demain-massada,1680

“Une fois admise la vertu des bottes de sept lieues, tout s’enchaîne avec une parfaite logique, l’essoufflement de l’ogre comme la célérité du Petit Poucet.” (G. Burdeau, La politique au pays des merveilles, PUF 1979.)

Qu’est-ce qu’une “riposte proportionnée”? Une action militaire à la mesure de l’attaque à laquelle elle répond. Le droit humanitaire proscrit les pratiques provoquant des victimes dans la population civile et des dommages aux biens civils excessifs par rapport à “l’avantage militaire concret et direct attendu”. Convenons d’emblée qu’on serait bien en peine de définir la limite au-delà de laquelle le principe de proportionnalité, qui vise à limiter les destructions et pertes humaines “inutiles”, est violé, que ce soit à Gaza ou ailleurs. La retenue dans la conduite de la guerre est un principe élémentaire d’humanité, mais il est vrai qu’une fois les hostilités engagées, la définition de la juste proportionnalité demeure une affaire pour le moins floue, sujette à des interprétations et à des paradoxes infinis. Reste que le rapport de un à cent entre les morts de chaque côté, sans même parler des blessés et des destructions, signale la démesure de l’opération “Plomb durci”. A défaut de savoir ce que serait une juste proportion, chacun peut constater ce qu’est une perte de tout sens de la mesure. La “troisième phase” qui débute au moment où ces lignes sont écrites ne devrait pas être moins cruelle que les deux premières. Mais peut-être le cabinet de sécurité israélien considérera-t-il, au vu des réactions internationales, que ses buts ont été atteints et mettra-t-il un terme à la boucherie plus tôt que prévu.

Boucherie. Le mot fâche les “amis” d’Israël qui rappellent volontiers qu’on n’a pas vu tant de manifestants ni de protestations pour d’autres conflits (Tchétchénie, Darfour, Congo, Tibet parmi les plus cités) ayant provoqué beaucoup plus de morts et que la compassion pour les victimes de l’armée israélienne est suspecte à force d’être sélective. Selon eux, la solidarité envers les Palestiniens ne serait qu’un prétexte pour s’en prendre aux Juifs et à leur État. On ne contestera pas qu’il s’agit là d’un registre bien établi dont témoignent notamment Dieudonné et ses émules. L’antisémitisme peut se travestir en antisionisme, l’affaire est entendue, mais prenons également acte que les principaux mouvements de solidarité avec les Palestiniens veillent attentivement au grain. Reste que la mortalité des quinze jours d’offensive sur Gaza se situe au niveau le plus haut constaté lors des différents conflits évoqués plus haut, dépassée seulement par les bombardements de Grozny, capitale de la Tchétchénie, en 1999. Et l’on reste pantois en entendant que l’armée israélienne attend d’être félicitée pour avoir averti par tract et par téléphone des dizaines de milliers de personnes de l’imminence de bombardements sur leur quartier. Les destinataires de ces appels “humanitaires” n’avaient bien entendu aucune possibilité de fuir pour s’abriter et ils ne pouvaient en déduire qu’une chose : restant sur place, ils devenaient des cibles légitimes, puisqu’informées. Trois cents enfants ont été tués en moins de deux semaines. Que cette tuerie soit comparable, par son intensité, à des violences extrêmes observées ailleurs, et qu’elle soit insidieusement ou activement justifiée par certains au nom du caractère démocratique d’Israël et de son droit à se défendre, voilà sans doute l’aspect le plus révoltant de la situation.

Le plus révoltant mais pas le plus inquiétant. Le plus inquiétant est que l’on retrouve intacts les thèmes les plus recuits du discours politique israélien, ceux qu’Israël sort de son chapeau, guerre après guerre, comme l’écrivait Tom Segev dans Ha’aretz dès le lendemain de l’offensive, en dépit de leur constante mise en échec. La synthèse en est simple : la paix passe par la liquidation des infrastructures et des chefs terroristes. Le terrorisme n’est pas pour Israël un enjeu politique, celui de l’occupation des territoires palestiniens et du pourrissement de la vie de ses habitants, mais un problème militaro-policier. Ce qui explique que le seul sujet de discussion avec Mahmoud Abbas soit le contrôle policier de la violence anti-israélienne dans les lambeaux de terre qui lui ont été confiés (et on regrettera qu’il ait accepté de jouer ce rôle de relais de l’occupation jusqu’au discrédit quasi total de son “autorité”), tandis que la colonisation se développe jour après jour en Cisjordanie. Cela explique également qu’aucune proposition de règlement du conflit sur la base de la ligne d’armistice de 1949 (la “ligne verte”) n’ait jamais reçu la moindre attention d’aucun gouvernement israélien bien qu’il s’agisse des accords internationalement reconnus (voir les résolutions 242 et 338 des Nations unies, toujours évoquées pour être aussitôt oubliées). On n’en veut pour exemples récents que l’interruption unilatérale par Ehud Barak des discussions de Taba en janvier 2001, l’appel du sommet de la Ligue arabe en 2002, les déclarations indirectes mais clairement orientées dans ce sens et récemment redites de la part du Hamas, pour ne retenir que quelques éléments récents. Il y a bien longtemps que la formule “les territoires contre la paix” n’est plus une option pour les Israéliens qui confondent méthodiquement (innocemment?) négociation et diktat. Il a fallu quarante ans pour que soit reconnu, avec la première Intifada, le fait national palestinien. Depuis lors, à l’exception notable de Rabin, les différents Premiers ministres se sont employés à démontrer qu’ils sont les seuls maîtres du calendrier politique.

La bien nommée opération “Plomb durci” répond, après bien d’autres, à cette volonté d’inculcation. L’offensive “nous a permis d’atteindre des objectifs dont personne n’aurait pu rêver il y a quinze jours. Concernant les coups portés au Hamas, ils n’en ont pas encore conscience. Ils comprendront quand ils sortiront de leur cachette. La décision du Conseil de sécurité ne nous a pas lié les mains”, se félicitait un haut-gradé.

Au-delà de toute considération morale sur l’effroyable gâchis humain dont nous sommes tous les témoins atterrés et impuissants, il faut se demander à quel moment les leaders israéliens vont prendre conscience des effets dévastateurs de cette pédagogie noire. Combien de vocations à l’attentat-suicide sont nées ces derniers jours ? L’”opération” ne pouvait être que sanglante et l’on sait bien que si elle se poursuit, d’autres massacres vont se produire car il ne peut en aller autrement. Puis il y aura un cessez-le-feu et d’autres attaques suivront, et d’autres encore, jusqu’au retournement du rapport de forces qui ne manquera pas de se produire. Israël deviendra alors, peut-être, un objet de compassion. L’exaltation grandissante du mythe de Samson et des martyrs de Massada prend dans ce contexte l’allure d’une prophétie en cours d’autoréalisation.

Les amis d’Israël sont ceux qui pointent cette perspective finale et poussent à un renversement des hypothèses fondamentales de la politique israélienne. Nous sommes de plus en plus nombreux à penser qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort pour les Israéliens.

L’analyse de l’enchaînement des tirs aveugles du Hamas sur le sud d’Israël et des inévitables ripostes de Tsahal est un exercice stérile. Les uns ripostaient au blocus, les autres ripostaient aux ripostes, on choisit sa version en fonction de son camp. Reste que ledit blocus est une décision israélienne et qu’aucun pays au monde ne peut tolérer d’être – à la lettre – mis intégralement en prison. Rappelons que c’est Israël qui a mis l’Autorité palestinienne hors jeu à Gaza. Dans quel but sinon d’avoir le Hamas au pouvoir et de poursuivre son éternelle leçon en faisant de ce territoire une prison autogérée, où se succèdent les opérations punitives ?

Les tirs de roquettes et de missiles sur Israël sont une source d’angoisse pour un nombre croissant d’Israéliens, et il n’est que juste de condamner le Hamas sur ce point. Mais prétendre que le Hamas représente une menace pour l’existence d’Israël n’est pas sérieux. Ehud Barak, lorsqu’il était premier ministre, attendait de ses interlocuteurs palestiniens qu’ils reconnaissent non seulement l’État israélien, mais sa légitimité en tant qu’État juif. Il leur demandait, en d’autres termes, de se faire sionistes s’ils voulaient devenir de véritables partenaires, pour se désoler ensuite de ne pas avoir de partenaire.

La détestable habitude des gouvernements israéliens successifs de choisir et d’écarter à leur guise les représentants de leurs adversaires tient tout entière dans leur conception exclusivement militaire de la sécurité. Ils ne sauraient, dès lors, la confier à d’autres et on les comprend. Mais ce sont les prémisses de ce raisonnement qu’il faut revoir. La résolution du conseil de sécurité appelant le 9 janvier à un cessez-le-feu immédiat et renvoyant les deux parties dos à dos est un revers diplomatique pour Israël car les États-Unis ont jugé qu’ils ne pouvaient pas s’y opposer. Souhaitons que cet échec soit compris comme une ébauche de signal et regrettons que ce soit le message inverse qui ait été jusqu’à présent toujours adressé à Israël, non seulement de la part de Washington, mais aussi depuis l’Europe. Ainsi, il est certain que la sécurité d’Israël doit être reconnue comme un impératif par l’Europe, mais pas plus ni moins que la sécurité de la Palestine sur son territoire. Cela va peut-être de soi, mais irait beaucoup mieux en le disant, ce qui n’est pas le cas. On repousse tout dialogue avec le Hamas au motif qu’il ne reconnaît pas les traités antérieurs, n’abandonne pas la violence et ne reconnaît pas Israël. Soit. Mais songe-t-on que le raisonnement s’applique de facto à l’identique en sens inverse ? Visiblement pas, puisque le Parlement européen vient, par exemple, de voter le rehaussement de l’accord d’association avec Israël, en faisant un quasi-membre de l’U.E. Des pétitions appelant à suspendre ces accords circulent, les lecteurs de Causeur, dont je suis, sont ici invités à signer et faire signer…

Engagés dans ce louable mouvement de rappel à une sagesse pratique et de condamnation de l’hubris militaro-technologique, allons un pas plus loin, et demandons le remplacement urgent de Tony Blair, actuel délégué du Quartet. Son prédécesseur, l’ancien président de la Banque mondiale James Wolfensohn, avait démissionné, en grande partie à cause des réticences d’Israël à se conformer aux accords obtenus sous l’égide des Etats-Unis. Tony Blair, l’homme qui a rendu possible la guerre en Irak (et qui, notons-le, semble exonéré de toute responsabilité dans le désastre qui a suivi), incarne la politique de “W” dans cette région. Il n’y a rien à en attendre, alors qu’un engagement international crédible est urgent. L’arme de destruction massive menaçant toute la région est le statu quo. Au-delà du cessez-le-feu, la levée du blocus et le rétablissement des liens entre Gaza et la Cisjordanie sont la première des réponses politiques à l’emprise du Hamas sur Gaza. La seconde sera de négocier sans préalable avec les représentants que les Palestiniens se seront donnés. Rappelons que depuis Rabin, personne n’a envisagé sérieusement cette option, dont l’alternative est la destruction mutuelle assurée.

dimanche 19 octobre 2008

Rachel Corrie activiste pacifiste assassinée en 2003



remerciements à grain de Cel pour son mail, pour ne pas oublier, pour que cesse l'inadmissible

Un an de silence depuis la mort de Rachel Corrie
Par Elizabeth Corrie
Elizabeth Corrie est la cousine de Rachel. Elle est directrice et professeur dans une école d'Atlanta.

Quand trois américains qui traversaient Gaza ont été tués, vraisemblablement par des palestiniens dans l'explosion du 15 octobre 2003, le FBI est intervenu dans les 24 heures pour enquêter sur ces morts.
Un an après, ni le FBI, ni aucune autre équipe américaine n'a fait quelque chose pour enquêter sur la mort d'une américaine tuée par des Israéliens.
Pourquoi cette double logique ? Peut-être révèle-t-elle la vérité la plus dérangeante de toutes.


Photo prise entre 15 et 16 h par Joseph Smith (ISM). On voit que Rachel est clairement visible avec sa veste orange. Elle parle au conducteur du bulldozer avec un mégaphone et lui demande de ne pas démolir la maison.

Tuée en Israël

Il y a seulement un an, le mois de mars était encore associé à des choses positives, pour moi comme pour beaucoup : la fin de l’hiver, la promesse du printemps et même de l'été. Cette année, et pour tout le reste de ma vie, mars signifie tout à fait autre chose : l'anniversaire de la mort brutale de ma cousine, Rachel Corrie;

Le 16 mars 2003, un soldat israélien et son chef ont foncé sur Rachel avec un bulldozer Caterpillar de neuf tonnes, alors que sans arme, et parfaitement visible avec sa veste orange fluorescente, elle protégeait une maison palestinienne promise à la démolition par l'armée israélienne.

La mort de Rachel Corrie, et la réponse qui a été donnée à son cas - ou plutôt qui n'a pas été donnée - a révélé des vérités dérangeantes, et parfaitement immorales et criminelles.

D'abord, Rachel est morte en essayant d'empêcher la démolition d'une maison, punition collective habituellement pratiquée par l'armée israélienne et qui a transformé en sans abri plus de 12000 Palestiniens depuis le début du second soulèvement en septembre 2000.

Cette pratique est une violation de la loi internationale, y compris de la Quatrième convention de Genève.

Deuxièmement, Rachel a été renversée par un bulldozer Caterpillar fabriqué aux Etats Unis et envoyé en Israël dans le cadre de l'assistance des Etats-Unis à Israël dont le budget oscille entre 3 et 4 milliards de dollars par an, prélevés sur les impôts des Américains.

L'utilisation des bulldozers Caterpillar pour détruire des habitations, sans parler de ces militants des droits de l'homme, sans arme, qu'on écrase - viole la loi des Etats-Unis y compris l'Acte de Contrôle d'exportation des armes, qui interdit l'utilisation de l'aide militaire contre les civils.

Troisièmement, l'auto-absolution de l'armée israélienne pour la mort de Rachel et la résistance de l'Etat d'Israël à une enquête indépendante sur ce cas, met en lumière et la résistance de l'administration de Sharon à assumer ses responsabilités dans la mort d'une citoyenne américaine et la couardise de l'administration Bush qui permet à une nation étrangère d'attaquer impunément des citoyens états-uniens.

Quatrièmement, la mort de Rachel n'est que la première de plusieurs attaques israéliennes contre des citoyens étrangers en Cisjordanie et à Gaza.

Brian Avery, du Nouveau Mexique, a reçu une balle en plein visage le 5 avril 2003;


Tom Hurndall, un citoyen anglais, a reçu une balle en pleine tête le 11 avril 2003 ; il est mort le 13 janvier 2004 et James Miller un autre anglais, a aussi été abattu et est décédé en avril 2003.

A retenir : ce n'est que pour le procès Hurndall que le soldat israélien responsable de l'attaque sera poursuivi devant les tribunaux, et cela parce que c'est le gouvernement britannique qui, après plusieurs mois, a finalement pris acte des preuves surabondantes fournies par la famille Hurndall.

A l'approche du 16 mars, les habitants et les citoyens des Etats-Unis devraient s'interroger sur ce qui fait qu'un citoyen américain sans arme peut être tué impunément par un soldat d'une nation alliée qui reçoit une aide massive des Etats-Unis et utilise un produit manufacturé aux Etats-Unis par une grande société U.S que paient les dollars des impôts états-uniens.

Quand trois américains qui traversaient Gaza ont été tués, vraisemblablement par des Palestiniens dans l'explosion du 15 octobre 2003, le FBI est intervenu dans les 24 heures pour enquêter sur ces morts.

Un an après, ni le FBI, ni aucune autre équipe américaine n'a fait quelque chose pour enquêter sur la mort d'une Américaine tuée par des Israéliens.

Pourquoi cette double logique ? Peut-être révèle-t-elle la vérité la plus dérangeante de toutes.


A lire aussi, l’excellent article de John Sweeney sur les victimes de l’ISM

Source : International Herald Tribune
Traduction : CS pour ISM-France

lundi 25 août 2008

Halte au repassage des seins - Girls, Welcome in Huntsmen's Land!


Girls, Welcome in Huntsmen's Land!

Que les femmes en viennent à de telles pratiques, en arrivent à commettre des actes d'une telle barbarie sur leurs propres filles dans l'espoir qu'elle ne soient pas enceintes trop tôt...nous montre combien le corps féminin dès qu'il pointe le bout de ses seins devient une proie potentielle, nous confirme la prédation masculine, l'atteste!

Oui! Eduquer les hommes, cette pratique de repassage des seins, perpétrée par les femmes elles-mêmes, met en exergue le peu de foi, le peu d'espoir qu'elles ont dans le changement de comportement sexuel des mâles de l'espèce dite humaine!

Les femmes provoquent à leur corps défendant, elles sont tenues coupables d'attiser la libido malgré elles, leur innocence est châtiée dans la douleur.

Pourquoi ne repasse-t-on pas les testicules?

Voilà un bel exemple de l'absurde logique d'une societé viriarcale!... imposant ce cruel chatiment à ces petites filles coupables de devenir objet sexuellement identifiable!

La seule protection serait-elle l'automutilation?

Lors de ma première mammographie, j'ai appris que nombre de femmes exprimaient cette remarque "Cet appareil a été conçu par des hommes!... se souciant peu du désagréable de l'examen.

Alors je n'ose imaginer le calvaire de ces petites filles... qui vivent le sexisme libidineux dans leur chair meurtrie, "drôle" d'approche du désir masculin!

Girls, Welcome in Huntsmen's Land!

sémaphore

Halte au repassage des seins

Source : Courrier international, 819, 13 juil. 2006

par Etienne Tassé

Masser les seins des jeunes filles avec des objets chauffés ou non pour les résorber est une tradition au Cameroun : cette pratique peut avoir des conséquences dramatiques pour la santé des femmes.

Le réseau d’associations Renata, qui regroupe des filles mères, mène campagne contre le “repassage” des seins. “Cette pratique terriblement douloureuse et très répandue consiste à masser les seins des jeunes filles avec des objets chauffés ou non dans l’intention de les faire disparaître”, explique Bessem Ebanga, secrétaire exécutive du Renata. Selon une étude menée en décembre 2005 dans tout le pays par l’anthropologue Flavien Ndonko, du Programme germano-camerounais de santé/sida, à Yaoundé, 24 % des adolescentes, soit près d’une sur quatre, en sont victimes.

Ariane, 19 ans, qui vit à Yaoundé, se souvient encore d’avoir hurlé de douleur quand sa mère la séquestrait dans la chambre pour lui “repasser” les seins. “Elle les écrasait à l’aide d’une pierre chauffée en se protégeant les mains avec un chiffon. Je criais de toutes mes forces : ‘Non maman ! Ça fait mal ! Non ! Non !’” Malgré ses supplications, sa mère a continué le massage pendant deux mois. Elle avait alors 12 ans et ses parents voulaient ainsi étouffer le développement de sa poitrine et de sa féminité. Une sorte de lait s’est mis à couler de ses seins traumatisés. Pour échapper à cette épreuve, Ariane faisait des fugues, devenait de plus en plus rebelle, n’allait plus régulièrement à l’école. Ironie cruelle, elle a fini par tomber enceinte un an plus tard.

Le “repassage” des seins est une tradition qui se transmet de mère en fille. “Je l’ai appris de ma mère peu avant mon mariage, dans le cadre de l’éducation à la vie conjugale que toute mère donne à sa fille. Depuis, je l’applique à toutes mes filles”, confie Christine Ngatchou. Surprise d’apprendre que cette pratique est dangereuse, elle explique que le massage des seins qui poussent avant 14 ans fait partie du b.a.-ba de la bonne conduite que toute femme doit connaître avant d’arriver au mariage.

L’étude effectuée en 2005 montre que toutes sortes d’objets et de substances sont appliqués sur les seins pour les résorber, certains chauffés (pierre, spatule, pilon, herbes, peaux de banane), d’autres non (sel, pétrole, serre-seins, etc.). Mais le but des parents est toujours le même : faire disparaître la poitrine de l’adolescente afin qu’elle n’attire pas les garçons, qu’elle continue ses études et ne s’engage pas précocement dans des relations sexuelles au risque de tomber enceinte.

Cette pratique est non seulement douloureuse mais dangereuse. A partir de témoignages de femmes qui l’ont subie, l’enquête a révélé les affections et les maladies qu’elle peut provoquer : abcès, kystes, disparition totale de la poitrine, voire cancer. Ce massage peut provoquer une réaction inflammatoire. Le tissu mammaire durcit, entraînant le rétrécissement des seins et parfois la formation de nodules et de cellules cancéreuses. Géraldine Sirri a vu sa poitrine disparaître à la suite du “repassage”, pour reprendre son développement plus tard. Mais, après son accouchement, celle-ci s’est mise à gonfler au point de l’obliger à arrêter l’allaitement de son fils. “Il a fallu un traitement médical pour que mes seins retrouvent une taille acceptable”, souligne-t-elle.

source : http://www.peuplesmonde.com/article.php3?id_article=608

vendredi 22 août 2008

Autopsie - À propos de l'exposition Bodies, the Exhibition

A la lecture de ce billet, ne l'entendrez-vous pas Antigone ?


Ne vous sentirez-vous pas sauvagement Antigone ?

Quel prédendu alibi artistique peut-il légitimer l'exposition de corps destinés à la science et non à leur exhibition ?

La société du spectacle ne recule devant aucun scrupule, dans le déni absolu du respect des volontés exprimées de la personne!

Que fait-on du respect dévolu aux morts ?

Veulent-ils faire de vous des voyeurs nécrophiles ?

Après la mort en direct du 20h... des cadavres dans des musées...des femmes et des hommes, des anonymes soucieux de la formation des futurs médecins, soucieux de cet autre qui recevra un de leurs organes, dont on ne respecte même la pudeur posthume!

Sémaphore

Autopsie


source : Chaminou

À propos de l'exposition Bodies, the Exhibition :

"Des êtres humains qui ont fait don de leur cadavre à la science ? Savaient-ils qu'ils allaient être exhibés devant des foules de visiteurs ? J'ai depuis quelques années, dans mon portefeuille, un petit carton qui atteste que j'ai fait don de mon corps à la science. Mais je n'ai pas autorisé la science à disposer de mon corps pour autre chose que l'utilisation de certains de mes organes sains ! L'être humain est-il devenu un simple objet ? Ces corps exposés sont des corps morts. Et le respect de ce que ces corps ont vécu ?

Depuis la nuit des temps les rites funéraires existent, et l'art a commencé par là. Rites pour un passage dans l'au-delà, peut-être, mais rite pour la mémoire, rite pour la séparation, pour le deuil. Que signifie être humain ?

[...] Cautionner l'intérêt d'une exposition par des raisons scientifiques et artistiques, cela peut provenir d'une perversion ! Que les amateurs choisissent en conscience ! Non, je n'irai pas !"

Danielle Stéphane, Lyon (Source : Télérama n°3049, 18 Juin 2008).